Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La plume

Auteur Sujet: La plume  (Lu 1473 fois)

Hors ligne Saphiro

  • Plumelette
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  • Difficile est long, l'impossible l'est un peu plus
La plume
« le: 12 Juillet 2015 à 17:28:58 »
Bonjour tout le monde. Comment lisez vous ?  ;D J'ai ici un premier chapitre d'un livre que j'aimerais écrire et qui me tient à coeur. J'aimerais juste avoir votre avis, savoir si vous accrochez ou pas déjà à ce niveau ? Je sais qu'il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent, mais c'est un début. Si vous avez des conseils j'en prendrai humblement note ! J'hésite par exemple sur les dialogues, il me semble qu'il y en a un peu trop ?  Merci à vous  :coeur:

ps: ne vous embêtez pas avec les fautes d'orthographes  ;)

Chapitre 1

L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

Marc referma le recueil et le posa sur ses genoux. Il soupira, et réfléchit quelques instants aux quelques lignes de Victor Hugo qu’il venait de lire. Il voyait deux grands messages qui se dégageaient de ce poème. Le premier, c’est la nuit qui cache les visages et transmet les rumeurs, le deuxième, c’est que l’aube parait toujours après la nuit…

Le garçon posa son crayon dans son sac.
     -Tu ne trouves pas ça un peu classique comme début ?
     -Je ne sais pas, j’aime bien les classiques, c’est une valeur sûre ! Puis c’est mon premier roman, je      préfère être certain de ce que je fais, et m’inspirer de grands auteurs.
     -Oui mais c’est souvent ceux qui prennent les risques qui réussissent le mieux non ?
     -C’est aussi souvent ceux-là qui finissent mal, rétorqua le jeune homme en esquissant un sourire, je n’ai pas trop envie de finir comme ça moi.
     -Oui,  pas faux.
Quelques instants passèrent, puis un aboiement se fit entendre.
     -Regarde là-bas ! Cria Alexandra.
Le garçon suivit la direction qu’elle montrait et vit un chien courir vers eux, assez grand, au poil gris semi-long, sa langue pendait et il aboyait joyeusement. Le soleil se couchait en fond derrière lui, de sorte que l’image que cela renvoyait aurait pu être la peinture d’un tableau à plusieurs milliers d’euros.
     -Chiffe ! On pensait que tu t’étais perdu ! T’a jamais peur de rien hein toi ! Evidemment c’est sarcastique…
Le chien arriva à leur hauteur, il les salua par une petite léchouille, puis s’assit à côté d’eux. Marc jeta un coup d’œil à sa montre :
     -Alex, il est temps d’y aller je pense.
     -Ho mon dieu, oui tu as raison, je n’avais pas vu l’heure, on va encore se faire engueuler ! Elle passa quelque fois sa main dans les poils du chien, puis lui souffla quelque chose à l’oreille que le garçon n’entendit pas. Et il repartit sans demander son reste.
     -Ton talent avec les animaux m’étonnera toujours !
     -Ben oui, regarde, je m’en sors bien avec toi ! Hahaha !
     Le garçon donna une petite tape sur l’épaule de la fille, et rigola en cœur avec elle. Ils se levèrent et commencèrent à marcher vers la maison en contrebas à côté du ruisseau. De la fumée sortait de la cheminée et ils commençaient tous les deux à sentir la bonne odeur qui s’en échappait.  C’était une habitation en vieille pierre, sur un étage avec un grenier. Le toit était neuf, il avait été rénové l’an passé, en tuiles noires. Il y avait des volets en hêtre brun. L’ombre s’étirait sur quelques mètres et effleurait la voiture garée dans l’allée, en face du garage qui lui était ouvert. Un semblant de route archaïque partait de devant le chalet pour rejoindre un semblant de route moins archaïque, en bitume. Ils se laissèrent tous les deux aller grâce à l’élan de la descente et arrivèrent devant le sentier de la façade. Le garçon aux cheveux châtain ouvrit doucement la barrière et fit signe à la demoiselle de rentrer en imitant un petit salut théâtral romanesque.

