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Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?

Auteur Sujet: Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?  (Lu 3876 fois)

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #15 le: 24 Avril 2020 à 04:09:55 »
Je suis tombé sur un Balance ton post génial, "Le bonheur est-il possible sans sexe ?"

Il y a une diversité de fou parmi les invités, mais je saurais pas les décrire.
Bref, j'ai pensé que ça pourrait intéresser.

Hors ligne Dot Quote

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Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #16 le: 20 Septembre 2020 à 08:06:45 »
perso, je sais pas si c'est une douleur infantile ou pas, mais c'était plutôt une question inverse que ma vie m'a vu me poser très longtemps :
- "est-ce que je peux être parmi ces humains omniprésents et heureux malgré tout ?"
et surtout, par non-contingent de la situation : "comment ?"

du coup ici ça prend le problème à l'envers, je dirais donc très maladroitement malgré que ce sujet me fait réfléchir énormément, que oui, en dépit du caractère social de l'humain surpeuplé (heu non, celui-là ne sait que se foutre sur la tronche on dirait), eh bien il peut se révéler très agréable de s'extraire un peu de ce qui est remarquablement aliénant dans les conventions populaires de rassemblement...



bon après y'a des philosophes qui se sont penchés sur la question, qui en fait, n'est qu'une expérience de pensée et rien de très palpable... oui car la vie jusqu'à preuve du contraire, est histoire de transmission entre individus, d'un truc qu'on sait pas trop ce que c'est d'ailleurs, d'où la pertinence des questionnements métaphysiques lui étant associés

"l'enfer, c'est les autres" - Sartres
bon le mec il dit pas qu'il veut être seul, il dit qu'il souffre des autres ; l'un pas est si facilement franchi, et pourtant...

"On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul." - Schopenhauer
bon là c'est une formule un peu biaisée, qu'on peut facilement remettre en question actuellement ; mais j'adhère, quand je vois des groupements sociaux, couples ou amis ou sociétés, qui revendiquent l'amour, le bien commun étout, pis qui affichent que des conflits plus ou moins explicites, aimant non pas se retrouver seuls, mais juste fuire un environnement pluriel qui les a excédés, en allant en fréquenter un autre immédiatement après...



ensuite, je crois qu'il est incontournable de parler de la notion de dépendance, qui regroupe en un seul terme tout le sujet de la question : est-on, au final, dépendant, indépendant, ou interdépendant ? il parait que les personnes âgées peuvent perdre leur sociabilité à mesure qu'elles perdent des capacités leur étant soi-disant relatives, à commencer tout bonnement par ce qui est évident dans le rapport à l'environnement : les sens physiques, en tant que moyens directs d'interaction...

pour l'extrême de cet exemple, le film 'Johnny s'en va en guerre' est assez parlant, car si le protagoniste amputé et destitué à l'extrême de pas mal de moyens d'indépendance, subit la morale positive des producteurs du film, et retrouve le bonheur justement grâce à l'interaction ultra-limite d'un contact physique et émotionnel avec le personnel médical ; le film ne détourne absolument pas pour autant la question de l'interaction en tant que motif du bonheur social, et lui répond donc par cette morale positive, selon laquelle on a beau être coupé de tout ou presque, eh bien si subsiste dans le néant existentiel, un espoir de contact et sa réalisation minime, alors tout est sauvé pour le bonheur...

mais dans les faits voilà, l'isolation a ses effets prouvés plus ou moins par les sciences humaines, et est un facteur de démence potentielle...



pour continuer, récemment le distinguo se fait entre ce qu'on peut appeler 'être seul' :
- la solitude, choisie et nécessaire notamment pour penser
- l'isolement, pré-totalitaire car subi
- la désolation, également à caractère néfaste car l'individualité est niée

mais encore ici, je pourrais facilement me contredire avec les antinomies engagées... pourquoi choisir d'être seul alors que je sais que c'est un effet dangereux ? jusqu'à où subir ou être responsable de la solitude ? le rejet, l'accident, sont-ils forcément subis ? le départ est-il vraiment seulement un choix ?

du coup je reste sur l'idée qu'aucune réponse à la question posée de manière fermée, ne saurait vraiment être catégorique, et d'une il convient à chacun de réaliser que la notion est toute personnelle, ce que la plupart n'ont pas de mal à faire, à l'inverse d'une capacité à en rendre un compte autonome j'ai l'impression : s'arrêter à faire des phrases visiblement déjà travaillées sur la question par d'autres avant nous me fait juste dire que la métaphysique traîne ici et que du coup, c'est d'action personnelle qu'il faut se satisfaire intérieurement...



