Commençons par l'auteur. Michael Moorcock est un auteur anglais de SFFF qui a écrit quelques séries bien connues (Elric…) et gagné plusieurs prix (Utopiales pour l'ensemble de sa carrière, Nebula pour Voici l'homme, Bram Stoker, World Fantasy, etc.) Il a dirigé la revue New World, au sein de laquelle il a publié plusieurs jeunes auteurs (Zelazny, Spinrad…)
Voici l'homme est publié en 1968. Il sort en France en 1971 aux Éditions L'Âge d'Homme, traduction de Martine Renaud et Pierre Versins.
L'histoire est celle de Karl Glogauer, d'un père juif autrichien qui a quitté son pays pour l'Angleterre en 1940. Un jour, il débarque en Palestine en l'an 33 grâce à une machine à voyager dans le temps – qui s'écrase au passage – et est recueilli par Jean le Baptiste et sa communauté. Lui se met en tête de rencontrer Jésus.
Le roman ne cesse de faire des allers-retours entre la vie de Karl avant qu'il ne prenne la machine – et au final, ce qui l'amène à la prendre – et l'action principale, en Palestine donc. On comprend que Karl est… un petit peu perturbé, fait plusieurs expériences mystiques et… le reste est plutôt difficile à expliquer.
Parce qu'en fait, tout ce roman est bizarre. Une semaine après l'avoir fini, je sais pas encore dire si je l'ai aimé ou pas, c'est dire. L'écriture fait vieillie ; très SF de l'âge d'or, mais ça se lit. C'est vraiment sur le fond que c'est bizarre, avec ses retours en arrière pas forcément très bien marqué et l'attitude complètement cheloue du narrateur. Disons que là où l'accent est mis dans les descriptions est parfois un peu incompréhensible à mon sens. Tout s'enchaine très rapidement (le roman est court , moins de 200 pages) et même si la fin est attendue, elle tombe un peu lourdement sur le lecteur.
Je dirais du coup que c'est un roman intéressant. La lecture ne m'a pas été désagréable, et niveau culture SF c'est toujours bon à prendre. Ça peut donner des idées, aussi. À déconseiller en tout cas aux Chrétiens et Chrétiennes un peu fanatiques qui ont peur du blasphème parce qu'il n'y va pas de main morte, le père Moorcock.