     Elle ouvrit la porte en bois, et ils traversèrent le salon, il y avait une grande cheminée, l’âtre était éteint. Des tableaux divers étaient accrochés au mur de couleur foncé. Dans le coin gauche, il y avait un fauteuil et une vieille télévision à écran cathodique posé sur un vieux meuble en chêne. Des rideaux bruns étaient retenus par un petit crochet afin de laisser passer les dernières lueurs du jour. L’odeur ici était beaucoup plus présente. « Ça c’est sûrement du poulet ! »  pensa Marc. Une grosse voix se fit entendre de la cuisine :
     -Vous deux, une minute de plus et vous étiez mort !
Les deux adolescents allèrent vers la cuisine.
     -Désolé papa on n’a pas vu l’heure passer ! Puis tu connais Marc, toujours perdu dans ses pensée, à raconter des histoires et composer des poèmes pendant deux heures.
     -Et ! Ce n’est pas vrai !
L’homme reprit, exaspéré, mais avenant :
     -Vous ne pensez pas que vous avez passé l’âge de vous disputer comme des enfants tous les deux ? Installez-vous, c’est prêt.
Les deux s’exécutèrent en même temps, ils reculèrent leur chaise et  s’assirent. Alexandra commença à chipoter avec ses couverts, elle essayait de les faire tenir en équilibre ensemble en s’aidant du verre d’eau posé à côté du pose-plat. Son père arriva avec une poêle contenant des patates rissolées, il servit Marc et Alexandra.
     -Je vais chercher la sauce ! Dit Alex. Elle se leva et alla dans la cuisine.
     -Demain, on rentre chez nous ! Marc voyait bien que cela réjouissait son papa, mais pas lui. Il est temps, j’ai plein de paperasse qui git encore sur mon bureau et dont j’aimerais me débarrasser. Il faudra aussi que tu remettes de l’ordre dans tes affaires Marc, et que tu arrêtes de toujours ramener des livres de la bibliothèque ! Tu oublies tout le temps de les rendre, et devine qui paye les amendes de retard ? C’est moi ! 
Marc laissa encore son papa parler tout seul quelques instants, jusqu'à ce que la chercheuse de sauce revienne.
     -On se reverra l’été prochain hein Alex !
     -Oui comme d’habitude, vous allez me manquer tous les deux… La vie ici sans vous c’est un peu… comment dire … mort ?
     -Oui j’imagine…
Le paternel revint avec une casserole de poulet remplie à ras-bord, et une bouteille de vin rouge. Il allait ouvrir sa bouche, et tous les trois dirent la même chose en même temps : « Parce qu’une bonne viande n’est rien sans son bon vin !»
     -Oui papa on connait ton slogan préféré, s’exaspéra Marc. Henri rigola, puis dit :
     -Quoi qu’il en soit, il faut que demain à 7h tout soit prêt pour qu’on soit à temps à la maison, j’ai mon premier rendez-vous qui commence à 9h.
     -D’accord ça marche. J’ai presque fini mon sac de toute façon. Au fait, pour changer de sujet, on peut aller dormir un peu plus tard aujourd’hui ?
     -Bien sûr, mais n’abusez pas sur l’heure, je te veux en forme demain  Marc ! Et… Alex, ne dort pas ici hein, je ne veux pas d’embêtements avec tes parents ! Elle avala le poulet qu’elle avait dans la bouche, puis cria en imitant un salut militaire :
     -Ouais m’sieur patron chef !

