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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Pourquoi écrire ? [vilain crachat]

Auteur Sujet: Pourquoi écrire ? [vilain crachat]  (Lu 2579 fois)

Hors ligne Cauzart

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Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« le: 05 Novembre 2014 à 18:32:21 »
Bon, c'est un crachat craché, une ébauche de sincérité.
Je préfère prévenir immédiatement, je ne demande aucune critique, j'ai d'avantage envie de discussion sur le fond, plutôt que sur la forme. Je veux avoir votre avis : qu'en pensez-vous ? Mais pas sur la syntaxe ou le choix de vocabulaire, d'avantage sur le questionnement, la réflexion. Je ne sais pas... Oh et puis zut, dites ce que vous voulez !






À force de vouloir être libre, on se retrouve sans sol sous les pieds. On flotte, en dehors de sa vie, des êtres et des autres. À force de vouloir être livre on se retrouve sans savoir où est chez sois, où est son âme, sa patrie, ses amis.
Mon esprit est un désert, j'ai des nœuds dans la gorge et l’imbécillité dans les mots de mon inconscient.
Ne te mens pas.
Arrête de te mentir.
Tu as les mains pleines de paresses.
Tu cherches à être sincère, c'est bien beau, mais ce n'est pas tout. Ça ne suffit pas. Il reste le travail, l'effort nécessaire pour parvenir à la compréhension. Il manque le sujet, sans je, extérieur.
 J'aurais voulu être un génie. Un Rimbaud compris, un Baudelaire célèbre. Mais j'ai la joie dans le cœur et une vie en confetti. La fête tombe en lampion sur ma tête, une bonne étoile en guise de cœur pour guider mon âme à travers mes peurs. J'ai de la chance. Du plaisir à être, bien que la cervelle maudite et retournée d'inutiles réflexions qui aident à me faire croire que j'ai du génie.
 J'écris pour m'excuser.
M'excuser d'être là, sans sens, sans nécessité.
Je flotte trop haut, mes pieds éraflent le sol et les branches mon visage. Ça me fait des cicatrices sur la gorge et sur le thorax, le matin quand je me lève, ces étranges rougeurs sur mes poumons, cette noirceur brûlée dans l'air que je respire. Je ne sais pas d'où ça vient.
Je me sens étranger, un autre type de type, il n'y a que mon miroir pour croiser mon reflet. Alors je fais glisser la plume, c'est une façon de communiquer. Une façon comme une autre pour rencontrer autrui, cet inconnu qui n'existe que dans les méandres de mon inconscient, cet inconnu qui n'existe pas vraiment, le lecteur. Écrire pour tisser une grande toile d'araignée entre les êtres, pour faire du monde ce que j'ai dans la tête, faire de ma tête ce que j'imagine du monde. Faire de mon être un écran de fumée entre toi et moi. Pour croire, je ne sais pas, qu'ailleurs existe.
Je gratte pour me pardonner à moi-même d'être incapable de communiquer. Je frappe sur mon clavier des esquisses, des images, des trucs en vrac jailli de mes pensées néfastes. Pourquoi ? Pour qui ? Pour sauver mon éternité. C'est ce que je dis, c'est ce que je crois.
Je ne pense pas écrire pour ma célébrité. Cela ne m'empêche pas de la rêver. Je voudrais surtout ne pas avoir de compte à rendre, à personne. Pouvoir écrire, pouvoir ne pas écrire. Être enfin libre, livre, sans les mains menottés à la page d'un cahier. Arrêter de vomir ma diarrhée entre deux phrases crachées, juste pour me souhaiter une bonne journée, pour me sentir comme travailleur ayant accompli quelque chose quand je n'ai fait que me masturbé avec mon talent incomplet. J'aimerais me débarrasser de certaines fausses nécessités, me débarrasser de ton regard sur mon épaule. Merde, mon sexe m'appartient. Tu n'as pas le droit de décider des mots et de la façon dont je dois m'y prendre. Saleté de besoin, besoin de se faire croire, utile, quand le monde continuera de tourner sans sois. Mais l'égoïsme ne me pardonnera pas, je ne le supporterais pas. J'aimerais oui, lire libre dans mes paumes ridées, libre d'être sans dépendre de la grande machine, monstrueuse, bourdonnante, hideuse et terriblement chiante. Avoir un toit surtout, de quoi manger. Pour le moment ça va, mais mes économies me glissent entre les mains, comme le poisson de ce midi, de bière en bière. Il faut bien vivre. Vivre sans avoir à regarder son compte en banque avant de sortir boire un coup. J'écris pour fuir la réalité qui me dégoûte, j'écris pour ne pas avoir à travailler. J'aimerai ne pas avoir à travailler. Ne pas avoir à prouver quelque chose. C'est pourtant ce que je fais, au fil de la phrase, dans cet essai de partage insensé, je tente de prouver ma valeur. Une envie de hurler au monde : « j'existe, je suis bon, je suis beau, je suis fort, j'ai plein de choses à dire, écoutez-moi, aimez-moi ! ».
Tout se mélange.
Écrire pour donner une valeur quelconque à cette vie absurde qui coule dans mes veine, pour trouver une excuse d'être, petit enfant bourgeois gâté par la vie. 
Écrire pour tromper l'ennuie, tromper la mort.
On ne se trompe jamais que sois-même.
Pourquoi écrire ?
Non, écrire, je peux le comprendre, cette drogue, ce besoin. Ça doit être dans ma tête d'encrier perdu au fond de la mer, c'est comme ça, j'y peux rien, faut accepter et basta.
Le problème c'est l'argent, toujours l'argent qui vient se mêler dans le tissu d'une reconnaissance passagère. Gagner sa croûte, le respect social. Ça pousse à écrire des choses qu'on ne veut pas, adapter sa plume à la littérature. Je me fiche de la littérature. Mais je ne veux pas travailler, faire autre chose serait mentir, serait se plonger d'autant plus dans l'inutilité de l'existence. J'ai besoin d'éternité, cruellement, ça me bouffe au dedans. Jouir, écrire, oui. Le reste est une perte de temps.
Tant pis, j'irais crever avec ma tête encrier au fond des eaux du caniveau, un sourire d'illuminé sur le visage. Je suis fou, très certainement.
Voilà ma soupe, sincère. Être sincère ne suffit pas. C'est seulement un premier pas. Il faut construire, mais construire quoi, pour qui ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Je reviendrai sur tout cela.

