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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Je te retrouverai...Chapitre 1

Auteur Sujet: Je te retrouverai...Chapitre 1  (Lu 1447 fois)

Hors ligne Writer77

  • Troubadour
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Je te retrouverai...Chapitre 1
« le: 07 Mars 2015 à 23:06:47 »
Salut a tous! Ceci est le premier chapitre d'une histoire que j'ai commence! Je n'en suis pas tres fan moi-meme, mais j'aimerais avoir vos avis sur le fond et la forme! Merci ;)

Sous un ciel bleu et un soleil ardent, la fillette marchait sans se préoccuper des personnes qui l’entouraient. Elle marchait à un rythme rapide, le regard décidé. Malgré la chaleur, elle portait un manteau gris dont elle ne se séparait jamais. Les bottes qu’elle portait auraient été plus appropriées en hiver, mais c’était les seules chaussures qu’elle avait.
- Regarde devant toi, petite !
Elle venait de buter contre un monsieur, mais elle ne s’en souciait guère. Elle n’avait qu’une idée en tête : le retrouver. Elle accéléra le pas et se retrouva à leur endroit préféré de la rue de Baker Street. C’était un petit parc muni de bancs publics et d’un petit jardin. Tous les bancs étaient occupés sauf celui qui se trouvait à l’extrémité du parc. C’était d’ailleurs sur ce banc qu’elle et lui passaient souvent la nuit, quand ils avaient la chance de n’être pas interrompu par un policier. Pour beaucoup, ce parc n’était qu’un endroit pour passer du temps, mais pour elle, il était sa maison. Leur maison. Ils n’avaient jamais eu de vraies maisons, autant qu’elle pouvait s’en souvenir. C’est pourquoi cet endroit lui était si précieux et qu’elle le protégeait du mieux qu’elle pouvait. Lors qu’elle voyait des gens le salir en jetant de la nourriture sur le sol ou en crachant n’importe où, cela la révoltait. Personne n’aimerait qu’on salisse sa maison. Comment ces gens se sentiraient-ils si elle en faisait autant chez eux ? Ne la mettraient-ils pas à la porte ? Bien sûr que si. Elle aurait aimé en faire autant, chasser toutes ces personnes qui considéraient sa maison comme une benne à ordures.
Elle s’assit sur le banc inoccupé. Une femme passa à quelques mètres d’elle, transportant un bébé dans une poussette. La femme, qui était probablement sa mère, le regardait avec tendresse, et on pouvait voir qu’il était à ses yeux la chose la plus importante du monde, et qu’elle le protégerait à n’importe quel prix. A cette vue, la fillette se remit à penser à lui. Il était tout ce qu’elle avait de plus cher au monde. En fait, elle n’avait que lui, et il n’avait qu’elle. Il en était ainsi depuis deux ans maintenant. Ou pouvait-il être ?
Elle repassa dans sa tête leur dernière conversation. C’était hier, ils se trouvaient dans la ruelle a cote du restaurant qui faisait face au parc. Ils allaient souvent dans cette ruelle, parfois juste pour gambader, mais le plus souvent pour fouiller les poubelles à la recherche de nourriture.
- Elodiiiiiiiiiie, j’ai faiiiiiiiiim, dit le petit garçon, les mains sur son ventre.
- Tiens bon, Arthur, répondit Elodie. On va surement trouver quelque chose aujourd’hui.   
- Tu dis toujours ça, dit Arthur, mais après on se retrouve à avaler notre salive. 
Elodie voulut lui répondre quelque chose de méchant, mais elle se retint au dernier moment.
- Je fais de mon mieux, tu sais, dit-elle. Sois patient.
Elle se mit à fouiller la poubelle la plus proche. L’odeur nauséabonde qui s’en dégageait ne constituait plus une barrière pour elle. Apres avoir fait cela presque quotidiennement, elle s’était peu à peu habituée à sentir ces odeurs désagréables. De plus, si elle ne le faisait pas, elle et son frère mourraient surement de faim. Elle ne comptait sur personne, mais son frère comptait sur elle. Elle devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour assurer leur survie.
Elle continua de fouiller. Pour l’instant sa récolte était assez maigre : deux peaux de bananes, la moitie d’un hamburger, deux bonbons et les restes d’une pizza. Elle entreprit de continuer sa fouille, mais une voix dans son cœur lui dit qu’elle ne trouverait plus rien de comestible. Elle s’arrêta un moment, les bras suspendus dans les airs, puis décida d’abandonner. Elle se tourna vers son petit frère en essayant d’afficher un sourire encourageant.
- Ce n’est pas grand-chose, dit-elle, mais c’est mieux que le pain brûlé qu’on a eu hier, n’est-ce pas ?
