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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Elle a hurlé

Auteur Sujet: Elle a hurlé  (Lu 1761 fois)

Hors ligne Soul

  • Aède
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Elle a hurlé
« le: 03 Avril 2014 à 13:42:39 »
Voilà ce que m'inspire une mélodie "creepy" au piano  ^^ Il y aura peut-être une suite, ce n'est pas encore tout à fait sûr.



Elle a hurlé, un cri strident. Je me réveille, ainsi effondré sur ma chaise, ce papier vierge entre les mains. Que voulais-je y écrire ? Ce dernier glisse entre mes doigts tremblants et, virevoltant un instant, se pose doucement sur le carrelage, à mes pieds. Je remarque, sur cette feuille immaculée, des traces rouges, que mes mains maladroites ont dû…
Non… ce ne peut…

Tremblant, lentement, très lentement, je lève mes mains vers mon visage… je n’ose les regarder, je crains ce qu’elles cachent. Rouge, sombre, sec, reflétant dorée la faible lumière de la pièce. Comment… ? Sur mes jambes alors chancelantes je me lève, et d’un pas lourd, lent et flageolant, me dirige vers la salle de bains.

L’orage se déchaine au dehors, avec sa pluie battante. Un éclair, une vive lumière suivie de son coup de tonnerre, et je tressaille, et je n’ose plus avancer. Un second, je frissonne et me remets à trembler. Comme s’il s’acharnait, l’orage, comme s’il savait que je suis là, qu’il me criait « monstre ! » dans mon dos.

Yeux clos, claquant des dents, j’entre dans salle de bain, et m’arrête en face du miroir. Oserai-je, affronter mon visage ? Aurai-je le courage d’ouvrir les yeux pour découvrir la vérité, celle que j’appréhende, celle que je refuse de croire ? Non, de toute façon, ce ne peut être possible. Comme les nuits précédentes, je n’ai fait là qu’un mauvais rêve, qui me hantera quelques jours avant de s’effacer lentement.

Un nouveau coup de tonnerre me fait sursauter et j’ouvre brusquement les yeux, qui mettent un instant à assimiler la vision qui s’offre à eux. Celle que j’appréhendais et refusais de croire. Comme mes mains, mon visage, ma chemise déchirée, mes cheveux, sont éclaboussés, tachés de cette encre rouge. Alors je l’ai fait. Cette image me glace le sang, effaré je fais un pas maladroit en arrière, incapable de détacher mes yeux de la lèvre fendue et sanguinolente de mon reflet.

Pour fuir cette vision, je me tourne sur ma droite, vers le couloir qui mène aux chambres. La dernière porte, de la dernière chambre à droite, celle où j’aurais commis cet acte, est entrouverte. Je ne parviens toujours pas y croire. Le seul moyen de m’assurer que ce ne sont que des créations de mon esprit est de regarder, de la voir toujours là, avec un grand sourire chaleureux, ouvrant ses bras pour me réconforter.

Je crois la voir, en me retournant vers le miroir, ses bras autour des miens, sa tête posée sur mon épaule, rayonnante à côté de la sombre silhouette que je suis, dégageant une lumière dorée que mon être ne sait pas refléter.

Serrant les dents pour qu’elles cessent de claquer, j’avance d’un premier pas, incertain, dans le couloir. Il semble plus long, et sombre qu’à l’habitude. Un second pas puis ceux qui suivent, quoiqu’encore tremblants, s’enchainent plus facilement. J’arrive, enfin, près de cette porte laissée entrouverte. Sur son bord, les mêmes que sur le papier blanc, des traces rouges. Je secoue doucement la tête.

Je pose une main sur la poignée de la porte, mais n’ose pas l’ouvrir. Le bruit de mes pas s’étant effacé, il n’est que le persistant battement de la pluie que j’entends, il me fait frissonner. D’un geste sec, je tire la porte, qui grince en s’ouvrant, et puis je la découvre. C’est bien pire encore, que de voir mon corps baigné d’un sang qui n’est pas le mien.

Elle est, étendue sur le lit, sa tête dans le vide, terrifiée, et me regarde sans me voir. Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent prendre l’expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, et implorer ma clémence. Il est trop tard.

Lorsque ces mots, et tout leur sens frappent de plein fouet mon esprit, mon corps en ressent toute la douleur, presque charnelle tant elle est grande, mes jambes tremblantes cèdent et je tombe à genoux au milieu de la pièce. C’est impossible ! C’est un rêve, c’est un rêve !

