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28 Juillet 2026 à 04:19:55
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » The ones amongst us

Auteur Sujet: The ones amongst us  (Lu 1115 fois)

Maw

  • Invité
The ones amongst us
« le: 26 Juillet 2014 à 03:49:53 »
Bonjour bonjour, premier post sur ce forum pour une histoire très courte qui m'est venue en cette fin de soirée. J'attends vos avis, n'ayant pas pour habitude d'étoffer plus que ça mes textes... Toute critique est la bienvenue, d'autant que je suis des plus amateurs en la matière !
Violence explicite, bien que très brève, en fin de texte.

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-   Pousse-toi, le chat.
Alors qu’il pousse le félin du bout de sa chaussure, Nathan écrase nonchalamment sa cigarette dans un cendrier déjà plein qui gît, témoin de la nuit passée, sur le rebord de la fenêtre. Il attrape sa veste en cuir qu’il passe à ses épaules et jette un coup d’œil à l’homme allongé devant lui, nu, dans un lit encore défait. Il sourit et vérifie qu’il n’oublie rien – son téléphone, son portefeuille, ses clés, l’adresse, la lettre – et prend le chemin de la porte. Un grognement s’échappe de la chambre ; il se retourne et, constatant qu’il ne s’agit sans doute que d’un cauchemar, sort de l’appartement.

Il descend les escaliers, salue de la tête une locataire voisine qu’il croise dans le hall et remet ses lunettes de soleil alors qu’il arrive sur le trottoir. Au loin, il entend le bruit d’un chat qui miaule avant de monter sur un lit pour y réveiller son maître. Amusé, il traverse la route en évitant soigneusement le trafic, se glissant entre les voitures et le bus qui déverse un flot de passagers sur le trottoir d’en face. Il les esquive distraitement et accélère le pas après avoir vérifié sa montre. 8h16 – il lui reste donc 14 minutes pour être à son rendez-vous.

Il fend la foule et traverse une place bondée. Certains badauds, s’arrêtant net, émettent un léger cri de protestation. Il les entend tous mais n’en a cure : il doit être à l’heure. Il continue sur sa lancée et navigue à travers la masse humaine, dont il analyse les mouvements et prédit la trajectoire. Amusant comme aucun d’entre eux n’est conscient de ce qui l’entoure ; amusant, ou navrant, pense-t-il.  Il réajuste ses lunettes alors que le soleil s’efforce de briller à travers les nuages épars qui ont survécu à l’orage de la veille. Il regarde l’heure : il lui reste encore cinq minutes. Il vérifie l’adresse dans sa poche, et se situe dans sa projection mentale du quartier qu’il connait comme sa poche. Encore quatre pâtés de maisons. Il force à nouveau son pas, poussant son allure aux limites du réalisme. Pourtant, il ne doit pas faire de vague, il le sait. Il n’est pas ; il est néant, et c’est très bien comme ça, pour lui et pour eux. Il exécute les ordres, en échange de quoi il est logé et grassement payé. De quoi lui permettre de mener sa vie à sa façon et de préparer sa libération.

Il tourne à l’angle de la rue et lève les yeux vers un immeuble camouflé derrière des échafaudages. Le 112 est juste à côté, il le voit d’ici. Regardant sur sa gauche, il aperçoit une berline lancée à vive allure – mais il sait qu’il a le temps. Il traverse d’un pas souple, sent la carrosserie qui le frôle et l’énervement du conducteur. Il enjambe le caniveau et arrive devant l’interphone. Un bref mouvement du poignet lui indique qu’il est dans les temps. Il presse le bouton déverrouillant la porte et entre dans un mince couloir bordé de boites aux lettres. Meyer, Meyer, Meyer … Au 4ème. Il prend la direction des escaliers, qu’il gravit deux à deux avant de se figer devant la porte ornée du simple numéro quatre qu’il entrouvre.

