Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » La dépendance

Auteur Sujet: La dépendance  (Lu 2590 fois)

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  • Tabellion
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La dépendance
« le: 06 Avril 2016 à 16:33:16 »
Un vécu, un lieu invaincu, entre l'intimité et l'archétype, la dépendance provient d'une divagation nécessaire pour cultiver l'amour.


Fondations profondes
Car embarcadère zélé.
Un rivage, une sérénité.
Un coucher te sonde.

Des lumières astrales,
Sur panneaux de bois :
Brille une vigueur de roi.
Sûr d'être porteurs idéals.

Dessinant donc l'enceinte,
car le cadre (in)né nourrit.
Et toi, et moi peindre l'abri,
Comme l'ultime étreinte.


Le foyer est artère en flocon,
où l'on s'emporte si loin
sur un dériveur. Contiguïté.
Si loin dans le proche.


Les cloisons ne demeurent. Fissures.
En effet, nos maux sont des murmures,
Car si vérace est le cœur vorace,
Qu'il déconstruit, si perspicace.

Toucher les moulures,
spécifie nos armoiries.
Le titre, l'écu, le logis,
le fait de nos textures.

Levez-vous impressionnistes !
Un feu au bout de votre faisceau,
Une chaleur levant le pinceau.
Amarrez chez-nous, gardistes.


Sur la palette, la fusion des corps animés, les profils de la demeure sont nos desseins. Le destin de nos courbes est de s'apposer. Qu'une pluie décolore vos couleurs exposeraient les traits, lettrés sont nos portraits. La dépendance est un port, ouverture sur le monde dépendant d'une économie artisanale. Fait de cœur aux mains de fée, demain artistes et passants conduiront leurs esquisses d'un monde sans égal à leurs auditeurs. Effectivement, audible car lettrés, destinés car relaté.

L'attache existentielle est folie et pourtant c'est à l'intérieur de la dépendance qu'on n'eut jamais mieux vécu.
Ne serait-ce pas le contraste entre un monde avec une dynamique absurde et un foyer voguant et ayant fixer tout son sens, le contraste entre une orbite géostationnaire et un voilier virtuose qui décrirait l'amour fusionnel ?
Pensées & écrire.

pensécrire.fr : expression & fulgurance, poésie, articles de Philo, politiques, d'actualités, voyages. Partisan de la création et de la puissance d'existence.

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
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  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : La dépendance
« Réponse #1 le: 06 Avril 2016 à 17:35:23 »
Bonjour Pensécire,

J'étais curieux de découvrir ta poésie.

Ton poème est plein de couleurs, c'est comme l'ivresse.

Le foyer est artère en flocon,
où l'on s'emporte si loin
sur un dériveur. Contiguïté.
Si loin dans le proche.

Ce passage m'a fait penser à un électrochoc, comme quelque chose qui irait briser la conscience. C'est presque violent. J'ai eu une certaine idée de vitesse, dans le rythme, comme si tu passais rapidement d'une idée à l'autre sans jamais t'arrêter.

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  • Tabellion
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Re : La dépendance
« Réponse #2 le: 06 Avril 2016 à 18:10:07 »
Merci,


pour tes retours.. c'est très plaisant à entendre =D !

Me remplie de joie, de satisfaction personnelle et j'en reste extrêmement touché !

Si vraiment tu as senti, l'idée de vitesse, d'électrochoc  sans m'avoir jamais lu ni avoir zyeuter mon site... alors j'ai réussi et tu combles toutes mes espérances. Je m'en fou de la sonorité, de la musicalité, des rimes, de la métrique, je veux m'exprimer, je sais que mes poèmes sont pas forcément beaux à lire, ni je ne fais de belles ou d'efficace versifications.

La seule chose que je veux c'est exprimer ma pensée, à travers des textes, des poèmes, des articles... etc !

