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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Sur le parvis

Auteur Sujet: Sur le parvis  (Lu 1590 fois)

Maximilien

  • Invité
Sur le parvis
« le: 16 Mars 2015 à 04:05:22 »
Yop. Petit texte écrit il y a peu, c'est assez simple à la compréhension, je pense. ^^


Sur le parvis :

    J’écris. Sans penser à demain, sans me moquer d’hier. Je plisse les yeux. J’applaudis mes sens, en cœur. Je sens son parfum étoilé se languir de caresses, j’entends son amour crier famine, je vois son visage, et ses larmes. Sa tête est lourde. Son cœur la trahit. Elle aime. Sa poitrine bât fort au rythme du clocher. Je ressens soudain l’envie de comprendre, et j’acquiesce. Et le spectacle me plaît. Elle aimant, et criant, l’église implorant son silence, ses longs cheveux châtains formés à l’amour, son visage écarlate et ses cheveux au vent, son corps qui l’oublie, l’oubli qui agrippe, les marches en marbre, perlées de ses émotions, son cœur appelle à l’aide. Ce spectacle jouissif m’empêche de penser, Ô jamais je n’ai aimé ainsi. Je saisis sa paume et la chérit – je suis gentil. Serait-ce si facile sentir son cœur souffler sous son sein ? Je peine à croire en nous. La passion du moment chérit celle des années et câline celle du futur pour rayer celles du passé. Elle le veut, mais je sais quel choix lui vaudrait la félicité.

    Anne-Mélissa a sur elle la trace de trois ans d’affliction, de deux ans de passions, d’une année de Passion, d’une minute sanglante. Anne-Mélissa s’est toujours complus dans l’amour, soit, je la compluerai. J’aime cette fille et son visage tendre, je profite des instants que m’offre le doux son hurlant des carillons de folie. Des gens nous dévisagent. Un voile nous sourit, un chapeau fronce les sourcils, des nattes se rattachent et nous boudent. Nous. Le Soleil nous envie et nous frappe, seul le Saint marbre nous protégerait encore. Anne-Mélissa m’aime bien je crois. Elle sourit quand je lui dis être là, mignonne elle chantonne en mon nom, et danse pour moi. J’oublie tout. Je ne pourrai pas. Anne-Mélissa est trop belle, a trop de charme, est trop aimante, trop demandée, trop grande, trop tout, mais pas assez dans mes bras. J’attends impatiemment rien du tout. Mes cheveux longs baignent au Soleil et profitent du cagnard, mes mains s’imbibent de ses épaules délicates. Anne-Mélissa est si chic. Son faste est d’un charme princier, elle est Rênal qui y a tout perdu. Je la trouve tragique. Sa chevelure lui donne un air gai, sa bouche virevolte et le dément. Sa robe m’évoque le Printemps, ses yeux pétillent et oublient. Son maquillage coule quand l’eau salée gémit sur sa peau.

    J’attends trop. Une, deux, trois, quatre… secondes. La cloche va s’arrêter de tintinnabuler. Je veux serrer encore son corps contre le mien. Sentir à nouveau son cœur se plaindre, son visage frais, ses mains de tisserande, ses cheveux soyeux, son corps inégalable. Fini. Le son s’achève. Mes mains se raidissent. Comment oserais-je, monstre. Fin. Cette fille me fait froid. Injustice. Pas juste. Nul. Sans savoir, toutefois. Mais j’aime en bohème, elle pleure pour oublier. Elle était belle. Mon Monde change. Ses yeux se sèchent. J’appose mes lèvres aux siennes. Soit elle oublie, soit elle le vit. Soit elle gémit, soit c’est oui. Anne-Mélissa se laisse faire, accompagne le mouvement et sucre nos cœurs… ou alors, Anne-Mélissa continue de nous faire errer.
« Modifié: 17 Mars 2015 à 19:19:22 par Maximilien »

Hors ligne sauvien

  • Tabellion
  • Messages: 38
Re : Sur le parvis
« Réponse #1 le: 16 Mars 2015 à 18:10:31 »
Bonjour Maximilien,

Il y a tout pour faire un texte romantique ! Là où je tique, c'est le choix du prénom.

