Inspiré par un morceau de musique, j'ai laissé courir mon imagination et cette dernière s'est gentiment déposé sur le papier. Donc voilà, je vous donne le résultat, la parole est à vous

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L'inspecteur s'en doutait, ça ne serait pas facile. Ces monstres avaient déjà tué trois jeunes filles et il risquait certainement de la retrouver dans un état similaire aux autres. Il détestait se retrouver en charge de cette affaire où de jeunes personnes étaient mêlés Cela le projetait trop sur ces propres enfants. Mais le chef avait été clair, il le voulait sur ce cas. Il voulait sa perspicacité et un savoir faire. Un savoir faire qui lui avait déjà permis de retrouver la trace de ces monstres ou du moins de l'endroit où ils avaient amené la jeune fille enlevée quelques heures plus tôt.
L'inspecteur était là, dans le couloir sombre d'un entrepôt miteux du port marchand. Seul, sur son intuition, il avançait dans le noir avec une simple lampe torche comme point lumineux. Il n'entendait ni bruit, ni cri. Cela ne faisait que confirmer son impression d'arriver trop tard. Il ne voulait pas voir ce spectacle mais il n'en n'avait pas le choix.
Il continuait à progresser le long de ce couloir humide, pas après pas en essayant d'être le plus discret possible. Il arriva à l'angle du couloir et tourna. Il perçut alors un léger courant d'air. Il chercha avec sa lampe et s’aperçut que sur les trois portes qui s'offraient à lui après le virage, une était légèrement entrouverte.
Il reprit sa marche lente dans le couloir mais ne fixa plus que la porte entre-ouverte des yeux. Un pas puis l'autre, l'écart se resserrait. Arriver près de la porte, il entendit comme un bruit. Cela ressemblait à un léger frottement. Il hésita un moment puis décida de continuer son mouvement et d'entrer dans la pièce. Ce qu'il le frappa en premier, alors qu'il ne pouvait rien percevoir de l'intérieur encore, ce fut l'odeur. Une odeur de fauve, de chair, de viscère et de sang. Cette force olfactive provoqua en lui un violent frisson qui lui parcouru le corps tout entier. Son esprit se faisait déjà écho des ses peurs les plus noires en lui projetant en tête d'horribles images.
Puis, dans le court instant dans lequel il avait été figé par ces odeurs, il perçut de nouveau ce bruit de frottement. Il n'avait plus le choix. Malgré l'horreur de ce qu'il allait découvrir il fallait qu'il avance. Pour lui, il était plus que clair que ces monstres n'étaient plus là depuis longtemps. Ce bruit trop léger, cette odeur, il ne pouvait s'agir que de la victime, la victime certainement mourante au vu de ce qu'ils avaient fait subir aux autres.
L'inspecteur hésita encore une seconde puis prit sur lui en sachant qu'il assisterait certainement aux derniers instant d'une frêle jeune fille qui venait de vivre l'enfer. Cela commença par du sang, du sang projeté sur les caisses abandonnées. Du sang sur les piliers et le mur sur le coté. Il déglutit et continua. Ce fut au tour des viscères, ignobles, sanglantes, elles étaient non identifiables mais omniprésentes au milieu du sang. Plus il avançait et plus il y avait de sang. Il commença à apercevoir le début d'une flaque rouge et brillante. La flaque devint vite une véritable mare puis ce fut le moment. Le moment où il perçut enfin une main. Une main blanche et crispé. Il eut un haut le cœur en voyant cette main puis quelque chose posa problème.
Ce n'était pas une main douce et féminine de jeune fille. Il avait devant lui une main grossière et rude. L'inspecteur eut de nouveau un temps d'arrêt, que s'était-il passé ici...
Le bruit de frottement se fit encore entendre. Il n'eut pas le choix, il fallait qu'il recherche l'origine du bruit. Il leva alors sa lampe et sentit son cœur s’arrêter. Au milieu de la mare de sang et des morceaux de viscère, il vit la jeune fille debout, de dos mais entière. Cette vision était surréaliste, impossible. Son imagination devait avoir pris le dessus. Pourtant l'odeur, le froid, tout lui rappelait qu'il ne rêvait pas. Il ne pouvait détacher son regard de la jeune fille. Il l'étudiait de bas en haut et il ne semblait rien lui manquer. Pourtant ses vêtements, et son corps était maculé de sang. L'inspecteur eut de nouveau un frisson en pensant qu'il ne s'agissait peut-être pas du sien.
Il se dégageait de ce corps frêle quelque chose de malsain. L'inspecteur n'arrivait pas à parler. Il voulait appeler la jeune fille. Il voulait lui demander si elle était blessée. Mais aucun son ne pouvait sortir de sa bouche devant la vision morbide de cette jeune fille pleine de sang et plantée au milieu de ces morceaux de corps humains.
L'inspecteur se rendit compte que l'origine du bruit venait de la jupe qui frottait sur les jambes de la jeune fille car elle se balançait d'une jambe sur l'autre. Au bout d'interminables secondes, elle finit par se retourner doucement et planta son regard dans celui de l'inspecteur. Ses yeux étaient froids, perdus. Sur ces joues, le sang se diluait dans le parcours qu'avaient fait des larmes en coulant mais son visage restait inexpressif.
L'inspecteur ne pouvait détourner les yeux. Il aurait voulu voir autre chose que cette jupe souillée, autre chose que ce qui semblait être les restes d'un de ces hommes. Devant l'incapacité à réagir de l'inspecteur, la jeune fille ouvrit alors la bouche puis s'écria :
- Je ne me rappelle pas !!!! Je ne me rappelle pas...