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World End Girlfriend

  • Invité
Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #1 le: 05 Novembre 2014 à 19:36:20 »
Faut pas culpabiliser tu sais, c'est pas un crime de vouloir exister (c'est le sujet de mon dernier texte ici, petit coup de pub  :mrgreen: ).
T'as le droit de penser que t'es un génie, même si tu n'y crois pas vraiment au fond, quelle importance ? Tu es ton seul juge, les autres ne viendront jamais fourrer leur nez dans tes pensées intimes, alors vas-y, mets-toi un gros doigt d'honneur et dis au toi qui a les pieds sur terre d'aller cordialement se faire voir. Si tu n'y crois pas personne ne le fera pour toi.

A la question pour qui, pour quoi, je dirais simplement pour la célébrité, mais pas dans le sens péjoratif où tu l'entends. Soyons sincères hein, tu écris pour toi, pas pour transmettre un message pour l'humanité, pas pour rafler un max de fric, juste pour la reconnaissance, ce moment de jouissance ultime où les lecteurs ont la mâchoire déboitée, où ils sont tellement marqué par ce que tu as créé, toi, toi et personne d'autre, une oeuvre énorme, magnifique, parfaite, de toi. Tu ne veux pas qu'on te vénère, simplement qu'on voit cette beauté qui se terre au plus profond de ton âme, et que tu n'arrive pas à dévoiler au grand jour, même en écrivant. Là encore ce n'est pas un crime.

