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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'Arme à gauche

Auteur Sujet: L'Arme à gauche  (Lu 1456 fois)

Sam Kirby

  • Invité
L'Arme à gauche
« le: 30 Août 2015 à 15:14:40 »

            Ce texte, originellement publié en ligne le 18 août 2015, a fait l'objet de deux modifications : la première le 19 août 2015 et la seconde le 29 août 2015. Travail protégé sous licence Creative Commons BY.

            Certains propos, termes ou scènes décrites dans cette nouvelle ne sont pas susceptibles de convenir à un jeune public. L'auteur ne sera en aucun cas tenu responsable des problèmes qui pourraient en découler.

             Les personnages, lieux et faits relatés dans ce récit relèvent de la fiction. Toute ressemblance avec des faits réels serait purement fortuite.


                                   

                                                           



   Dans la Cité des Artistes, on peut toujours observer cette commodité pendant la période estivale. Dans le square qui jouxtait l’entrée vers les barres Dumas et Picasso, on rappelait les enfants qui jouaient dehors pour la nuit. On ne s’inquiétait pas outre-mesure de ce qui pouvait arriver à la progéniture de quiconque. Tout le monde se connaissait. Si l’un ou l’autre manquait à l’appel, on se mettrait en quatre pour le retrouver.
 
         Du haut du dernier étage de la barre Picasso, peinte en rouge brique, Marie-Louise Sauzée aimait observer ces scènes. Pourtant, les bouffées de chaleur pesaient sur son organisme frêle de trentenaire. De sorte qu’elle se refusait à sortir dehors. La télévision ne lui donnait pas matière à se divertir alors elle préférait observer les allées et venues des gamins, rentrant et sortant de leur forteresse. Partagée entre l’amusement et la peine, Lou pouvait rester là des heures. Parce que la vie extérieure dont elle était la spectatrice était parfois plus plaisante que la petite mort qu’elle s’octroyait obligatoirement. Impossible de faire le dos rond comme l’était son ventre. Son premier enfant connut le rythme trépidant des Artistes. Mais il ne tarda pas à prendre la route vers d’autres latitudes. Avait-elle été une mauvaise mère ? Sans doute puisque sa belle-famille obtint la garde de la petite sans difficulté. Un dédommagement sans frais pour  sa séparation brutale avec le père. Ce salaud n’avait pas eu de scrupules à trouver une autre chaussure à son pied. Mais avant cela, il prit soin d’engrosser Lou de nouveau. Elle y consentit, abêtie par l’idée qu’il aurait sans doute éprouvé de l’amour au change. Mais ce n’était qu’une fois parti qu’elle se rendit compte que ce n’était qu’une partie fine de plus. Un aller-retour sans saveur, tout ce qu’il y a de plus trivial. Ces enfants, qui couraient dans tout le quartier, étaient une projection de ce qu’aurait pu être le sien sans cet épisode douloureux. Et pendant que ce monde s’affairait à rentrer à la maison, un autre se mettait en place sous les réverbères. Il faut dire que petits et grands se partageaient le terrain mais ne jouaient pas dans la même cour. Lou le savait et les autres habitants du quartier aussi.
 
         À défaut d’être étreints par les bras de Morphée, eux invoquaient le marchand de sables. Lou n'avait pas oubliée ses leçons d'anglais, ni le temps passé à lire Gaiman. Sandman était un nom connu de tous à Paris, voire au-delà. Pour les uns, ce caïd à la réputation bien bâtie forçait l’admiration ou la crainte. Pour  les autres, ce n’était qu’une légende à remiser au placard. D’ailleurs, la prison, il ne l’avait jamais connu. Sandman passait toujours entre les mailles du filet. Et comme le diable était dans les détails, il ne manquait pas d’histoires impressionnantes témoignant de sa ruse, de son charisme ou de sa cruauté. Les commérages allaient bon train concernant sa présence au sein du quartier et les rumeurs disaient qu’un contingent de la BAC allait le cueillir ce soir. Mais Lou n’en avait cure. Dès l’instant où elle s’allongea sur le dos, dans son lit, elle ne pensa qu’à ce que la douleur que son rejeton lui filait s’apaise. Il semblait pressé d’en finir.
 
« En classe de troisième, j’avais une prof de musique sympa qui nous faisait chanter des sons que j’aurai jamais pensé kiffer en grandissant. L’un d’eux résonnait dans ma tête alors qu’on attendait dans nos camions banalisés, près du quartier où j’ai grandi. C’était un truc comme :
 
A junkie walking through the twilight
I’m on my way home
I left three days ago, but no one seems to know I’m gone
Home is where the hatred is
Home is filled with pain and it
Might not be such a bad idea if I never, never went home again.
 
