Kailiana : J'essaye vraiment de voir ce que tu veux dire avec le hasard (parce que j'suis un perfectionniste et que quand on me dit que ça va pas, faut que ça aille!) mais j'y arrive pas

dans le doute, je pense que je vais laisser pour l'instant, et si la remarque revient, je change. C'est pas que je prends pas en compte ce que tu dis, mais là je capte pas, c'est moi.
BloodMoon : je n'en doute pas un moment, c'est pour ça que j'aime bien lire vos avis d'ailleurs!
Bon, bah vous savez quoi, voilà la suite et la fin
des haricots de la pièce!
Il y a de grosses didascalies dans cette partie, mais c'est parce que je compte inclure des passages musicaux pour diversifier le spectacle...
—————————Acte III scène 1—————————
Personnages :
Léonie
Arthur
Chloé
Léa
Onii
————————————————————————
(Léonie se lève et remarque Arthur allongé au sol. Elle le regarde, puis hausse les épaules et sort. Un instant plus tard, elle revient sur scène, en train de téléphoner.)
LEONIE (Au téléphone)
─ Oui, tu peux venir alors ? Je ne sais pas, on verra ce qu’on fera quand vous serez là. (Elle voir Arthur toujours allongé.) Mais… qu’est-ce qu’il fait encore là ? (Au téléphone) Je ne sais pas, mon frère est allongé dans ma chambre depuis ce matin. Non non, il dort. Donc tu viens tout à l’heure ? Ok, à plus tard.
(Elle sort. Quelques instants plus tard, elle revient, suivie de Chloé et Léa.)
LEONIE
─ Et là, je suis allé voir son profil facebook et il m’a acceptée comme amie ! Tu te rends compte ? Il faut que je te le montre !
CHLOE
─ Pour une fois que quelqu’un te tape dans l’œil, j’espère qu’il n’est pas trop moche.
LEA
─ Qu’est-ce que fait Arthur allongé par terre ?
LEONIE
─ Il est encore là, lui ? Il ne doit pas aller bien. Il est là depuis ce matin, il n’a pas bougé.
LEA
─ Il faudrait prévenir ta mère, non ?
LEONIE
─ Elle n’est pas là. Si on essayait juste de le réveiller ?
CHLOE (Elle se penche au dessus d’Arthur, et le secoue délicatement)
─ Arthur ?
LEA
─ Chloé, tu ne réveillerais même pas un insomniaque sous perfusions de café en faisant comme ça. Laisse-moi faire. (Elle secoue Arthur brutalement) Allez Arthur, debout !
CHLOE (sur un ton grave)
─ J’ai l’impression que ton frère n’est pas simplement endormi, Léonie.
LEONIE (au bord des larmes)
─ Tu… Tu crois qu’il est…
(Arthur émet un énorme ronflement.)
LEA
─ C’est nous qui courons un grave danger, si nous n’arrêtons pas ce bruit ignoble.
CHLOE
─ Oui. Léonie, tu as une pince à linge ?
LEONIE
─ Pour quoi faire ?
CHLOE
─ Lui mettre sur le nez. C’est ça, ou je le jette dans l’escalier.
LEONIE
─ Euh… Il doit y en avoir dans l’armoire. Mais tu es sûre qu’il est juste endormi, hein ?
CHLOE (Elle fouille l’armoire.)
─ Pas de panique. Si tu ne me crois pas, jette-lui un verre d’eau à la figure.
LEA
─ Je n’ai jamais vu quelqu’un dormir aussi profondément. C’est impressionnant. Je pourrais chanter comme une folle, il ne bougerait pas d’un pouce.
CHLOE (Elle fouille toujours)
─ Retiens-toi, s’il te plaît. (Elle découvre la boîte à musique) Tiens, qu’est-ce que c’est ?
LEONIE (Elle va voir l’objet que Chloé tient dans ses mains.)
