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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le paradis a déménagé dans ses cheveux

Auteur Sujet: Le paradis a déménagé dans ses cheveux  (Lu 3473 fois)

World End Girlfriend

  • Invité
Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« le: 12 Juin 2015 à 15:11:49 »

La suite de ceci, donc le premier qui se plaint de l'histoire je le fourre dans ma marmite ce soir  8|
Bonne lecture.




Vous avez dit bizarre ?
Excentrique ?
Lunatique ?
Dérangé ?
Peut-être, mais je ne suis que moi, enfin, moi et moi.
Nous sommes deux, je crois.
Il est vingt deux heures je fais la vaisselle en chantonnant je viens de dîner mais je ne pars pas me coucher en réalité la soirée ne fait que  commencer. Non que je compte réviser mes cours prennent la poussière dans un coin je ne veux plus y penser c'est bon j'ai abandonné tant pis je rate ma vie. Là tout ce qui m'intéresse c'est la princesse assoupie dans mon lit !
Le matelas rougit il n'a pas l'habitude qu'une fille soit si proche de lui et moi aussi pardi. Du coup on cramoisit ensemble avec mon vieux compagnon de crastination encore moelleux malgré ces années passées à m'allonger dessus. Faut dire que je suis léger quand même.
J'ai dit que je n'ai pas l'habitude des filles mais j'en ai connu une au lycée, Gamila. Une grasse garce nullement gracieuse et gravement gargarisante, elle était toute gaga de moi mais se gavait trop de crème pâtissière, sans compter sa grossière ganache et ses manières garçonnes. Pas fan des gamines comme ça alors je l'ai plaquée sans prendre de gants. Bam uppercut gauche gargantuesque (si si) dans le rideau graisseux qu'à fait glouglou comme un navire qui coule. Chui un mauvais gars je sais.
Revenons à ma belle.
Je l'admire je la dévore c'est un dessert glacé dans cette nuit estivale je fonds sous sa froide morsure et sa caresse givrée qui fait affluer le sang dans une zone qui ne devrait pas oh mon Dieu ne serais-je qu'un sale pervers ?
- Oui. Répond-il de là-haut.
- C'est ballot, que je rétorque à Monsieur Dieu.
Pendant ce temps la fille ouvre les yeux comme ça pouf !
Et v'là t'y pas que son regard océan me fait un essorage express au sel marin. Moins puissant que la première fois mais quand même, ça secoue. C'est sans doute cela que ressentent les drogués car je n'ai qu'une envie c'est de renouveler la sensation. Je ne peux plus me passer d'elle je suis son esclave je tuerai même pour qu'elle m'aime. Je foutrais le chaos dans l'univers si elle me l'ordonne. Cette pensée me grise.
L'amour c'est vraiment quelque chose.
- Vous êtes en sécurité ici.
Je prononce ces mots sans réfléchir, comme si quelqu'un a actionné la manivelle "prince charmant" de mon répertoire. Elle promène ses yeux tout autour de mon studio miteux, je vois le puzzle de sa mémoire qui prend forme, le passé qui se reforme puis ka-ching ! Flashforward au présent le compte est bon. Redevenue maîtresse de la situation, elle me toise de pied en cap et parle. J'entends sa voix pour la première fois.
- C'est bien gentil, mais je ne suis en sécurité nulle part...
Un rictus se forme sur son visage, malicieux ?
- ...car je suis mon plus grand danger, en réalité.
D'accord.
J'adore.
Voyant que je trépigne d'excitation, elle hausse un sourcil dédaigneux, puis se relève pour zieuter la ville du balcon.
Crack. Ça, c'est le bruit de ma mâchoire qui se déboite d'étonnement.
- Quoi ? Qu'elle demande, irritée.
- T-tu mesures combien ?
- Un mètre quatre vingt sept.
- Ah ha ! cela explique pourquoi je m'écrase autant les cervicales pour te mirer.
- T'es juste un gringalet, comme tous les gens de cette ville j'imagine. L'air est si vicié ici...
- Tu veux dire que c'est tout à fait normal les filles de ta taille, là d'où tu viens ?
- Bien sûr.