Pas un bruit, comme il l’a pressenti. Il observe le couloir dans lequel il est arrivé et scrute les différentes plaques portant les noms des résidents. Il trouve enfin celui qu’il cherche, à côté de l’ascenseur, à l’autre bout de l’étage. Il range enfin ses lunettes, fait craquer les os de ses mains et s’engage d’un pas rapide vers la porte indiquant « Meyer ». Il toque trois fois, suffisamment fort pour qu’il n’y ait pas de doute sur la présence du locataire, sans pour autant alerter les voisins.
Un homme d’une trentaine d’années lui ouvre la porte alors qu’il remet en place sa cravate.
-   Oui ? Je peux vous aider ? dit-il après avoir jugé d’un air interrogateur l’homme qui lui fait face.
-   Vous êtes bien Martin Meyer ?
-   Euh, oui, c’est bien moi, pourquoi ? répond ledit Martin, l’air soudainement angoissé.
-   On m’a demandé de vous remettre ceci, dit-il en lui tendant une enveloppe encore ouverte.
-   Oui, enfin, je n’ai pas le temps, là, je suis en retard pour le boulot et je dois encore déposer ma fille…
-   Je me permets d’insister, monsieur.

Il le fixe des yeux, lui indiquant qu’il serait de bon ton de prendre la lettre et de l’ouvrir. L’homme s’exécute alors que Nathan perçoit dans son regard un frisson. Il sait – il l’a lu, il a compris. Martin parcourt la lettre manuscrite, la retourne, à la recherche d’informations complémentaires.

-   Vous … Enfin … C’est eux ? décroche-t-il, la voix tremblante.
-   Oui. Où est-elle ? rétorque Nathan, fouillant déjà l’appartement par les vibrations de l’air qu’il perçoit.
-   Mais … Je … Enfin, ce n’était pas ce qu’ils avaient dit. Ça ne devait arriver qu’en cas de…
-   C’est arrivé. Nous en avons besoin, insiste-t-il alors qu’il ressent sa présence dans la chambre, au bout du couloir, à droite.
-   Non ! De quels droits pensez-vous pouvoir me la reprendre maintenant ?! s’énerve l’autre.
-   Ce n’est pas moi qui prends les décisions, je ne fais que les exécuter, et vous le savez. Martin, c’était le deal. Maintenant, vous acceptez, ou nous savons tous les deux comment ça va se finir.
-   Comment ça va se finir ?! Je vais appeler Jack, et …
-   Papa ? Qui c’est le monsieur tout en noir ? s’interroge la voix fluette d’une petite fille.
-   Ce n’est rien, Lucy. Retourne te préparer, j’arrive.
-   Oui, papa, répond la petite voix qui contemple Nathan d’un air surpris.

Soudain, Martin pousse la porte pour couper court à l’entrevu. Nathan le prend de vitesse et plaque sa paume sur le montant de l’entrée pour la bloquer. Le rapport de force, inégal, s’achève lorsque ce dernier pousse la porte contre le mur et Martin avec elle. Il tombe au sol, mais déjà l’homme le saisit par le cou et, dans un craquement sec, lui brise la nuque avant de le lâcher, inerte. Sans plus un regard pour le cadavre, il se dirige vers la chambre de la petite fille qui venait d’en sortir, sans pour autant voir son père, à l’angle du couloir.

-   Il est où papa ? Et vous êtes qui ? demande-t-elle, l’air inquiet.
-   Lucy, c’est ça ? Je suis un ami de ton père, il a dû partir au travail en urgence, et je vais m’occuper de toi aujourd’hui.
La petite fille le regarde, visiblement suspicieuse, avant de reprendre.
-   Mais pourquoi il ne m’a rien dit ?
-   Je te l’ai dit, c’était une urgence, il a juste eu le temps de prendre ses affaires. Je suis un de ses collègues de travail, ça va aller.
-   Mais …

Nathan sent qu’il l’a perd. Il sent son inquiétude monter ; non pas qu’elle ait pu comprendre la situation, mais elle ne le connait tout simplement pas et ne peut pas le suivre comme il l’aurait voulu. Tant pis. Il sourit, s’accroupit, et braque son regard dans celui de la fillette. Quelques secondes plus tard, celle-ci tombe en avant, et il amortit sa chute dans ses bras puissants. Il l’allonge sur son lit, retourne dans l’entrée, à côté du corps de Martin, et compose rapidement un numéro sur son téléphone.