     Le repas se passa globalement dans la bonne humeur, si ce n’est que le père pesta un peu lorsqu’il renversa un peu de vin sur sa chemise. Ils parlèrent un peu de tout et de rien, de ce qu’allait faire Alex cette année. De comment vont ses parents et de comment faire pour éviter de se faire piquer par les abeilles. Parce qu’au cas où vous ne le sauriez pas, Alexandra est allergique aux abeilles. Elle voulut raconter comment elle l’a découverte, mais les deux autres protestèrent avec vigueur, Marc s’emballa :
     -On la connait par cœur hein ton histoire ! Tu n’as rien de mieux à proposer ?
     -Comment faire pour te supporter ? C’est bien ça non ?
     Le garçon ne répondit pas, mais on voyait bien à sa tête qu’il n’avait pas apprécié la blague. Henri expliqua un peu ses affaires. Il est avocat et il a toujours une ou deux histoires de clients vraiment marrantes à raconter. En gros, c’est lui qu’on appelle quand on a un problème assez inattendu à régler. Par exemple, une fois il a reçu l’appel d’un agent de police qui lui demandait ce qu’il fallait faire avec une famille. Il a demandé ce qu’était le problème, et l’agent répondit que la famille était contente de faire un tour en combi, et d’aller en prison. Le papa a même dit à ses enfants : « C’est votre première visite en prison, vous verrez, je vais vous expliquer mes trucs ». Avouez que c’est quand même drôle non ? Enfin, en même temps ça fait un peu pitié, mais ça reste drôle…  Ils prirent le dessert, une glace, puis le père prit congé en souhaitant bonne nuit.

***

     -Bon, tu veux regarder quoi ? Comment composer son poème ? S’esclaffa la demoiselle.
     -Honnêtement, je ne sais pas, tu as une idée ?
     -Interstellar ?
     -Trop long
     -Une série ?
     -Nooon, on va encore être accros et dormir à 4h du matin parce qu’on n’a pas su s’arrêter ! Alexandra soupira :
     -Tu es difficile comme mec, bon, dernière option, tu veux lire un livre ? 
     -Ho oui, j’ai plein de roman que j’aimerais finir, et je voudrais bien t’en montrer quelques-uns et
Alexandra l’interrompit :
     -Tu sais bien que je déteste lire, c’était pour rire cette proposition…
     -Oui je m’en doute hein, mais tu dois minimum avoir lu quelques romans avant de mourir, c’est inacceptable de rester dans l’ignorance comme ça !
      -Tu insinues que je suis bête ? Répondit-elle d’un air taquin.
      -Non absolument pas. Attends, je dois l’avoir posé pas loin, je t’ai fait une liste, pour que tu penses à moi, que tu sois nostalgique et tout ce genre de trucs. Il se leva, alla dans la cuisine et revint.
Marc tandis une liste et Alex s’en saisit :
      -Perca Jyckson ? C’est quoi ça Perca Jyckson ?
     -Tu ne connais pas ? S’étonna Marc. C’est un livre trop cool ou l’auteur mélange notre univers et celui des dieux mythologiques, c’est une merveille. On est peut-être un peu vieux pour lire ça, mais tu verras, c’est relaxant.
     -Bon, ok, je vais essayer. Mais je promets rien hein !
     -C’est déjà bien d’essayer, dit le garçon.
Quelques secondes passèrent, puis il reprit :
     - On va prendre un peu l’air ?
Alexandra acquiesça puis dit :
     -Je vais vite aux toilettes, tu peux m’attendre dehors si tu veux ?

