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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Moineau story

Auteur Sujet: Moineau story  (Lu 2845 fois)

jake07

  • Invité
Moineau story
« le: 28 Juillet 2013 à 21:41:58 »
Paris, plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol.

Un petit moineau volait, toutes plumes dehors, vers une de ces destinations mystérieuses que les bestioles de son espèce  apprécient rallier, sous les regards tantôt amusés, tantôt indifférents des humains croisés en chemin. Personne n'aurait pu prédire quelles étonnantes et dramatiques conséquences l'arrêt cardiaque soudain qui le foudroya en plein vol allait causer, ni leur surréaliste ampleur. Alors qu'elle entamait une chute vertigineuse sur la grande ville, la petite bête était déjà morte et plus rien ne pouvait désormais la ralentir.
Le hasard voulut que l'avenue des Champs-Elysées soit animée ce jour-là, inondée de passants et de la chaleur écrasante d'un été qui n'en finissait pas. Si nous avions été à même hauteur que le cadavre du pauvre moineau, nous aurions pu remarquer que la foule devenait de plus en visible. Certes pas au point de reconnaître quelques traits que ce soit, mais il nous serait apparu tout à fait clairement que des visages commençaient à émerger de ce gigantesque troupeau informe. Nous nous serions également rendus compte que ces visages se rapprochaient à une telle allure que la frontière de la reconnaissance physique, encore considérée comme un vague point dans le futur de notre ligne temporelle quelques secondes plus tôt, avait été franchie avec panache pendant que nous établissions comme certain le fait de sa distance encore lointaine. Mais non, nous ne sommes pas à la même hauteur que l'infortuné volatile, et grand bien nous en fasse, car notre brillante réflexion eût alors été interrompue à ce point précis par la rencontre peu esthétique de son défunt bec et d'une rétine humaine, dans un bruit humide difficilement supportable pour nos oreilles sensibles.

Paris, trottoir.

Ce qu'il restait de la rétine avait dans un passé très récent fait partie d'un œil humain de plutôt bonne facture, solidement relié à son nerf optique et permettant à son propriétaire d'apprécier toutes les subtilités d'une vision en trois dimensions. L'arrivée soudaine de l'individu dans un monde aux profondeurs imprécises ne fut pas pour lui source de grande inquiétude, contrairement à la douleur atroce qui en résultait. L'homme hurlait à la mort, et du sang giclait un peu partout. Nous ne saurions dire quelle proportion exacte de son humeur aqueuse en profitait pour s'échapper, mais nous devons reconnaître qu'il s'agit là d'un détail un peu morbide. Cet homme avait-il voulu repérer d'éventuels nuages, la position du soleil, ou simplement admirer la profondeur grisante d'un ciel estival ? Nous n'en saurons jamais rien. Les passants alentours ont fui pour la plupart, ce qui n'empêche pas notre ami d'être chaleureusement entouré par une dizaine de badauds, qui se trouvaient un peu plus loin au moment de l'impact, et qui se demandent bien ce qui peut sentir à ce point le sang sur une aussi belle avenue en une aussi belle journée. Le problème avec la foule, c'est qu'elle est instable. L'homme se serait simplement rompu le cou en trébuchant qu'elle aurait pu rester à humer le doux fumet du drame fraîchement tombé, mais la nature de l'événement était tout autre. Quand les badauds, ayant déjà puisé profondément dans leurs ressources mentales pour parvenir jusqu'à la victime, échaudés qui plus est par les passants en fuite croisés sur le chemin, se rendirent compte que le hurleur semblait souffrir d'une grave blessure à l'oeil, la sensation insidieuse que les choses n'étaient peut-être pas terminées se répandit en quelques secondes. Nous pourrions les rassurer, leur dire qu'il n'y avait aucun tireur fou dans la zone, que tout cela n'est que le résultat d'une rencontre fortuite et un brin cocasse entre le cadavre d'un oiseau et l'oeil d'un passant, nous pourrions appuyer nos dire en leur montrant du doigt la petite chose inerte sur le trottoir, mais nous ne faisons rien de tout cela. A ce stade, c'est peine perdue, et nous en sommes bien conscients.