Alors oui, tu as senti quelque chose que je vis quand je m'exprime, j'appelle cela la fulgurance (le fait d'avoir de l'électricité dans le cerveau, d'avoir une vivacité d'esprit que tout le monde possède, j'essaye d’attraper les éclairs de pensées). C'est tout simplement ma manière de m'exprimer, ce n'est pas ma plume, c'est moi tout entier qui pense et qui est ! Je n'en veux rien écorcher, je veux exprimer, dérouler, que l'écriture soit la véritable continuité de la pensée. Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose(son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées. Et effectivement, je ne suis bon en rien, mais tout en moi fuse. Voilà pourquoi j'ai une écriture cérébrale qui va tant bien aux penseurs, moralistes, sages, philosophes mais très peu aux scientifiques, aux aèdes et aux littéraires !


J'essaye souvent de rendre le plus poreux possible la frontière entre la philo et la littérature, entre le poème et l'argumentaire, entre la rigueur et l'expression personnelle...

EDIT : Merci beaucoup !
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Hors ligne EloiR

  • Aède
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Re : La dépendance
« Réponse #3 le: 08 Avril 2016 à 19:25:18 »
C'est dommage. Je m'en voudrais presque si narcisse je ne me considérais pas trop pour cela, mais enfin...je suis resté indifférent au texte. Pourtant. Pourtant j'ai vu ton commentaire, et lui ne me laisse pas indifférent.

Parce que je trouve frustrant que tu opposes le style et la pensée, le travail littéraire complexe et la lucidité intellectuelle (la "fulgurance"), les "penseurs, moralistes, sages, philosophes" et les "scientifiques, aèdes et littéraires" ; comme si aucun scientifique de la langue, jamais, n'avait été tout à la fois lettré et philosophe. L'expression instinctive, à laquelle tu fais référence et que souvent je revendique, demande en réalité une somme impitoyable de sacrifices artisanaux (si l'on ignore l'écriture automatique). Je ne te dis pas d'aller jusqu'à la narration banale, jusqu'à quelque chose de construit, mais il me semble que tu tenterais lorsque tu dis "ce n'est pas ma plume, c'est moi tout entier qui pense et qui est !" de justifier l'absence d'un geste d'écriture précis et mesurer qui pourtant ferait du bien aux justes ambitions de ta réflexion, au nom de la non trahison d'une hypothétique sincérité formelle. Il y a dans ce que tu dis des pistes qui sont justes, sur l'instinctif et l'entier engagement (ah Artaud ! ah Aragon ! ah Genet !), sur la relation, "poreuse", entre pensée et écriture, mais si la pensée demande un travail certain, l'écriture pour la traduire, aussi fluide et naturelle soit-elle, n'y échappera jamais. C'est cette consistance, cette épaisseur (ni de lettré ni de sage mais de mécanicien) qui me manque dans ton texte.

Je pourrais sans doute paraître moraliste à mon tour, ou même condescendant, si depuis mes vingt ans je n'étais pas toujours profondément touché lorsque je vois maintenue ainsi étriquée la littérature.
"Je crois que les efforts humains peuvent faire naître une œuvre."
Peter Zumthor

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  • Tabellion
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Re : La dépendance
« Réponse #4 le: 08 Avril 2016 à 20:23:52 »
Ton analyse est très, très fine et donc très perspicace et bien vue, je ne peux en être que content :) !

Merci d'avoir porté une si grande attention et intérêt à ce qui a pu être dit !


Dans la discussion il y a moins d'indifférence car plus de différences. Quand on lit, on subjective le texte avec ce qu'on est, quand on discute on défend ce que l'on est, on tente une objectivation de soi dans la discussion, ce qui rend la papotage très stimulant car on incorpore de son être dans le monde.


Plus bas j'apporte des précisions et dénoue la controverse (c'est pas très utile c'est seulement pour rectifier les choses).