de fait, pour parler en mon nom, je dirais que l'objet de ma phobie, les gens humains, me tient de manière assez radicale dans ma solitude qui se rapproche de l'isolement et de la désolation... pour raconter ma vie, j'ai passé durant les 20 premières années de celle-ci, de très longs moments seuls, de très rares moments en groupe, et de très rares desdits où j'étais heureux ; et puis j'ai réalisé cette nécessité d'interaction pour les prérogatives de notre humanité, dans laquelle le solitaire n'a que de moins en moins de moyens d'exister : on peut se retrouver seul, certes, mais le confort et l'accès aux modalités d'existence se fait par la société... lors de ma décompensation schizophrénique, j'ai donc réalisé qu'il m'était impératif de me lancer dans la comédie sociale entretenue qui m'effraie tant, et là ça a été douloureux ; j'ai essayé de prendre le taureau par les cornes, et aujourd'hui, huit ans après, je vois à quel point j'ai galéré pour des clous ; je suis encore plus détruit par ce que j'ai souffert auprès des autres, mais en plus de ça, j'ai contracté une forme de dépendance sociale que je trouve immonde, ce besoin d'aller fureter là où y'a du gens, pour... ? quelles raisons ? 0O aucune idée, si ce n'est le confort d'une vie socialement acceptée, ce dont je vais vite m'éloigner, car c'est pas dans mes projets...

je me suis jamais senti aussi accompli et vibrant que lors de ces solitudes infantiles ou adolescentes que j'ai abandonné afin de m'intégrer, mais vers lesquelles je me sens revenir à la fois par choix et par contrainte : je fuis volontairement, c'est un mix des deux, la douleur subie face à autrui, et le choix de ne plus m'y frotter...



pour finir, je crois que le film 'The fountain' montre bien toute la métaphysique du truc, surtout avec l'image du Dernier, sur son astéroïde, complet et unique...

mais non ! il y a un arbre !

...
.

Hors ligne Paf

  • Aède
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Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #17 le: 20 Septembre 2020 à 11:22:00 »


Si je veux rebondir sur le post d'Extasy et considérer la question d'un point de vue purement sexuel, alors je suis catégorique : oui, on peut être heureux sans sexe ! Il y a d'autres manières que le sexe de ressentir du plaisir (pensez au film "intouchable" : le gars qui se fait masser les oreilles pour avoir son pied, c'est caricatural, mais...), voir même de déclancher la production de certaines hormones (CF la grande mode aux US de l'orgasme tantrique ).

Je suis asexuelle (et homoromantique).
Je n'ai jamais souhaité avoir des relations sexuelles avec personne. Par contre, n'étant pas aromantique, je ressens un manque d'une affection plus exclusive que l'amitié.
Donc je suppose que je me classe dans la case "qui n'est pas heureux d'être seule" : mais ça n'a pas de rapport avec le sexe (donc le couple traditionnel ?) pour moi.

Par contre, ce qui caractérise l'aromantisme, c'est bien l'absence de besoin de nouer cette relation particulière avec quelqu'un d'autre ; et ça, sans sensation de manquer de quelque chose (sinon ça relève du problème psychologique/social et non de l'orientation sexuelle).
Certaines personnes sont tout à fait heureuses comme ça. 

Petite disgression sur mon asexualité si ça intéresse (et parce que la fille dans l'émission est assez peu claire je trouve) :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Et puis... Pour reprendre ce que disait Opercule, c'est quoi "être seul.e" ?

Être célibataire VS en couple ?
Mais alors vous placez de quel coté les gens qui n'ont pas de conjoint mais un amant régulier furtif ? Les gens qui papillonnent, les couples pour 3 jours, ceux qui sont en couple longue-distance, les sexes-friends, les relations à plusieurs, ect ect ?

Mais si on définit le fait d'être seul par le fait de ne pas avoir de relation privilégiée avec une autre personne, ou se situe la frontière avec les amitiés, la famille ? Ou se situe la frontière entre l'ami et le bon voisin/collègue ? Entre la vague connaissance, cette personne à qui on dit bonjour parce qu'on la croise tous les jours sans rien savoir d'autre d'elle, et l'inconnu total ?

Ces frontières seront différentes pour chaque personne, donc "être seule" aura déjà un sens différent pour chacun.
(Comme le montre les deux posts précédents d'ailleurs : Extasy résume à peu près la solitude à la non-sexualité, quand Dot l'étends carrément à l'absences d'autres humains dans sa vie. Mais on peut aller encore plus loin que Dot en prenant en compte les animaux de compagnie ! )

Du coup, je pense que celui qui souffre de la solitude aura tendance à placer la ligne "solitude"  au-dessus de sa propre situation, alors que quelqu'un d'épanoui (full social ou full solitaire, peu importe) aura tendance à tirer la ligne en-dessous de lui (CF ceux qui ne compte pas le célibat comme une solitude).

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #18 le: 20 Septembre 2020 à 12:29:02 »
J'ai relu le post initial... En vérité, ça ne veut plus dire grand chose aujourd'hui tant les modes de vie sont variés. La famille au sens de jadis, ben on en voit de moins en moins. Il y a ceux qui enchaînent les coup d'un soir, qui seront seuls avec du sexe. Ceux en couple asexuels, ceux qui sont polyamoureux, ceux qui sont en couple sans vivre dans le même logement, et donc qui se voient par intermittence. Il y a même des couples virtuels, si on veut bien les comptabiliser comme tel (ça dépendra de la définition qu'on se donne).