Jamais j’aurai pensé que je reviendrai aux Artistes. Ca n’avait pas changé des masses depuis que je me suis barré. Y’avait toujours la boulangerie où on allait acheter des Floup3 et le terrain de foot où on se prenait pour des reustas. Moi j’aimai les gars d’une autre époque. Mes potes étaient sur Ronaldo, moi j’avais Marco Van Basten en tête. Les seuls souvenirs que j’avais de lui étaient dans des K7 de matchs que mon père enregistrait. Comme lui, j’étais une grande perche. Assez grande pour qu’on me taxe de présu mais je m’en foutais. Il y a deux ans, mes parents étaient rentrés au pays mais la barre où on habitait était toujours là. C’était là où habitait un reuf qui avait lui aussi quitté le quartier. Son grand frère se débrouillait toujours pour avoir la console la plus récente. On passait nos mercredis à s’échanger les manettes, se lancer des Hadoken sur Zero 3, refaire les matches de C1 de la veille sur PES 2 et à s’insulter. C’était bon enfant. On se tapait des barres.
 
      Lorsqu’on me demande comment un gamin des tieks a fait pour se retrouver au RAID, j’interprète souvent ça comme une incohérence aux yeux de ceux qui m’interroge. Au fond, j’étais un gars comme les autres : j’avais des ambitions et elles passaient par là. Elles cadraient pas avec l’image qu’on se faisait du gars issu de quartiers laissés en chien. À croire qu’il fallait un parcours type pour se revendiquer comme tel. Là encore je m’en foutais et j’avançais sans les calculer. Pas mes proches. Mes parents avaient accepté et m’encourageaient, même si voir son enfant faire un métier à risque n’est jamais simple. J’étais pas le genre à être dans la confidence mais les frères à qui j’ai dévoilé mes envies m’ont aussi soutenu. Enfin, quand ils ne passaient pas du mauvais côté de la barrière. C’était aussi pour ça que je voulais être condé. Je me sentais pas investi d’une mission ou d’un devoir mais c’était un besoin. Du jour au lendemain, des relations quasi-fraternelles ont mal finies. À mes yeux, y’avait pas drame. Mais pour eux, ça relevait de la haute trahison. Après avoir intégré les Stups, je me suis tiré. »
 
-         Prépare-toi Farouq. On attend que le clairon sonne pour passer la seconde.

        Le RAID était encore loin devant moi à cette époque. J’y pensai pas du tout. Certains s’en faisaient un but final à atteindre, un stade ultime. Moi, on me l’avait simplement proposé. La gloire à en tirer ? Les lauriers qu’on pouvait me tresser si j’y arrivai ? Je m’en caguais. L’idée de servir une juste cause en jouant avec mon adrénaline, c'était bandant. Seulement, j’étais pas le genre altruiste.  Un peu comme Van Basten : que pour ma pomme. En atteignant mon baquet, je savais que le chemin pour le conserver allait être rude. Mais pas au point d’être sur la sellette comme aujourd’hui. Pas au point d'être assis dans cette boîte de conserve insonorisée.

        À force de jouer la partition seul, de supporter de moins en moins la pression et de contester les décisions de ceux qui étaient mes supérieurs, j’avais fini par en faire chier plus d’un. J’aime pas me faire remarquer. Mais je reconnais que j’ai une certaine tendance à me foutre dans la merde et à y faire plonger ceux qui m’entourent. Aujourd’hui, ils voulaient que je prenne mes responsabilités dans cette opération. Ils m’ont mis à la tête d’un peloton. Si ça foire, je risque de sauter. Je chauffe depuis qu’on a quitté Bièvres. On attend, tapi à l’abri comme la panthère qui nous représente. 
 
        « La panthère a été choisi comme emblème parce que c’est un animal noir et magnifique qui n’attaque pas mais se défend férocement »
 
         C’était pas la raison pour laquelle on l’avait comme mascotte. À vrai dire, j’en savais trop rien. C’était hors-contexte mais cette phase avait du sens nous concernant en y repensant.
 
         Et là d’un coup : le clairon sonne, comme prévu.
 
         La BAC avait foiré son coup pour choper Sandman. Dans le genre insaisissable, peu lui arrivait à la cheville. Beaucoup dans les services le voyaient comme une légende de pacotille, un épouvantail qu’on agitait pour faire fuir les corbeaux. D’autres comme un groupe de caïds qui s’étaient ligués pour monter un business fructueux au sein de la ville. Aux Stups, on en a vite entendu parler parce qu’il trempait de près ou de loin dans le shit ou la cécé. On avait jamais vu sa tête mais tous ceux qui l’avaient rencontré donnaient des versions différentes de la personne qu’ils avaient vu. Ca faisait le sel de ceux qui ne croyaient pas au fait qu’il existe véritablement. Toujours est-il ce gus n’a jamais été au mitard. La descente d’aujourd’hui était l’aboutissement d’un travail de fond de la BAC avec un contact qui crèche dans la téc. Une taupe qui l'aurait vu de près, aurait connu tous ses intermédiaires qu’il a fait tomber et participé de façon active au trafic de drogue dans le quartier.  Aujourd’hui il allait peut-être être mouillé pour de bon.
          La grande vague noire qu’on formait, faite de Kevlar et de plomb, s’étalait au fur et à mesure qu’on s’approchait du quartier. Des gamins essayaient de nous narguer et détalaient comme des lapins vers leur terrier. L’arrivée de la police était toujours un événement quand on était comme eux. Il y avait toujours matière à regarder ce qui se passait autour.

