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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Petit Chaperon Rouge, selon Soul

Auteur Sujet: Le Petit Chaperon Rouge, selon Soul  (Lu 1395 fois)

Hors ligne Soul

  • Aède
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Le Petit Chaperon Rouge, selon Soul
« le: 05 Mars 2014 à 04:06:47 »
Bon, voilà, juste une idée comme ça, j'avais envie de me lâcher ; un style décontracté, un pointe d'humour sarcastique à mélanger dans mon côté skysophrène-pyromane. >:D Je sais que l'idée a dû être surexploitée, mais voilà, j'avais envie de me faire un délire "et si le loup était intelligent, ça donnerait quoi ?" :???:
Bref, bonne lecture  :)

Il était une fois, dans un petit village paumé au fin fond de la campagne, une petite fille qui vivait seule avec sa mère, que tous les habitants connaissaient. Sa mère avait fait pour elle une petite cape rouge qui lui seyait si bien que tous s’accordaient à l’appeler le Petit Chaperon Rouge – et aussi un peu pour lui pourrir son enfance.
Un jour, la mère du Petit Chaperon Rouge lui donna un panier avec une tarte aux pommes, de la confiture et d’autres conneries comme ça, et comme elle avait la flemme de bouger son cul, lui demanda d’aller le porter à sa grand-mère qui vivait au fond des bois. Parce que oui, la grand-mère du Petit Chaperon Rouge était une mamie rebelle, alors au lieu d’aller en maison de retraite elle s’était installée dans la forêt.
— Surtout fais bien attention à toi, ma chérie, lui dit-elle à son départ. Et prends garde au loup qui rôde dans les bois.
— Oui, oui, maman, répondit la petite fille, un peu agacée par tous ces avertissements. Relou, bougonna-t-elle en s’éloignant.
Bientôt, elle arriva dans la forêt qui, comme c’était le printemps, fleurissait de partout. Ou de toute part, si vous préférez, mais je ne fais qu’inverser deux mots. Et soudain, elle frissonna, et sentit qu’elle était suivie. Elle se retourna vivement pour voir, se tenant nonchalamment entre deux arbres, un loup qui la dévisageait avec un sourire narquois. Il approcha doucement :
— Bonjour, petite. Dis-moi, qu’est-ce qu’une enfant comme toi fait ici, seule dans la forêt ?
— Je vais apporter de la tarte aux pommes, de la confiture et d’autres conneries à ma grand-mère.
— A ta grand-mère ?
— Oui, je sais que c’est curieux, mais lorsqu’on lui a parlé de maison de retraite, elle s’est exilée dans les bois.
— Oh… elle doit se sentir très seule, ta grand-mère. Et si tu lui faisais un joli bouquet de ces fleurs, qu’il y a là-bas ?
— Excellente idée, monsieur le loup.
Crédule qu’elle était, la fillette posa son panier et alla en trottinant gaiement chercher de belles fleurs pour faire un superbe bouquet à sa grand-mère.
— Mère-grand sera ravie ! dit-elle joyeusement.
— Oui, c’est ça, Mère-grand sera ravie, murmura le loup qui la regardait avec un sourire cynique.
Alors que, lui tournant le dos, elle se baissait pour ramasser un coquelicot – ouais, dans mon histoire il y a des coquelicots dans la forêt – le loup s’approcha doucement, se baissa, ajusta sa trajectoire et bondit furieusement sur le Petit Chaperon Rouge. Elle ne put rien faire.
Ses griffes se plantèrent dans ses épaules, ses crocs dans sa nuque, et elle s’effondra sous le poids du fauve qui l’assaillait. Elle tenta tout de même de se débattre, et parvint en roulant sur le dos à lui asséner un coup de pied au flanc qui l’éloigna une seconde. Mais le loup se retrouva sur elle et, plantant ses griffes sur son visage pour écarter sa tête et ses cheveux qui le gênaient, il se pencha pour essayer de mordre son cou. Il y parvint plusieurs fois, le sang coulait à flot, invisible sur la cape rouge.
Une griffe se planta dans son œil et elle poussa un cri strident. La douleur l’empêchait de se mouvoir, le sang coulait sur son visage et déposait dans sa bouche un désagréable gout métallique, jusqu’au fond de sa gorge. Fébrile à la vue de tout ce sang dont l’odeur attisant sa rage, le loup serra ses pattes arrière sur les flancs de l’enfant, qui se mirent aussi à saigner, lui arrachant d’autres cris. Il crut même un instant que ses griffes avaient pu saisir les viscères de la petite fille.
Alors qu’elle s’affaiblissait et peu à peu cessait de se débattre, il parvint à mordre la jugulaire qu’il visait. Il lui fallut deux coups, pas plus, deux coups de crocs pour la rompre et tuer l’enfant. Essoufflé, il se laissa glisser du cadavre, et le regarda un moment, reprenant son souffle, avant de lui arracher ce qui restait de vêtements.
Non, le loup n’était pas pédophile, seulement le tissu n’est pas très digeste. Il dévora l’enfant et s’en fut, ne laissant derrière lui que cette mare de sang au milieu des fleurs, et la cape rouge en haillons qui ne saurait seoir qu’au Petit Chaperon Rouge.
Cependant il n’en avait pas terminé : pas encore repu, et empressé, il s’élança à travers le bois vers la maison de la grand-mère de son dernier repas, qu'il put bientôt apercevoir au milieu d’une clairière. Il s’arrêta de courir, se léchant les babines, et avança posément jusqu’à la porte qu’il frappa de trois coups sec. De l’autre côté, une voix faible et éraillée lui dit doucement :
— Tire la bobinette et la chevillette cherra, mon enfant.