A mes oreilles, pas raccord avec le XIXe....mais bon tu ne veux peut être pas t'inscrire dans cette période.

C'est peut être moi qui rêve un peu trop ce texte dans le passé.

Parvis, cathédrale, Notre Dame de Paris, Victor Hugo...

Et des références que je n'ai pas (je suis un peu bête...) Qui est Rénal ? le Saint marbre ? J'ai un peu cherché...rien trouvé.

Citer
Son faste est d’un charme princier, elle est Rénal qui y a tout perdu.

Quelqu'un peut-il avoir du faste ? ....

Citer
Anne-Mélissa est si chique.

Elle chique ou elle est chic ?  ;D  Jeu de mots ?

Le début aussi : "j'écris" est au présent. Donc il écrit mais il vit un truc aussi au même moment....

  :-¬?

Il y a des spécialistes de la langue ici et très doués ! Ils verront mieux que moi.

Mais le potentiel est là  ! C'est un début plein d'idées. Continue.





J'ai vécu, comme beaucoup, entouré de chefs-d'oeuvre qui ont suffi à enchanter les heures si brèves et trop longues qu'il m'a été donné de passer dans ce temps d'illusion que nous appelons réalité.   J.d'O.

Maximilien

  • Invité
Re : Re : Sur le parvis
« Réponse #2 le: 17 Mars 2015 à 19:18:52 »
Et bien avant tout, merci beaucoup pour ton commentaire ! Je vais répondre à tout ce que tu as soulevé.

En ce qui concerne le mot "chique", là, c'est en effet tout simplement une coquille que je vais m'empresser de corriger. x)


En outre, pour ce qui est du décalage entre l'ambiance XIXème et contemporaine, sur le coup, je suis très content : parce que c'est exactement ce que je voulais rendre. J'adore le XIXème et le romantisme, et tu as très bien saisi la référence hugolienne ! J'ai voulu mettre en avant une impression de confusion dans les sentiments, que j'essayais de faire ressentir tout au long du texte en perdant le lecteur.

Il y a un décalage sur plusieurs aspects quant à l'époque, à l'ambiance générale (le temps, notamment), à la ligne 2 du deuxième paragraphe également, avec le jeu des métonymies : "Un voile nous sourit, un chapeau fronce les sourcils, des nattes se rattachent et nous boudent", qui insiste sur une vision supérieure du personnage qui décrit, qui voit les autres de haut, s'opposant alors à la vision pathétique que ce même personnage à de lui-même vers la fin. Quant au Saint-Marbre, il joue aussi cet effet de confusion, il a un côté très flou. En fait, c'est une personnification du marbre des marches du parvis - d'où les "carillons de folie" - sur lesquelles les protagonistes  sont censés être assis.
Tu peux aussi le voir dans le jeu des rythmes, car tu peux avoir de longues descriptions très fluides, opposées à des passages où le rythme est beaucoup plus sec et cassant - notamment à  la fin. Mais aussi, comme tu l'as très bien soulevé, au niveau de  l'inversion des mots. Ici, "faste" remplace "charme", et les temps s'entremêlent. Le personnage, s'emportant dans ses sentiments à travers sa description amoureuse, perd de la maîtrise même de son propre vocabulaire. Et pour Rénal, encore une fois, petite coquille, c'était Rênal, en référence au personnage éponyme du Rouge et du Noir - toujours, d'ailleurs, dans cette optique de perdre le lecteur à travers les époques, tout  en restant dans le thème du romantisme.

Merci encore pour ton commentaire, et pour avoir  pris le temps de me lire ! :)

 


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