Fidèle pervenche,
Toi qui es si fervente des saisons rayonnantes,
Pionnières triomphantes de la verdure estivale,
Tu es tant obéissantes des temps...
À la saison vernale,
Tes verts bras comblent nos regards innocents.
En attendant tes gentillettes couleurs,
L’effréné rythme quotidien cajole lourdement le présent...
Jarres et couleurs s'installent par la suite;
Tu ne nous noies plus de ton riche parfum.
Tes infimes amourettes s'alanguissent;
Elles pavent avec délicatesse nos parterres grossiers...
Jadis, une magie colorée œuvrait tes minimes veines.
Depuis, une froideur caricaturale s'est développée;
Celle qui use tes mirifiques teintes joviales,
Comme le temps érode les joues d'une dame...
Un vivant malheur te hante;
La blancheur du paysage t'ensevelis sous son poids.
Désormais, tu devras vaincre ces temps en sommeillant;
Un tiers d'année sans lumière...
~Justin Lapierre, automne 2014.