─ Je ne sais pas. On dirait une sorte de boîte à musique. J’en ai déjà vue une du genre chez ma grand-mère.
LEA (Elle rejoint les deux autres pour observer la boîte.)
─ C’est dans ton armoire et tu ne sais même pas ce que c’est ? Ce n’est pas à toi ?
(Pendant que les filles discutent autour de la boîte, Onii entre sur scène sans faire de bruit. Il s’approche d’elles petit à petit.)
LEONIE
─ Je ne l’ai jamais vue avant. C’est peut-être à Arthur.
LEA
─ Il voulait peut-être te faire un cadeau ! Ça expliquerait pourquoi il est là ! Il a essayé de le mettre dans ton armoire discrètement cette nuit !
CHLOE (se moquant de Léa.)
─ Mais oui ! Et il s’est subitement endormi en ouvrant la
porte. C’est connu, le syndrome de la porte d’armoire. Ça ne pardonne pas. Et si on l’essayait, cette boîte à musique ?
ONII (Il tend brutalement les bras vers les filles, qui commencent alors à s’endormir.)
─ Sûrement pas, jeune fille ! L’armoire n’endort point, sauf si je m’y trouve. Vous avez de la chance, Arthur va maintenant avoir de la compagnie pour rêvasser. Vous pourrez le remercier de ma part, Dame Léonie ! J’ai ma totale liberté grâce à lui. Bon séjour au pays des songes !
(Toutes s’écroulent et s’endorment. Onii sort.)
—————————Acte III scène 2—————————
Personnages :
Monsieur Bulbe
Monsieur Ristourne
Monsieur Moufle
Léonie
Léa
Chloé
Arthur
Onii
————————————————————————
(Arthur est allongé par terre. Monsieur Bulbe est sur une chaise, au dessus de lui. Il le dirige comme une marionnette, lui fait faire une danse étrange. A la fin de cette danse, Monsieur Ristourne entre en manipulant Léa de la même manière. Ils accomplissent ainsi une danse ensemble. A la fin de la chorégraphie, Monsieur Bulbe et Monsieur Ristourne laissent leurs « marionnettes » par terre. Ils se serrent la main, puis repartent chacun d’un côté.
Monsieur Moufle entre. Il observe Arthur et Léa. Il pose sa main sur leur tête, ce qui les anime. Arthur et Léa se lèvent et restent debout, figés. Monsieur Moufle leur fait prendre une pose étrange, comme s’il les sculptait. Puis il descend dans le public chercher une personne, et la fait monter sur scène. Il place la personne choisie dans une position aussi étrange, puis fait semblant de prendre une photo. Il raccompagne ensuite la personne dans le public. Enfin, il repose sa main sur la tête de Léa et Arthur, qui abandonnent leur pose et se relâchent. Léa se réveille. Elle regarde autour d’elle.)
LEA
─ Il y a quelqu’un ?
MONSIEUR BULBE (En coulisse)
─ Non il n’y a personne.
LEA
─ Zut ! Cela m’aurait arrangé s’il y avait eu quelqu’un.
(Elle fait les cent pas. Monsieur Bulbe entre, et se met dans son dos. Il la suit partout. Elle continue de faire les cent pas, Monsieur bulbe la suit. Au bout d’un moment, Léa se retourne et sursaute en voyant Monsieur Bulbe.)
LEA
─ Vous m’avez fait peur !
MONSIEUR BULBE
─ Veuillez m’en excuser, jeune fille. Je ne voudrais pas faire pâlir ce teint de demoiselle.
LEA
─ Qui êtes-vous ? Je ne vous ai jamais vu avant.
MONSIEUR BULBE
─ C’est normal, personne ne peut me voir.
LEA
─ Pourtant je vous vois.
MONSIEUR BULBE
─ Pas avec vos yeux.
LEA
─ Que racontez-vous ? Je ne peux pas vous voir avec mon nez ou mes doigts de pieds. Je vous vois de mes propres yeux.