Mais je le sais, les ongles tirant mes cheveux en se plantant dans ma chair, que je suis bien éveillé, terriblement éveillé, que la douleur à laquelle s’ajoute cette griffure est bien réelle, que comme le criait la voix derrière moi, je suis un monstre.

J’aimerais hurler mais je ne peux pas, ne veux pas, je n’ose pas, comme si cela pourrait la réveiller. J’aimerais être dehors, pouvoir vider mes poumons de cette voix que je ne peux que me résoudre à garder captive dans ma gorge serrée, sentir la pluie ruisseler sur mes vêtements, entrainant avec elle le sang qui les souille.

Mais je suis là. Seul avec ce qu’il reste d’elle, et dois affronter son regard. Vide. Je me relève, tirant mes mains de mes cheveux en bataille, et avance doucement vers elle, sans pouvoir la quitter des yeux. Elle est magnifique. Mon corps tout entier tremble toujours ; je tombe sur un genou plus que je ne le pose à terre, penché au-dessus d’elle pour, délicatement, tout doucement, passer une main à son visage, seulement l’effleurer de bout des doigts comme si je craignais que sa peau s’effrite à mon toucher.

Son beau visage, si beau, je n’ai pas osé le toucher. Ni ces lèvres, rouge sang, que je crois avoir voulu embrasser. Caressant sa peau si fine et fragile, ma main glisse dans son cou. Des ecchymoses. J’ai tenté de l’étrangler. Sur son bras nu, traversant une veine d’où le sang a coulé à flot sur sa robe, et sur moi, une longue plaie encore rougeoyante, causée par un premier coup de couteau lancé frénétiquement dans le feu d’une action presque torride. Un deuxième, entre deux côtes, et elle s’est effondré sur le lit, moi tombant sur elle.

Peu à peu les souvenirs reviennent, aussi violents et cruels que je l’ai été. Alors que d’une voix brisée et entrecoupée de sanglots elle implorait ma pitié, je l’ai prise contre moi, la serrant, une main sur ses lèvres et l’autre dans son cou. Je ne sais pas si elle me suppliait de la laisser en vie ou bien de l’achever. Mais c’est ce que j’ai fait. D’un geste vif, un craquement sec, ses pleurs ont cessé brusquement et je l’ai sentie se raidir dans mes bras.

Les larmes, se mêlant à mon sang, font de petites gouttes d’un rouge translucide, qui coulent le long de mes joues pour se laisser éclater sur le sol, en silence. Laissé tomber assis adossé au lit, je prends délicatement le couteau que j’avais laissé entre ses mains, et le pointe vers ma gorge. Saurais-je vivre ainsi ? Sans elle, avec ce poids sur mon cœur à la place ? La lame, douloureusement, touche ma chair.

Mais je n’ose pas aller plus loin. Le couteau échappe à mes mains malhabiles, qui viennent couvrir mes yeux inondés de larmes. Je suis un lâche. Je vais rester ici, moi, terriblement éveillé, terriblement en vie. Et ce poids, viendra peu à peu combler le vide qu’elle laisse dans mon cœur.

Comme pour me rassurer, entre les larmes et le sang qui viennent y déposer un gout salé et métallique, amer et douloureux, mes lèvres s’étirent en un rictus qui, sans le voir je le sais, s’accorderait parfaitement à la sombre silhouette que je suis, au sang sur mes mains, mon visage et mes cheveux.

« Modifié: 03 Avril 2014 à 13:46:03 par Soul »

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Re : Elle a hurlé
« Réponse #1 le: 03 Avril 2014 à 16:56:07 »
J'ai pas compris le texte et pas conséquent pas apprécié.

Le protagoniste semble se rappeller le crime qu'il a commis mais le refait.
Il fracture le cou de sa victime, mais un couteau tombe.
Citer
Pour fuir cette vision, je me tourne sur ma droite, vers le couloir qui mène aux chambres. La dernière porte, de la dernière chambre à droite, celle où j’aurais commis cet acte, est entrouverte. Je ne parviens toujours pas y croire. Le seul moyen de m’assurer que ce ne sont que des créations de mon esprit est de regarder, de la voir toujours là, avec un grand sourire chaleureux, ouvrant ses bras pour me réconforter.
Le "je me tourne sur ma droite", comme au ne sait pas où il se trouve, droite et gauche n'ont pas de sens et fait répétition avec la chambre à droite.
Je verrai mieux "Pour fuir cette vision, je me dirige vers le couloir qui mène aux chambres."

