Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Aydan

Auteur Sujet: Aydan  (Lu 1279 fois)

Hors ligne Vykk3rs

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Aydan
« le: 31 Octobre 2015 à 15:46:55 »
Aydan, il est 8h quand je décide de t’écrire, 8h du soir. Une pâle lune commence à se dégager des nuages d’Octobre et l’atmosphère de la nuit naissante annonce tout l’ésotérisme et l’intention de mon écrit. Aydan, je ne sais pas où tu te trouves en ce moment, et malgré mes prières, mes recherches, malgré les annonces, celles de papier, celles de données numériques, malgré toutes ces missives envoyées à travers le monde, l’espoir me perd. Pardonne moi mon fils, mais cela fait 3 mois, Aydan, et je n’en peux plus. Il m’a fallu affronter les regards pleins de suspicion, les journaux avides et leurs journalistes, qui creusaient mon sentiment alors que de sentiments il n’y a plus once dans leurs cœurs, il m’a fallu connaitre les convocations au commissaire, les confrontations auprès de témoins fantoches prétendant à leur part de récompense, les vautours de notre clan, qui contre un morceau de papier vert venaient étaler (et parfois même inventer) nos histoires de famille, dressant peu à peu un mur entre nous et les autres, les voisins, les passants, les autres gens. Nous étions forts et résistants quand nous étions deux, mais aujourd’hui, je me sens chaque jour vaciller un peu plus, sans ta présence, ton sourire, qui venait éclairer d’espoir mon âme.

Aydan, ma main tremble dans mon écrit, et je ne suis pas sûre de trouver réel sens, réelle fin, à ce message désespéré. Les nuits sont devenues trop longues dans cette maison désormais trop vide. La bibliothèque me tiens une compagnie silencieuse, trop silencieuse. Elle me domine de ces livres qui suscitaient ton interrogation quant tu étais enfant. Je me rappelle tes “Raconte moi l’histoire Maman !”. Ainsi dans cette bibliothèque ont maintes fois vécus Swift et ses Lilliputiens, Dahl et sa grosse pêche, Snickett et ses horribles histoires d’orphelins malchanceux, Pullman et son poignard des dimension, Wul et son enfant noir, Matheson et sa légende, et Poe. Poe, celui que tu as toujours le plus aimé, au dessus de tout les autres. Le buste de Pallas et le Corbeau juge qui te fascinaient tant, les meurtres sordides de la rue Morgue qui te faisaient tirer la langue de dégoût, ce vieillard et son œil bleu battant d’un pouls révélateur jusqu’à ce cœur homicide qui tendait ton petit corps au maximum.

Tu vois, Aydan, je n’ai pas oublié ces moments rien qu’à nous, où le livre était le vecteur d’un amour qui trouvait sa forme dans les contes que je te racontais. Je me souviens de ta bouche mi-close, de ton corps en suspens, muscles tendus face aux péripéties de ces héros de fibre de bois. Je me rappelle cette lumière prométhéenne qui habitait ton regard quand les mots défilaient sous le couvert du tourne-disque encore vaillant et de ses symphonies poussiéreuses. Les vieux vinyles n’ont plus la même saveur désormais, pris sous les assauts violents d’Atarax et de Prozac. A peine entends-je dans mes meilleurs moments un crin-crin désarticulé qui vient me chatouiller les tempes, comme un crissement venant se planter dans mon oreille. Oui mon fils, je prend des médicaments pour dormir, mais je ne dors pas. C’est drôle, moi qui ai toujours revendiqué que les somnifères et anti-dépresseurs étaient un danger venimeux pour l’esprit, me voila enchaînée à eux. Je t’en veux pour ça, fils. Quand tu reviendras, tu comprendras la souffrance que j’ai du endurer par ta faute. Mais ne te ronge pas de cela, la vie est faite de hauts et de bas, et je suis sûre qu’un jour nous pourrons nous asseoir et parler calmement de ces événements, peut être même en rire, car nous sommes de même chair, de même sang, et de ce lien magique qui nous liera jusqu’à l’inexprimable, personne ne pourra en faire obstruction.

Aydan, la lune est maintenant haute dans le ciel, et la vieille horloge du salon, accompagnée de son pendule sans âge, ont sonnés plusieurs heures sans que je ne sache s’il est désormais tôt ou tard. Je suis tentée de me baigner dans ce bleu nocturne et froid qui viendrait contraster avec la brûlante chaleur de ma lampe de bureau. Mon texte est désormais plein de ratures et de larmes, car trouver les mots qui te feront revenir dans le chaos des sentiments qui m’habitent est une épreuve d’incertitude et de peur, constante que je ne peux réellement souhaiter à d’autres. Devant moi, sur le miroir, se trouvent accrochés les articles de journaux faisant état de ta disparition. Ce cynisme journalistique, faisant grand titre des premiers jours, puis te faisant apparaître dans des brèves de plus en plus courtes. Des faits divers, disent-ils, ajoutant à la douleur familiale cette progressive indifférence du monde face à la souffrance d’une mère. Mais je commence peu à peu à comprendre.