Et là je m'imagine une ville comme ça, des blondes, des brunes, des rousses aux grandes hanches bien fermes, jouant sur la plage en bikini avec leur poitrine qui fait boing boing quand elles courent au ralenti. He he he. Ehehehe. He.
Crack. Ça, c'est son poing sur ma gueule. Bien fort.
- Efface ce sourire pervers de ta face.
De toute façon t'es aussi plate qu'une planche toi ! Je me dis pour moi-même. Elle me lance un mauvais regard, comme si elle lit dans mes pensées, mais se retient de me tabasser davantage, je l'ai quand même sauvée.
Puis, mue par une sorte d'instinct maternel qui sait que son fils cache des trucs dans sa chambre, voilà qu'elle farfouille dans mon studio et tombe direct sur mon coin revues pornos. Trop choqué et embarrassé pour bouger le moindre muscle, elle se contente de me lancer un sourire complice et lève un pouce en l'air.
- Que du femdom, j'approuve. Les gringalets c'est fait pour qu'on les piétinne avec des...
Groooowl.
Elle n'a pas le temps de finir sa phrase qu'un bruit fort troublant se fait entendre. Comme un ventre qui gargouille d'une super grosse faim, ou un ours hurlant d'une vasectomie sans anesthésie, mais la première option semble plus réaliste (et puis mon voisin qu'avait un ours domestique a déménagé).
Elle se tient l'abdomen sans oser respirer, le visage cramoisi de honte. Alors elle fait partie de ceux qui ne supportent pas que leur estomac gronde en public, bon à savoir. Je sors vite un calepin et répertorie son premier point faible connu, puis lui tend un paquet de beignets de crevettes entamé. Elle pioche dedans, mange sans le moindre son, alors que moi ça fait krch krch normalement. Les princesses ont un système de mastication sophistiqué, je note cette remarque aussi, histoire de rassembler le plus d'informations pour l'apprivoiser.
- Tu ne seras point repus avec ces beignets maigrelets, veux-tu que je te préparasse des pâtes ?
- Des pâtes... ?
Elle fait la moue, me charme avec ses grands yeux affamés. Je sais qu'elle me joue la comédie mais ça n'a aucune importance. Elle est juste trop belle.
Je regarde l'heure, vingt trois heures, pas le temps de cuisiner cinq étoiles ma grande.
- Je dois aller bosser dans moins d'une heure, et il est hors de question que t'aille te perdre seule dans le Dédale si tard. Tu n'es pas d'ici d'ailleurs, si ?
- Non.
Alors elle se redirige vers le balcon, en gardant la fenêtre fermée cette fois, puis se remet à admirer Casanegra... ou pas. Son regard perce plutôt l'horizon, loin, très loin vers le nord, au-delà de la plage et plus vers l'océan, illuminé par les dizaines de villas-montgolfières qui le surmontent.
- Ciodellaqua, voilà qui je suis. Enfin, plus tout à fait, mais c'est une longue histoire. Souviens-t'en, gringalet.
Je rêve, ou elle m'a traité de gringalet trois fois en moins de deux pages ?
- Mon nom est...
- Enchantée, grin-ga-let !
Grrr... Elle me donne envie d'étrangler des chatons en chaine puis d'avaler un haltère pour plonger dans l'eau étancher ma haine.
Je l'aime.
Trifouillant impunément dans ma modeste bibliothèque cette fois, elle demande.
- C'est où que tu travailles à une heure pareille ?
- Un vieux café littéraire spécial insomniaques et somnanbules théinomanes, le Hard-boiled Wonderland. Ah, que je me dis, tu n'as qu'à venir, la boss te cuisinera un petit quelque chose.
Elle hausse les épaules, l'air de dire qu'elle n'a aucune objection à formuler, du coup on se met en route. Sur le seuil de la porte elle me frôle avec ses longs cheveux noirs de lavande. L'odeur trotte dans mes narines et c'est comme si un ange maladroit a fait pleuvoir son eau de cologne sur moi. Alors je prie Dieu, Bouddha, Jésus et le Colonel Sanders de me réincarner en un de ses cheveux si jamais je crève.
Oui, nul doute que le paradis sur terre, faut le chercher dans le capillaire des belles demoiselles !