J'ai un peu du mal à commenter le texte.

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Hors ligne Soul

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Re : Elle a hurlé
« Réponse #2 le: 03 Avril 2014 à 17:44:53 »
Merci pour ton commentaire, et pour la répétition relevée, je vais rectifier ça  :)

Je ne vois pas trop ce qu'il y avait d'incompréhensible, peut-être parce que c'est mon texte, mais bon...
Citer
Le protagoniste semble se rappeller le crime qu'il a commis mais le refait.
Oui c'est à peu près ça, sauf qu'il ne le "refait" pas. J'ai employé le passé dans tout le passage où il se souvient, dans un texte au présent, pour souligner le fait justement qu'il s'agisse de souvenirs, avec le "Peu à peu les souvenirs reviennent" je pensais que ce serait clair  :-\

Citer
Il fracture le cou de sa victime, mais un couteau tombe.
Il se sert du couteau avant de lui tordre le cou pour en finir, là aussi c'est assez limpide il me semble...

Mais pour être encore plus clair et expliciter le texte qui à la base n'aurait pas dû l'être (|-|) : on peut penser que mon narrateur aurait tué une personne, une proche d'après la façon dont il parle d'elle avant de découvrir son corps, dans un accès de folie et, une fois ce dernier passé, il n'est pas sûr d'avoir commis le crime, et s'en veut terriblement, tout ça. Vers la fin il se trouve trop lâche pour se suicider et la rejoindre dans la mort, et sent que sa vie va devenir amère par la suite...

Voilà, sinon merci d'avoir pris la peine de commenter sachant que mon texte ne t'a pas plu  ^^

Hors ligne Kanimp

  • Calame Supersonique
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Re : Elle a hurlé
« Réponse #3 le: 03 Avril 2014 à 21:11:34 »
Grâce à tes explications, je peux expliquer comment j'ai compris le texte.
Et je suis en mesure de comprendre pourquoi je ne l'avais pas compris.

Lors des relectures pour le commenter, le texte est très clair.
En première ou deuxième lecture, des paragraphes, écris au passé ou au présent qui expriment des moments passés.
Des événements écrit au présent alors que j'ai l'habitude de les lire au passé, j'ai tout mélangé.


Citer
Elle a hurlé, un cri strident. Je me réveille, ainsi effondré sur ma chaise, ce papier vierge entre les mains. Que voulais-je y écrire ? Ce dernier glisse entre mes doigts tremblants et, virevoltant un instant, se pose doucement sur le carrelage, à mes pieds. Je remarque, sur cette feuille immaculée, des traces rouges, que mes mains maladroites ont dû…
Non… ce ne peut…

Tremblant, lentement, très lentement, je lève mes mains vers mon visage… je n’ose les regarder, je crains ce qu’elles cachent. Rouge, sombre, sec, reflétant dorée la faible lumière de la pièce. Comment… ? Sur mes jambes alors chancelantes je me lève, et d’un pas lourd, lent et flageolant, me dirige vers la salle de bains.

L’orage se déchaine au dehors, avec sa pluie battante. Un éclair, une vive lumière suivie de son coup de tonnerre, et je tressaille, et je n’ose plus avancer. Un second, je frissonne et me remets à trembler. Comme s’il s’acharnait, l’orage, comme s’il savait que je suis là, qu’il me criait « monstre ! » dans mon dos.

Yeux clos, claquant des dents, j’entre dans salle de bain, et m’arrête en face du miroir. Oserai-je, affronter mon visage ? Aurai-je le courage d’ouvrir les yeux pour découvrir la vérité, celle que j’appréhende, celle que je refuse de croire ? Non, de toute façon, ce ne peut être possible. Comme les nuits précédentes, je n’ai fait là qu’un mauvais rêve, qui me hantera quelques jours avant de s’effacer lentement.

Un nouveau coup de tonnerre me fait sursauter et j’ouvre brusquement les yeux, qui mettent un instant à assimiler la vision qui s’offre à eux. Celle que j’appréhendais et refusais de croire. Comme mes mains, mon visage, ma chemise déchirée, mes cheveux, sont éclaboussés, tachés de cette encre rouge. Alors je l’ai fait. Cette image me glace le sang, effaré je fais un pas maladroit en arrière, incapable de détacher mes yeux de la lèvre fendue et sanguinolente de mon reflet.