MONSIEUR BULBE
─ C’est ce que vous croyez. Savez-vous où vous vous trouvez ?
LEA
─ Dans la chambre de Léonie, non ?
MONSIEUR BULBE
─ Exact ! Et qu’y a-t-il de l’autre côté de cette porte ? (il désigne la sortie de la chambre)
LEA
─ Le zoo de loutres sauvages.
MONSIEUR BULBE
─ Et où trouve-t-on la cuisine ?
LEA
─ En haut de l’échelle, à côté du lampadaire.
MONSIEUR BULBE
─ Vous ne réalisez pas l’absurdité de vos réponses ?
LEA
─ Je ne vois pas ce que vous voulez dire.
MONSIEUR BULBE
─ Je veux dire que je ne suis pas là en ce moment, et que vous n’êtes pas là en ce moment. Tout n’est qu’un rêve. Vous dormez.
LEA
─ Je dors ?
MONSIEUR BULBE
─ Oui. Cela explique les étrangetés que vous pouvez dire ou faire en ce moment.
LEA
─ Non mais je rêve !
MONSIEUR BULBE
─ C’est cela.
(Monsieur Ristourne entre, en tenant a bout de bras Chloé, qui a l’air figée.)
MONSIEUR RISTOURNE
─ Regardez ce que j’ai trouvé !
(Monsieur Ristourne place Chloé au centre de la scène, puis lui met la main sur la tête. Chloé s’effondre au sol.)
MONSIEUR BULBE
─ Merveilleux ! Fabuleusement prodigieux ! C’est la première fois que je vois deux dormeurs dans le même rêve.
MONSIEUR RISTOURNE
─ Trois, dirait-on ! Regardez ce bonhomme, par terre. (Il désigne Arthur.)
LEA
─ Vous pensez pouvoir le réveiller ?
MONSIEUR BULBE
─ Non, je ne pense pas. J’en suis sûr !
(Il pose sa main sur la tête d’Arthur qui se lève et reste debout, figé.)
MONSIEUR RISTOURNE
─ Et voilà !
LEA (Elle observe Arthur qui se tient immobile comme une statue.)
─ Il a l’air bizarre. Il ne peut pas parler ?
MONSIEUR BULBE
─ Suis-je bête !
(Il met une tape dans le dos d’Arthur. Arthur commence à chanter. Monsieur Bulbe retape dans le dos d’Arthur.)
ARTHUR (L’air perdu)
─ Je peux bouger ! Enfin !
LEA
─ Hey Arthur, contente de te voir enfin réveillé !
(Arthur regarde tout autour de lui. Il marche partout, comme s’il chassait quelque chose. Il regarde Léa, Monsieur Bulbe et Monsieur Ristourne comme s’il voulait les flairer.)
MONSIEUR RISTOURNE
─ Quel drôle de bonhomme ! Il est amusant, n’est-ce pas ?
LEA
─ Arthur ? Que fais-tu ?
(Arthur se tourne brusquement vers Léa et la fixe dans les yeux. Puis il continue de « flairer » les alentours.)
ARTHUR
─ Le mécanicien. Où est le Mécanicien ?
LEA
─ Euh… Je ne sais pas.
ARTHUR
─ Je dois le trouver. Vite. Le mécanicien n’est pas loin.
LEA
─ Calme-toi Arthur, tout va bien. Tu ne devineras jamais où on est.
ARTHUR
─ Nous sommes fichus ! Il nous a emprisonnés, tous ! Nous ne pourrons jamais sortir !
LEA
─ Mais non, nous sommes dans un rêve, Arthur ! Enfin, je veux dire que je suis en train de rêver de toi. Donc tu ne dois pas être vraiment là, on ne peut pas aller dans les rêves des autres…
MONSIEUR RISTOURNE
─ Erreur, Miss ! Si tu rêvais d’Arthur, ce serait Monsieur Moufle, Monsieur Bulbe ou moi-même qui nous déguiserions pour jouer son rôle. C’est notre travail. Et ce jeune homme n’a pas l’air de porter de déguisement. Donc Arthur et toi êtes dans le même rêve. Vous dormez tous les deux, et vous partagez votre rêve en ce moment même !