     Marc se leva, ouvrit la porte du jardin, et attendit Alexandra. L’air de l’extérieur était frais. C’est peut-être ce que préférait Marc à la montagne, l’air pur et revigorant, non pollué. Il inspira profondément et regarda autour de lui. Le muret encadrant le jardin commençait à avoir de la mousse verte, ça donnait un certain charme. Le garçon aimait bien les bâtiments à l’aspect âgé, on pouvait essayer d’imaginer leurs histoires. A ses pieds, un petit chemin de  gravier partait vers le fond du jardin. Il était traversé par le ruisseau, un petit pont de bois l’enjambait et permettait d’aller dans la deuxième partie de la propriété. On y distinguait des arbres qui commenceront à porter des fruits dans quelques semaines. Il eut un petit moment de nostalgie en se remémorant les moments qu’il a passé là avec sa maman lors de la cueillette traditionnelle de novembre.   Marc commença à marcher un peu. Passa le long de la maison. Et regarda au loin, les montagnes qui se dessinaient à l’horizon. Ça allait lui manquer cette vue pendant un an.  Il entendit la voix de Alexandra :
     -Marc tu es ou ?
     -Ici, sur le côté de la maison.
Il y avait un petit banc en bois. Ils s’assirent tous les deux dessus et profitèrent de la soirée à ne rien faire. Ils étaient tous les deux perdus dans leurs pensées, ils se regardaient de temps en temps, Marc eu même l’impression que Alex eu un petit sourire bienveillant un moment. Quand il y pensait, elle faisait quand même âgée pour 19 ans. Mais son physique tranchait assez avec sa manière de se comporter. Elle restait une grande gamine. Et c’est ce qui plaisait à Marc. Il n’en était pas amoureux, mais il aimait bien sa compagnie, et c’est surement pareil pour elle. Ils se connaissaient depuis qu’ils étaient petits.
     -A quoi tu penses ? Dit Marc, ce qui étonna un peu Alex, parce que d’habitude c’est toujours elle qui interrompt les silences comme ça.
     -Plein de choses, dit-t-elle. A la rentrée, a l’année sans se voir. A mon ami Thomas que je n’ai plus vu depuis juin. A toi. A chiffe…
     -Chiffe, c’est quand même pas un peu bizarre comme nom ?
     -Ça lui va bien, t’as jamais remarqué comme c’est un gros trouillard ? Une vraie chiffe molle ! Ça vient de là son nom au cas où tu l’avais oublié.
     -Je n’avais pas oublié capitaine !
 
     Le silence revint à nouveau, ils regardèrent le ciel étoilé, qui est vraiment incroyablement beau. On y distinguait des milliers, non, des millions d’astres lumineux qui étincelaient dans le bleu d’encre. La lune était pleine, le temps semblait s’arrêter à ce moment. Marc aurait voulu que tout soit toujours comme ça. Lui et elle, ensemble, passant leur vie, sans ennuis. S’il savait ce qui l’attendait, il en aurait profité d’avantage…

     Une sonnerie de téléphone se mit à retentir, ils sursautèrent tous les deux, Alex le sorti de sa poche :
     -Mince, ce sont mes parents ! Dit-elle en décrochant. Allo ? Oui évidemment que j’ai vu l’heure, oui je suis sur le chemin du retour là (elle fit un clin d’œil à Marc). Oui à tout de suite maman. Elle raccrocha. Elle prit un air un peu triste, fit une étreinte à Marc, puis s’en alla. Il la regarda s’éloigner le long de la route, elle remonta la colline, arrivé au sommet, elle se retourna, fit un signe de la main, puis la redescendit par l’autre versant. Le garçon soupira, il se dirigea vers le fond du jardin, passa par le petit pont, se coucha dans l’herbe et profita encore un peu de l’ambiance paradisiaque qui avait bercé ses étés jusqu’ici. Une larme monta sur sa joue, en même temps qu’un pressentiment, mais il partit en même temps que la gouttelette tomba de sa joue. Il aperçut un nid d’oiseaux, et les admiras quelques instants en train de faire leur nid. C’était beau comme vision. « C’est fou comme tout est trop bien à sa place » pensa Marc. Trop bien, c’est ça le problème. Le qualificatif « trop ». Le hasard fait bien les choses quand même. Il entendit du bruit derrière lui, mais ce n’était rien, encore son imagination. Mais cela le refroidi quand même. Il décida qu’il était l’heure d’aller se coucher. Il rentra, ferma la porte à clefs, monta les escaliers et enfila son pyjama.

      Pour ceux qui se demandent en quoi consiste son pyjama, il s’agit d’un simple tee-shirt gris, et d’un boxer. Rien de plus banal. Marc n’était pas un garçon très original dans sa vie. Mais dès qu’il commençait à écrire tout était différent. Les mots venaient tout seul. Un univers entier pouvait se créer dans sa tête en un instant. Il n’étais pas original mais quand il s’agissait d’avoir de l’imagination, alors là, c’était le meilleur.