Comme il se réveille à cause du cri et qu'il rêvait, il vit dans la terreur d'un acte passé.

Citer
Pour fuir cette vision, je me tourne sur ma droite, vers le couloir qui mène aux chambres. La dernière porte, de la dernière chambre à droite, celle où j’aurais commis cet acte, est entrouverte. Je ne parviens toujours pas y croire. Le seul moyen de m’assurer que ce ne sont que des créations de mon esprit est de regarder, de la voir toujours là, avec un grand sourire chaleureux, ouvrant ses bras pour me réconforter.
Afin de s'assurer que rien ne sait passé, il va voir.

Citer
Je crois la voir, en me retournant vers le miroir, ses bras autour des miens, sa tête posée sur mon épaule, rayonnante à côté de la sombre silhouette que je suis, dégageant une lumière dorée que mon être ne sait pas refléter.

Serrant les dents pour qu’elles cessent de claquer, j’avance d’un premier pas, incertain, dans le couloir. Il semble plus long, et sombre qu’à l’habitude. Un second pas puis ceux qui suivent, quoiqu’encore tremblants, s’enchainent plus facilement. J’arrive, enfin, près de cette porte laissée entrouverte. Sur son bord, les mêmes que sur le papier blanc, des traces rouges. Je secoue doucement la tête.

Je pose une main sur la poignée de la porte, mais n’ose pas l’ouvrir. Le bruit de mes pas s’étant effacé, il n’est que le persistant battement de la pluie que j’entends, il me fait frissonner. D’un geste sec, je tire la porte, qui grince en s’ouvrant, et puis je la découvre. C’est bien pire encore, que de voir mon corps baigné d’un sang qui n’est pas le mien.
Il tente de se convaincre que rien ne c'est passé.

Citer
Je pose une main sur la poignée de la porte, mais n’ose pas l’ouvrir. Le bruit de mes pas s’étant effacé, il n’est que le persistant battement de la pluie que j’entends, il me fait frissonner. D’un geste sec, je tire la porte, qui grince en s’ouvrant, et puis je la découvre. C’est bien pire encore, que de voir mon corps baigné d’un sang qui n’est pas le mien.
Il entre dans la pièce pour s'assurer que rien n'est arrivé.

Citer
Elle est, étendue sur le lit, sa tête dans le vide, terrifiée, et me regarde sans me voir. Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent prendre l’expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, et implorer ma clémence. Il est trop tard.
Il est trop tard, car il a décidé de la tuer et va le faire. (Elle est à l'état de cadavre mais elle agit.)

Citer
Lorsque ces mots, et tout leur sens frappent de plein fouet mon esprit, mon corps en ressent toute la douleur, presque charnelle tant elle est grande, mes jambes tremblantes cèdent et je tombe à genoux au milieu de la pièce. C’est impossible ! C’est un rêve, c’est un rêve !

Mais je le sais, les ongles tirant mes cheveux en se plantant dans ma chair, que je suis bien éveillé, terriblement éveillé, que la douleur à laquelle s’ajoute cette griffure est bien réelle, que comme le criait la voix derrière moi, je suis un monstre.

J’aimerais hurler mais je ne peux pas, ne veux pas, je n’ose pas, comme si cela pourrait la réveiller. J’aimerais être dehors, pouvoir vider mes poumons de cette voix que je ne peux que me résoudre à garder captive dans ma gorge serrée, sentir la pluie ruisseler sur mes vêtements, entrainant avec elle le sang qui les souille.

Mais je suis là. Seul avec ce qu’il reste d’elle, et dois affronter son regard. Vide. Je me relève, tirant mes mains de mes cheveux en bataille, et avance doucement vers elle, sans pouvoir la quitter des yeux. Elle est magnifique. Mon corps tout entier tremble toujours ; je tombe sur un genou plus que je ne le pose à terre, penché au-dessus d’elle pour, délicatement, tout doucement, passer une main à son visage, seulement l’effleurer de bout des doigts comme si je craignais que sa peau s’effrite à mon toucher.
Il se rappelle son acte passé en la voyant morte.