           Et dans ce genre de situation, la presse ne se priait pas pour être aux premières loges. Il paraît qu’en haut, tout avait été fait pour que l’affaire ne s'ébruite pas. Visiblement, quelqu’un de bien informé s’était chargé de mettre des bâtons dans nos roues. Le genre de publicité dont les habitants n'avaient pas besoin. Et ils ne manquaient pas de le faire savoir lorsqu’ils étaient devant l'objectif ou le micro. Mais jamais vous ne verrez ce genre de protestation à la télé. Elle ne regarde pas ceux qui la matent et ceux qui la faisaient aussi, ne la regardait pas.  

             En bas des barres, une marée humaine regardait le spectacle en cours dans leurs appartements. Le soleil se couchait et tous les locataires étaient là. Ils gueulaient, voulaient des explications sur le fait qu’on les aient virés de chez eux. J’aurais pu avoir la boule au ventre à l’idée de revenir sur mes pas ou qu’on puisse me reconnaître mais la pression s’estompait à mesure qu’on touchait au but. La tête du coordinateur des opérations de la BAC ne me revenait pas. Avec sa moustache à la Jim  Gordon et son air ultra sérieux, lui non plus semblait pas content de voir nos tronches. Un autre gars, qui lui tournait autour, vint à ma rencontre. Je lui demandais :

-         Comment ça se passe ?
-         On est parvenus à faire évacuer la plupart des résidents du quartier. Beaucoup de nos hommes sont à l’intérieur et sont acculés par les dealers qui occupent les bâtiments.
-         Faut croire que ces enculés savent s’organiser, répliqua le CO, méprisant.

Il devait pas deviner que j’étais du cru. Ma réponse devait détonner vu la façon dont il me regardait, ce con :

-         Tu débarques en terrain connu. Un terrain que vous avez exploré en sous-marin pendant plusieurs mois et tu t’attendais à ce que les gars présents dans cette cité rendent les armes sans broncher ?
-         Parce que t’aurais pu prévoir qu’ils riposteraient toi ? Qu’ils assiègeraient le terrain en profitant de cette foutue descente ? Qu’ils agiraient comme de bons petits soldats ?
-         C’est le plus gros bonnet de Paname ! Pas un dealer à la sauvette !

Le plus dur face à un gars qui cherche à avoir le dernier mot, c’est de ne pas péter des câbles. Lorsque vous êtes une personne impulsive comme moi, votre voix vous trahit facilement.  

-         Donc, pour toi, si cette merde s’est mal dégoupillée, c’est parce qu’on est des amateurs ? Remarque c’est pas comme si les locataires nous avaient facilités la tâche.
-         À force de faire du zèle en les délogeant comme des gavroches…
-         Ils savent tous que des putains de dealers en puissance habitent le quartier ou logent chez eux. On sait tout de ce qui se passe dans ce quartier, on n’est pas là pour faire du soc…

           Il fallait que je parte. Je savais que si j’en entendais davantage, je l’aurais étalé comme une merde devant tout le monde. On était pas loin d’entrer dans les barres qu'on me demanda :

-         Comment on s’organise ?
-         Comme prévu. On se met en quatre pour les déloger des barres. On cherche surtout à les dissuader, pas à les buter. On doit tout faire pour les neutraliser. Faites du bruit que seulement si c’est nécessaire.  

On se divisa en quatre. Chaque groupe pour une des quatre barres. J’allais vers la barre Picasso quand une gamine noire d’à peu près 6-7 ans me tapota le dos. Après l’avoir ramenée auprès de sa mère, vêtue d’un tchador, dans le carré de sécurité pour les locataires évacués, elle me cria :
-         Il faut aller chercher la madame, monsieur !
-         Quoi ?
-         La madame enceinte au dernier étage ! Elle est pas sortie comme tout le monde. Il faut aller la chercher, monsieur ! "
 


Dans son appartement du 13ème étage, Lou était réveillée depuis une bonne heure. Mais ce n’était pas l’alarme de son téléphone qui, comme à l’accoutumée, l’avait tirée de son sommeil. Engourdie par la fatigue, elle mit du temps à réaliser qu’on martelait du poing sur sa porte. Sa chambre était loin de l’entrée. Avec son ventre imposant, elle eut toutes les peines du monde à aller jeter un œil dans le judas. Elle se rappela qu’après avoir ouvert la porte à un policier de la BAC, celui-ci la prévint qu’une perquisition des forces de l’ordre était en cours, que tous les appartements devaient être fouillés et qu’en cas d’opposition, elle serait emmenée au commissariat pour « obstruction à une enquête de droit public ». En clamant qu'elle n'avait rien à cacher, elle lui ouvrit grand la porte.

         Elle se rappela aussi de la cacophonie qui régnait, quelques étages plus bas. Des voisins qui se plaignaient de la venue de la police. Le bleu fit un pas dans son appartement puis un coup de feu soudain lui siffla l’oreille gauche. Alertée, le cœur de Lou battait la chamade comme si elle avait produit un effort important. Petit à petit, elle bascula vers l’arrière, nauséeuse, prévoyant trop tard le contact brutal avec la céramique en fermant les yeux. Au sol, elle essaya d'ouvrir ses petites mirettes mais la sensation de vertige qui l’accaparait était si forte qu’elle aurait pu se réveiller, baignant dans son propre vomi. Comateuse, Lou était devenue insensible au contact du sol froid et immaculé de son salon.
 