     Sa chambre n’était pas très spacieuse, mais c’était la plus jolie de la maison. Les montants étaient en bois et le mur en pierres. Il n’y avait pas de chauffage, mais la famille de Marc n’y venait seulement qu’en été, donc cela n’avait pas une grande importance. Il y avait évidemment une garde-robe, un lit deux places, même si la deuxième place ne lui avait jamais servi. Un tableau de chasse, celui que son grand-père lui avait offert. C’était aussi celui qui avait bâti ce chalet. A la sueur de son front, comme un ancien. Il avait transporté tous les matériaux sur plusieurs kilomètres afin de tout acheminer jusqu’ici. Un travail titanesque pour l’époque. C’était la première construction du village. Il avait choisi cet endroit car c’est là qu’il a fait sa demande à grand-mère. Le grand-père était un grand sentimental… Il est décédé il y a cinq ans maintenant. « Ce sont des choses qui arrivent » avait dit le père de Marc. Il faisait souvent l’homme fort, mais Marc savait bien qu’il avait été très affecté  par sa mort. Grand-mère le suivit l’été d’après. Mais ce fut moins douloureux dans un certain sens car elle, on s’y attendait. Marc prit un crayon et se mit à écrire sur un bloc de feuille :

N’est-ce pas un peu triste de dire qu’on s’attend à la mort de quelqu’un, et de ne rien pouvoir faire pour l’aider ? Ce que moi je trouve triste, c’est qu’on ait besoin de cette raison pour enfin se dire qu’on devrait passer du temps avec la personne… Pourquoi ne pas passer du moment avec l’autre tant qu’il est encore en bonne santé ? Pourquoi à chaque fois nous faut-il une raison pour faire quelque chose ? N’y a-t-il rien de gratuit ?

     Marc aimait bien noter tout ce qui lui traversait par la tête. C’est d’ailleurs une technique d’écriture très connue. On cherche un thème, et on note tout ce qui nous vient à l’esprit. Ensuite au bout de quelques minutes, on regarde le résultat. Et parfois ça donne des choses assez bien, parfois pas du tout, on jette, et on recommence.

     Il éteignit la lumière, pensa aux personnes auxquels il ne songeait jamais, et prit la résolution de passer plus de temps avec. Il s’endormit en même temps que son père,  mais bien évidemment, aucun des deux ne s’en était rendu compte. Et c’est ça qui est beau, le hasard, le hasard du ciel étoilé, le hasard du nid d’oiseaux, tout est beau et tout est à sa place. Pour le moment…
« Modifié: 14 Juillet 2015 à 14:16:00 par Saphiro »

Hors ligne Pierre1983

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : La plume
« Réponse #1 le: 14 Juillet 2015 à 12:02:17 »
Allez, je me lance dans ma première critique...

Tu nous préviens bien de ne pas nous embêter avec les fautes d'orthographe, mais je ne résiste pas à te signaler celle-ci: "devine qui paye les amandes de retard ?", car le fait de payer en fruit m'a beaucoup amusé! (amendes) ;)

Revenons à ce premier chapitre.
Sur le fond, j'aime assez l'idée du héros auteur, qui bien que pas forcément originale laisse imaginer des possibilités. On arrive à se projeter dans l'univers que tu décris, tu gagnerais peut-être à nous contextualiser davantage, pas forcément par des descriptions des lieux, mais en précisant plus l'état d'esprit des personnages. Peut-être en saura-t-on plus après, mais a priori, il s'agit de la fin des vacances, les héros vont reprendre les cours/études à la rentrée. C'est donc la fin d'un monde, d'une période, qui n'est pas assez accentuée à mon avis (mais peut-être que la suite de l'histoire n'a absolument rien à voir).
Une chose m'a choqué, c'est lorsque tu nous apprends l'âge d'Alex: 19 ans! En lisant, j'avais imaginé que les enfants avaient 14-15 ans, voire moins, car les réflexions, la manière de parler, me semblent plus être celles d'ados de cet âge que de (pré-)adultes de 19 ans.