MillaNox

  • Invité
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #1 le: 12 Juin 2015 à 23:08:02 »
Salut WEG !

une suite à Snow in summer !!
Bon j'ai pas fait de relevé détaillé pour une fois, donc si tu en veux un fais moi signe !

Il y a toutefois un "comme si" suivi du présent alors qu'il faudrait un imparfait. Et tes incises qui ne sont pas harmonisée (pour Dieu tu mets "répond-il" (il faut le placer en fin de phrase avec une virgule et pas de majuscule d'ailleurs) et ensuite tu utilise le "que blabla (que je rétorque, qu'elle demande... et là encore faut virer les majuscule même après un "? ou !") Et un repue vers al fin ainsi qu'un somnambule  ;)

Sinon, ya un vrai côté manga, que ce soit dans le monde, le style des persos ou surtout dans leurs réactions/comportements. Je me suis franchement marrée à pas mal de truc. Tu nous fais un perso assez boulet quand même, le passage ou il veut des gros seins sur une plage euh... comment dire... ça le rend ni très fin ni attachant  :D Mais je suppose que c'est volontaire puisque derrière il se prend une beigne... La déesse a la classe mais elle est assez froide  :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: C'est risqué de partir sur deux persos principaux auxquels on aura du mal à s'identifier. mais pourquoi pas ? Ce qui accroche, c'est le côté un peu délirant, surprenant (ta plume est vraiment imprévisible et ça je kiffe) J'aime bien le coup de prendre des notes sur la nana du style (ça aussi y a un visuel très manga je trouve) et c'est pas le truc que j'ai déjà lu plein de fois, du coup ça fait héhéhé  ^^
Et donc, ça appelle une suite tout ça !

Citer
- C'est où que tu travailles à une heure pareille ?
- Un vieux café littéraire spécial insomniaques et somnanbules théinomanes, le Hard-boiled Wonderland. Ah, que je me dis, tu n'as qu'à venir, la boss te cuisinera un petit quelque chose.
Elle hausse les épaules, l'air de dire qu'elle n'a aucune objection à formuler, du coup on se met en route. Sur le seuil de la porte elle me frôle avec ses longs cheveux noirs de lavande. L'odeur trotte dans mes narines et c'est comme si un ange maladroit a fait pleuvoir son eau de cologne sur moi. Alors je prie Dieu, Bouddha, Jésus et le Colonel Sanders de me réincarner en un de ses cheveux si jamais je crève.
Oui, nul doute que le paradis sur terre, faut le chercher dans le capillaire des belles demoiselles !
ahahah cette fin  :coeur: :coeur:
je vais postuler pour bosser là bas  :D

Bon, j'ai vraiment bien aimé, et je me demande où tu vas  ^^

Milla

Hors ligne poisson flou

  • Scribe
  • Messages: 96
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #2 le: 12 Juin 2015 à 23:32:08 »
J' ai pris beaucoup de plaisir à lire le texte. C'est le titre, accrocheur, qui m'a donné envie d'aller y voir de plus près. Il préfigurait bien le chapelet de trouvailles verbales et rythmées qui traversent le texte. Je ne suis pas (du moins jusqu'à présent !) un fervent des mangas donc j'ai découvert un univers qui ne m'était pas familier.... Oui le personnage masculin est lourd mais vraiment très drôle sauvé par un style aux dérapages contrôlés... Mention particulière pour la fin, avec les odeurs ou plutôt parfum, je pense, qui trotte dans les narines.