Je n'oppose pas le style et la pensée. Il y le style artisanal, conventionnée, social, culturel qui est donc crée et le style inspiré, intuitif, personnel, naturel, fulgurant qui est donc exprimé. Je suis du second style, mais je n'appelle pas cela le style mais seulement mon expression car on pourrait confondre le style travaillé et le style spontané.

Ma plume, mon style ce que j'appelle la fulgurance etc... c'est ma manière de penser et le contenu des pensées.

Ce que j'oppose c'est donc bien le style travaillé que la majorité des scribes exerce face au style expressif que j'essaye d'appliquer. Mon style expressif, ma plume spontanée correspond bien mieux à des lecteurs de philosophie, d'aphorisme, de moralistes et de propos de sagesses car les raccourcis de langage que je fais ont un sens, que les philosophes, moralistes et essayistes pratiquent lors d'abstraction d'une idée, lors de conceptualisation. Il faut avoir en quelque sorte l'esprit de synthèse.

Pour le reste je suis tout à fait d'accord avec toi même si tu as extrapolé mes propos (en même temps difficile de faire autrement si on veut discuter).



C'est surtout dans cette phrase que tu es subtil :
Citer
"mais il me semble que tu tenterais lorsque tu dis "ce n'est pas ma plume, c'est moi tout entier qui pense et qui est !" de justifier l'absence d'un geste d'écriture précis et mesurer qui pourtant ferait du bien aux justes ambitions de ta réflexion, au nom de la non trahison d'une hypothétique sincérité formelle."

C'est exactement ce qu'on pourrait croire. Mais ne crois pas qu'il n'y aucun travail derrière, même si je veux écrire de manière instinctive, spontanée, réelle, naturel, automatique, cela demande une extrême lucidité, un travail acharné pour reprendre le fil de ma pensée, un travail précieux pour ne pas tronquer mes formulations et me mentir. Un travail contre toutes les tentations extérieures qui ne sont pas de moi. Il y a un justement "un geste d'écriture précis", tous mes mots sont choisis très précisément, tout passage est soit un lien logique soit un lien d'évidence qui n'est pas logique et ni discutable soit un saut dans la pensée, tout paragraphe, toute moralisation de la forme poétique ne sert qu'à exprimer mes pensées, c'est à dire ce que je suis. Le moi qui est toujours entre la recherche philosophique du vrai et l'expression singulière, entière, orignale, vérace, poétique refuse l'écriture travaillée, car justement ce qui est travaillé est travaillé dans un but toujours extérieur à soi.

Cette écriture travaillée je la réserve non pas pour moi, mais pour de possibles lecteurs sur mon futur ouvrage "confusions". L'écriture travaillée est conditionnée par des choses extérieures à soi (lecteur, forme, genre, aspect, histoire, dénouement...), avec le temps cette écriture se standardise et devient plus facile, c'est à ce moment qu'on devient écrivain et que l'écriture écrit à notre place, c'est à dire que l'écriture devient une activité qui viole l'autonomie de pensée. Tandis que mon écriture instinctive reste toujours difficile avec le temps et correspond toujours au plus proche à ma pensée, je la réserve pour moi, et je la mets sur internet pour inscrire le prolongement des mes pensées (j'essaye de le faire aussi par mes actions!)

D'un côté vous avez un travail pour être lu, pour soi et pour les autres. D'un autre côté vous avez le travail sur soi et sur l'expression de son être.
Mais alors pourquoi ne pas concilier les deux ? Ah, c'est possible, au sein d'une œuvre, dans des parties, des paragraphes, des textes différents. Cependant, je suis un bébé en philo et un petit scribe cette conciliation demande un travail de malade. Mais quoi qu'il en soi ce sont deux tâches différentes qui ne peuvent pas coexister en même temps.


Pensées & écrire.