Sur la forme, le nombre de dialogues ne m'a pas gêné. En revanche, il me semble que certains étaient complètement inutiles. (mais je viens du scénario, où on va à l'essentiel donc c'est peut-être une déformation de ma part).
Je ne suis pas sûr qu'il faille retranscrire exactement le parler d'aujourd'hui. Exemple:
"-Viens, on va se promener.
-Genre maintenant ?"
Personnellement, ça me coupe dans mon élan! Car les premiers dialogues ne m'ont pas paru être dans le même registre. Après, ce n'est qu'un avis subjectif: dans un roman, je n'aime pas forcément retrouver le type de conversation que l'on entend dans le bus, je m'attends à un peu plus de recherche de la part de l'auteur. (au contraire d'un scénario, où j'essaye que les dialogues sonnent le plus vrai).
Il y aussi quelques problèmes d'alternance passé composé/présent au début et présent/imparfait en fin du texte qui m'ont gêné. "Il éteint (éteignit) la lumière, pensa aux personnes auxquels".
"Il n’est pas original mais quand il s’agit d’avoir de l’imagination, alors là, c’était le meilleur. "
Des familiarités, facilités de style à bannir à mon avis: "En gros, c’est lui qu’on appelle", ou bien la phrase indiquée juste au-dessus.
Des interpellations du lecteur qui arrivent comme un cheveu sur la soupe: "Parce qu’au cas où vous ne le sauriez pas, Alexandra est allergique aux abeilles".

Cela fait beaucoup de critiques, car c'est toujours plus facile de critiquer que de louer, mais en tout cas, j'ai eu envie de lire jusqu'au bout. Preuve qu'il y a un certain intérêt, une envie d'en savoir plus sur ce personnage et sur ce qu'il va lui arriver. Continue!

Hors ligne Dame éloïse

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : La plume
« Réponse #2 le: 14 Juillet 2015 à 13:11:39 »
Bonjour, jeune auteur!

Je tiens à dire que je suis nouvelle ici.

Tout d'abord, j'ai lu ton texte en entier et en connaissance de cause, je sais combien il est dur d'écrire.
J'ai eu du mal à comprendre le début . En faite, le passage de Victor Hugo. Il serait préférable que tu le mette en italique, car n'oublie pas que tu cites un autre auteur ( oh combien très connu mais ça facilite la compréhension )
Concernant le dialogue, c'est un peu le fouillis. On arrive pas bien à comprendre qui est qui.
Une phrase m'a choqué " Demain, on rentre chez nous, dit le papa " étrange comme tournure. J'aurai plus écris cette phrase comme ça : " Demain, on rentre chez nous, dit le père ..." car je pense que la tournure que tu as employé s'applique mieux pour les livres de jeunes enfants et je ne pense pas que ce soit le but. 
J'ai quand même envie de connaitre la suite.
Je ne sais pas, mais comme Marc , j'ai une petite boule au ventre. Que devient Alex ?

Bonne continuation.



« Modifié: 14 Juillet 2015 à 13:13:20 par Dame éloïse »

Hors ligne Saphiro

  • Plumelette
  • Messages: 13
  • Difficile est long, l'impossible l'est un peu plus
Re : La plume
« Réponse #3 le: 14 Juillet 2015 à 13:56:56 »
Merci a vous deux pour votre avis...

En fait, je vais un peu vous expliquer mon idée dans les grandes lignes.

J'en ai un peu marre des romans qui balancent la sauce dès le premier chapitre pour plonger tout de suite le lecteur dans l'histoire. J'ai plutôt envie de tenter une approche qui petit à petit invite le lecteur à s'investir. Je suis d'accord qu'avec cette méthode c'est un peu quitte ou double. Certaines personnes vont aimer. D'autres non...

