Chère France,
Pendant longtemps, je me suis demandée pourquoi les gens te trouvaient aussi extraordinaire. A mes yeux, tu n’étais qu’un simple bout de femme, plantureuse et accueillante, doté d’un charmant regard teinté de vert et de bleu. J’ai mis du temps à t’apprécier à ta juste valeur car, avec ton caractère lunatique, je ne savais pas vraiment comment t’appréhender. Parfois, tu me semblais formidable et j’avais juste envie de me coller tout contre toi, de te dire des mots tendres et de te jurer mon amitié éternelle. Mais de temps en temps, je prenais un malin plaisir à te dénigrer, me révoltant à la vue des hommes qui te manipulaient et haïssant cette façon que tu as d’oublier ceux qui tiennent vraiment à toi.
Il y a peu, j’ai même souhaité ne plus jamais te revoir. Tu m’étouffais avec toutes tes libertés, tes droits et tes devoirs. Moi qui ne veux pas devenir un adulte, je ne pouvais me résoudre à suivre le chemin que tu m’indiquais. Alors, pendant quelques mois, j’ai supplié mes parents de m’envoyer à l’étranger : je voulais prendre du recul quant à notre relation. Cependant, aucun d’entre eux ne semblait vouloir m’écouter. Mon père me disait que j’étais chanceuse de t’avoir tandis que ma mère me vantait tes mérites à l’aide d’une centaine d’adjectifs mélioratifs.
Oui, France, tu comptes à mes yeux. J’aime la façon que tu as d’aider les gens. Tu les prends sous ton aile, sans te soucier de leur passé, et tu les inondes d’amour. Tu réunis les différences, et grâce à toi, il est difficile de se sentir seul et incompris. Bon, tu n’es pas parfaite. Il est vrai que tu peux te montrer injuste et impitoyable, mais personnellement, ça m’est égal. Tu m’es bien trop précieuse pour que je puisse m’arrêter à quelques détails.
C’est fou d’avoir un corps aussi harmonieusement informe. Le haut de ton corps respire la douceur d’un mois de février couvert de neige. Tes jambes, très musclée, ne manquent pas de caractère. A chacun de tes pas, le monde tremble. J’adore l’asymétrie qui différence tes deux bras. L’un semble tendre jusqu’à l’infini tandis que l’autre, plus court, embrasse ceux qui t’entourent.
France, j’aimerais que tu comprennes à quel point tu m’es indispensable. J’aime me réveiller en me disant que je vais pouvoir passer ma journée auprès de toi, parler de toi à mes amis et te croiser au détour d’une rue, sur un pont ou au bord de la Moselle. Je voudrais que tu ne changes jamais et que tu continues de briller. Longtemps, très longtemps.
Même si parfois je perds espoir, il me suffit de penser à tout ce qui m’attend, tout ce que tu me réserves et je me sens mieux. Ceux qui te critiquent ne pensent même pas la moitié de ce qu’ils racontent : ils veulent que tu les remarques et que tu les aimes comme tu m’aimes. Sauf que tu les apprécies déjà mais on ne peut pas aimer tout le monde de la même façon. On s’adapte aux besoins de chacun, à leur personnalité.
Merci France d’avoir toujours été là. Je n’oublierai jamais ces beaux endroits que j’ai visités à tes côtés, ces histoires de capes et d’épées que tu m’as racontées et ces coups de soleil que nous avons partagés ensemble.
Reste toi-même.
Abdel