Je suis sortie dans le jardin. Il fait un peu froid mais la saison est encore clémente avec nous. Le gel n’est pas arrivé encore, et je me surprend à ne porter qu’une chemise de soie sans ressentir le violent frisson qu’accompagnerait d’habitude l'hiver naissant. Si tu me voyais en cet instant, tu penserais certainement à la Dame Pâle de Dumas, ou à quelque Carmilla cherchant son amour dans les bruyères de... Je m’égare, pardonne moi. Le sapin est toujours là, ses racines remontent parfois du sol pour désigner d’un doigt coupable les vivants qui l’entretiennent. Les rosiers blancs sont morts, je n’ai pas su les entretenir après le départ de ton père. Il disait souvent que j’étais meilleure ménagère que jardinière, mais les rosiers rouges ont subsisté, eux. Tout en ce jardin me reconduit à toi, Aydan, tout en ce jardin me ramène à ton départ. Mais étrangement, je ne souffre pas en ce lieu. Tu es un garçon courageux, et je sais que ce que tu as fais est juste, au fond. Tu as su prendre la décision que je n’avais jamais pu prendre et en cela, je t’aimerai toujours, mon trésor.

Mon Aydan, je prie pour que la neige vienne rapidement, apportant son manteau qui recouvrira définitivement notre secret, recouvrant les terribles événements de naguère. Ton père ne sera plus alors qu’un faible murmure soufflé par le vent, et du sapin je couperai les racines accusatrices. Nous mettrons des guirlandes et des chandelles sur celui-ci, et les voisins seront impressionnés d’une telle magnificence sylvestre. Peut-être me demanderont ils d’ou me vient cette si belle réussite. J’aurai alors un sourire discret, et si tu reviens...

...tu diras pour moi que c’est un secret de famille.
« Modifié: 01 Novembre 2015 à 15:52:45 par Vykk3rs »

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Aydan
« Réponse #1 le: 01 Novembre 2015 à 12:18:50 »
Salut !


Exercice de style alambiqué ? Tu t'en sors plutôt bien :). Cependant, perso ce genre de style n'est pas ma tasse de thé.  :-[

Quelques remarques :

Citer
Je me rappelle tes “Raconte moi l’histoire Maman !”.
Tiens c'est marrant depuis le début j'étais persuadée que c'était un homme qui écrivait.

Citer
Poe, celui que tu as toujours le plus aimé, au dessus de tout les autres. Le buste de Pallas et le Corbeau juge qui te fascinaient tant, les meurtres sordides de la rue Morgue qui te faisaient tirer la langue de dégoût, ce vieillard et son œil bleu battant d’un pouls révélateur jusqu’à ce cœur homicide qui tendait ton petit corps au maximum.

Wow, violent pour un mioche qui sait même pas lire Oo

Citer
Tu vois, Aydan, je n’ai pas oublié ces moments rien qu’à nous, ou le livre était le vecteur
où

Citer
A peine entend-je dans mes meilleurs moments un crin-crin désarticulé qui vient me chatouiller les tempes, comme un crissement venant se planter dans mon oreille.
entends-je

Citer
C’est drôle, moi qui ai toujours revendiquée que les somnifères et anti-dépresseurs étaient un danger venimeux pour l’esprit, me voila enchaînée à eux.
Revendiqué

Citer
Mais ne te ronge pas de cela, la vie est faite de haut et de bas, et je suis sûre qu’un jour nous pourrons nous asseoir et parler calmement de ces événements, peut être même en rire, car nous sommes de même chair, de même sang, et de ce lien magique qui nous liera jusqu’à l’inexprimable, personne ne pourra en faire obstruction.
Hauts. Et j'aurais mis un point ou un point virgule entre cela et vie ^^


Je crois que j'ai pas tout compris. Ils
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
, c'est ça ? Mais pourquoi le gosse est parti ?

Bonne continuation ^^
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Vykk3rs

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Re : Aydan
« Réponse #2 le: 01 Novembre 2015 à 15:51:04 »
pouet Ambriel ! Merci de ta lecture ! =)

Alors pour te répondre

1) J'ai pourtant bien travaillé la ponctuation de façon a indiquer que c'est une femme qui écrit ^^"

2) Tu trouves ? Pourtant j'aurai supposé que ces histoires ne fussent pas racontée seulement durant sa petite enfance, et Poe ca se découvre a tout âge suivant l'oeuvre !  ;)

3)
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci encore de tes retours ! Je m'applique aux correction  :mrgreen:

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Aydan
« Réponse #3 le: 01 Novembre 2015 à 16:42:42 »

Citer
1) J'ai pourtant bien travaillé la ponctuation de façon a indiquer que c'est une femme qui écrit ^^"
La ponctuation ? Tu veux dire les accords et tout ça ? Ben en relisant le premier paragraphe, il me semble qu'il y a pas d'indice ^^ Seulement au début du second.


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2) Tu trouves ? Pourtant j'aurai supposé que ces histoires ne fussent pas racontée seulement durant sa petite enfance, et Poe ca se découvre a tout âge suivant l'oeuvre !  ;)
Ben j'ai juste supposé que si sa mère lui racontait des histoires, c'est parce qu'il était pas en âge de lire seul...
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
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- Renaud, les charognards -

Hors ligne Vykk3rs

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Re : Aydan
« Réponse #4 le: 01 Novembre 2015 à 17:31:56 »
1) C'est vrai ! Je me suis mal exprimé mes excuses ^^

2)J'ai du mal exprimer la temporalité de l'action alors, c'est de ma faute, je vais essayer de retravailler cela dans mes prochaines tentatives  :/
« Modifié: 01 Novembre 2015 à 17:33:59 par Vykk3rs »

 


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