«Ah, quelle histoire!! Cher ami, ce fut difficile pour nous de retrouver votre trace. Caché par votre père depuis l'accident, mais maintenant je vous tiens!...»
C'était les paroles d'un homme que je ne reconnaissais pas, que je n'avais probablement jamais vu. Aveuglé par le sang qui coulait , j'étais terrifié par cet homme qui pointait son arme sur ma tempe. Adossé a une rambarde sur un des nombreux canaux d'Amsterdam, je perdis conscience progressivement...
24 heure plus tôt
Aurélien Chevalier sortait du train en provenance de Paris. Le même train qui, chaque jour, transporte des milliers d’âmes voulant désespérément rejoindre leur travail pour gagner leur pain quotidien.
Ces gens, coincés comme des sardines dans le métro, leur pire ennemi ? L’heure de pointe, devenue une phobie, des centaines de personnes de toutes tranches d’âge montent à chaque arrêt se faufilant à travers les pieds et les jambes des gens déjà assis juste pour arriver jusqu’à la seule et unique place restante. Puis, ils s’endorment soudainement sur leurs banquettes comme si ils eut été piqué par la mouche tsé-tsé tellement ils sont exténués.
Chevalier faisait partie de l’un d’entre eux… 25 ans et professeur d’Histoire , il menait plutôt une vie paisible dans son petit appartement 2 piéces. N’ayant pas encore trouvé le grand amour, bien que rien ne soit égal à l’amour qu’il avait pour ses livres, une bibliothèque remplie d'ouvrages d’histoire, de science-fiction, d’héroïque fantaisie et sa partie préférée, de littérature classique.
Le professeur d’histoire descendit les marches en boitant avec difficulté, il souffrit jusqu'à la sortie et se dépêcha pour prendre un bus parce-qu’il pleuvait. Dès qu’il eu payé il vit, tout au fond, une jeune femme ayant les yeux perdus dans le vide. Il reconnut Sarah, avec qui il avait sympathisé. Ils échangèrent quelques mots. A chaque fois qu'il posait les yeux sur elle, son coeur s'arrêtait de battre tel une horloge détraquée.
Ils passèrent le reste du voyage à regarder la pluie qui s’abattait sur les maisons, les gens qui couraient après leurs parapluie arrachés à cause du vent et les arbres qui s’agitaient. Des centaines de gouttes coulaient avec grâce sur la vitre, qui rendaient le paysage encore plus triste que d’habitude.
Le bus déposa Sarah chez elle, le laissant seul, la tête posée contre la vitre. Le séparant de la tempête qui grondait dehors à la morne atmosphère du bus, rempli de gens dont le cœur a été brisé ou même déchiré comme une vulgaire feuille de papier . Cette joie de vivre perdue, que dis-je? Envolée, entre un travail éreintant et une situation amoureuse pire que désastreuse...
Le lendemain matin, il se réveilla plus tôt que d’habitude à cause du tonnerre et de la pluie qui s’habataient sur la région. Étendu sur son lit, dans le noir, il laissa ses pensées voyager à travers ses souvenirs les plus beaux, mais aussi les plus malheureux…..
Il se remémora le jour où, lui et ses amis, avaient été pique-niqué au bord de la plage pendant un coucher de soleil. La douce brise du soir les effleurait, la mélodie d’une guitare faisait danser et chanter les plus ardents pendant que les plus paresseux jouaient tranquillement aux cartes tout en sirotant des sodas. Ils avaient complètement perdu la notion du temps et ne voulaient guère rentrer chez eux.
Hélas, ce souvenir en fit jaillir un autre, sorti de nulle part, un moment dans son passé qu'il tentait en vain d'oublier. Ce souvenir remontait à l'époque où Aurélien allait à l’école .
C’était un matin d’hiver, dans un village au nord. Les maisons, les feuilles des arbres, la route, tout était recouvert de neige, le soleil qui se levait apportait cette touche d’orange dans les nuages. Aucun vent, aucun bruit,, le paysage était figé dans le temps, comme si la terre s'était arrêtée de tourner et l'apocalypse n'allait pas tarder à arriver.
La famille Chevalier habitait là, non loin de l’école. Ils y allaient tous les jours à pied en s’arrêtant d’abord à la boulangerie pour acheter des viennoiseries. Ce n’était pas grand-chose, mais pour eux, c’était ça la vie. Mais ce jour était bien différent, tout d’abord, Mr et Mme Chevalier avait oublié de mettre le réveil parce-que, la veille, ils étaient rentrés très tard d’une soirée au théâtre. A cause de cette oubli << insignifiant >> un enchaînement de circonstances se produisit.
Le réveil ne sonna pas, Mme Chevalier ne réveilla pas Aurélien à l’heure, étant en retard ils prirent donc la voiture.
La voiture roulait plus vite que d'habitude, il traversèrent alors un carrefour. Aurélien n’entendit pas grand-chose, un fort coup de klaxon, le cri d’une passante, le crissement des pneus... Le choc fut inévitable, il se rappela d’avoir vu brièvement un ange bleu accroupi devant un cadavre, tenant dans sa main une émeraude verte, puis plus rien, le vide absolu….