LEA (Elle réfléchit.)
─ Mais alors… Quand j’ai rêvé de Quentin et qu’il m’a… C’était l’un de vous déguisé en lui ?
MONSIEUR BULBE (Il sourit béatement)
─ Exactement.
ARTHUR (à Monsieur Bulbe et Monsieur Ristourne)
─ Vous ! Qui êtes-vous ? Des complices d’Onii ?
MONSIEUR RISTOURNE ET MONSIEUR BULBE
─ Qu’avez-vous dit ?
ARTHUR
─ Onii ! C’est celui qui m’a enfermé ici. Je suis en train de rêver, n’est-ce pas ?
MONSIEUR RISTOURNE
─ Exact. Onii serait parmi nous ?
MONSIEUR BULBE
─ C’est une catastrophe !
MONSIEUR RISTOURNE
─ Un cataclysme !
MONSIEUR BULBE
─ Un drame !
MONSIEUR RISTOURNE
─ Une tragédie !
LEA
─ Qui est ce « Onii » ? On dirait qu’il vous fait peur.
MONSIEUR RISTOURNE
─ C’est la pire personne qui puisse exister, jeune demoiselle.
MONSIEUR BULBE
─ Un voleur de rêve, un semeur de tourments.
MONSIEUR RISTOURNE
─ Il venait dans les rêves et les transformait en horribles cauchemars !
MONSIEUR BULBE
─ Mais cela faisait tellement longtemps…
(On entend un bruit de pas lourds venant des coulisses. Tous sursautent.)
MONSIEUR RISTOURNE
─ C’est sûrement lui ! Il ne doit pas nous voir !
MONSIEUR BULBE
─ Allons nous cacher ! Venez !
(Monsieur Bulbe et Monsieur Ristourne attrapent Léa et Arthur par la main et tous sortent. Monsieur Moufle entre, tenant Léonie par la main.)
MONSIEUR MOUFLE
─ Il n’y a personne ? J’aurais juré entendre des voix. (Il
remarque Chloé allongée au sol.) Bigre ! Les gens laissent vraiment traîner n’importe quoi ! (Il met sa main sur la tête de Chloé, qui se réveille et se lève.) Salutations, demoiselle du plancher, mais ce n’est pas vraiment un endroit pour s’allonger.
CHLOE
─ Excusez-moi ? (Elle remarque Léonie) Léonie ! Où est-ce qu’on est ? (Léonie reste figée.) Léonie ? Eh oh !
MONSIEUR MOUFLE
─ Oh ! Excusez-moi, j’avais oublié. (Il pose la main sur la tête de Léonie, qui reprend ses esprits.) Et voilà !
CHLOE
─ Léonie ?
LEONIE
─ Chloé ?
MONSIEUR MOUFLE
─ Monsieur Moufle !
CHLOE
─ Je ne sais pas où nous sommes, ni qui est ce monsieur. Tu en as une idée, Léonie ?
LEONIE
─ Hein ? Je… Pas du tout. (À Monsieur Moufle) J’ai l’impression de vous connaître. Est-ce que nous nous sommes déjà croisés ?
MONSIEUR MOUFLE
─ Dame Léonie ! Vous ne vous souvenez donc pas de moi, ni de mes deux vaillants compagnons, Monsieur Bulbe et Monsieur Ristourne ?
(Monsieur Bulbe et Monsieur Ristourne entrent, paniqués.)
MONSIEUR BULBE
─ Il est revenu ! Monsieur Moufle, fuyez ! Il est parmi nous !
MONSIEUR MOUFLE
─ Qui ça, voyons ?
MONSIEUR RISTOURNE
─ Onii !
