J'ai embrassé ton cou
Si parfait, si doux
A la douceur de satin
Qui brille dans le matin.
J'ai embrassé tes mains
Aux tristes lendemains
Blessées, entaillées
Marquées et torturées.
J'ai embrassé ta bouche
Eteinte sous une couche
De sang rouge et épais
Que je t'ai enlevée.
J'ai embrassé tes lèvres
Atteintes par la fièvre
Blanchies à présent
Enfin dénudées de sang.
J'ai embrassé tes yeux
Ecartant tes cheveux
Poisseux de sang vermeil
Qui luit au soleil.
J'ai embrassé ta tête
En quelques doux gestes
Ton front si beau et pâle
Ainsi que ta peau blafarde.
J'ai embrassé ta peau
Suintante des maux
Qui attaquent sans répit
Ta malheureuse vie.
J'ai embrassé ton corps
Sans regrets, sans remords
J'ai écouté ton cœur
Psalmodier le malheur.
J'ai regardé ton cou
S'affaisser, devenir mou
Pour ne plus bouger,
Restant de vie balayé.
J'ai regardé tes mains
Blanchir au matin
Encore s'immobiliser,
Pour enfin expirer.
J'ai regardé ta bouche
Et, fébrile, je la touche
Elle est froide et glacée,
Gelée et frigorifiée.
J'ai regardé tes lèvres
Envahies par les ténèbres
Qui les ont blessés,
Blessés jusqu'à les tuer.
J'ai regardé tes yeux
Mourir à petit feu
Ton regard n'est pas resté,
Il s'est envolé.
J'ai regardé ta tête
Qui faiblement s'entête
Jusqu'à abandonner
La vie et la réalité.
J'ai regardé ta peau
Ternir, c'est le mot
Pour finalement se figer,
A jamais détraquée.
J'ai regardé ton corps
Aux dédales de la mort
Ton regard s'est effacé,
Définitivement tu as sombré.