          Quand elle rouvrit les yeux, elle n’eut pas le temps de vérifier si son ventre était toujours rond. D’une masse noire et informe, son champ de vision passa à la vue précise d’un gros pistolet qu’on pointait vers sa direction, bien plus imposant que les deux mains jointes qui le tenait.

-         Fais pas de gestes brusques et tout se passera bien.

           Lou aurait bien voulu hurler tout son soûl. Ses yeux alternèrent de cible. Du canon fumant et brûlant aux doigts moites qui menaçait d'appuyer sur la gâchette, elle passa au visage livide du policier venu l’extirper de son appartement. Il gisait au sol, la bouche ouverte. L’impact de balle laissé sur le front, qui traversait sa tête, laissait échapper du sang continuellement. Il venait tout juste d’être exécuté. Lou dut s’y prendre à deux fois pour demander à son agresseur, les yeux baignés de larmes :

-         Qu… Qu’est-ce…Qu’est-ce que vous voulez ?
-         La paix et rien d’autre, répondit l’homme armé. C’est pour moi que ces fils de pute sont venus.
-         Et qu’est-ce que j’ai à voir avec vous ? J’ai un enfant qui…
-         Ta gueule ! siffla t-il les dents serrées en la prenant par le col. Tu crois que j’en ai quelque chose à branler de ton môme ? J’peux très bien vous crever tous les deux que ça changera rien au final.

            Son regard vitreux était caché sous la visière de sa casquette. La position allongée dans laquelle Marie-Louise se trouvait rendait ses bras plus longs, son arme bien plus proche de son front et son allure encore plus dangereuse. Le cœur de la trentenaire s’emballait de plus belle. Une mélasse de sueur obstruait toutes les pores de sa peau. Les bruits alentours s’étaient évanouis. Il n’y avait que sa respiration, haletante, celle de cet homme, à l'air dément et les remous pressants de son bébé, à l’intérieur de son ventre endolori.

-         T’as vu ce qui lui est arrivé ? s’exclama-t-il, avec la même précaution, tout en montrant de la tête sa victime précédente. Si tu l’ouvres, si tu hurles pour te faire entendre de tous ces chiens, si tu bouges, tu vas crever la bouche ouverte comme ce sale schmitt ! Alors boucle-là !

          Inutile de lui demander de la laisser en dehors de tout ça tant il semblait bien déterminé à aller jusqu’au bout de son acte. Pour Lou, rien ne comptait plus que la vie de son enfant en cet instant. Elle devait se résoudre à ne pas opposer de résistance et tenta de ne pas se trémousser pour la dernière fois de sa vie. Mais Dame Nature ne lui donna pas ce plaisir. Malgré toutes les peines qu’elle éprouvait à ne pas crier, les contractions se faisaient de plus en plus fortes, jusqu’à ce que son agresseur recule, chancelant, observant l’entrejambe de son pantalon devenu humide. Puis il leva de nouveau son pistolet en direction de Lou.

-         Salope, tu m’as…

Il pensait à tort qu’elle lui avait uriné dessus de peur. Mais l’odeur qui s’en échappait ne s'y prêta pas, de même que la couleur claire du liquide amniotique qui sortait de son utérus. Elle avait perdu les eaux, le travail allait commencer…

         Lou allait donner la vie, tout en étant en danger de mort. Tout un paradoxe. Mais elle était bien trop occupée à résister contre la douleur qui la paralysait. Certains disent que sur l’échelle censée la mesurer, la souffrance éprouvée par une femme lors de l’accouchement était comparable à une vingtaine de fractures simultanées sur l’ensemble du corps. Un spectacle désarmant pour un homme qui n’était pas préparé à vivre une telle situation. Un instant avait suffi pour que les tendances s’inversent. Les cris s’échappant de la bouche de Lou auraient pu sonner comme une véritable libération si les paramètres des alentours ne lui rappelaient pas qu’elle pouvait passer de vie à trépas à tout instant et son enfant avec. Pour son hôte, en revanche, c'était le signal de sa mise à mort imminente. Par la police ou ses anciens camarades chargés de lui faire la peau ? Ou alors il allait se débarrasser de cette petite traînée qui ne valait plus rien comme assurance-vie ?

-         MERDE ! PUTAIN DE MEEEERDE ! FAIS CHIER !

           Après avoir jeté son pistolet dans la cuisine, contre le chauffe-eau, il se rua vers Lou qu’il voulait tuer de ses propres mains. Des mains faibles qui n’étaient pas parvenues à supporter le poids de l’arme qu’il tenait. Ou alors était-ce sa lâcheté naturelle qui revenait au galop ? C’est sans doute cela qui l'arrêta avant qu'il ne puisse l'étrangler. Sa fureur semblait se canaliser pendant une fraction de seconde, de sorte qu’il puisse la décharger sur le peu de mobilier qui ornait la pièce.