Quelques dizaines de mètres plus loin un attroupement mobile progressait, encore ignorant de l'obstacle qui allait bientôt se présenter à lui. Entourée de ses gardes du corps, attachés de presse, porteurs d'eau et de nombreux fans curieux, une starlette américaine remontait l'avenue nonchalamment.
« Modifié: 01 Août 2013 à 20:27:01 par jake07 »

Hors ligne Aquarelle

  • Aède
  • Messages: 233
Re : Moineau story
« Réponse #1 le: 29 Juillet 2013 à 12:00:19 »
Salut !

Citer
Le hasard voulu que l'avenue des Champs-Elysées
voulut

Citer
Nous n'en aurions tout de même pas été au point de pouvoir reconnaître quelques traits que ce soit, mais il nous serait apparu tout à fait clairement que des visages commençaient à émerger de ce gigantesque troupeau informe.
Je trouve cette phrase lourde.

Citer
et grand bien nous en fasse, car notre brillante réflexion eut alors été interrompue
eût

Citer
L'homme se serait simplement rompu le coup en trébuchant
le cou

Citer
que tout cela n'est que le résultat d'une rencontre fortuite et un brin cocasse entre le cadavre d'un oiseau et l'oeil d'un passant
Ah bon, cocasse ? Beurk, pas trop, je trouve... En tout cas pas pour le passant !

J'ai moyennement accroché. J'ai trouvé qu'il y avait quelques lourdeurs et la petite scène ne m'a pas trop convaincue parce qu'elle m'a paru un peu simpliste, exagérée.
Je ne suis pas sûre non plus que l'incident serait à l'origine d'une grosse perte de sang... Mais bon, ce point-là n'est pas très important, et en plus je ne tiens pas des masses à l'approfondir. Moi et le sang...
Après, il me semble qu'il y a des éléments intéressants dans la narration et la construction du récit, dans la façon dont on passe de la chute du moineau à la réaction de la foule. Mais peut-être que celle-ci aurait pu être plus travaillée ?

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 609
  • Pingouin de Patagonie
    • Rêves de comptoir
Re : Moineau story
« Réponse #2 le: 29 Juillet 2013 à 12:12:33 »
Salut

J'ai bien aimé le traitement que tu propose de cette incident. Très méthodique, je trouve ça intérréssant.
Par contre il n'est pas achevé ton texte là, on est d'accord ? Sinon il manque vraiment d'une chute et surtout de l'effet boule de neige dont tu nous informe au début

Merci pour ce texte
Au plaisir

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Moineau story
« Réponse #3 le: 29 Juillet 2013 à 12:33:37 »
salut,
Citer
semblent apprécier rallier
peut être un verbe de trop!
Citer
quelles étonnamment dramatiques conséquences

à alléger!
 
Citer
Le hasard voulu que l'avenue

Le hasard voulut que l'avenue!
 
Citer
soit bondée ce jour-là, inondée

comme un pléonasme!
 
Citer
nous aurions pu remarquer que la foule devenait de plus en visible. Nous n'en aurions tout de même pas été au point de pouvoir reconnaître

éliminer le verbe pouvoir, autant que possible!
Citer
la rencontre peu esthétique

la rencontre malencontreuse! je suggère.
Citer
dans un bruit humide
humide?  sourd! indicible! en tout cas humide me semble faire allusion à un plongeon.
Citer
difficilement supportable pour nos oreilles sensibles.
difficilement supportable pour les oreilles sensibles. Faut pas croire que toutes les gens ont des oreilles sensibles!

 Je m'arrêtes au premier paragraphe concernant les corrections que je pense en toute subjectivité contribuer à améliorer ton texte.
Le texte foisonne d'idées, d'imagination. Il véhicule également une manière de voir originale et pittoresque. En fait tu as tous la atouts pour écrire des merveilles. A mon avis ton écriture gagnerait en finesse si tu te limites dans ton élan et d'éliminer le fard inutile dans une phrase.

Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Caropoukontli

  • Tabellion
  • Messages: 53
  • Soyons désinvoltes... n'ayons l'air de rien.
Re : Moineau story
« Réponse #4 le: 29 Juillet 2013 à 12:53:44 »
Citer
semblent apprécier rallier,

un peu lourd les 3 verbes à la suite

Citer
quelles étonnamment dramatiques conséquences l'arrêt cardiaque soudain qui le foudroya en plein vol allait causer, ni leur surréaliste ampleur.
Trop alambiqué

Citer
la chaleur écrasante d'un été qui n'en finissait pas. Si nous avions été à même hauteur que
répétition dommage

Citer
Nous n'en aurions tout de même pas été au point de pouvoir reconnaître quelques traits que ce soit,

Très alambiqué et lourd

Citer
Nous nous serions également rendus compte que ces visages se rapprochaient à une telle allure que la frontière de la reconnaissance physique, encore considérée comme un vague point dans le futur de notre ligne temporelle quelques secondes plus tôt, avait été franchie avec panache pendant que nous établissions comme certain le fait de sa distance encore lointaine.
Alambiqué, mais réussi !