Pour l'argent j'ai envie de te mettre deux trois claques là  ^^
Je peux comprendre qu'écrire soit la seule chose qui te motive, mais dire que le reste c'est une perte de temps ça relève d'une mentalité d'ado glandeur. T'as presque aucune chance de vivre qu'en écrivant, alors fais de bonnes études, trouve-toi un bon job, et écris quand t'as le temps. Personne veux bosser, mais parfois faut porter ses cojones et serrer les dents, sinon on se retrouve dans la rue, sinon on a des boulots de merde et une vie de merde. L'écriture c'est ce qu'il y a de plus important pour toi, ok, mais il faut prioriser les choses que l'on doit faire (remplir son ventre) sur ce que l'on veut faire (écrire).

Hors ligne Vir

  • Aède
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Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #2 le: 05 Novembre 2014 à 20:43:42 »
Oublier qu'on est la règle, pas l’exception, pas vrai ?  :) Et c'est pas si compliqué de l'oublier ^^.  Même si quand on sera mort, on sera mort !

Pour l'argent j'ai envie de te mettre deux trois claques là  ^^
Je peux comprendre qu'écrire soit la seule chose qui te motive, mais dire que le reste c'est une perte de temps ça relève d'une mentalité d'ado glandeur. T'as presque aucune chance de vivre qu'en écrivant, alors fais de bonnes études, trouve-toi un bon job, et écris quand t'as le temps. Personne veux bosser, mais parfois faut porter ses cojones et serrer les dents, sinon on se retrouve dans la rue, sinon on a des boulots de merde et une vie de merde. L'écriture c'est ce qu'il y a de plus important pour toi, ok, mais il faut prioriser les choses que l'on doit faire (remplir son ventre) sur ce que l'on veut faire (écrire).

Je suis très sérieusement en désaccord avec toi    ;D. Tout le monde a ses priorités, si tu as choisie de faire de bonnes études, grand bien t'en fasse ( ça peut même servir à améliorer ton écriture, tu me diras), mais d'autres ont une autre façon de voir les choses. Je ne sais plus si je pense que tout ce qui est en-dehors n'a aucun sens, c'est une question très difficile car l'écriture est lié avec l'extérieur, mais ça m'arrive de le penser, souvent même. Et je pense qu'il faut bien plus de "cojones" pour suivre sa passion à fond que pour se trouver des excuses pour ne pas l'exercer.
« Modifié: 05 Novembre 2014 à 20:52:51 par Vir »

Hors ligne Sémiramis

  • Aède
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Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #3 le: 05 Novembre 2014 à 22:58:49 »
Malheureusement, je ne peux pas faire des commentaires aussi constructifs que les tiens.

Je me contenterai de souligner la justesse du texte, et la fluidité de l'écriture. La disposition des phrase, parfois proche de l'alternance vers/prose, m'a convaincue, de même que les jeux de mots. J'insiste sur ces deux points, parce que ce sont deux procédés d'écriture que je trouve très souvent gratuits (et agaçants). Ici, ils m'ont semblé significatifs. Bravo.

La fin ouvre des possibilités, ce que j'aime beaucoup en littérature de manière générale. C'est une chute qui n'en est pas une ("In my end is my beginning", pour citer un beau poème de T.S. Eliot).

Reviens-y, reviens-y (à l'écriture).  ;)

Hors ligne Rémi

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Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #4 le: 05 Novembre 2014 à 23:29:16 »
Salut Cauzart,
je te conseille le texte de WEG et Vivi. Je te conseille aussi L'immortalité de Kundéra.
Je sais pas si WEG et Viviane seront immortels avec leurs textes, je leur souhaite de ne pas trop le vouloir...

Kundéra parle de différentes immortalités :
* les proches qui se souviennent de nous (petite immortalité)
* les créateurs dont l'oeuvre est "éternelle" (Immortalité)
Il le fait avec légèreté (c'est son credo) dans un roman magnifique et moi qui ne connais pas personnellement cet auteur évidemment, je connais son oeuvre. Elle m'apporte beaucoup. Il est très âgé mon auteur préféré, mais je ne pleurerai pas quand il mourra. J'aime son oeuvre, je ne connais rien du personnage. J'ai appris qu'il était vivant quelques années après avoir commencé à le lire. Lui-même ne souhaite pas que l'écrivain soit mis en avant, et même ses personnages sont peu décrits physiquement. Il met en avant les thèmes qu'il veut éclairer, à travers ses personnages et se préoccupe peu de détails qui ne donnent pas sens.