           Le spectacle qu’il donnait était pitoyable. L’intégralité de la scène suffisait à illustrer l’incroyable trivialité avec laquelle il s’est retrouvé dans ce bourbier. À genoux, puis à quatre pattes, il tenta de supporter le poids écrasant de la charge qui était sur ses épaules. Il se remémora avec précision comment les policiers de la BAC l’avaient surpris un soir en concluant un nouveau deal. Comme ils l'avaient chopé sans difficulté, tant il peinait à leur échapper avec le souffle cardiaque dont il était atteint. Comme ils lui avaient mis la pression pour qu’il finisse par se coucher. Puis avec quelle facilité sa main donna les noms de ses plus proches collaborateurs, tous mis en examen  quelques jours plus tard. Et puis, il y avait Sandman. L’homme qui avait pu déceler en lui du « talent » dans l’art de la revente. En échange de bons procédés, comme une protection et l’adhésion au programme des témoins, la fidélité tenait à peu de choses. Mais le diable auquel il tentait d’échapper avait ses ouailles partout. Il le lui rappela après que les siens le reçurent. Sa femme le décrivait comme une personne charmante qui avait été lésé par la bêtise de son ami. Parce qu'il avait réussi à se faire passer pour son ami. Mais un ami aurait pu comprendre, pensait-il. Un ami aurait pu pardonner et tenter de recoller les morceaux. Il ne s’agissait plus de confiance mutuelle, de promesses tenues, de victoire. Depuis deux jours, sa couverture était compromise. Les hommes en bleu l'avaient bien compris quand l'un des leurs reçut un châtiment particulièrement effroyable. Le tabassage en règle qu'on lui avait prodigué, en dehors de ses heures de travail devaient suffire à montrer les risques qu'encourait les forces de l'ordre à faire confiance à un dealer notoire, une balance de leur système. Avec une côte cassée, des dommages irréversibles au thorax qui se répercutaient sur son appareil respiratoire, son pronostic vital était engagé. À défaut d'en avoir tué un, le marchand de sables en avait terrifié des milliers. Baisé de toutes parts, notre homme allait être consumé par les flammes qu’il avait propagées. Mais il ne comptait pas partir seul.


         « Lorsqu’on n’a jamais été amené à flinguer quelqu’un pour de bon, on a toujours l’idée de se demander quel effet ça fait. En intégrant les Stups, j’avais été rapidement confronté à cette réalité. À l’époque, on m’avait donné un vieux cure-dents18 pour commencer. Je m’étais fait à son utilisation que beaucoup trouvaient datée. Et puis, l’idée d’un DA qui ne s’enrayait pas me séduisait. Voilà pourquoi j’avais eu beaucoup de peine à le troquer contre un Sig plus puissant et aux normes. Du 9mm Parabellum plus sur pour nos villes, plus léger et plus dangereux s'il tombait entre de mauvaises mains.

          Ca commençait doucement. Une perquis’ comme aujourd’hui. Les mêmes paramètres : des couloirs étroits, un éclairage faible et le risque d’un coup de pute à chaque tournant. Il voulait nous filer entre les doigts mais j’avais pu le coincer dans une impasse avant qu’il puisse tailler la route. Je le tenais en joue. Chaque partie de mon corps semblait relié à ce bout de ferraille qui pointait dans sa direction. Je voulais lui énoncer ses droits mais il tenta stupidement de prendre son arme. Avant que sa main n’atteigne son holster, mon doigt fit feu. Je pensais en avoir fini avec lui en le voyait se plier de douleur mais il tenta à nouveau de me tirer dessus. Est-ce qu’il voulait me crever du premier coup ou avait-t-il été assez stupide pour croire qu’en étant diminué, il m’aurait eu parce que je m'en serais approché ?

          Comme ce jour, on nous attendait. Chaque palier franchi était une victoire de plus dans cette course contre la mort dans laquelle on s’est lancé. La différence avec cette première fois ? La montée n’était plus une corvée. Je m’y étais habitué, préparé. Mais les petites répétitions qu'on jouait à Bièvres n’avaient rien de comparable avec la grand-messe dans laquelle on se trouvait aujourd’hui. On pouvait nous mettre en condition mais il n’y avait pas cette part d’imprévu, relative à toutes les situations casse-gueule. Et ça m’insupportait car c’est ce qui me poussait à agir seul. Ce qui m’avait amené à cette putain de journée.

             À un étage du 13ème, j’avais cru voir seulement deux gars en hauteur qui nous voulaient dans leur sillage. L’un de nous avait lancé une lacrymo pour désorienter nos deux lascars puis monter pour les neutraliser, nous laissant à trois sur le palier. Le moment choisi par un dealer pour surgir de l’étage précédent, en nous arrosant d’un 600 coups. Mes deux camarades n’avaient pas eu le temps de se cacher. Le gaz se dissipait petit à petit et en levant la tête vers leur direction, je vis la brutalité avec laquelle sa salve les avaient déchiquetés : l’un d’eux, qui était le médecin du groupe, avait la nuque brisée. L’autre avait son buste criblé de balles. Sa carcasse était fumante. Il n’y avait plus rien à faire pour eux. Inutile de foncer tête baissée, j’avais trop peur de canner.
 
