Les nazes arrêtent, l'élite chrétienne persiste.
L'agneau de dieu prend le pêcher du monde, en pleine gueule dans le jardin d'Eden.
Hostile au pâteux de l'hostie, je mâche ma gomme arabique, hésitant entre Mahomet, Hollywood et Freedent parfum thé à la menthe. Le gros Malabarbe me fait peur.
J’avale ma salive dans le désert aride de la pénitence. Au bout de mon impotence, ma potence. Deux planches mal foutues de bois IKEA à monter soi-même, avec au sommet un corbeau et son Croâââ, un charognard sur ma croix.
J’ai du sable plein les socquettes, Je progresse pas je m’enfonce.
J’ai ma petite boîte de clous et mon marteau solidement accrochés à mon slip kangourou.
Je suis prêt pour le grand saut.
Papa m’a dit qu’il faisait un gâteau, j’ai hâte d’être en haut. Je mets un temps fou à monter le bazar, le vent s’est levé, la notice en suédois me brûle les yeux et le sable me colle aux dents comme un mauvais chewing-gum.
A côté du palmier, les gars ont prévu un escabeau. Un beau travail d’ébéniste qui ne me laisse pas indifférent. Quand je pense que je fais tout ça pour cette bande de crevures. Il a vraiment des idées à la con parfois mon père.
Les points rouges sang des snipers me quadrillent le corps, dissuasion suprême à une envie de demi-tour. Ma gourde de Red-Bull est vide, je n’avance plus qu’à la force de mes petites jambes, les ailes arrachées par la soif et la douleur.
Le soleil est au zénith de sa connerie sur ce spectacle lamentable. Je souffre le martyre. Chaque grain se plante dans ma chair comme un supplice de fakir et je n’ai plus la force de tendre le moindre muscle. J’agonise, le chrétien va adorer.
Un bédouin qui passe par là me file un coup de main pour le dernier clou. Il me dit croire en un autre dieu. Par principe je lui crache à la gueule. Il repart sur son chameau sans dire un mot mais je sens bien qu’il me trouve complètement ridicule, à moitié à poil dans mon slip grotesque qui pendouille. J’ai même plus la possibilité de remettre mes couilles en place, encadré sur ce décor comme un tableau raté.
Un groupe de touristes dans une Jeep s’arrête pour me prendre en photo. Je sens que ça va être long, très long. Je le trouve particulièrement fréquenté ce putain de désert et si Moïse n’avait pas été de mariage ce vendredi, je lui aurais bien demandé d’ouvrir une nouvelle fois les eaux pour me suicider au fond de la mer. Plus calme…
Le corbeau me picore le crane, dans quelques jour il pourra s’en régaler.
Le Khamsin me picote le corps, il est déjà en train de m’avaler.
J’ai séché comme un yakitori sur sa brochette, j’ai même plus faim. Je crois, au bout de deux jours de torture climatique avoir remercié le serveur pour son demi pêche et lui avoir glissé un généreux pourboire dans son soutif. Je suis cloué à l’histoire de cette religion débile, offert en sacrifice, en artifice. Un pétard foireux sans aucun écho dans cette immensité désertique.