Dans Les testaments trahis il expose ses idées sur la récupération des oeuvres par les "marchands" de livres. Il parle de Kafka, de son testament qui stipulait clairement ce qu'il voulait voir éditer après sa mort (les trois quart de ce qui est publié de Kafka sont des trahisons à ses dernières volontés, on a tout publié).

Kundéra est aussi pointilleux sur les traductions et donne un exemple de texte en Allemand de Kafka où il répète cinq fois le même mot dans un paragraphe et pour lequel le traducteur à trouvé cinq formulations différentes ! Kundéra ne veut pas que l'oeuvre soit altérée de quelque façon que ce soit. Il dit d'ailleurs qu'il faut être fou pour écrire du théâtre (les interprétations étant parfois très libres !). Mais je m'égare...

Revenons à la question. Pourquoi écrit-on ou peut-on écrire ?
* Pour le plaisir, l'aspect plaisant intellectuellement, et le plaisir des raisons qui suivent
* Pour se débarrasser de certaines choses (auto thérapie !)
* Pour échanger avec l'autre (donc avoir un retour) et transmettre quelque chose, savoir comment ce qui est transmis est reçu.
* Pour échanger avec un public, donc pour transmettre quelque chose au public sans le connaître ce public. Voire vanité ci-après.
* Pour gagner sa vie (artisanat voire showbiz, voir quelques mots sur l'artiste ci-dessous)
* Pour peut-être d'autres raisons que j'oublie

D'où la question : qu'est-ce que l'auteur peut vouloir transmettre ?
* Des sentiments : rire, joie, apaisement, frissons, peur, angoisse, surprise, émotions amoureuses, sexuelles...
* Des pistes de réflexion : sur la société, sur l'homme, sur des thèmes existentiels
* Des idées (texte engagé voire politique)
* et certainement d'autres choses que j'oublie

Cela dit, notre échange ne porte pas sur la forme de ton texte (parce que tu l'as demandé) ce qui est moyen pour cette section "textes courts" je pense.

Donc un mot sur ton texte tout de même : tu nous dis que la forme ne compte pas, que tu veux échanger sur un sujet, mais tu poses la question à travers un texte littéraire : tu utilises un style, le rythme, le choix des mots pour que la forme ne soit pas un "compte-rendu" ou une série de questions claires.  C'est assez intéressant : à travers ce choix formel tu reposes la question du sens de la création littéraire ! Et tu nous dis même : "voilà ma soupe, sincère". Pourquoi écrit-on ?

Donc, ton texte n'est pas un "vilain" crachat, c'est un crachat utile. Celui qui crée pour transmettre quelque chose est un artiste (selon moi, peu importe sa valeur, le terme artiste s'applique). Avouer que l'on souahite être artiste, transmettre, c'est forcément poser la question de la vanité. Vanité devant la mort bien sûr (où est le smiley "tête de mort" ?) et vanité au sens "orgueil" également. Alors oui, il faut un minimum d'orgueil pour poster un texte sur un forum, mais il peut ne pas être malsain. C'est plus un besoin de reconnaissance que de l'orgueil. Re-connaissance : être connu des autres, exister auprès des autres, échanger, transmettre... Mais tu le sais, "l'enfer c'est les autres" (il faut toujours relire Huis clos à la Toussaint...). Nous existons parce que le regard des autres existe. Pas de concience réfléchie sans altérité. Pas de problématique de liberté sans altérité.

Donc, le crachat n'est pas vilain, il est utile car il faut le faire un jour. Et oui, on va tous mourir ! Et si certains ont une oeuvre qui leur survit, ce sera combien de temps ? Même Mozart sera oublié un jour, peut-être dans 10 000 ans ou plus, mais ça change quoi ? Et puis, quand t'es mort, soit tu crois à un "après" alors faut pas s'en faire, soit t'y crois pas et faut pas s'en faire, si après y'a rien, y'a plus d'angoisse à avoir avant, on n'a qu'une vie !