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #3 le: 16 Juin 2015 à 13:28:32 »
Eww, j'ai laissé couler  :mrgreen:
Merci du passage Milla, je t'ai déjà répondu par mp !
@poisson : merci aussi ! À vrai dire le côté manga c'est juste l'aspect aléatoire et sans doute déjanté de l'écriture. Beaucoup d'auteurs ont adopté cette approche sans toucher de manga de leurs vies. Je n'emprunte donc à aucun univers en particulier dans les faits, juste l'esprit shônen je suppose. Car bon, moi j'en ai bouffé des manga, même que j'en produit  :P
Le personnage masculin sera infiniment plus profond que ce que tu vois, donc à la limite c'est bien qu'il ait l'air lourd au départ, ça fera un bon développement.
Odeur/parfum j'hésite encore. Parfum implique l'usage d'un parfum ce qui est pas le cas.

Merci à vous deux !

Hors ligne Oussri

  • Aède
  • Messages: 208
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #4 le: 22 Juin 2015 à 11:06:27 »
Salut WEG !

Ah, je suis contente d'avoir lu de suite celui-là après le premier. Là, j'ai vraiment beaucoup aimé. Le mec me fait beaucoup rire, avec ses fantasmes délirants qui lui poussent dans la tête sans préambule, sa fascination pour la demoiselle (qui a la classe d'ailleurs ^^)... Leur relation me plaît beaucoup. J'ai hâte de voir où tu nous mènes.

Vivement la suite ;)

Au plaisir !
"Chat du Cheshire, quand je recommence à t'oublier, c'est toujours le souvenir de ton sourire qui disparaît en dernier." Gage

MillaNox

  • Invité
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #5 le: 28 Août 2015 à 09:14:42 »
*Milla tape du pied impatiemment*

On en a gros ! On veut la suite !!

En attendant c'est cool de nous offrir une dimension orale. On y entend bien toutes les nuances de la subtilité de ton perso  :D (plus sérieusement j'adore le ton  :coeur:)

Donc le lien de la version audio :

Le paradis a déménagé dans ses cheveux, de World End Girlfriend, lu par lui-même (avec la participation de Milla), lecture


Hors ligne Victoria Snow

  • Plumelette
  • Messages: 17
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #6 le: 28 Août 2015 à 13:51:51 »
J'adore. C'est cool, bien écrit et ça donner envie de connaitre la suite.

Le personnage principal me plait bien avec sa spontanéité de "mec normal" et ses attentions touchantes vis à vis de la fille.

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 771
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #7 le: 28 Août 2015 à 17:10:58 »
Je crois que ceci est un no man's land dans lequel il est agréable de se réfugier, comme pour oublier que l'on a vécu, et qu'il faudra encore vivre demain. Comme une sécurité, un monde sans risque. Une belle façon de faire vivre l'écriture, ces petits podcasts ! Ça donne une dimension très humaine à l'auteur. On y prend beaucoup de plaisir ! Encore une bonne idée des Mdéiens, dis donc ! Mais où te mènera ton inspiration, mon cher Weg !?

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #8 le: 28 Août 2015 à 19:29:49 »
Mais où te mènera ton inspiration, mon cher Weg !?
A la tombe, comme tout le monde. Mais entre temps il se passera des choses, alors c'est déjà ça.

Content que t'ai apprécié Miss Snow, merci de votre passage à tout les deux  :mafio:

Siegrid

  • Invité
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #9 le: 29 Août 2015 à 19:13:55 »
J'ai bien aimé, mais il y a un truc que je n'ai pas compris au début :

"Peut-être, mais je ne suis que moi, enfin, moi et moi.
Nous sommes deux, je crois."

Quel est le rapport avec le schmilblick ?

Sinon, l'autodérision du personnage masculin promet les meilleurs augures pour la suite...
A bientôt, j'espère .
 :bonpublic:

Siegrid

  • Invité
Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #10 le: 29 Août 2015 à 19:22:24 »

 L'odeur trotte dans mes narines et c'est comme si un ange maladroit a fait pleuvoir son eau de cologne sur moi. 

Et cette idée d'ange maladroit est très poétique, et inspirante aussi. Normal, avec cette odeur.

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Re : Le paradis a déménagé dans ses cheveux
« Réponse #11 le: 31 Août 2015 à 13:32:39 »
Quel est le rapport avec le schmilblick ?
Faut lire la première partie, et surtout la lecture de Milla avec deux tons de voix différents.

 


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