MONSIEUR MOUFLE
─ Impossible !
(Un rire machiavélique retentit dans les coulisses.)
MONSIEUR BULBE, MOUFLE ET RISTOURNE
─ Diable ! C’est lui ! Fuyons !
(Monsieur Bulbe, Monsieur Ristourne et Monsieur Moufle sortent précipitamment. Arthur et Léa entrent.)
LEA
─ Léonie ! Chloé !
LEONIE (en même temps)
─ Arthur ! Léa !
LEA
─ Vous allez bien ? Vous aussi vous êtes piégées ici !
CHLOE
─ Piégées ? On vient juste d’arriver ici, je ne sais même plus comment d’ailleurs.
LEA
─ C’est un rêve, Chloé ! Nous sommes tous enfermés dans
un rêve. Arthur dit que nous ne pourrons jamais en sortir, mais je suis sûre qu’il y a un moyen !
LEONIE
─ Léa, ne bouge pas. J’appelle un docteur.
LEA
─ Je vous jure que c’est vrai !
ARTHUR
─ Onii arrive, Léa. Il faut partir.
LEA
─ Chloé, Léonie, il faut me croire. La personne qui arrive ne nous veut pas de bien !
CHLOE
─ Eh bien, je l’attends de pied ferme !
(On entend de nouveau le rire d’Onii, plus fort. Il entre. Arthur, Léa, Chloé et Léonie reculent à mesure qu’il avance vers eux. Il avance très lentement.)
ONII
─ BOUH ! (Tous hurlent.)Alors Arthur, fais-tu un beau rêve ? J’espère qu’il est agréable, parce que tu n’es pas près d’en sortir. (Il ricane.)
(Arthur fonce sur Onii en criant. Onii l’esquive d’un geste du bras qui dévie Arthur. Arthur tombe au sol. Léa fait de même, Onii l’évite de la même manière, et elle se retrouve au sol également.)
CHLOE (s’avançant en direction d’Onii)
─ Si vous leur faites du mal, je…
ONII (il tend le bras vers Chloé, qui se fige et tombe au sol à son tour.)
─ Tu quoi ? Ici, je décide. J’ai passé des dizaines d’années à comprendre comment les rêves fonctionnent, comment les manipuler, comment les créer. Une enfant de ton âge ne connait rien au pays des songes. (Tout en parlant, il joue avec Léonie comme avec une marionnette en la manipulant à distance.) La force des rêves, c’est que tout y est réalisable. Mais l’esprit ne l’accepte pas, il essaye de reproduire la réalité. Le cerveau panique quand il est libre de tout créer. Moi, j’ai appris à maîtriser mon esprit. Désormais, je n’ai plus de limites. Vos rêves sont ma toile, et vous êtes ma peinture.
(Pendant le discours d’Onii, Monsieur Bulbe, Monsieur Ristourne et Monsieur Moufle entrent discrètement. Ils tentent de surprendre Onii dans son dos mais celui-ci se retourne brusquement.)
MONSIEUR BULBE
─ Fichtre !
MONSIEUR RISTOURNE
─ Diantre !
MONSIEUR MOUFLE
─ Sacrebleu !
MONSIEUR BULBE
─ Je vous avais dit qu’il valait mieux utiliser un lance-pierre.
MONSIEUR RISTOURNE
─ Mais je ne connais aucun Pierre !
MONSIEUR MOUFLE
─ Moi non plus !
MONSIEUR BULBE
─ Nous sommes perdus !
ONII
─ Bien le bonjour messieurs, cela faisait une éternité.
MONSIEUR MOUFLE
─ Onii, il serait temps d’oublier nos conflits passés, vous ne croyez pas ?
MONSIEUR RISTOURNE
─ De l’eau a coulé sous les ponts, et le courant d’air a ouvert les fenêtres. Personne ne va vous réprimander aujourd’hui pour vos actes d’autrefois.