Citer
Son beau visage, si beau, je n’ai pas osé le toucher. Ni ces lèvres, rouge sang, que je crois avoir voulu embrasser. Caressant sa peau si fine et fragile, ma main glisse dans son cou. Des ecchymoses. J’ai tenté de l’étrangler. Sur son bras nu, traversant une veine d’où le sang a coulé à flot sur sa robe, et sur moi, une longue plaie encore rougeoyante, causée par un premier coup de couteau lancé frénétiquement dans le feu d’une action presque torride. Un deuxième, entre deux côtes, et elle s’est effondré sur le lit, moi tombant sur elle.
Il passe à l'action. (écrit au passé, mais pour moi c'est du présent littéraire).

Citer
Peu à peu les souvenirs reviennent, aussi violents et cruels que je l’ai été. Alors que d’une voix brisée et entrecoupée de sanglots elle implorait ma pitié, je l’ai prise contre moi, la serrant, une main sur ses lèvres et l’autre dans son cou. Je ne sais pas si elle me suppliait de la laisser en vie ou bien de l’achever. Mais c’est ce que j’ai fait. D’un geste vif, un craquement sec, ses pleurs ont cessé brusquement et je l’ai sentie se raidir dans mes bras.
Il se rappelle l'avoir tué. La scène est bien écrite au présent mais commencent par "Peu à peu les souvenirs reviennent, ..." donc c'est du passé.

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Hors ligne Soul

  • Aède
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Re : Elle a hurlé
« Réponse #4 le: 03 Avril 2014 à 21:35:41 »
Donc en fait ce serait plutôt, pour la fin :


Citer
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Elle est, étendue sur le lit, sa tête dans le vide, terrifiée, et me regarde sans me voir. Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent prendre l’expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, et implorer ma clémence. Il est trop tard.

Il est trop tard, car il a décidé de la tuer et va le faire. (Elle est à l'état de cadavre mais elle agit.)
Il est trop tard, parce qu'il l'a déjà tuée ; son visage a gardé l'expression du moment de son dernier souffle.


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Citer
    Lorsque ces mots, et tout leur sens frappent de plein fouet mon esprit, mon corps en ressent toute la douleur, presque charnelle tant elle est grande, mes jambes tremblantes cèdent et je tombe à genoux au milieu de la pièce. C’est impossible ! C’est un rêve, c’est un rêve !

   Mais je le sais, les ongles tirant mes cheveux en se plantant dans ma chair, que je suis bien éveillé, terriblement éveillé, que la douleur à laquelle s’ajoute cette griffure est bien réelle, que comme le criait la voix derrière moi, je suis un monstre.

    J’aimerais hurler mais je ne peux pas, ne veux pas, je n’ose pas, comme si cela pourrait la réveiller. J’aimerais être dehors, pouvoir vider mes poumons de cette voix que je ne peux que me résoudre à garder captive dans ma gorge serrée, sentir la pluie ruisseler sur mes vêtements, entrainant avec elle le sang qui les souille.

    Mais je suis là. Seul avec ce qu’il reste d’elle, et dois affronter son regard. Vide. Je me relève, tirant mes mains de mes cheveux en bataille, et avance doucement vers elle, sans pouvoir la quitter des yeux. Elle est magnifique. Mon corps tout entier tremble toujours ; je tombe sur un genou plus que je ne le pose à terre, penché au-dessus d’elle pour, délicatement, tout doucement, passer une main à son visage, seulement l’effleurer de bout des doigts comme si je craignais que sa peau s’effrite à mon toucher.

Il se rappelle son acte passé en la voyant morte.
Il se fait à l'idée qu'il l'a bel et bien tuée, et commence à se remémorer le crime.


Citer
Citer
   Son beau visage, si beau, je n’ai pas osé le toucher. Ni ces lèvres, rouge sang, que je crois avoir voulu embrasser. Caressant sa peau si fine et fragile, ma main glisse dans son cou. Des ecchymoses. J’ai tenté de l’étrangler. Sur son bras nu, traversant une veine d’où le sang a coulé à flot sur sa robe, et sur moi, une longue plaie encore rougeoyante, causée par un premier coup de couteau lancé frénétiquement dans le feu d’une action presque torride. Un deuxième, entre deux côtes, et elle s’est effondré sur le lit, moi tombant sur elle.

Il passe à l'action. (écrit au passé, mais pour moi c'est du présent littéraire).