Le loup eut malgré lui un petit rire, tout excité qu’il était, mais s’efforça de se maitriser et ouvrit la porte. Ne voyant personne là où elle s’attendait à voir le visage de sa petite-fille, la grand-mère dans le lit – oui, comme à cette époque indéterminée les femmes bossaient pas, elle a pas eu grand-chose pour sa retraite, la mamie rebelle, donc il n’y a qu’une pièce dans sa maison – chercha ses lunettes pour y voir plus clair.
A pas de loups, l’animal s’était faufilé jusqu’à la table de chevet où se trouvaient les lunettes et, alors qu’elle tendait sa main pour essayer de les prendre, il la mordit sauvagement. Elle cria, de douleur et de surprise. Le loup avait espéré que son âge la trahisse et que la peur lui provoque une crise cardiaque, mais non, elle était toujours en vie.
— Alors on va s’amuser, dit-il, la main de la vielle femme toujours entre les dents.
— Mais… mon enfant, que tu as de grandes dents !
— C’est pour mieux de manger, mamie !
D’un geste aussi brusque que puissant, il la tira du lit, la traina vivement jusque dans l’âtre de la cheminée où crépitait un feu qui réchauffait agréablement la seule pièce de la maison. Sa chair brûlant et se mourant dans les flammes, elle se mit à hurler, incapable de se tirer de la cheminée. Le loup éclata d’un rire mauvais, et lança :
— Désolé, mais la chair putréfiée c’est pas très bon pour la santé.
Il attendit, la dévisageant avec un sourire sarcastique, qu’elle cesse de se débattre et de pousser ces cris étouffés, anéantie, tuée par le feu qui consumait sa chair, et puis la tira de l’âtre où il l’avait jetée.
Comme il l’avait fait du Petit Chaperon Rouge, il dévora la grand-mère. Enfin repu, il se jeta sur lit pour piquer un somme, sacrément satisfait de cette journée.
Mais tout n’était pas encore terminé. Lorsqu’il s’éveilla, il prit les vêtements de la vieille que le feu n’avait pas détruits, mit ses lunettes sur son museau, prit avec lui un couteau de cuisine dont l’utilité sera révélée plus tard, et s’enfila sous la couverture.
Peu de temps après, le chasseur qui surveillait cette forêt passa devant la maison de la grand-mère. Il aimait bien cette vieille dame, et passait souvent chez elle pour voir si tout allait bien, ce qu’il s’apprêtait à faire. Il vit en approchant que quelque chose n’allait pas : la porte était laissée entrouverte. Serrant son fusil, il l’ouvrit pour se glisser à l’intérieur, et s’écria :
— Qui est là ?!
— Ce n’est que moi, mon enfant, dit le loup en imitant la voix de la vieille.
— Oh…
— Pourriez-vous poser cette arme, s’il vous plaît ? Vous m’inquiétez.
— Oui, bien sûr, dit le jeune homme en posant son fusil dans un coin de la seule pièce. Je me suis un peu inquiété en voyant que la porte était…
— Ouverte ? s’écria le loup avant de bondir sur le chasseur, plantant furieusement ses griffes dans sa poitrine.
L’homme tomba en arrière, et le loup planta le couteau dans ses deux mains jointes au-dessus de sa tête pour les fixer au sol. Le chasseur cria de douleur, puis lança :
— Toi ?!
— Ça fait longtemps que j’attendais ce moment, dit le loup en se léchant les babines.
— Mais… où sont la grand-mère et la petite fille ?
Le loup se mit à rire :
— Ne t’en fais pas, tu vas bientôt les rejoindre !
Mais au lieu de mordre sa gorge comme il s’y attendait, le loup s’écarta doucement de sa proie, et se mit à tourner autour d'elle.
— Hm, que vais-je bien pouvoir t’infliger, pour te faire payer tous les vices que tu fais subir à mes congénères ?
L’homme se mit à trembler de peur, craignant d’être torturé par le fauve qui le fixait avec des yeux malicieux.
— Oh, je sais.
Le loup prit à sa ceinture le couteau du chasseur, celui dont il avait l’habitude de se servir pour éventrer ses prises. Il ferma les yeux lorsque la pointe du couteau toucha sa chair, juste en dessous du sternum. La lame s’enfonça doucement, tout doucement, trop lentement, dans la chair de l’homme qui gémissant en serrant les dents. Elle toucha son cœur, qui une seconde cessa de battre. Mais le loup voulait pour lui une mort bien plus longue. Il tira tout aussi lentement le couteau le long de son ventre, leeeeeeeeeentement.
L’homme pouvait sentir la douleur cinglante traverser son corps, qu’il sentait doucement s’ouvrir, exposant sa chair, son sang, ses organes à l’air froid de l’extérieur. Le loup arrêta le couteau au niveau de ses intestins, qu’il enroula doucement autour de la lame.
— Dis-moi, les chasseurs vident leurs proies, avant de les manger, n’est-ce pas ?
Le loup fit lentement ressortir le couteau, avec l’intestin qu’il y avait accroché. Plusieurs fois, la douleur avait manqué de faire perdre connaissance à sa victime, mais, bien qu’il aurait préféré être inconscient, il tenait bon. Le loup lui arracha un par un, avec cette lenteur qui était la pire des façons de faire, ses organes ; les reins, et puis l’estomac, et puis le foie.
Après ces longues minutes de souffrance, de sang et de boyaux que le loup lui jetait dessus, il finit par périr. Enfin. Le loup éclata de rire et, comme pour ces précédentes victimes, il dévora sans scrupule le chasseur, savourant cette vengeance qu’il tenait enfin.
Et puis, repu de nouveau, et bien incapable de batifoler à sa guise, il s’appropria la maison de la grand-mère – bien sûr, il refit la déco.
Et depuis, on raconte que tous ceux qui ont osé s’approcher de cette maison qui semble abandonnée ont été capturés et tués de façon particulièrement cruelle : les femmes brûlées vives, et les hommes éventrés.