Au niveau du premier chapitre, il n'a en fait absolument rien à voir avec la suite du roman, c'était plutôt une mise en jambe pour familiariser le lecteur avec mon style d'écriture. Ca reste ma première tentative de roman donc il vaut mieux faire comme ça (encore une fois, paris risqué).

Alex a 19 ans, mais j'ai bien précisé qu'elle se comportait comme une "gamine" hahaha ;) Pour moi, Marc est un peu plus jeune, mais un peu plus mature aussi

Et oui, le cours normal des choses va reprendre, mais pas tout à fait comme vous l'imaginez ;)

Merci pour vos avis ! :D
« Modifié: 14 Juillet 2015 à 14:05:22 par Saphiro »

Hors ligne Okojo

  • Tabellion
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Re : La plume
« Réponse #4 le: 14 Juillet 2015 à 15:26:55 »
Hello Saphiro !

Lu en entier, mais c'était difficile.

Tout d'abord, leur manière de parler et de se comporter donne à tes personnages bien moins de 19 ans. "elle faisait quand même âgée pour 19 ans" : j'ai beau essayer, je n'y arrive pas. Pour moi ce sont de jeunes ados, voire des gosses. Je parierai que tu lui as collé ton propre âge par empathie :mrgreen: (si tu es beaucoup plus jeune ou plus vieux alors je m'excuse)
Je rejoins Pierre1983 sur les dialogues. Le nombre ne gène pas mais lire un conversation identique à la vraie vie, c'est chiant. Tu pourrais couper beaucoup de superflu et garder l'essentiel sans pour autant donner moins d'infos. Le parler d'aujourd'hui n'est pas si dérangeant : ce qui manque, c'est une conversation intéressante.

Ensuite, j'ai du mal avec le style (c'est subjectif, bien sûr). Il y a beaucoup d'expressions clichées, les personnages s'expriment tous de la même façon (même le père !) et tu oscilles entre les temps sans créer de norme à laquelle se raccrocher. Imparfait et présent se côtoient d'une manière pas très fluide. Tu parles parfois en tant qu'auteur ("au cas où vous ne le sauriez pas,", "Pour ceux qui se demandent en quoi consiste son pyjama"), souvent en tant que pensée du personnage (interprétation du poème d'Hugo, usage des termes genre "papa"), j'ai été un peu paumée entre les deux. En rajoutant les actions assez décousues (le père qui revient sans être parti m'a fait un joli mindfuck), j'avoue que j'ai dû relire pas mal de trucs pour bien m'imprégner de l'histoire.
C'est un ressenti comme un autre, mais tu n'as peut-être pas beaucoup terminé de textes avant d'attaquer cet essai-là ? J'ai l'impression qu'il y a un manque d'assurance dans le style, voire un manque de pratique.

Après, c'est couillu de se lancer dans un roman, donc ça je saluerai toujours.
Do or do not, there is no try.

Hors ligne Saphiro

  • Plumelette
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  • Difficile est long, l'impossible l'est un peu plus
Re : La plume
« Réponse #5 le: 14 Juillet 2015 à 15:35:17 »
Oui je comprends ton point de vue, et oui je manque de pratique hahaha. Par contre, je voulais me rapprocher au maximum de la réalité dans ce premier  chapitre, et j'ai 20 ans donc pas si loin de ce que tu soupçonnais ;) Les dialogues sont un peu gnagnan mais c'est un peu comme dans la vraie vie non? :p Je suis d'accord que le père devrait s'exprimer mieux je vais y réfléchir

Hors ligne Dame éloïse

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : La plume
« Réponse #6 le: 14 Juillet 2015 à 17:46:34 »
Oui, surtout si le père est un avocat. ;)
Après , le fait d'inviter le lecteur à entrer au fur et à mesure dans l'histoire, c'est comme tu l'as cité, un quitte ou double. Je connais ce genre d'approche car j'écris un peu de cette façon, donc ça passe ou ça casse.  Rassure toi, malgré que ton premier texte est un peu un mélange de genre ( narration/ narrateur ) je suis quand même intéressée pour lire la suite.

 


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