Bon, le sujet m'interesse, désolé pour le pavé.

Rémi
« Modifié: 05 Novembre 2014 à 23:53:38 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Cauzart

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    • Julien Usseglio - Poèmes, nouvelles et théâtre
Re : Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #5 le: 06 Novembre 2014 à 10:05:22 »
Faut pas culpabiliser tu sais, c'est pas un crime de vouloir exister  Si tu n'y crois pas personne ne le fera pour toi.

C'est bien vrai, je n'ai jamais dit le contraire ^^


Pour l'argent j'ai envie de te mettre deux trois claques là  ^^
Je peux comprendre qu'écrire soit la seule chose qui te motive, mais dire que le reste c'est une perte de temps ça relève d'une mentalité d'ado glandeur. T'as presque aucune chance de vivre qu'en écrivant, alors fais de bonnes études, trouve-toi un bon job, et écris quand t'as le temps. Personne veux bosser, mais parfois faut porter ses cojones et serrer les dents, sinon on se retrouve dans la rue, sinon on a des boulots de merde et une vie de merde. L'écriture c'est ce qu'il y a de plus important pour toi, ok, mais il faut prioriser les choses que l'on doit faire (remplir son ventre) sur ce que l'on veut faire (écrire).

Je suis très sérieusement en désaccord avec toi    ;D. Tout le monde a ses priorités, si tu as choisie de faire de bonnes études, grand bien t'en fasse ( ça peut même servir à améliorer ton écriture, tu me diras), mais d'autres ont une autre façon de voir les choses. Je ne sais plus si je pense que tout ce qui est en-dehors n'a aucun sens, c'est une question très difficile car l'écriture est lié avec l'extérieur, mais ça m'arrive de le penser, souvent même. Et je pense qu'il faut bien plus de "cojones" pour suivre sa passion à fond que pour se trouver des excuses pour ne pas l'exercer.

L'argent est véritablement la question qui me turlupine le plus en ce moment. Depuis... 4 ans maintenant j'ai plus ou moins stoppé les études (disons 3 ans), je vis d'amour, d'art et d'eau fraîche, c'est un choix. J'ai décidé d'en faire ainsi pour pouvoir vivre pleinement ma passion et je me disais que puisque mon rêve est de vivre de mon écriture, alors autant y aller pleinement, pouvoir y consacrer mes après-midi entières, et sur ce sujet, je ne suis pas paresseux. Je lis beaucoup, j'écris autant que possible, je perd du temps avec des boulots de merde pour gagner ma croûte. Le problème, c'est que ça me donne une urgence par rapport à mon écriture, et souvent, ça me bloque. Ca pousse d'avantage à écrire des textes trop dans le but d'être publié pour pouvoir gagner sa vie. La sincérité produit de beaux textes, et les textes dont je suis le plus fier sont des pavés impubliables, des essais poético-divino-philosophique, etc...
Là où WEG a raison, c'est que sans étude, sans travail, on s'expose à beaucoup de prise de tête quant à sortir boire un verre, quoi manger ce soir. Les boulots qu'on trouve deviennent réellement perte de temps. Tandis qu'avec de bonnes études et un bon travail, on trouve toujours le temps d'écrire, et on se préoccupe moins du problème de l'argent qui peut parfois nuire à la faculté d'écrire pour son plaisir, sans diarrhée (vous savez, quand sa coince pendant des jours et qui vous finissez par jeter un gros cacas ?). Je suis ainsi d'accord avec vous deux. C'est surtout une question de choix de vie mais vient un moment où l'argent est véritablement nécessaire. Le mieux, serait de trouver un mécène :)) un(e) volontaire ? 
Car en même temps, un emploi fixe au 35h, pour moi, c'est l'enfer. Je n'ai même aucune idée de ce que je pourrais faire d'autre. Le temps viendra me donner des réponses, je me laisse encore un an, j'y réfléchis.

Séramis : Merci de ton commentaire, ne t'en fais pas, j'y suis, dans l'écriture. J'y reviendrais, à ces réflexions...  :)

Salut Cauzart,
je te conseille le texte de WEG et Vivi. Je te conseille aussi L'immortalité de Kundéra.