Citer
Nous ne saurions dire quelle proportion exacte de son humeur aqueuse en profitait pour s'échapper, mais nous devons reconnaître qu'il s'agit là d'un détail un peu morbide.

Ce nous me gène. Qui est le narrateur ?

 
Citer
ce qui peut sentir à ce point le sang sur une aussi belle avenue en une aussi belle journée.
Le sang n’a pas d’odeur juste à sa sortie (sauf si on est un requin)

Citer
L'homme se serait simplement rompu le coup en trébuchant

Le cou


En général, problème de temps (choisir le présent ou le passé mais pas un mélange des deux).
Bon potentiel comique dans les tournures alambiquées, mais il faut quand même que ça reste lisible!
Sinon, je pensais lire une nouvelle et on dirait l’intro d’un texte plus important. Qu’as-tu voulu faire ?

Bonne continuation !

jake07

  • Invité
Re : Moineau story
« Réponse #5 le: 29 Juillet 2013 à 13:14:54 »
Super merci pour vos réponses, corrections et suggestions !

Citer
Nous n'en aurions tout de même pas été au point de pouvoir reconnaître quelques traits que ce soit, mais il nous serait apparu tout à fait clairement que des visages commençaient à émerger de ce gigantesque troupeau informe.

J'ai dû reprendre cette phrase cinq ou six fois, mais visiblement je n'arrive toujours pas à la rendre lisible.
Aquarelle : pour le "cocasse", je sais pas, c'est le narrateur qui semble observer ça avec un certain amusement cynique qui lui fait trouver ça cocasse, de mon point de vue, mais je devrais sûrement nuancer pour que ça ressorte mieux. Pour le sang, j'y ai pensé mais je me suis dit que le bec avait peut-être fendu l'arcade en passant  :noange:

Baptiste : merci ! et non effectivement il n'est pas achevé du tout.

Babataher : merci pour tes remarques, je vais tâcher de reprendre tout ça. Pour le "humide", c'était pour le côté un peu dégueu d'un oeil qui se fait pocher par un bec, mais je vais essayer de trouver quelque chose de moins vague. Et pour la lourdeur de mes phrases, c'est vrai que c'est un défaut qui me poursuit, et avant de poster le texte j'ai taillé à mort dedans parce qu'en le relisant à voix haute je me suis rendu compte d'un tas de lourdeurs, mais pas de toutes. Je m'amuse à triturer une phrase et à la fin je vois qu'elle est obèse et disgracieuse, faut que je trouve le juste milieu. Je vais essayer d'alléger.

Caropoukontli : merci aussi pour tes remarques. Pour te répondre sur le narrateur, je ne sais pas vraiment, j'imaginais un narrateur "dieu", qui participe pas à l'action quoi, et le ou les lecteurs, qui sont pris à partie par ce narrateur cynique. Pour le sang, c'est vrai, mais j'imaginais justement ces badauds comme étrangement sensibles à l'odeur du sang, pas physiquement mais dans le sens "on a repéré un truc bizarre, des cris là-bas, let's go !".
Pour le temps, ça aussi c'est un truc que je galère à gérer, depuis toujours. Je vais reprendre le texte pour l'uniformiser.

Merci d'avoir pris le temps de relever tous ces éléments :)

edit : ah oui et c'est bien une nouvelle, mais qui sera un peu plus longue, dans ma tête l'idée c'était "faire s'enchainer une série d'incidents de plus en plus importants à partir de la chute d'un moineau", si j'arrive à aller jusqu'à l'extinction de l'humanité, je le ferai (c'est mon but mais je sais pas si j'arriverai à faire s'enchaîner les choses un minimum logiquement jusque là) mais je sentais que j'étais pas clair dès le début alors je l'ai posté pour reprendre sur de bonnes bases.
« Modifié: 29 Juillet 2013 à 13:16:57 par jake07 »