Citer
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     Peu à peu les souvenirs reviennent, aussi violents et cruels que je l’ai été. Alors que d’une voix brisée et entrecoupée de sanglots elle implorait ma pitié, je l’ai prise contre moi, la serrant, une main sur ses lèvres et l’autre dans son cou. Je ne sais pas si elle me suppliait de la laisser en vie ou bien de l’achever. Mais c’est ce que j’ai fait. D’un geste vif, un craquement sec, ses pleurs ont cessé brusquement et je l’ai sentie se raidir dans mes bras.

Il se rappelle l'avoir tué. La scène est bien écrite au présent mais commencent par "Peu à peu les souvenirs reviennent, ..." donc c'est du passé.
Dans toute cette partie en fait il revoit la façon dont il l'a tuée, en regardant ses blessures. (Et ce n'est pas écrit au présent mais au passé composé.)

Je ne sais pas si c'est bien plus clair...

Hors ligne Kanimp

  • Calame Supersonique
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Re : Elle a hurlé
« Réponse #5 le: 03 Avril 2014 à 22:58:55 »
C'est moi qui n'est pas clair. Comme la semaine qui suit un changement d'heure.

Citer
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Elle est, étendue sur le lit, sa tête dans le vide, terrifiée, et me regarde sans me voir. Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent prendre l’expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, et implorer ma clémence. Il est trop tard.

Il est trop tard, car il a décidé de la tuer et va le faire. (Elle est à l'état de cadavre mais elle agit.)
Il est trop tard, parce qu'il l'a déjà tuée ; son visage a gardé l'expression du moment de son dernier souffle.
Avec tes explications d'avant j'avais compris.
Mais à la première lecture au moment où je découvre l'histoire c'est pas du tout le cas.
Tous les paragraphes qui précèdent le protagoniste espère ne pas l'avoir tué, mais crois qu'il la fait.
Pour contrôler, il entre dans la pièce.

Il y voit:
Citer
Elle est, étendue sur le lit, sa tête dans le vide, terrifiée, et me regarde sans me voir.
Elle agit, elle est belle et bien vivante.

Citer
Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent prendre l’expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, et implorer ma clémence.
de son dernier souffle, je le prends comme un futur proche.

Citer
Il est trop tard.
Qu'il lui refuse.

Je suis entièrement d'accord, une fois que l'on sait qu'elle est bel et bien morte, la description est magnifique.
Dans la foulée du texte en le découvrant, c'est plus litigieux.

Citer
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     Peu à peu les souvenirs reviennent, aussi violents et cruels que je l’ai été. Alors que d’une voix brisée et entrecoupée de sanglots elle implorait ma pitié, je l’ai prise contre moi, la serrant, une main sur ses lèvres et l’autre dans son cou. Je ne sais pas si elle me suppliait de la laisser en vie ou bien de l’achever. Mais c’est ce que j’ai fait. D’un geste vif, un craquement sec, ses pleurs ont cessé brusquement et je l’ai sentie se raidir dans mes bras.

Il se rappelle l'avoir tué. La scène est bien écrite au présent mais commencent par "Peu à peu les souvenirs reviennent, ..." donc c'est du passé.
Dans toute cette partie en fait il revoit la façon dont il l'a tuée, en regardant ses blessures. (Et ce n'est pas écrit au présent mais au passé composé.)
Je ne parlais pas des temps employés mais du contexte. Comme "Peu à peu les souvenirs reviennent" est bien  au (à l'instant) présent. Souvenir fais référence à des actes passés.

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Hors ligne Chat-noir

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Re : Elle a hurlé
« Réponse #6 le: 03 Avril 2014 à 23:36:22 »
Bonsoir à toi... :)

Voici un bien bon texte qui me rappelle un peu Poe, abordant la folie gagnant peu à peu un homme commun et banal... Seulement, il me manque un élèment pour déguster pleinement ce crime : les explications... Effectivement, on a le meurtre, l'hémoglobine, tout ça, tout ça... Mais on a pas le mobile et du coup, cet assassinat en devient presque inintéressant puisqu'il n'y a pas de mystère !
C'est donc le seul point qui m'ai déranger... :)
" Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. " - Edgar Allan Poe

Hors ligne Underwood

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Re : Elle a hurlé
« Réponse #7 le: 06 Avril 2014 à 10:20:55 »
Bonjour,

  ta nouvelle est intéressante, le sujet me parle, et beaucoup des images que tu emploies sont pertinentes.  :)

  Cependant j'avoue avoir eut un peu du mal à me plonger au cœur de la scène. Après plusieurs lectures, certaines des tournures que tu utilises me dérangent quelque peu:

"Elle a hurlé, un cri strident"
Redondance entre hurlement et cris.

