Bonjour,
Mon nouveau roman LAURA ZEPAM est terminé et sortira au mois d'Avril
Je vous en propose un extrait.
Bonne lecture
Sous ses longs râles de ventolinomane en manque on devine le souffle de la mort. Crispé de crampes spasmathiques, son corps boursouflés de tics nerveux glisse lentement vers un adieu. Dans un dernier élan de désespoir catatonique, tentant de réunir suffisamment de force pour un dernier mouvement, il plonge sa main dans la poche de sa veste et en sort son bronchodilatateur.
Laura, fascinée comme toujours par le tetau tube, alors elle tire un peu plus fort, balance deux trois coups de Rangers dans la gueule de l'inconnu et parvient à ffrs'emparer du graal. À terre en position fécale, posture en adéquation totale avec sa putain de vie de merde, l'homme ne résiste plus, figé de crépuscule.
Il jette à Laura un ultime regard, vide et inhérent au sentiment de peur panique.
-" Pourquoi ? "
-" Je m'appelle Laura Zepam et me permets d'abréger de quelques années ton ethylo-existence. T'as beaucoup trop bu mon cochon. T'as snifé du caniveau à en finir sur la paille. T'es couperosé jusqu'à moelle, t'as la faucheuse qui coule déjà dans tes veines alors j'abrège. C'est ta dernière représentation mec, la fin de ta pitoyable performance. Pas de chance le rideau de ton théâtre est un linceul opaque, pour que la mort ne flippe pas en voyant ta sale gueule. Bon voyage."
Laura sort le Beretta et lui loge avec précision une balle entre les deux yeux. L'impact est à peine visible au dessus de son nez-champignon. Elle ferme son visage, avale un spray de ventoline et retient sa respiration un moment. En expirant le médicament elle lève les yeux au ciel et murmure les paroles de sa chanson. Celle qui accompagne ses instants de grâce où de ses vertus thérapeutiques, elle tire le meilleur de son ébullition. Quelques mots pour accompagner le voyage du condamné.
"C'était un jour jadis
Mille années ou bien dix
J'étais sur le lamproie
Comme le ver sur la soie
Mais j'avais tant d'effroi
À me savoir si haut
Que soudain le poivrot se réveilla en moi
Je trinquais verre sur verre
Comme un fameux Gazler
En buvant plusieurs coups devenant du même coup
Le premier soulographe
De notre bel espace
Le premier soulographe
De notre bel espace "
Elle balance le corps dans le coffre de la bagnole et retourne à son hôtel. Il doit lui rester un peu d'acide au fond du bidon. Elle aurait bien cramé le gars dans un petit coin discret mais vu les années d'alcoolisme enchaînées, la combustion avait de fortes chances de se transformer en explosion atomique, capable d'anéantir instantanément la superficie d'un petit village.