Hors ligne Caropoukontli

  • Tabellion
  • Messages: 53
  • Soyons désinvoltes... n'ayons l'air de rien.
Re : Moineau story
« Réponse #6 le: 30 Juillet 2013 à 19:21:38 »
Citer
si j'arrive à aller jusqu'à l'extinction de l'humanité, je le ferai

J'adore cette idée ! Bon courage pour la mettre en œuvre...  :coeur:

jake07

  • Invité
Re : Moineau story
« Réponse #7 le: 31 Juillet 2013 à 20:39:56 »
Haha merci, j'espère que je vais m'en sortir ^^

Hors ligne alebed

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : Moineau story
« Réponse #8 le: 01 Août 2013 à 15:45:54 »
salut continu c'est prometteur,  j'aime surtout le début, petite chose grande conséquence... Sinon j'ai simplement noté quelques petits problèmes de temps. Sinon  le "Paris trottoir" me semble moyen, J'aurais plutôt mis Paris suivi du quartier et inserré que sa se passé sur le trottoir dans le corps du texte enfin c'est juste mon avis. Je commence juste dans l'écriture et je ne suis pas certain que mon texte soi mieux mais voila j’espère ne pas être inutile :) N’hésite pas a venir donner ton avis. A bientôt

jake07

  • Invité
Re : Moineau story
« Réponse #9 le: 01 Août 2013 à 20:36:28 »
Hop la suite. J'ai corrigé les fautes soulignées et ait essayé de réduire les incohérences de temps, mais je vais en chier à mort pour les éliminer. En fait j'ai un doute parce que je trouve pertinent que le "nous" narrateur parle parfois au présent, comme s'il faisait des arrêts sur image. Aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été un truc que je galérais à maitriser la concordance des temps. Je fonctionne à l'oreille et elle est sourde à ça, je dois batailler.



A quelques dizaines de mètres plus loin un attroupement mobile progressait, encore ignorant de l'obstacle qui allait bientôt se présenter à lui. Entourée de ses gardes du corps, attachés de presse, porteurs d'eau et de nombreux fans curieux, une starlette américaine remontait l'avenue nonchalamment, adressant épisodiquement un petit signe de main tout mou en direction de n'importe où. Etant le centre auto-proclamé de l'attention et pas incapable de raisonnements logiques, elle comprenait fort bien que ses gestes feraient nécessairement la petite joie de quelqu'un. Un peu plus en avant, un de ses gardes du corps aperçu ce qu'il identifia comme un problème potentiel : une source d'agitation d'origine inconnue. Il cracha son chewing-gum et glissa sa main droite dans sa veste tout en accélérant le pas. Après avoir fort brillamment exécuté une petite improvisation à base d'épaule et de regards noirs, il déboula sur le lieu même de l'incident. Un homme gesticulait mollement en pressant ses mains contre son oeil droit. Son visage était ensanglanté. Nous attirons votre attention sur un moment singulier, souvent raconté mais rarement observé en direct : la signature inconsciente d'un arrêt de mort. Voyez comme la main de ce garde du corps anonyme se saisit virilement de son arme, alors qu'il se contentait jusqu'alors de la masser machinalement en se demandant s'il lui serait possible un jour de vivre un peu d'action. Voyez ses phalanges qui blanchissent alors qu'il se prépare à la dégainer comme au bon vieux temps ! Nous aimerions sincèrement vous dire que ses pensées, à cet instant précis, étaient dirigées vers quelque cheminement profond, ou qu'une remarque cavalière, rutilante comme aux plus belles heures du Western Spaghetti, germait en lui dans une gerbe neuronale ahurissante de complexité, mais nous nous voyons dans le regret de vous décevoir, tout autant que nous avons été nous-mêmes déçus en sondant le malheureux : la seule idée perceptible qui nous fut renvoyée fut un mot. Et ce mot était cassoulet. Nous avons pensé un instant à inspecter brièvement l'état de son tube digestif pour tenter de trouver un sens à cette image, la rendre moins vaine et moins absurde, lui conférer peut-être une aura mystique qui lui permettrait de survivre à la mort prochaine de son créateur, mais notre dégoût l'emporta. En revanche, nous sommes tout à fait capables, pendant que le temps est ralenti et que notre futur cadavre signe, micro-seconde après micro-seconde son arrêt de mort, le prochain point d'intérêt. Actuellement, il se gratte la joue et semble se diriger vers nous. Non, non, ce n'est pas le chien baveux, regardez un petit peu plus loin. Oui, là-bas. Le policier ! Oui, parfaitement, et c'est somme toute logique, ne trouvez-vous pas ? Vous noterez une certaine symétrie conceptuelle entre la main de ce brave représentant de l'ordre et celle de notre ami mâcheur de chewing-gums.
Attention, c'est reparti.