"Je me réveille, ainsi effondré sur ma chaise, ce papier vierge entre les mains..."
C'est ici un avis purement personnel mais je verrais plus
"Je me réveille, effondré sur une chaise, un papier vierge entre les mains..." le caractère  indéfinis te permettant d'accentuer le fait que ton personnage est perdu, peu à peu il retrouvera la mémoire par la suite.

"Un éclair, une vive lumière suivie de son coup de tonnerre, et je tressaille, et je n’ose plus avancer"
Répétition qui alourdit la phrase.
Un éclair, une vive lumière suivie de son coup de tonnerre,  je tressaille n’osant plus avancer...

"Aurai-je le courage d’ouvrir les yeux pour découvrir la vérité, celle que j’appréhende, celle que je refuse de croire ?...
...Celle que j’appréhendais et refusais de croire"
Une autre répétition selon moi (peut être volontaire...?).

"Je ne parviens toujours pas y croire"
Un petit oubli   ;) , toujours pas a y croire.

"Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent prendre l’expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, et implorer ma clémence"
Tu utilise encore deux fois la conjonction et. Tu peux éviter cela en usant encore d'un participe présent. Ensuite l'utilisation du verbe prendre ici me parait inappropriée. En effet, elle est déjà morte, ton personnage ne fait que le constater (du moins c'est ce que j'ai cru comprendre lors de mes lectures).
Ses yeux, déjà presque aussi pâles que son visage de porcelaine, semblent garder l'expression de douce appréhension et d’incompréhension de son dernier souffle, implorant par là même ma clémence...

"une main sur ses lèvres et l’autre dans son cou..."
une main sur ses lèvres, l'autre serrant son cou. Peut être?....

 Autre avis personnel. Il est possible que l'utilisation de phrases plus courtes puisse mieux rendre l'état d’esprits de ton personnage (après tout il est en état de choc). Le tout en séparant plus le coté introspectif des pensées de ton héros et un coté descriptif plus omniscient. ( mais je ne sait pas si je suis bien clair la  :-[)

 A l'inverse je ne suis pas d'accord sur l'apport d'explications quand au mobile du meurtre demandé par Chat-noir. A mon humble avis laisser le lecteur dans le flou peut permettre de le maintenir en haleine et ce afin d'envisager un développement ultérieur.

 Voila beaucoup de critiques de ma part mais c'est avant tout parce que je pense qu'en affinant quelque peu, il y a moyen de faire un truc sympa. Le tout sur fond de musique Creepy  ;)

  Au plaisir de te lire.
 


A vaincre sans péril, triomphe sans gloire.

Hors ligne Soul

  • Aède
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Re : Elle a hurlé
« Réponse #8 le: 07 Avril 2014 à 19:45:42 »
Merci à tous pour vos commentaires :D

Underwood, merci pour tes suggestions, j'en ai retenu pas mal - certaines répétitions ou redondances étaient effectivement voulues mais si elles dérangent je les enlèverai.
Et en ce qui concerne cet oubli, c'est un "à" que j'ai oublié  ^^

Pour la suite, je ne sais pas encore, ce sera peut-être un procès, un autre meurtre, ou ce qui précède celui-ci, je ne sais pas trop... Il y aura quelques explications en tout cas.
« Modifié: 07 Avril 2014 à 19:48:51 par Soul »

Hors ligne Chat-noir

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Re : Re : Elle a hurlé
« Réponse #9 le: 07 Avril 2014 à 23:09:43 »
Merci à tous pour vos commentaires :D

Underwood, merci pour tes suggestions, j'en ai retenu pas mal - certaines répétitions ou redondances étaient effectivement voulues mais si elles dérangent je les enlèverai.
Et en ce qui concerne cet oubli, c'est un "à" que j'ai oublié  ^^

Pour la suite, je ne sais pas encore, ce sera peut-être un procès, un autre meurtre, ou ce qui précède celui-ci, je ne sais pas trop... Il y aura quelques explications en tout cas.

Ha, ce n'était pas finis ! Me voilà rassuré ! :) Donc je retire ce que j'ai dit sur le mobile du meurtre : s'il y a une suite, son absence n'est pas dérangeante ! :)
" Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. " - Edgar Allan Poe

 


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