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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Madame Delalande

Auteur Sujet: Madame Delalande  (Lu 1332 fois)

Hors ligne lucilemc

  • Tabellion
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Madame Delalande
« le: 02 Février 2015 à 22:40:53 »
Salut ! Un petit texte à soumettre à votre regard acéré :)


Le soleil baigne en permanence la pièce. Il s'est infiltré par la fenêtre qui donne sur le parc et le monoprix en contrebas, la cour, et le bac à sable aménagé pour des enfants qui ne viennent jamais. Lasse de n'éclairer que du vide, celui de ces arbres presque morts, de ce  béton morne et terne et de ces façades d'immeubles blanchis sur lesquels il ne fait que se heurter violemment et rebondir, il s'est réfugié dans la cuisine doucement accueillante et pleine de la vie accumulée de Madame Delalande.
La lumière est toujours jaune, presque féroce, et se fraye un chemin autoritaire dans cette pièce qu'elle nimbe d'un respectueux halo doré et dont elle a terni les photos, les dessins et les articles divers accrochés aux murs, mais pas les souvenirs. Madame Delalande veille, et fait de ces feuilles jaunies des fresques d'or de Fra Angelico. C'est ce qu'elle choisit de voir, elle le sait très bien mais elle s'en fiche, elle ne regarde plus avec ses yeux.
La lumière éclaire notes et informations soigneusement choisies et découpées, puis placées de manière stratégique sur le mur face à la petite table en bois foncé de sorte que quoi que l'on fasse dans cette cuisine, les mots nous encerclent et opposent leur résistance intemporelle au Soleil du dehors. Les dessins, eux, sont disposés en blocs sur les murs, sur l'ardoise dans l'ombre de la fenêtre, scotchés sur les meubles, accrochés au frigo, suspendus aux étagères et coincés dans les pots de crayons -tous recyclés et longs de 3cm environ « parce qu'on ne gâche rien »-.
Madame Delalande est cernée d'enfance.
Les quelques prières recopiées soigneusement d'une écriture de maîtresse d'école sur de très petits rectangles de papier -certainement celui des enveloppes de la banque postale- ont leur chapelle sur le rebord extérieur du frigidaire, avec quelques reproductions de peintures d'icônes souriantes et dorées. En réalité les seules icônes que Madame Delalande prie sont les personnages déformés nés de l'imaginaire de ses enfants, ses reliques à elle sont ces mots accumulés, ces bouts d'aluminium conservés, ces enveloppes la poste recyclées. Madame Delalande prie chaque chose, chaque objet, chaque être et voit en chacun d'eux les possibles. Parfois même on se demande si ce n'est pas elle qui éclaire la pièce, et chez qui le Soleil vient trouver du réconfort.
« Modifié: 04 Février 2015 à 23:48:56 par lucilemc »

Hors ligne Georges Cloné

  • Calliopéen
  • Messages: 468
Re : Madame Delalande
« Réponse #1 le: 02 Février 2015 à 23:26:18 »
Bonsoir !

Je t'explique un truc visuel :
ici, les lignes sont trop longues, bien plus que celles d'un livre normal.
J'ai compté, pas loin du double.

Donc tu dois aérer ton texte en vertical en espaçant de ci de là.
"Madame Delalande. La lumière" par exemple là, tu colles une interligne après le nom.
Ce sera déjà pas mal.

Ton français paraît nickel, mais il sera plus lisible après.
Allez, zou, modifie !!! ;)
Blue Mountain, Moka Sidamo, Maragogype...

What else ?

MillaNox

  • Invité
Re : Madame Delalande
« Réponse #2 le: 04 Février 2015 à 17:21:57 »
Salut !

au fil du texte :
Citer
Le soleil baigne en permanence la pièce.
je trouve pas ça très joli "en permanence", et je l'aurai plutôt vu après "la pièce", mais c peut-être subjectif.