Quand le policier Bernard aperçu la cohue, il sentit qu'il lui fallait y aller au plus vite. L'instinct. Il avait ça en lui, et un jour ses supérieurs s'en rendraient compte. Depuis le début de l'après-midi, il sentait que quelque chose allait se passer. La chaleur étouffante de ce putain d'été, la présence de l'autre connasse blonde et de tous ces connards de touristes -ce sont ses termes, ne nous accusez pas de nous vautrer dans la fange- ne présageait rien de bon. Il pressa donc le pas et posa la paume de sa main sur la crosse de son revolver. Après avoir fort brillamment exécuté une petite improvisation à base de coups d'épaules et de « Police, 'scusez-moi », il déboula sur le lieux même de l'incident. Un homme était blessé, à l'oeil vraisemblablement. Il gigotait mollement au milieu de connards de badauds. A droite ! L'instinct. Un homme en costume noir. Sa main dans sa veste. L'instinct. Il est en train de dégainer. Le policier Bernard signa alors sous nos regards attendris le deuxième arrêt de mort inconscient de la journée.

Où est le dingue.. Il y a toujours un dingue. Voilà ce que se demandait le cadavre en costume noir au moment où ses yeux se posaient sur le cadavre en uniforme bleu. Il rit intérieurement et se dit qu'il n'avait jamais vu un aussi mauvais déguisement de flic. Ce n'était même pas l'uniforme en soit qui le faisait rire, mais ce qu'il désignait comme « la sale gueule de con du type ». Il doutait qu'un policier puisse être doté d'un visage aussi peu représentatif des millions d'années d'évolution ayant permis de faire le distinguo visuel entre un macaque laid et un être humain banal. Il ne doutait en revanche pas un seul instant qu'un fan taré puisse maintenir pareille confusion physique. Nous nous sommes ici octroyés la liberté de reformuler quelque peu ses pensées afin de les rendre plus agréables à la consultation, mais croyez bien qu'il ne s'agit que de forme. Notre homme acheva de dégainer son arme, et nous ne pouvons nous empêcher d'attirer votre attention sur le fait qu'il en était de même pour le policier.
Les deux hommes firent feu, désintégrant par là-même les dernières illusions de sécurité de la foule environnante. Ils se regardaient l'un l'autre dans les yeux, semblant tous deux parfaitement ignorants des tenants et des aboutissants les ayant menés à cette issue dramatique. En vérité, ils ne savaient pas réellement pourquoi ils ouvraient le feu ainsi même s'il leur semblaient que la présence de l'homme gesticulant, qui avait d'ailleurs finit de gesticuler pour s'écrouler sur le trottoir bouillant, justifiait leur acte. Tous deux pensaient vaguement participer au rétablissement d'une situation normale tout ayant le sentiment que les choses avaient dégénéré quelque part, et cette incompréhension presque bovine du destin qui les saisissait nous arrache un sourire. Le front du policier explosa quand le garde du corps fut touché au cœur. Les deux entamèrent une chute singulière et si parfaitement coordonnée qu'on pourrait la croire chorégraphiée, mise en valeur par les danseurs anonymes que pourraient représenter les passants hystériques courant tout autour. Nous notons qu'une bonne partie de la cervelle du policier Bernard embrassait déjà le sol quand il en était encore à plier les genoux. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il pensait au cassoulet que lui préparait sa grand-mère. Le trottoir finit par accueillir nos deux amis.
Vu d'un peu plus haut, il apparaît comme une évidence que la position de leurs corps tend vers la symétrie. Celui du troisième, l'ex-gesticulant, vient cependant ternir cette macabre figure géométrique.
Quand au cadavre du petit moineau, cela fait bien longtemps qu'il a été piétiné et réduit en bouillie par la foule.

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
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    • Dans les nuages
Re : Moineau story
« Réponse #10 le: 02 Août 2013 à 18:52:30 »
Maaah, c'est déjà fini ? Au vu du début, je pensais que ça allait dégénérer grave, genre tout le monde se tape dessus...