-   Oui, Jack, c’est Nathan. Je suis chez Meyer, et comme tu le pensais, il n’a pas accepté de me la remettre.
-   …
-   Oui, j’ai fait le nécessaire.
-   …
-   Elle ? Inconsciente, dans son lit. Bon, Jack, faut que tu me sortes de là. Je vais pas me balader avec une gamine dans les bras toute la matinée. Tu as un plan B ?
-   …
-   Ok, j’attends, mais fais vite.

Hors ligne Cocoa

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  • Prout.
Re : The ones amongst us
« Réponse #1 le: 27 Juillet 2014 à 10:15:15 »
J'ai repéré quelques petites fautes :
Citer
Il sourit et vérifie qu’il n’oublie rien – son téléphone, son portefeuille, ses clés, l’adresse, la lettre – et prend le chemin de la porte.
Il y a une répétition du "et" qui n'est pas très jolie...
Citer
Il force à nouveau son pas
L'expression, c'est forcer LE pas
Citer
De quels droits pensez-vous
Pas sûre, mais il me semble que cette expression s'écrit toujours au singulier.
Citer
Soudain, Martin pousse la porte pour couper court à l’entrevu.
Entrevue

Tu écris très bien ! J'aime beaucoup ton style et surtout l'atmosphère du texte.
Par contre, pour la forme : est-ce que c'est un début de roman, est-ce que ça aura une suite ? Savoir garder le secret en l'effleurant en permanence, c'est un procédé que j'adore dans les textes, mais là il y a tout de même un peu trop de secrets... Au final, on n'a du mal à savoir à quoi ça rime, surtout que la chute est très chiche.

Une autre remarque, plus sur le fond : il y a certaines phrases dans lesquelles tu appelles directement des éléments via des pronoms (ou même simplement par une évocation) dans lesquelles on a du mal à savoir de quel objet ou de quelle personne tu parles. Je m'explique :
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Un grognement s’échappe de la chambre ; il se retourne et, constatant qu’il ne s’agit sans doute que d’un cauchemar, sort de l’appartement.
Celle-là, pour le coup, c’est un cas assez extrême : j'ai vraiment eu du mal à comprendre. A la première lecture, je me demandais pourquoi tu avais décidé d'utiliser ce mot pour dire qu'au final (un truc du genre) "constatant qu'il avait rêvé/halluciné/...". J'ai compris assez longtemps après (je crois) que ça évoquait plutôt un cauchemar de l'autre homme dans le lit. C'est assez déroutant comme formulation.
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Soudain, Martin pousse la porte pour couper court à l’entrevu. Nathan le prend de vitesse et plaque sa paume sur le montant de l’entrée pour la bloquer. Le rapport de force, inégal, s’achève lorsque ce dernier pousse la porte contre le mur et Martin avec elle. Il tombe au sol, mais déjà l’homme le saisit par le cou et, dans un craquement sec, lui brise la nuque avant de le lâcher, inerte. Sans plus un regard pour le cadavre, il se dirige vers la chambre de la petite fille qui venait d’en sortir, sans pour autant voir son père, à l’angle du couloir.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Là, pour moi, si on suit de manière logique l'utilisation de tes pronoms, il y a un échange en milieu de paragraphe entre les deux personnages. Bon j'exagère : c'est parfaitement compréhensible. Mais ça me semble incorrect sur la forme. En fait, j'ai l'impression que tu fais appel à trop de pronoms quand tu décris une action. Certes, faire usage d'artifices pour faciliter la compréhension peut être très lourd, parfois, mais je pense que dans ce cas, ça pourrait à la fois étoffer le texte et faciliter un chouillat la compréhension. Je ferais la même remarque en ce qui concerne la proposition soulignée : si on la prend au pied de la lettre, hors contexte, on a l'impression que c'est le "il" qui ne voit pas le corps du père.
Cet effet se reproduit assez souvent lors des descriptions des actions.