ONII
─ Vous parlez toujours trop, messieurs. (Il claque des doigts. Monsieur Ristourne met la main sur la bouche de Monsieur Moufle, et vice versa.)
MONSIEUR BULBE
─ Vous êtes un monstre ! Je ne sais comment vous vous êtes échappé de la boîte à musique, mais je vous jure que vous y retournerez. Foi de bulbe !
ONII
─ Tout ce temps où vous m’avez gardé enfermé là-dedans, j’ai eu le loisir de bien réfléchir. Je me suis assuré que personne ne puisse m’y remettre. Mais merci de l’invitation, Monsieur Bulbe.
LEONIE
─ Libérez-nous, je vous en prie.
ONII
─ Sûrement pas. Mademoiselle Léonie, vous êtes la plus belle couleur de ma palette. (Il manipule Chloé, Arthur et Léa à distance et les fait s’agenouiller autour de Léonie.) Magnifique tableau, n’est-ce pas ?
LEONIE
─ Libérez-nous, Onii ! Vous n’aurez qu’à emporter la boîte à musique où vous le voulez. Plus personne ne vous causera de problèmes.
ONII
─ Vous ne comprenez donc pas ? Je suis libre ! Libre de
tout, et plus jamais, vous m’entendez, plus jamais je n’aurai à entendre le son de cette boîte à musique. Je suis libre !
(On entend le son de la boîte à musique. Il s’amplifie petit à petit.)
LEONIE
─ Qu’est-ce que c’est ?
ONII
─ Non… pas cette musique. Non, non, non !
(Léa, Arthur et Chloé arrivent à bouger et se relèvent.)
LEA
─ J’arrive à bouger !
CHLOE
─ Allons-nous en !
ARTHUR
─ Attendez ! Regardez.
(Onii tombe à genou sur le sol. Il se bouche les oreilles, en poussant des grognements.)
ONII
─ Je ne veux pas y retourner ! Je ne veux pas, je ne veux pas !
LEONIE
─ Laisse-nous sortir !
ONII
─ Non !
ARTHUR, LEA, CHLOE ET LEONIE
─ Laisse-nous sortir ! On veut sortir !
(La musique s’amplifie de plus en plus, et tout devient noir.)
—————————Acte III scène 3—————————
Personnages :
Quentin
Léonie
Léa
Chloé
Arthur
Onii
Remarques :
• L’épilogue. Tous doivent être convaincus, sauf Arthur, que tout ça n’était qu’un mauvais rêve.
• A la toute fin, Léa et Quentin doivent paraître extrêmement gênés de se retrouver seuls tous les deux.
————————————————————————
(La musique diminue, les lumières se rallument. Quentin est assis, au milieu de Léonie, Arthur, Léa et Chloé qui dorment. Il tient la boîte à musique dans les mains. Tous se réveillent. Arthur a les cheveux et le visage trempés.)
QUENTIN
─ Haha, enfin !
(Tous s’étirent, baillent, et se redressent lentement.)
LEONIE
─ Quentin ? Qu’est-ce que tu fais là ?
QUENTIN
─ Je suis venu sonner, ta mère m’a ouvert et m’a dit que vous étiez tous dans la chambre. Ça fait une demi-heure que j’essaye de vous réveiller ! Et rien ne marchait. Donc j’ai essayé plein de choses, et il n’y a que cette petite boîte à musique qui a réussi à vous réveiller. C’est fou, hein ?
ARTHUR (Il touche ses cheveux trempés.)
─ Pourquoi je suis tout mouillé, moi ?
QUENTIN
─ Ça fait partie des choses qui n’ont pas marché, désolé.
LEA
─ J’ai fait un rêve super bizarre. Vous étiez tous dedans, sauf Quentin. Il se passait plein de choses étranges…
CHLOE
─ Ah tiens, moi aussi j’ai fait un rêve où je vous voyais, c’est drôle !