Les quelques mois passés à l’hôpital furent un vrai calvaire pour le petit Aurélien, d'abord il apprit que sa blessure à la jambe laisserait des séquelles.
Puis, ce qui fut le plus dur pour lui, l'annonce du décès de sa mère et de sa petite sœur, Victoria. Il en fit des cauchemars matins et soirs. Pourquoi avait-il survécu ? Personne n'avait jamais pu lui répondre.
Soudain, dans les abîmes de ses pensées il entendit le bruit strident de la sonnette de son appartement, qui le fit revenir dans le présent d'un sursaut. Dépaysé, et haletant, il s’habilla sans même regarder l’heure et couru à la salle de bain pour se passer de l’eau sur le visage.
Fin prêt, il alla ouvrir la porte pour accueillir son visiteur, mais à son grand étonnement, personne n’apparut en face de lui, il jeta des regards furtifs dans le couloir. Il allait conclure que tout ceci n’était qu’un rêve quand il vit un colis posé sur son paillasson, il le prit rapidement et regagna ça chambre.
Ce qu’il découvrit par la suite le troubla, ce colis contenait de l’argent, plusieurs passeports de différentes nationalités toujours avec le même nom et prénom << Richard Douglas >>, un billet d’avion pour Amsterdam puis enfin, au fond du colis, il trouva une lettre.
Cher Aurélien ,
J'écris cette lette avec un coeur détruit, détruit par la mort de ton père, détruit par ce que j'ai à te dire…
Il y a trente ans de cela, je travaillais main dans la main avec ton père de son vrai nom Sean Douglas.Tu auras compris que Richard Douglas, c'est toi….
Lui et moi avions créé une invention révolutionnaire pour l'époque et encore aujourd'hui, une invention qui changerait le cour de l'humanité. Hélas, les fuites d'informations s'enchaînèrent et la peur que notre création tombe dans les mains de puissances étrangères fut si grande qu'il décida de cacher toute trace du projet, changea d'identité et de pays. Plusieurs années se sont écoulées, j'ai appris par une courte lettre que ton père avait changé de nom, c'était marié et qu'il avait eu des enfants. Plus aucune nouvelle jusqu'au jour ou il me fit part de ses inquiétudes à cause de traces de pas dans son jardin, de son bureau fouillé et d'une voiture qui rodait suspicieusement devant votre maison.
Le jour de l'accident, des témoins ont raconté qu'une voiture suivait la votre, c'est pour cela que ta mère se sentant en danger, grilla un feu rouge.
Ton père te retrouva à l'hôpital dans le coma, sentant la menace se rapprocher il demanda au chirurgien de t'implanter une puce GPS sous cutanée. Une nouvelle technologie permettant au enfants menacés d'enlèvement de pouvoir être retrouver. Ton père remplaça le dispositif par notre invention contenue dans une micro-puce.
Tu possèdes donc à ton insu notre plus grand projet….. en sachant que si elle parvenait a tomber entre de mauvaises mains, les conséquences seraient dévastatrices…
Rejoins moi à Amsterdam pour que l'on décide de l'avenir de la micro-puce. Puisque, enfin de compte, cela te concerne aussi….
J'ai encore beaucoup de choses à te confier,
Cordialement
David Underwood
Aurélien avait du mal à croire ce qui lui arrivait, son père n’aurait jamais été capable de lui cacher un secret si important.
D'un coup, il remit tous les objets dans la boite, fit ses bagages et quand tout fut prêt sauta dans un taxi en direction de l’aéroport.
Le voyage lui parut long, repensant à la lettre il ne remarqua même pas quand l’avion se posa à l’aéroport de Schiphol. A peine arrivé, un homme bouscula Aurélien pour lui remettre une carte du Centrum, sur cette carte se trouvait, dessiné grossièrement, le point de rendez-vous. Il siffla un taxi qui passait justement en face de lui.
- Bonjour, allez le plus vite possible à Amsterdam au Herengracht s’il vous plaît
30 minutes plus tard il se baladait dégingandé et éperdu sur les long canaux. Le soleil était caché par les nuages, faisant ressortir un trait lumineux qui s'abattait sur les péniches amarrées aux quais. Une légère brise lui caressa le visage pendant que les vélos et les voitures circulaient dans cette vaste population.
C'est alors qu'il vit un homme qui le fixait longuement, il fit de grand signes et s’approcha. Mais une foule, pareille à un troupeau de vache, le cacha de la vue d'Aurélien pendant un cour instant.
C e cour instant qui détermine la vie ou la mort...
Ce cour instant qui dure une éternité...
Ont entendit un tir bref. Une foule qui se dispersaient en criant.
Aurélien avait dorénavant une vue dégagée sur l'homme, la même personne qui, deux secondes avant marchait vers lui d'un pas déterminé, tombait lentement à terre, sans vie. Aurélien resta confus, il ne senti même pas quand une main lui tira le bras et le jeta contre la rambarde. Le dos meurtri, il resta abasourdi quand un coups de poing le toucha au visage. Il leva la tête pour voir son agresseur qui parlait de lui....