Donc voilà, c'est l'impression que ça m'a laissé :
- un sens du secret très bien mené, l'envie de percer des mystères
- l'espoir d'une suite
- un petit cafouillage sur les pronoms et le rattachement des propositions entre elles
(j'ai trop parlé, ça me semblait nécessaire xD)

En tout cas, bonne continuation à toi et bienvenue sur le forum !
« Modifié: 27 Juillet 2014 à 10:18:07 par Cocoa »
"La jeunesse ne peut savoir ce que pense et ressent le vieil âge. Mais les hommes âgés deviennent coupables s’ils oublient ce que signifiait être jeune." - Albus Dumbledore

Maw

  • Invité
Re : The ones amongst us
« Réponse #2 le: 27 Juillet 2014 à 10:29:39 »
Salut Cocoa et merci pour tes remarques !
J'ai un peu honte en relisant les fautes que tu as surligné ... Mea culpa (bon, il était 3h, ça compte aussi ?!  :-¬?)

Pour ce qui est de la forme, disons le début d'une nouvelle un peu plus longue à compléter par d'autres soirs; étant novice, je ne me lancerai sans doute pas dans l'aventure d'un roman dès demain ^^.

Enfin, pour les pronoms, c'est un problème que j'ai souvent, tu as bien raison. Là, je t'avoue que j'ai relu le texte en grandes diagonales pour voir s'il ne manquait rien de trop gênant; j'éditerai tout ça avec une correction plus poussée à la fois de l'orthographe et de la syntaxe, sur laquelle, c'est vrai, je m'emmêle les pinceaux dans la description d'action entre différents personnages (et encore, là, yen avait que deux (bon, deux et demi) !).

En tout cas, merci pour tes remarques, quelles qu'elles soient. Je devrais m'attaquer à une suite dans la semaine si l'atmosphère estivale des vacances s'y porte !

MillaNox

  • Invité
Re : The ones amongst us
« Réponse #3 le: 28 Juillet 2014 à 23:15:15 »
Salut !

au fil du texte :

Citer
Alors qu’il pousse le félin du bout de sa chaussure, Nathan écrase nonchalamment sa cigarette dans un cendrier déjà plein qui gît, témoin de la nuit passée, sur le rebord de la fenêtre
je trouve pas "git" adapté pour un cendrier

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Il attrape sa veste en cuir qu’il passe à ses épaules
"passer à se épaules" ne me parait pas correct, "passer sur" peut-être ? où enfiler sur ?

Citer
Au loin, il entend le bruit d’un chat qui miaule avant de monter sur un lit pour y réveiller son maître.
trop bizarre!! il peut entendre un chat miauler mais je vois aps comment il peut déduire que la bête  est " avant de monter sur un lit pour y réveiller son maître" ????

Citer
et se situe dans sa projection mentale du quartier qu’il connait comme sa poche.
lourd et bof clair

Citer
Soudain, Martin pousse la porte pour couper court à l’entrevu.
entrevue

hop, tout lu ! en vrac :
- le scénario ne manque pas d'intrigue et d'action. :) c'est aps gentil de nous abandonner en plein dans les mystères, on est un peu paumé là quand même, entre savoir d'où le gars tient son regard anesthésiant de la mort qui tue et pourquoi il est missionné pour récupérer la gamine...
-au niveau du style d'écriture, j'ai trouvé que tu enchainais beaucoup de phrases commençant par "il ceci" "il cela", et ça crée un rythme bof bof un peu lourd saccadé. en dehors de ça c'est plutôt cool :)
-eh bien au boulot pour la suite !  :D

@+

Milla

 


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