Dans Les testaments trahis il expose ses idées sur la récupération des oeuvres par les "marchands" de livres. Il parle de Kafka, de son testament qui stipulait clairement ce qu'il voulait voir éditer après sa mort (les trois quart de ce qui est publié de Kafka sont des trahisons à ses dernières volontés, on a tout publié).

J'adore Kundera ^^ Je n'ai par contre pas lut les testaments trahis, j'y penserai à l'occasion.
Sur l'écriture en elle-même, j'aime beaucoup La vie est ailleurs.

Merci pour ton commentaire. Sur la question de "pourquoi écrire ?", c'est certain, les réponses sont multiples : pour l'ennuie, l'immortalité...
En ce moment, je réfléchis d'avantage sur La réponse. Pourquoi les Hommes écrivent ? Et moi, tout personnellement. Ce sont deux réponses différentes qui sont liés (nous sommes liés aux autres).
Comme je le disais dans mon texte, pour moi, c'est d'avantage une recherche "d'éternité" et non pas d'immortalité. C'est à dire que rien est immortel, tout est éphémère y comprit la planète Terre. Même Homère un jour, finira dans l'oublie. Mais je crois en l'âme. Ecrire est un pont vers le monde des rêves, vers les essences éternelles. C'est mystique.

Donc un mot sur ton texte tout de même : tu nous dis que la forme ne compte pas, que tu veux échanger sur un sujet, mais tu poses la question à travers un texte littéraire : tu utilises un style, le rythme, le choix des mots pour que la forme ne soit pas un "compte-rendu" ou une série de questions claires.  C'est assez intéressant : à travers ce choix formel tu reposes la question du sens de la création littéraire !

Oui, difficile d'être pleinement sincère sans aucune forme ! Le mot, la phrase, c'est déjà une forme. J'ai cherché à rendre cette esthétique de la langue, la plus proche possible des tourments de mon âme (pour utiliser des gros mots ^^).
Mais honnêtement, je n'y avais pas pensé en l'écrivant, je l'ai d'avantage "craché" (presque écriture automatique). C'est l'inconscient qui s'exprime. Il s'exprime souvent mieux que le conscient. Les plus belles phrases qu'on fait, on les fait par erreur, c'est terrible.

Et oui, on va tous mourir ! Et si certains ont une oeuvre qui leur survit, ce sera combien de temps ? Même Mozart sera oublié un jour, peut-être dans 10 000 ans ou plus, mais ça change quoi ? Et puis, quand t'es mort, soit tu crois à un "après" alors faut pas s'en faire, soit t'y crois pas et faut pas s'en faire, si après y'a rien, y'a plus d'angoisse à avoir avant, on n'a qu'une vie !

Oui, le problème n'est pas tant la mort, d'avantage la vie, unique, imparfaite. (Je ne sais plus dans quel livre Kundera parle de ça, je crois dans l'insoutenable légèreté de l'être, où il expose que notre vie ne peut être qu'imparfaite car on ne vit les choses qu'une seule fois. On essai de crée sa vie comme un oeuvre d'art, mais puisqu'on ne connait pas tous les tenants et les aboutissements, on ne connait ni la fin, ni demain, face au choix, on fait souvent des erreurs puisqu'on ne sais pas toutes les conséquences. Il faudrait vivre sa même vie plusieurs fois pour lui donner toute la valeur et tout le sens désirés.
La mort est donc certaine, mais la vie, que faire de sa vie ? Comment faire pour en profiter pleinement ?

Merci à vous tous pour vos réponses !

(si l'administration le permet, bien que nous ne soyons pas dans un échange de critique littéraire, j'aimerai pouvoir continuer cette discussion avec les volontaires - ici, et non pas dans le petit salon où personne ne passe....... Puisque le débat est commencé, merci de ne pas interrompre.)

PS. Je vais de ce pas lire le texte de WEG
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Re : Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #6 le: 06 Novembre 2014 à 13:13:07 »

Ce sont des questions que toute personne qui a éprouvé ce besoin et ce plaisir se pose à un moment où à un autre. Mais ce ne sont pas des questions préalables. On n’écrit pas après avoir répondu à ces questions. On écrit et puis après, on essaie de voir pourquoi.