      Le bruit d’un objet tombé devant notre ennemi attira furtivement son attention. En haut, mon collègue avait fait diversion puis lui fit barrage avec son MP5. Alors qu’il s’attardait sur lui, j’eus le temps nécessaire pour ajuster mes tirs. Deux balles sur ses épaules. Pendant qu’il hurlait à la mort, je tentais d’atteindre le côté gauche du palier pour échapper à ses balles perdues. Mais l’une d’elles me toucha à la cuisse droite. La force de l’impact était telle que ma jambe se cogna contre le mur. J’étais à terre. Et je souffrais le martyr. La douleur parcourait chaque recoin de ma peau, chaque articulation, jusqu’à la moelle de mes os. Elle m’aveuglait. Mes oreilles sifflaient. J’étais totalement désorienté.

       Je voulais pas penser au pire scénario possible mais les cris stridents venant de l’étage supérieur me rendirent encore plus faible que je ne l’étais physiquement. Il y eut ceux d’un homme, juste après un échange de coups de feu. Puis ceux d’une femme, qui semblait proche de l’agonie. Seuls mon odorat et mon goût semblaient encore fonctionnels.

        Mon sang. Je le sentais. Je me vidais malgré le pansement de fortune que je m'étais fait. J’avais celui des miens en bouche après avoir atterri violemment au sol. Et j’imaginai le leur dont je n’avais pas vu la couleur. Il me venait en tête.

        Où était le matériel du toubib ? Juste un peu pour tenir ce salopard en respect… Le tuer… Trop faible… Crever… Ce fumier…
Pas maintenant Ya Rabi… Laisse-moi encore du temps… Pour elle, pour eux, pour moi… " 


         Il l’avait fait. Il n’en revenait pas d’avoir pu faire ça. Alors qu’il était à deux doigts de finir six pieds sous terre, qu’il était foutu, il l’avait fait. Il les avait laissé tous les deux dans la chambre. La police finirait bien par venir les chercher, vu que l’un des leurs avait été refroidi. Tant qu’il avait une chance de s’en tirer, il devait le faire. Il prit son arme dans la cuisine qu’il fourra dans son pantalon, s’essuya le front sous la visière de son couvre-chef et s’en alla hâtivement. Il voulut prendre l’ascenseur mais se souvint que celui-ci était bloqué par sa faute. Se ravisant, il tourna ses talons et se dirigea vers la porte des escaliers où une issue de secours serait probablement libre. Mais en ouvrant la porte, il tomba nez-à-nez avec un homme lourdement armé, vêtu de noir, qui montait les marches.

-         Hé !
 
           Il ne pouvait pas plus mal tomber, le bâtard ! Il voulut s’échapper à toutes jambes mais se rappela qu’aucune autre issue était disponible pour son salut. Caché dans une interstice où se dessinait une porte, il expira profondément puis sortit son M1911.

       Surgissant de sa tanière, il tira deux fois vers le policier. La première balle avait manqué sa cible mais la deuxième fit mouche au niveau du bras protégé avec lequel il tenait sa mitraillette. Le temps qu’il puisse réagir pour s'emparer de son arme de poing, son agresseur tira, sur son pied d’appui cette fois. La dernière douille qu’il lui administra, au niveau des doigts acheva de le mettre définitivement à terre. Se tordant de douleur et de rage, l'homme en noir ne put rien faire alors que sa cible s’empressa de dévaler le palier puis l’escalier qui menait au douzième étage. Près de l’escalier suivant, il s’arrêta net en entendant le bruit d’un cliquetis. Quelqu’un venait de chambrer sa cartouche. On pouvait lui planter une balle dans le dos.
-         Bouge pas, enfoiré ! Pose ton flingue. Si tu tentes quoi que ce soit de stupide, je t’assure que je n’hésiterai pas une seconde à te rendre paraplégique pour le reste de ta vie.
          Il se retourna et vit un autre homme cagoulé, qui le tenait en joue. Il avait l’air sérieusement entamé avec sa blessure par balle à la cuisse. Adossé contre le mur, sa respiration était profondément audible et ses yeux bruns le fixaient avec une telle intensité que le moindre mouvement suspect aurait suffi à l’envoyer ad patres.

-         Pour ce qui m’attend si je sors de ce trou, autant me buter. Tout le monde sait qui je suis ici.
-         T’es du quartier ?
-         Pourquoi un schmitt qui va m’envoyer à la morgue s’y intéresse ?
-         Crois pas que je vais te faire ce plaisir, petite merde. Si t’es bien celui qu’on recherche, je vais m’assurer de te faire coffrer pour toute la saloperie que t’as étalé ici et ailleurs…

           Pendant qu’il parlait, Farouq n’avait pas remarqué qu’il était près du médecin, mort au combat. Son adversaire en profita pour se saisir de son Glock 17.

         Quatre coups étaient partis. Farouq était à nouveau à terre. L’effet du tramadol qu’il s’était injecté quelques minutes auparavant s’était brutalement dissipé et la douleur qu’il ressentait était lancinante. Son adversaire était lui aussi au sol, en bas de l’escalier.

         Il pensait avoir fait le plus dur mais celui-ci se releva, gémissant de douleur. Les yeux écarquillés, Farouq regarda successivement le mur derrière lui où s’étaient logées les balles qu’il avait évité et l’autre badaud, debout, montant une à une les marches de l’escalier.

