Salut Lueur,
Cela faisait longtemps que je n’avais pas commenté un texte court, j’espère ne pas avoir perdu la main 😊
Quelques remarques au fil du texte, je te ferais un petit bilan de lecture à la fin ! Mes remarques n’ont pas pour but de te vexer ou de te décourager et sont à prendre avec des pincettes

Je ne suis pas une professionnelle de l’édition et tout ce que je peux dire relève de mon goût personnel !
Sa solitude n’est troublée que par l’arrivée d’une autre mère patiente.
Après avoir lu ton texte en intégralité, je suis revenue sur le sens du mot « patiente » et honnêtement, je ne le comprends toujours pas. Il pourrait se rapporter à deux sens : le fait d’attendre que son enfant sorte de la piscine ou d’avoir besoin de soin médicaux. Dans les deux cas, ça ne fonctionne pas. Dans le premier, Sarah n’attend pas mais contemple. Dans le second, on ne sait pas encore qu’il y a une histoire d’hôpital ni que Sarah travaille dans le secteur de la médecine. De plus, on est du point de vue de Sarah : si elle ne connait pas Lamia, comment pourrait-t-elle savoir qu’elle est une « patiente » ?
du léger sursaut qu’elle avait provoqué
qu’elle « a provoqué ». Le reste de ta phrasé est au présent, pour la concordance des temps, c’est le passé composé qu’il convient.
Se surprend elle aussi à poser ses yeux dans ceux de ma sœur
De « sa » non ? Ou alors il y a un narrateur caché quelque part ?
Lamia retire le voile discret qui cernait sa chevelure couleur ébène
C’est peut-être un peu flou ce terme « cernait » non ? Je comprends ton effort de style, mais dans ton contexte, on a du mal à comprendre de quel type de voile tu parles. Cela pourrait autant être un bandeau d’un hijab. Si tu veux garder absolument le terme « cernait » (pourquoi pas ? On a l’impression que la chevelure est emprisonné par une force autoritaire - ce n'est pas mon point de vue hein! C'est le sens du mot

) je te conseille de changer le terme de « voile » ou quelque chose de plus précis 😊
Il est difficile de saisir la teneur exacte de ce contact tant les deux femmes paraissent à la fois captivées et absentes
Je dois t’avouer que je ne comprends pas bien ce que tu veux dire.
Plusieurs minutes s’écoulent sans affecter l’obsession
Là j’avoue, je ne sais pas ce que tu veux dire.
convaincue qu’elle s’adresse à un marin du même genre qu’elle.
Un marin ? Comment ça un marin ?
Quelques rires s’échappent ici et là à mesure que la complicité s’installe.
Je ne suis pas très fan de ce « ici et là », tu donnes l’impression d’avoir beaucoup plus de personnes qu’il n’y en a 😊 « Quelques rires s’échappent » ou « quelques rires éparses » serait plus léger.
Les nuits rythmées par ses pleurs sont devenues un quotidien […] Une fois éveillée, c’était une enfant joyeuse
Contre-sens : si la petite fille pleurait : elle était éveillée. Donc, au lieu de dire « Une fois éveillée », j’aurais dit « quand elle ne souffrait pas » ou « le jour ».
Le monologue de Sarah est un peu trop descriptif et littéraire pour sonner juste du point de vue du lecteur. Peut-être qu’en jouant sur la ponctuation, sur le ton de Sarah, sur le fait qu’elle fasse des pauses ou parle très vite, ajouterait de l’émotion et de la puissance à ce récit triste.
La douleur s’acharne dans des mutations sans cesse renouvelées
L’analogie entre le cancer et la douleur par le mot « mutation » sonne un peu bizarre à mes oreilles. Je ne sais pas si c’est voulu, mais c’est presque froid je trouve.
Elle se reconnaît avec effroi dans la froideur du récit, dans la fausse distance […] tantôt éclats de sanglots tantôt indifférence agressive.
Comment Lamia se reconnait-t-elle dans la froideur si elle, justement, passe de l’agressivité aux larmes ? On n’a pas l’impression que ces deux femmes éprouvent les choses de la même façon.
on essaie simplement de se préserver du costume de héros dans les yeux des autres.
Tu veux dire qu’on essaie de ne pas passer pour un héros aux yeux des autres ? Dans ce cas, je ne vois pas ce que cette précision fait là. Tu devrais un peu plus expliquer ce que tu veux dire : le rapport avec le regard extérieur n’est pas évident dans ce contexte. Tu passes un peu vite d’une idée à une autre.
dans la suite de tous les cris de la guerre. Sama repose à jamais au milieu des crimes d’une guerre
Répétition sur le mot « guerre ». Dans un dialogue, ça peut passer (mais je voue une haine personnelle aux répétitions