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Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : La dépendance
« Réponse #5 le: 09 Avril 2016 à 08:29:08 »
"Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose(son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées. Et effectivement, je ne suis bon en rien, mais tout en moi fuse. Voilà pourquoi j'ai une écriture cérébrale qui va tant bien aux penseurs, moralistes, sages, philosophes mais très peu aux scientifiques, aux aèdes et aux littéraires !"
Excuse-moi, mais je trouve ça d'une prétention sans nom. Laisse donc tes lecteurs juger de ta production et de sa valeur, et l'opposition, comme l'a souligné EloiR est quand même bien simpliste.

Ailleurs, me semble-t-il, bcp de présupposés un peu naïfs opposant "écriture travaillée"/ non travaillée...
D'abord, la première n'existe pas vraiment, (sur le principe pascalien du: "J’ai grand peur que cette nature ne soit elle‑même qu’une première coutume, comme la coutume est une seconde nature."), respect de la grammaire, du sens des mots, etc. Bref, à mes yeux très naïf,, et donc surprenant pour qui se dit venir de la philo.
Je crois, pour ma part (après tout le monde, sans doute) que c'est bien la culture qui nous humanise et, donc, un travail; je crois, de même, que l'art (sans majuscule!) relève avant tout de l'artisanat, du travail patient (sur qque chose qui gicle, qui fuse ? Pourquoi pas!).
Refus du travail, de la culture ? Alors, hop! à poil, à 4 pattes et on bouffe des racines (sans accès au langage, natürlich, réservé qu'il est à ceux à qui on l'a appris.)
Bref, Pensécrire, je n'arrive à te suivre sur aucune de tes pistes.
Mais, probablement, mon incapacité est-elle seule en jeu.

 

EloiR a écrit [après qques lignes auxquelles je souscris) ceci "(...) sur l'instinctif et l'entier engagement (ah Artaud ! ah Aragon ! ah Genet !),"
Je ne pige pas. Le premier nommé, bien sûr. Mais ce faux-cul (surdoué) d'Aragon, l'auteur du mentir-vrai, l'homo caché nous bassinant des yeux d'Elsa, le stalinien, l'hypocrisie faite-homme...? Et Genet ?  Comment disait Ferré...? "que m'importe Jean Genet que tu bandes "si c'est en alexandrins...

Hors ligne EloiR

  • Aède
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Re : La dépendance
« Réponse #6 le: 09 Avril 2016 à 12:01:10 »
EloiR a écrit [après qques lignes auxquelles je souscris) ceci "(...) sur l'instinctif et l'entier engagement (ah Artaud ! ah Aragon ! ah Genet !),"
Je ne pige pas. Le premier nommé, bien sûr. Mais ce faux-cul (surdoué) d'Aragon, l'auteur du mentir-vrai, l'homo caché nous bassinant des yeux d'Elsa, le stalinien, l'hypocrisie faite-homme...? Et Genet ?  Comment disait Ferré...? "que m'importe Jean Genet que tu bandes "si c'est en alexandrins...

Et ?
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  • Grand Encrier Cosmique
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Re : La dépendance
« Réponse #7 le: 09 Avril 2016 à 12:24:02 »
Ben, rien de plus, je ne pige pas ce "et".
Je disais que je ne crois pas à l'instinctif (???) et entier engagement de Genet ou Aragon. Rien de plus. Est-ce plus clair ? Réponds-je correctement, Francis, à ta question fort concise ?