LEONIE
─ Moi aussi ! Peut-être qu’on a tous fait le même rêve !
(Elles rient)
QUENTIN
─ Excusez-moi, mais pourquoi vous étiez tous endormis par terre, comme ça ?
LEA
─ Aucune idée ! Je ne me souviens même pas m’être endormie.
CHLOE ET LEONIE
─ Moi non plus.
ARTHUR (faisant semblant de plaisanter)
─ Peu importe, l’important c’est que nous soyons tous réveillés, hein ! Hahaha !
CHLOE
─ Et toi Arthur, tu ne nous as pas dit de quoi tu as rêvé.
ARTHUR
─ Ah ? Euh, eh bien… Je… Je ne me souviens pas !
CHLOE
─ Ah, dommage.
QUENTIN
─ Bon, quand vous serez réveillés, ça vous dirait de faire un cache-cache géant avec les voisins ? J’ai été leur demander, ils sont d’accord !
TOUS
─ Ouais !
CHLOE
─ Mais d’abord, on pourrait grignoter un peu ? Je meurs de faim.
LEONIE
─ D’accord ! Viens avec moi, on va chercher à manger.
(Léonie et Chloé sortent.)
ARTHUR
─ Quentin, tu pourrais me passer cette boîte à musique s’il te plaît ?
QUENTIN (Il lui donne l’objet)
─ Tiens. Elle est marrante, tu l’as achetée où ?
ARTHUR
─ Bof, c’est un vieux truc. De toute façon je vais la jeter à la poubelle, elle est abîmée et personne ne s’en sert.
QUENTIN
─ Tu me la donnes ? Moi je la veux bien !
ARTHUR (il crie)
─ Non ! (Puis, plus calme) Je veux dire, ce n’est pas une bonne idée.
QUENTIN
─ Pourquoi ? Elle est hantée ?
ARTHUR (très gêné)
─ Haha ! N’importe quoi ! Hum… Eh bien… Pour tout dire… (Il réfléchit.) Le chat a fait ses besoins dedans l’autre jour !
QUENTIN
─ Beurk ! Tu peux la garder, je n’y touche plus à cette boîte ! C’est dégoûtant !
ARTHUR
─ Très bien, je vais la jeter ! Tu me rejoins à la cuisine ?
QUENTIN
─ D’accord. (Arthur sort. Quentin et Léa ne disent rien pendant un instant. Puis Léa s’étire longuement. Quentin lui parle timidement.) Tu as bien dormi, Léa ?
LEA
─ Oui, comme un bébé.
QUENTIN (Il l’aide à se lever)
─ Vous étiez impossibles à réveiller. J’ai cru que je n’y arriverais jamais.
LEA
─ Haha, tu ne nous as pas trop secoués au moins ?
QUENTIN
─ Oh non, j’aurais trop peur de vous faire mal sans faire exprès.
(Ils ont tous les deux un petit rire timide. Ils se regardent, puis regardent un peu partout dans la chambre, gênés de se retrouver seuls.)
LEA
─ Dis, Quentin…
QUENTIN (extrêmement crispé)
─ Oui ?
LEA
─ Je… Je me demandais… Au cinéma en ce moment il y a À la recherche du grand amour. Ça te dirait… Qu’on aille le voir ensemble ? (Elle baisse les yeux en parlant, intimidée.)
QUENTIN
─ Ah, euh… Eh bien… Je l’ai déjà vu en fait… Dommage…
LEA
─ Ah… Bon…Tant pis.
(Déçue, elle sort tristement. Quentin la regarde sortir. Il réfléchit un moment.)
QUENTIN (Il réalise qu’il vient de faire une gaffe, et se dirige vers la sortie.)
─ Léa, attends ! En fait je ne l’ai pas vu, haha !
(Il sort. La scène est vide. Un court instant après la sortie de Quentin, la main d’Onii sort du placard, et ferme lentement la porte dans un ricanement diabolique.)
RIDEAU