           La vue troublée par le sang qui tachait sa visière en polymère, Farouq se tâtait à retrouver son arme de poing avec sa main droite. Mais elle était engourdie. Il fallait lutter sans antalgique. Jamais son cœur n’avait autant battu qu’à cet instant. Celui où il parvint à se saisir de ce qui ressemblait à une poignée. Il n’entendit pas les deux seules détonations qu’il perçut de son doigt, appuyant frénétiquement sur sa gâchette. Toutes les forces qui l’habitaient l’avaient quittées. Il ignorait ce qu’il était devenu.

 
         "Je ne me rappelais pas très bien pourquoi j'étais dans un brancard. La langue pâteuse, mes bras ballants, le bruit des sirènes et la vue furtive d’une flamme dans le ciel que je regardais à l’air libre. À l’hôpital, on me rassura sur le fait que je n’avais pas eu d’hallucinations. Mais ça m'est sorti de la tête quand j’ai su le sort qui avait été réservé à mes coéquipiers.

          Quelques jours après expertise, il avait été conclu que les 12ème et 13ème étages de la barre Picasso avaient été détruits par une fuite de gaz. N'importe qui comprenait que la coïncidence était trop grosse pour que le destin ait son mot à dire. La flamme que j’avais vu dans le ciel, c’était celle des personnes qui avaient mordu à l'hameçon. Parmi elles, un certain J.B, 26 ans. Connu de la maison pour sa part active dans le trafic de stupéfiants dirigé par ce fumier d'homme-sable. C’était sur lui que j’avais vidé mon chargeur. Le rapport des légistes, fait avant qu'ils soient pris dans ce feu de joie, faisaient état de 9 impacts de balle sur tout le corps. Finalement, il avait eu la fin qu’il souhaitait. Loin des hommes qui n'auraient pas donné cher de sa peau. Le rapport signalait aussi que les corps étaient tellement calcinés qu'on aurait dit que le feu leur avait collé jusqu'à les consumer. Il y avait de quoi gratter pour les canards. La banlieue était de nouveau sous les spotlights, mais pas de la manière dont elle le souhaitait.

         J’avais demandé à mes supérieurs ce qu’il était advenu de la femme enceinte que j’étais venu récupérer. Eux n’en savaient rien. Leurs félicitations ne me touchaient pas. La pilule qu'ils voulaient me faire avaler avait le même effet que la morphine que je m’injectais par intermittence. Je voulais oublier. Oublier ce que j’avais fait, même si c’était pour sauver ma peau et celle des autres. Un mal pour un bien nécessaire. J'avais du mal à ne pas me voir dégueuler de la fin de cette histoire. Parce que je n’étais pas le seul à m’en être tiré. Je le savais.

   Le marchand de sables était parti lui aussi. Il jouait de la flûte à bord de son nuage. Répandait de sa magie destructrice, loin d'ici. Pour son plus grand bonheur et celui des Nicolas et Pimprenelle qui le suivaient. Envoûtés par un être qui ressemblait plus à Freddy Kruger et son pull over à rayures qu'à Ulysse et sa toge verte…  "



         Il suffit parfois de peu pour faire des plans sur la comète. Assis sur un trône de porcelaine, vous pouvez, si votre tête et votre ventre ne s'embarassaient pas, tracer votre destin, projeter sur ce que Dieu ou la vie pouvaient vous réserver. Pour Marie-Louise Sauzée, la sienne devait se faire loin de la Cité des Artistes où son appartement s’était consumé par son bon vouloir. Loin de Paris où sa présence devait s'effacer de bien des esprits. Loin de la France pour que toute trace menant à elle s’effrite. Et cela commençait par les toilettes de l’aéroport.

         Quand elle repensait au fait que celui qui l’avait séquestré était celui à qui elle et son bébé devaient la vie, elle s’en lavait les mains et se les séchait. Avec la même méticulosité qui l’avait conduite à devenir la tête la plus recherchée de tout Paris. Avec cet air de femme seule et faible, abandonnée par un mari volage, les gens lui venaient en aide à la Cité. Dès lors, elle n'avait rien des charmes du Malin de Jagger ou de Bulgakov mais on pouvait facilement lui reconnaître le talent de dissimuler aux autres ce qu'elle était vraiment : une femme de bien et de goût. N'était-ce pas sa plus belle ruse à elle ? Persuader qu'il n'existait pas ?

   Quand elle pensait aux sacrifices consentis, à sa vie qui tenait à un fil, elle se disait que tout allait bien se passer. Elle n'avait pas hésité à allumer la mèche auprès de la police. De leur venue si prévisible au cocktail de polystyrène et d'essence qu'elle leur avait laissé en cuisine, tout était calculé. Tout le contraire de ce cadeau venu du ciel que son défunt collaborateur lui offrit. Quelques jours séparaient pourtant le terme de l'échéance donné par son gynécologue de cette nuit mémorable.