Hors ligne EloiR

  • Aède
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Re : La dépendance
« Réponse #8 le: 09 Avril 2016 à 12:55:07 »
Lorsque je parle d'Artaud, d'Aragon ou de Genet ce n'est pas pour qualifier exactement l'instinctif et l'entier engagement (j'aurai dû placer plus tard leurs noms pour ne pas directement les associés à ces termes, je m'en excuse, j'ai l'impatience de mon âge qui me fait échouer) ; j'entends ce que tu reproches à l'un et à l'autre, et si je ne partage pas forcément ton avis parce que touché par l'esthétique d'Aragon notamment (Aragon tous les malheurs du monde et bien je le pardonne), je réagis davantage à la lecture simpliste de l'opposition "style/pensée, esthétique/sincérité", qui m'accable sans cesse de rides. Ce sont à mes yeux des pistes d'expressions qui peuvent enrichir et complexifier un peu les liens rompus plus tôt, soit parce qu'on verse tout entier dans la première catégorie, pour Artaud, soit parce qu'on se trouve entre les deux (sans rien y perdre à mon goût intime) pour Genet et Aragon.
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Re : Re : La dépendance
« Réponse #9 le: 09 Avril 2016 à 13:02:09 »
"Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose(son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées. Et effectivement, je ne suis bon en rien, mais tout en moi fuse. Voilà pourquoi j'ai une écriture cérébrale qui va tant bien aux penseurs, moralistes, sages, philosophes mais très peu aux scientifiques, aux aèdes et aux littéraires !"
Excuse-moi, mais je trouve ça d'une prétention sans nom. Laisse donc tes lecteurs juger de ta production et de sa valeur, et l'opposition, comme l'a souligné EloiR est quand même bien simpliste.

Ailleurs, me semble-t-il, bcp de présupposés un peu naïfs opposant "écriture travaillée"/ non travaillée...
D'abord, la première n'existe pas vraiment, (sur le principe pascalien du: "J’ai grand peur que cette nature ne soit elle‑même qu’une première coutume, comme la coutume est une seconde nature."), respect de la grammaire, du sens des mots, etc. Bref, à mes yeux très naïf,, et donc surprenant pour qui se dit venir de la philo.
Je crois, pour ma part (après tout le monde, sans doute) que c'est bien la culture qui nous humanise et, donc, un travail; je crois, de même, que l'art (sans majuscule!) relève avant tout de l'artisanat, du travail patient (sur qque chose qui gicle, qui fuse ? Pourquoi pas!).
Refus du travail, de la culture ? Alors, hop! à poil, à 4 pattes et on bouffe des racines (sans accès au langage, natürlich, réservé qu'il est à ceux à qui on l'a appris.)
Bref, Pensécrire, je n'arrive à te suivre sur aucune de tes pistes.
Mais, probablement, mon incapacité est-elle seule en jeu.


Qu'est-ce qui est prétentieux ? Le fait de vouloir être lucide sur son travail/passion et de le décrire ? Je laisse amplement les lecteurs me juger, l'un n'empêche pas l'autre et même je favorise la discussion, tu le vois bien dans chacun de mes posts.

Opposition simpliste ? Oui, tu as tout à fait raison, ma première réponse était simpliste mais j'ai ensuite pu argumenté et détaillé:
Citer
"Ce que j'oppose c'est donc bien le style travaillé que la majorité des scribes exerce face au style expressif que j'essaye d'appliquer. Mon style expressif, ma plume spontanée correspond bien mieux à des lecteurs de philosophie, d'aphorisme, de moralistes et de propos de sagesses car les raccourcis de langage que je fais ont un sens, que les philosophes, moralistes et essayistes pratiquent lors d'abstraction d'une idée, lors de conceptualisation. Il faut avoir en quelque sorte l'esprit de synthèse."

Pour le reste, tu proposes un point de vue que je soutiens mais qui ne répond pas à ce que je dis ou tu vas au delà de ce que je dis, par exemple il n'y a pas de problème sur le travail humanisant je pense la même chose. Je n'ai jamais dit écriture travaillée non travaillée, et même j'affirme dans ma première réponse que je travaille :
Citer
Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose(son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées.