Arthur la dévisagea un moment, ne sachant quoi répondre. Son visage exprimait à la fois le dégoût et l’envie. Finalement ce fut le dernier sentiment qui l’emporta, car quelques secondes après, il se rua vers la moitie d’hamburger qu’Elodie tenait dans sa main droite. En quelques bouchées, il ne restait plus rien. Cependant, Arthur gardait les morceaux dans sa bouche, les mâchant et les remâchant encore avant de les avaler. Elodie lui avait dit que le fait de prendre du temps pour mastiquer la nourriture dans la bouche rassasiait plus rapidement. Au début, il était plutôt sceptique, mais après avoir essayé, il se rendit compte que ça fonctionnait. Certes, pas totalement, mais vu qu’ils n’avaient pas grand-chose à manger, ils avaient adopté ce procédé pour essayer de tromper leur faim.
Elodie, quant à elle, s’attaqua aux restes de pizza. En les découpant en petits morceaux, elle s’en retrouva avec six. Elle en donna trois à Arthur et garda les trois autres. Ils étaient très durs et avaient un goût bizarre, comme si elle mangeait du carton ; mais elle continua de mâcher avec avidité. Lors qu’elle eut terminé, elle donna un des bonbons à Arthur. Ensuite, elle s’assit sur le sol, en s’adossant sur l’un des murs de la ruelle. Arthur la rejoignit. Ils mirent les bonbons dans leurs bouches au même moment, comme s’ils s’étaient donné le mot. Ils regardaient droit devant eux, tout en se délectant de ces bonbons à la menthe. L’estomac d’Arthur émit un grand bruit. Elodie et lui se regardèrent pendant quelques secondes, puis ils éclatèrent de rire. Le rire céda vite sa place à la tristesse et au découragement.
- J’en ai assez, dit Arthur, après quelques instants.
Elodie voulut dire quelque chose pour l’encourager, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Elle ne voyait pas l’intérêt de s’adonner à cette tâche, car elle partageait son avis. Leur situation était plutôt chaotique depuis deux ans maintenant. Depuis ce jour ou leur mère mourut de froid parce qu’elle essayait de les tenir au chaud. En fait tout avait commencé le jour où leur père était parti vivre avec sa maîtresse, laissant derrière lui une note qui disait : «  J’aime une autre femme. Je suis désolé. » Du jour au lendemain, ils s’étaient retrouvés dans la rue, car leur maman, étant femme au foyer, n’avait pas les moyens de payer le loyer. De plus, elle n’avait personne à qui demander de l’aide, car son mari était son seul ami, sa seule famille. Bien que le froid glacial ait joué un rôle important dans sa mort, selon Elodie, sa mère était morte le jour où son père les avait abandonnés. Pour elle, il était évident que sa mère ne vivait que pour lui. Cela se voyait a la façon dont elle se comportait : quand il était-là, elle rayonnait, se divisant en quatre pour le satisfaire ; et quand il n’était pas là, bien qu’elle n’était pas désagréable avec ses enfants, elle semblait moins joyeuse, presque terne. Elodie gardait précieusement le souvenir de sa mère, bien au chaud dans son cœur, lui servant de réconfort lorsque la vie semblait dépourvue de toute joie, comme c’était le cas presque quotidiennement maintenant.
Ainsi, après avoir dégusté leur maigre repas, Arthur et elle étaient restés silencieux pendant un long moment. Puis, tout à coup, Arthur se mit debout. Lorsque Elodie lui demanda où il allait, il lui répondit qu’il allait se soulager.
- Ne me regarde pas le faire cette fois ! avait-il ajouté.
- Ok, p’tit frère, avait répondu Elodie en souriant.
Plusieurs minutes s’étaient écoulées, durant lesquelles Elodie avait les yeux fixés sur le mur, se demandant combien de temps ils allaient encore pouvoir tenir ainsi. Apres un certain temps, elle commençait à trouver le temps long et s’était décidée d’aller voir ce que son petit frère mijotait. Contre toute attente, elle avait constaté qu’il n’était plus là. Habituellement, lors qu’il voulait faire ses besoins, il le faisait dans cette ruelle, pas très loin de la poubelle dans laquelle Elodie trouvait souvent leur repas du jour. Tout au bout de la ruelle, il y avait un petit portail qui donnait sur le côté est de Baker Street.  Ce jour-là, le portail qui était normalement fermé, était ouvert. Prise de panique, Elodie avait couru en direction du portail, criant le nom de son petit frère à chacun de ses pas. Mais elle n’avait pas réussi à le trouver. Un jour entier s’était maintenant écoulé, et toujours aucun signe de lui. S’il lui arrivait quelque chose, Elodie savait qu’elle ne s’en remettrait jamais. Elle n’avait plus que lui…