   Celle à qui beaucoup devaient et à cause de qui beaucoup de vies se défaisaient raisonna une dernière fois comme l’être impitoyable en lequel elle s'était mué. Tout allait bien. Elle n'avait pas passée l'arme à gauche. Son bébé non plus, donc oui, tout allait bien pour elle.               

Sam Kirby

  • Invité
Re : L'Arme à gauche
« Réponse #1 le: 30 Août 2015 à 15:20:19 »
Dans le cas où certains passages ou termes seraient mal compris, voici un lien qui vous permettra de télécharger le texte complet et annoté.

http://www.mediafire.com/download/p3jzdtq9xvalcvy/1-+L'Arme+%C3%A0+gauche+%5BBEMF+-+Version+d%C3%A9finitive%5D.odt

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 498
Re
« Réponse #2 le: 30 Août 2015 à 16:27:00 »
Salut !

J'ai vu que ce texte n'avait pas de commentaires... : /


Aalors, je dois dire d'emblée que je n'ai pas vraiment accroché. Ce n'est pas un univers qui me parle et ton texte est quand même très long.

Au niveau de l'écriture j'ai trouvé quelques coquilles, et surtout j'ai trouvé bizarre ce mélange entre l'utilisation de mots d'argots/de tournures parlées et celle de mots et de tournures plus écrites. Ca revient partout dans le texte et j'ai trouvé ça étrange. Après c'est peut-être un choix.


 
Citer
  Dans la Cité des Artistes, on peut toujours observer cette commodité pendant la période estivale.
Quelle commodité ?

Citer
On ne s’inquiétait pas outre-mesure de ce qui pouvait arriver à la progéniture de quiconque. Tout le monde se connaissait. Si l’un ou l’autre manquait à l’appel, on se mettrait en quatre pour le retrouver.
C'est pas un peu contradictoire du coup ?

Citer
   La BAC avait foiré son coup pour choper Sandman. Dans le genre insaisissable, peu lui arrivait à la cheville.
« Peu lui arrivaient », plutôt, non ?

Citer
D’autres comme un groupe de caïds qui s’étaient ligués pour monter un business fructueux au sein de la ville.
C'est bizarre en fait, ce mélange entre l'argot et des trucs plus ampoulés comme « fructueux » ou « au sein de »

Citer
Elle ne regarde pas ceux qui la matent et ceux qui la faisaient aussi, ne la regardait pas.  
Pas compris


Citer
Je lui demandais :
demandai

Citer
Elle se rappela qu’après avoir ouvert la porte à un policier de la BAC, celui-ci la prévint qu’une perquisition des forces de l’ordre était en cours, que tous les appartements devaient être fouillés et qu’en cas d’opposition, elle serait emmenée au commissariat pour « obstruction à une enquête de droit public ».
Tes temps vont pas. Si elle se rappelle, c'est que c'est un truc qui s'est déjà passé, donc c'est « celui-ci l'avait prévenue » etc.

Citer
Ses yeux alternèrent de cible.
Changèrent, au pire ? Alternèrent  je trouve ça pas naturel du tout personnellement. Après c'est que mon avis

Citer
Du canon fumant et brûlant aux doigts moites qui menaçait d'appuyer sur la gâchette, elle passa au visage livide du policier venu l’extirper de son appartement.
Qui menaçaient

Citer
L’impact de balle laissé sur le front, qui traversait sa tête, laissait échapper du sang continuellement.

En l'état, cette phrase ne veut rien dire. Que ce soit l'impact de balle ou le front qui lui traverse la tête, ça n'a pas de sens.

Citer
La position allongée dans laquelle Marie-Louise se trouvait rendait ses bras plus longs, son arme bien plus proche de son front et son allure encore plus dangereuse.
Pas très naturelle comme phrase je trouve

Citer
        Mon sang. Je le sentais. Je me vidais malgré le pansement de fortune que je m'étais fait. J’avais celui des miens en bouche après avoir atterri violemment au sol. Et j’imaginai le leur dont je n’avais pas vu la couleur. Il me venait en tête.
Pas clair




Au plaisir !
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Sam Kirby

  • Invité
Re : L'Arme à gauche
« Réponse #3 le: 31 Août 2015 à 02:32:01 »
Merci Ambriel.

Je pensais bien que mon texte ne serait pas parfait mais après que tu aies fait état des lieux, je me rends compte que je suis loin de la bonne copie. En m'essayant à la nouvelle, je veux aussi m'essayer à plusieurs genres possibles.

Je voulais faire en sorte de coller le plus à la réalité en utilisant un registre familier, voire argotique. Là encore, j'ai du travail...

Va falloir que je ressorte ma GMF du grenier...
 
En ce qui concerne la longueur, le texte fait un total de 14 pages et environ 7000 mots sur LibreOffice.

Merci encore de ton retour sur ce texte. Après ce premier gadin, je vais redoubler d'efforts pour que le prochain vaille la peine qu'on s'y intéresse davantage.

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 498
Re : L'Arme à gauche
« Réponse #4 le: 31 Août 2015 à 12:19:22 »
D'accord, contente d'avoir pu t'aider, mais garde quand même à l'esprit que ce n'était que mon avis et ressenti personnel  ^^
J'ai peut être été un peu sèche sans le vouloir  :-X

Bonne continuation !
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

 


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