C'est très juste !
Parfois je me dis que l'être Humain est tout de même étrange à trop chercher le pourquoi. Peut-être que l'acte d'écrire est de lui-même la réponse au pourquoi puisqu'il devance la question...... Mais on ne peut s'empêcher de se mettre en doute et de se triturer la tête, les méninges, de se faire souffrir et de s'interroger sur le sens de ses actes et de sa vie, quand la réponse au sens de la vie est simplement la vie elle-même. Il en est en fin de compte de même pour l'écriture...

Ça ne résout pas le problème de l'argent.......

Merci beaucoup pour ton commentaire, Champdefaye, poste ton texte quand tu veux, je le lirais avec plaisir. S'il est trop personnel mais que tu désire tout de même le partager avec quelqu'un, tu peux me l'envoyer par MP (mais aucune obligation, bien sûr, fait tout comme tu veux !)

Et courage oui, c'est un mot très juste, il en faut du courage !

Comme disait Paul Valery :
"Le vent se lève, il faut tenter de vivre"
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World End Girlfriend

  • Invité
Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #7 le: 06 Novembre 2014 à 19:56:37 »
La mort est donc certaine, mais la vie, que faire de sa vie ? Comment faire pour en profiter pleinement ?
Tu as répondu à ta question par cette phrase : le vent se lève, il est temps de vivre.
Pour moi cela signifie clairement ne pas hésiter, ne pas avoir peur, juste vivre, tout simplement. Les erreurs font partie de l'équation, les mauvaises décisions aussi. Une vie pleine n'est pas forcément dénuée d'erreurs, bien au contraire, c'est en souffrant le plus qu'on profite réellement de son bonheur.
Evite d'éviter de te faire du mal, le monde est une machine infernale qui te violera tôt ou tard, alors autant s'habituer à la vaseline tant que t'as encore ton futur devant toi. Expérimente, casse-toi les dents, expérimente encore. Lis Vaurien de Jim Thompson, tu auras un exemple concret d'un écrivain qui a ramé encore plus bas que la merde, pour devenir ensuite un nom reconnu du roman noir.

Là où WEG a raison, c'est que sans étude, sans travail, on s'expose à beaucoup de prise de tête quant à sortir boire un verre, quoi manger ce soir. Les boulots qu'on trouve deviennent réellement perte de temps. Tandis qu'avec de bonnes études et un bon travail, on trouve toujours le temps d'écrire, et on se préoccupe moins du problème de l'argent qui peut parfois nuire à la faculté d'écrire pour son plaisir, sans diarrhée (vous savez, quand sa coince pendant des jours et qui vous finissez par jeter un gros cacas ?).
Voilà !  :mrgreen:
Pour le reste je rejoins Vir quand même, c'est un choix, ni plus ni moins.

Ca pousse d'avantage à écrire des textes trop dans le but d'être publié pour pouvoir gagner sa vie. La sincérité produit de beaux textes, et les textes dont je suis le plus fier sont des pavés impubliables, des essais poético-divino-philosophique, etc...
Là c'est une question d'écriture pure et dure, c'est à toi de trouver le bon équilibre entre raconter ton histoire et y implémenter ta sensibilité. Si tu veux vivre de l'écriture il faut absolument que tu sache comment concilier les deux, c'est ce qui différencie un auteur lambda d'un vrai maître : trouver des situations narratives simples où l'âme poético-divino-philosophique est implicitement présente.

Hors ligne Rémi

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  • Messages: 11 021
Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #8 le: 06 Novembre 2014 à 22:15:39 »
Citation de: WEG
trouver des situations narratives simples où l'âme poético-divino-philosophique est implicitement présente.
WEG a tout dit
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Cauzart

  • Troubadour
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Re : Pourquoi écrire ? [vilain crachat]
« Réponse #9 le: 08 Novembre 2014 à 17:22:13 »
Très d'accord.

On a du travail :)
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