« Modifié: 11 Mars 2015 à 19:10:41 par Writer77 »
Il n'y a qu'une seule règle : ne jamais abandonner

Hors ligne GAYA TAMERON

  • Calliopéen
  • Messages: 427
Re : Je te retrouverai...Chapitre 1
« Réponse #1 le: 08 Mars 2015 à 10:40:21 »
Pour commencer, je le trouve très bien ton texte, il est triste juste ce qu’il faut, et on comprend bien la situation de tes deux personnages.
Ensuite, je te conseillerais de remplacer petite fille par fillette, petit manteau par manteau.. "On va sûrement trouver quelque chose". Et erreur de temps pour le dialogue entre le frère et sa soeur, si elle se le remémore,  il ne peut pas être au présent. Voilà je crois que c’est tout en tout cas, ton style est fluide, clair et l’histoire donne envie. J’ attends la suite. Merci pour ce texte.     

Hors ligne Writer77

  • Troubadour
  • Messages: 325
Re : Je te retrouverai...Chapitre 1
« Réponse #2 le: 09 Mars 2015 à 00:33:04 »
Merci pour tes conseils GAYA TAMERON! Je n’étais pas sûr de finir cette histoire, mais tu m'as convaincu de le faire!  ;)
Il n'y a qu'une seule règle : ne jamais abandonner

Hors ligne Dewen

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 256
  • Parrainage actif !
Re : Je te retrouverai...Chapitre 1
« Réponse #3 le: 09 Mars 2015 à 19:38:44 »
Salut !
J'ai bien aimé ton texte, comme le dit Gaya, triste comme il faut. En plus, je trouve ton style sympa et fluide. L'histoire est sympa, j'ai hâte de lire la suite ^^ !

"Ce que j’aime par-dessus tout en Gwendalavir, outre la salade de champignons, c’est l’inutilité du mot impossible."
Merwyn Ril'Avalon
(La quête d'Ewilan, Tome 2 : Les frontières de glace de Pierre Bottero)

"Eeeeeet c'est Franklin !!"

Hors ligne Writer77

  • Troubadour
  • Messages: 325
Re : Je te retrouverai...Chapitre 1
« Réponse #4 le: 10 Mars 2015 à 23:05:03 »
Merci Dewen!! J'ai déjà publie la suite! Plus qu'un chapitre et ce sera la fin!  ;)
Il n'y a qu'une seule règle : ne jamais abandonner

 


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