Je crois tout à fait qu'on est d'accord (faut surtout relire mon message qui précède) et toi aussi tu fais preuves d'une extrême subtilité dans tes propos,j'apprécie grandement, merci à toi  ::)


P.S : non je ne pense pas que tu es en incapacité de comprendre. La singularité fait toujours face à autrui. Je veux dire par là, que si on veut réellement comprendre le travail, la personnalité, les actions d'un humain, il faut souvent faire abstraction de nos représentations. Je pense sincèrement que tu es brillant, mais que tu vas au delà de mes propos en faisant des ajouts, car je pense que tu as une force argumentaire à exprimer en plus de ta poétique.
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Nocte

  • Invité
Re : Re : Re : La dépendance
« Réponse #10 le: 09 Avril 2016 à 13:46:05 »
Qu'est-ce qui est prétentieux ? Le fait de vouloir être lucide sur son travail/passion et de le décrire ?
Le "contrairement à la plupart, je travaille sur une expression sincère".
La plupart possèdent une manière sincère de s'exprimer, tu ne fais rien qui soit à contre-courant.

Pour le reste, je dois dire que c'est ta plume, plus que ta démarche, qui ne me convainquent pas encore.

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  • Tabellion
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Re : La dépendance
« Réponse #11 le: 09 Avril 2016 à 16:15:02 »
/!\ Attention, aux raccourcis ! :/

"Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose (son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées."

Ce n'est pas présomptueux ni ce n'est pas prétentieux, mais c'est plutôt un point de vue subjectif et une impression qui peuvent être totalement faux. Donc oui on a toujours tort de mêler les impressions au discours argumenté. Faux pas pour ma part, je suis désolé.

Je n'ai pas dit que j'étais à contre courant. Tout le monde travaille son expression, mais peu en poésie évite de travailler sur le son, la rythmique, le thème, la versification, métrique car c'est le propre du genre. Je fais une déduction logique. Excepté dans la poésie didactique qui peut mettre d'abord le sens en avant.

Je ne considère pas mes écrits comme des poèmes mais réellement comme des travaux d'expressions personnelles, un peu comme on propose aux enfants dans les cours de Français. Je recherche l'expressivité qui pour moi est le plus important dans mon travail d'écriture réflexive, cérébrale : formuler le royaume cognitif, saisir les éclairs, la fulgurance. Et non ce n'est pas nouveau et non je ne me dis pas à contre courant, faut-il qu'il y ait déjà un courant.

Cependant, je comprends tout à fait vos remarques, critiques, elles relèvent du bon sens et encore une fois vous faites d'intelligentes analyses. Pour autant, je ne veux qu'aucun se méprenne.

Citer
Pour le reste, je dois dire que c'est ta plume, plus que ta démarche, qui ne me convainquent pas encore.
En tant qu'objet poétique, moi non plus je ne suis pas convaincu par mes écrits mais je suis fortement convaincu que ma manière de mettre en scène ma puissance créatrice est ce qui me permet de trouver MA place dans l'écriture et dans ce monde, d'être puissamment ce que je suis. Je m'épanouis pleinement (pour l'instant) de cette manière. Que désirer de mieux ?
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  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Re : La dépendance
« Réponse #12 le: 09 Avril 2016 à 17:23:50 »
Lorsque je parle d'Artaud, d'Aragon ou de Genet ce n'est pas pour qualifier exactement l'instinctif et l'entier engagement (j'aurai dû placer plus tard leurs noms pour ne pas directement les associés à ces termes, je m'en excuse, j'ai l'impatience de mon âge qui me fait échouer) ; j'entends ce que tu reproches à l'un et à l'autre, et si je ne partage pas forcément ton avis parce que touché par l'esthétique d'Aragon notamment (Aragon tous les malheurs du monde et bien je le pardonne), je réagis davantage à la lecture simpliste de l'opposition "style/pensée, esthétique/sincérité", qui m'accable sans cesse de rides. Ce sont à mes yeux des pistes d'expressions qui peuvent enrichir et complexifier un peu les liens rompus plus tôt, soit parce qu'on verse tout entier dans la première catégorie, pour Artaud, soit parce qu'on se trouve entre les deux (sans rien y perdre à mon goût intime) pour Genet et Aragon.
J'ai dû mal m'exprimer j'apprécie Genet et (bcp) Aragon.

 


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