Citer
Lasse de n'éclairer que du vide, celui de ces arbres presque morts, de ce  béton morne et terne et de ces façades d'immeubles blanchis sur lesquels il ne fait que se heurter violemment et rebondir, il s'est réfugié dans la cuisine doucement accueillante et pleine de la vie accumulée de Madame Delalande.
la phrase est un peu longue.
je ne comprends pas ce que tu veux dire par "vie accumulée" ?

Citer
ces enveloppes la poste recyclées.
de la Poste

Citer
voit en chacun d'eux les possibles.
ça j'aime bien :)

Citer
Parfois même on se demande si ce n'est pas elle qui éclaire la pièce, et chez qui le Soleil vient trouver du réconfort.
l'idée est sympa. c'est chouette de finir là dessus, en réponse au début et en semant un doute/une interrogation chez le lecteur :)

hop là !
bon je suis mitigée. dans le positif, je trouve super la fin qui répond au début, ça donne du sens et de la matière, c'est chouette. Le coeur du texte est descriptif, ça ne m'a pas super convaincue, c'était peut-être un peu répétitif. J'ai l'impression que tu es parti d'une image qui se voulait poétique, onirique / hors du commun, avec des papiers jusque dans le frigo si j'ai bien compris, mais j'ai pas retrouvé cette poésie dans les tournures, les mots. y a donc peut-être à bosser un peu le rythme, les sonorités, si c'est l'idée que tu avais (un rendu poétique).
voilà, des ressentis un peu en vrac !

au plaisir

Milla


Hors ligne lucilemc

  • Tabellion
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Re : Madame Delalande
« Réponse #3 le: 04 Février 2015 à 23:57:24 »
Merci pour vos retours !

J'ai essayé de modifier les petites choses liées à la respiration du texte notamment (je ne me rendais pas compte à quel point, vu la longueur des phrases déjà bien fournies ça devait être étouffant !), la ponctuation et certaines petites choses.

Pour ce qui est de la "vie accumulée", je parle d'une vieille dame dont la vie est derrière elle, il faut le voir comme une image de ses années qu'elle égrenne à travers les objets de sa cuisine, comme dans un musée ou une brocante.

Lorsque je parle des "possibles" j'entends "le potentiel". Chez cette vieille dame, chaque objet, chaque petite chose aussi petite et insignifiante soit-elle a un potentiel de beauté qu'elle sait voir.

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
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  • Pingouin de Patagonie
    • Rêves de comptoir
Re : Madame Delalande
« Réponse #4 le: 05 Février 2015 à 12:48:48 »
Salut

Citer
celui de ces arbres presque morts, de ce  béton morne
Alors c'est très très personnel mais la répétition du son "mor" en si peu de mots me derange un peu
Citer
Lasse de n'éclairer que du vide, celui de ces arbres presque morts, de ce  béton morne et terne et de ces façades d'immeubles blanchis sur lesquels il ne fait que se heurter violemment et rebondir, il s'est réfugié dans la cuisine doucement accueillante et pleine de la vie accumulée de Madame Delalande.
C'est un peu lourd comme phrase je trouve. Et puis j'aime pas trop "pleine de vie accumulé"; Plein de vie tout court non?
Citer
t se fraye un chemin autoritaire
J'ai du mal à voir ce que ça veut dire "un chemin autoritaire"
Citer
La lumière est toujours jaune, presque féroce, et se fraye un chemin autoritaire dans cette pièce qu'elle nimbe d'un respectueux halo doré et dont elle a terni les photos, les dessins et les articles divers accrochés aux murs, mais pas les souvenirs.
un peu lourd toujours. Beaucoup de qualificatif, je trouve
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Madame Delalande est cernée d'enfance.
c'est jolie ça
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Parfois même on se demande si ce n'est pas elle qui éclaire la pièce, et chez qui le Soleil vient trouver du réconfort.
Et ça c'est une très jolie fin

J'ai bien aimé même si je trouve que tu gagnerais à decouper un peu plus tes prase et surtout à mettre moins d'adjectif ou de qualificatif parce que ça alourdit un peu je trouve

mais en tout cas c'est une histoire toute jolie et un chouette moment de lecture

Merci pour ce texte

 


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