)
Bilan :Je comprends
Jonathan quand il dit que ton texte est confus. Honnêtement, même en le décortiquant, je crois que je n'ai pas tout compris.
Je pense que Jonathan soulève un problème important :
Ton narrateur :Remarque de ton commentaire
Remarque de ton commentaire:
Lamia, Sarah (ma sœur), Lohan : 3 personnages pas l'impression que ce soit un immense bazar
Lohan ? C’est qui ça ? Ta narratrice (toi?) ? Tu es sûre de ne pas l’avoir coupé à un moment de ta réécriture ?
Sarah a manifestement une sœur, est-ce que c’est elle qui raconte cette histoire ? Si c’est le cas, je te conseille instamment de la présenter dès ton premier paragraphe pour ne pas surprendre ton lecteur au moment où tu écris « ma sœur ». J’ai moi-même pensé à une faute de frappe et que Sarah et Lamia était sœurs.
Le temps et les lieux : Je ne comprends pas ton premier paragraphe, il me semble complètement détaché du reste de ton récit : on voit Sarah jouer avec Théo. Or, Théo va bien, cette scène est joyeuse, on voit juste un enfant jouer avec sa mère. En bref, tu introduis bien deux personnages mais sans les inscrire dans le reste de ton récit. Peut-être que si ton lecteur rencontrait une photo de deux enfants au lieu d’un seul (Théo), que Sarah ressentait un manque ou une tristesse fugace, tu donnerais plus de cohérence à ton passage.
A moins que tu lui donnes une fonction que j’ai mal comprise ?
Ensuite, la piscine et l’hôpital. On ne sait absolument pas pourquoi Sarah parle de l’hopital. Tu ne dis même pas que Sarah reconnait quelque chose dans Lamia qui la fait penser à l’hôpital. Il arrive juste comme ça. Cela m’a beaucoup perturbé, à tel point que je me suis demandé si l’hôpital avait une piscine…
Ensuite, Lamia a l’air de connaitre l’hôpital : Elle demande « Vous avez beaucoup bu de thé là-bas ? ». Mais comment le connait-t-elle (et pose cette question), si son enfant est mort loin de là, à Alep, sous les bombes.
Globalement : Je suis d’accord avec Jonathan, ton texte est confus, surtout sur deux points : le narrateur et les repères spacio-temporels. Je comprends que tu veuilles cacher des trucs à ton lecteur et lui laisser sous-entendre des choses (crois moi, je fais pareil et parfois on ne comprend rien à mes textes xD). Mais je pense que tu perds, déjà un peu en compréhension, mais surtout en
cohérence dans ton texte. Je te conseille d’être un peu moins subtile ou alors de vraiment simplifier d’action pour n’en garder que ce qui est important.
Ton texte a tout pour être touchant et émouvant. La rencontre fortuite entre deux femmes différentes, souffrant de la même tragédie, est un sujet universel et beau. Je te conseille de vraiment de concentrer dessus, de montrer d’avantage les émotions et les liens entre ces deux femmes en passant moins de temps sur le reste, et en le rendant plus clair et plus simple.