Eh ben moi j'ai bien aimé !! La façon de traiter le sujet est sympa comme tout, l'humour pas trop lourd, c'était cool ^^

A part quelques maladresses que je n'ai pas le temps de relever, mais qui sont dûes à la longueur des phrases.

Merci pour ce partage !
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


MillaNox

  • Invité
Re : Moineau story
« Réponse #11 le: 14 Novembre 2014 à 12:48:44 »
Je continue le déterrage de tes œuvre ;)

Citer
Un petit moineau volait, toutes plumes dehors, vers une de ces destinations mystérieuses que les bestioles de son espèce  apprécient rallier, sous les regards tantôt amusés, tantôt indifférents des humains croisés en chemin. Personne n'aurait pu prédire quelles étonnantes et dramatiques conséquences l'arrêt cardiaque soudain qui le foudroya en plein vol allait causer, ni leur surréaliste ampleur.
j'aime bien ce début, ça pose direct l'ambiance. on se demande ce qui va nous tomber sur la tête

Citer
Certes pas au point de reconnaître quelques traits que ce soit, mais il nous serait apparu tout à fait clairement que des visages commençaient à émerger de ce gigantesque troupeau informe. Nous nous serions également rendus compte que ces visages se rapprochaient à une telle allure que la frontière de la reconnaissance physique,
répétition lourde

Citer
Les passants alentours ont fui pour la plupart, ce qui n'empêche pas notre ami d'être chaleureusement entouré par une dizaine de badauds, qui se trouvaient un peu plus loin au moment de l'impact, et qui se demandent bien ce qui peut sentir à ce point le sang sur une aussi belle avenue en une aussi belle journée.
phrase longue, lourde. ça la gâche vraiment car elle contient des choses importante, peut-être la diluer dans plusieurs phrases ?
+ alentours/entouré sonnent redondants ensemble

Citer
nous pourrions appuyer nos dire en leur montrant du doigt la petite chose inerte sur le trottoir,
dires

Citer
un de ses gardes du corps aperçu ce qu'il identifia comme un problème potentiel
aperçut

Citer
Attention, c'est reparti.
sympa les "arrêts sur image", le rendu est pas mal ! On a l'impression que tu t'amuses avec ce "nous" narrateur omniscient, j'aime bien l'effet :)

Citer
Quand le policier Bernard aperçu la cohue
aperçut

Citer
il sentit qu'il lui fallait y aller au plus vite. L'instinct. Il avait ça en lui, et un jour ses supérieurs s'en rendraient compte. Depuis le début de l'après-midi, il sentait que quelque chose allait se passer.
répétition

Citer
Notre homme acheva de dégainer son arme, et nous ne pouvons nous empêcher d'attirer votre attention sur le fait qu'il en était de même pour le policier.
bof, la formulation est un peu lourde

Citer
En vérité, ils ne savaient pas réellement pourquoi ils ouvraient le feu ainsi même s'il leur semblaient que la présence de l'homme gesticulant, qui avait d'ailleurs finit de gesticuler pour s'écrouler sur le trottoir bouillant, justifiait leur acte.
formulation lourde et embrouillée

Citer
Tous deux pensaient vaguement participer au rétablissement d'une situation normale tout ayant le sentiment que les choses avaient dégénéré quelque part
tout en ayant

hop là !
bon alors, je trouve le style assez lourd, parfois maladroit, très différent de "tous les hier" ou du texte sur le jeu vidéo que j'ai lu avant. à 'inverse du texte sur le jeu vidéo, je suis + séduite par l'idée scénaristique par contre ! Comme ce texte est un peu ancien, j'ai tendance à penser que tu as progresser et évoluer dans ton style d'écriture :) Ajoutons à cela que l'idée a dû sacrément décanter dans ta cervelle (pas de moineau :D), je pense qui si un jour tu réécris ce texte ce sera une sacré bombe !

bref, un potentiel de ouf ;)

au plaisir

Milla

moonland

  • Invité
Re : Moineau story
« Réponse #12 le: 14 Novembre 2014 à 17:35:05 »
Je n'ai lu que la première partie pour l'instant et j'aime beaucoup ta façon d'écrire. Le sujet que tu as choisi, si tu arrives à aller au bout de ton idée est vraiment bonne et donne envie d'en lire la suite. Même si je te souhaite beaucoup de courage!
J'ai juste trouver certaines phrases un peu longues (ce qui est plutôt ironique étant donné que les miennes le sont encore plus)
Bon courage

 


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