Bref, du coup je questionne la question  :mrgreen:, comment faut-elle la comprendre ? Besoin affectif ou sexuel ? Présence d'une personne en continu, ou une présence chaleureuse dans sa vie suffit, même très intermittente ? Pour moi, ma réponse d'aujourd'hui c'est que c'est possible de vivre seul, mais que je serais toujours plus heureux avec plus d'affection...  ^^

Hors ligne Miromensil

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Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #19 le: 20 Septembre 2020 à 13:26:22 »
La question de départ était très sobre volontairement et c'est vrai que du coup elle pose des sous-questions de définition ^^ Je trouve que Paf y répond bien dans son post, en disant que ça dépend des gens.

Pour moi la solitude est surtout un souhait  :mrgreen: A l'heure actuelle on est 5 dans une petite baraque et ça grouille de cris et de vie un peu partout, je ne suis pas vraiment seule du tout (et pour le coup je l'entends vraiment au premier degré même si on pourrait raffiner ça).

BartK

  • Invité
Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #20 le: 06 Novembre 2020 à 22:40:41 »
Tout dépend, effectivement, si c'est un souhait ou, mieux encore, un choix ; si ce n'est pas le cas, c'est une autre histoire .
C'est un peu comme si on posait la question :Existe-t-il une différence entre regrouper les gens pour les isoler et isoler les gens au nom du vivre-ensemble ? (Def: Mot magique en peau de lapin qui a trouvé grâce sous le bicorne d'un académicien) :P
Et qu'on poussait plus loin, en demandant : Sachant que, dans les deux cas, la cause et l'effet sont les mêmes, s'agit-il d'amour ou de haine ?
J'ai ma petite idée mais nous sommes sur un forum littéraire et je préfère laisser la parole à un auteur que j'aime et qui connait mieux ces choses là que moi.

Pierre Pascal dans sa traduction (1961_Éditions Garnier) de "Récits de la maison des morts" de Dostoïevski, nous donne, dans l'introduction, quelques extraits de lettres du bagne  destinés à nous donner la clé de l'ouvrage. :relou:
Dans une, expédiée dans le plus profond secret (les secrets n'ont qu'un temps), Dosto s'adresse à sa protectrice Natalie Fon-Vizine :
"Sous la capote du soldat, je serai toujours prisonnier. Et comme je suis content de trouver dans mon âme encore assez de patience pour longtemps, de ne pas désirer les biens terrestres, et d'avoir besoin seulement de trois choses : des livres, la possibilité d'écrire et être seul chaque jour quelques heures ! C'est ce dernier point qui m'inquiète beaucoup. Voici bientôt cinq ans que je suis sous escorte au milieu d'une foule d'hommes, et pas une seule heure je n'ai été seul. Être seul, c'est un besoin aussi normal que de boire et de manger : autrement, dans ce communisme forcé, on devient misanthrope. La société des hommes devient un poison, une peste, et c'est de ce supplice insupportable que j'ai le plus souffert durant ces quatre ans. Il y a eu des instants où j'ai haï n'importe qui, le juste et le coupable : je les regardais tous comme des voleurs qui me volaient ma vie impunément.Le pire malheur, c'est de devenir soi-même injuste, mauvais, ignoble : on en a conscience, on se le reproche même, et on n'a pas la force de se surmonter. J'ai éprouvé cela."

Un an plus tard, il écrivait à sa future épouse Marie Isaev :
"Cinq ans j'ai vécu seul, sans compagnie, sans avoir personne, au plein sens du mot,devant qui j'aurais pu déverser le trop-plein de mon cœur"

Hors ligne Aizenmajnag

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Re : Est-ce qu'on peut être seul-e et heureux-se ?
« Réponse #21 le: 23 Décembre 2020 à 14:22:29 »
Hum mon avis sur la question est mitigé... Etant célibataire y'a des hauts et des bas, des fois jméclate avec des amis ou même seul à la maiz. (c pas forcement ce à quoi vous pensez ._.)
Sinan chacun ses choix de vie, peu importe lequel, vous aurez des moments agréables et joyeux et d'autres tristes et difficiles...
L'abbé Pierre a vécu jusqu'à 96 ans en étant célibataire (enfin pas tt à fait il était marié à Dieu) il n'était pas forcément heureux (il priait chaque jour pour mourir) mais pas forcément malheureux (voir son âge)

Selon vos inspirations, rêves, vous vivez comme vous l'entendez.. A titre personnel j'ai choisi le célibat même si parfois j'ai eu envie de me mettre en couple.. Mais je ne regrette rien et s'il fallait je recommencerai

Voila
Amour Paix Bonheur
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