Moralité ? Quand on a la flemme de faire quelque chose, on le file pas à faire à ses gosses. T’entends ça, maman ?!!
« Modifié: 05 Mars 2014 à 16:02:24 par Soul »

Hors ligne Murphy Yamon

  • Scribe
  • Messages: 71
Re : Le Petit Chaperon Rouge, selon Soul
« Réponse #1 le: 05 Mars 2014 à 13:44:00 »
Ca serait pas plutôt un délire "et si le loup était psychopathe, ça donnerait quoi ?"  :D
Je m'attendais pas à une comédie gore mais j'avoue que c'est plutôt bien fait. Les remarques sarcastiques font sourire et les moments d'horreur sont parfaits dans leur genre. Le meilleur passage reste quand même la morale, qui m'a vraiment fait rire pour le coup.
Pas de fautes à ma connaissance, mais faut dire que je suis pas un expert en la matière non plus. (A part une faute de frappe ==> "c'est pour mieux de manger, mamie" .) A part ça, je vois pas trop quoi dire de constructif, je vois cette réécriture comme une histoire à lire sans se prendre la tête et ça fait tellement du bien.

Hors ligne Phenixa

  • Tabellion
  • Messages: 23
  • ''What is life without a bit of magic''
Re : Le Petit Chaperon Rouge, selon Soul
« Réponse #2 le: 05 Mars 2014 à 21:18:36 »
J'adore le côté et dément de ton loup ! On a tellement vu plein de variantes du Petit chaperon rouge, mais à chaque fois l'histoire revient au même. Ici, c'est complètement le contraire...

Si je peux dire quelques ''défauts'' dans tes phrases,

-du fauve qui l’assaillait: fauve... Je ne sais pas si vous aussi, mais pour moi ça me fais plus penser à un félin, genre un gros tigre ou un lion, mais pas un loup. Peut-être que ce n'est qu'une impression et que le mot s’apprête également pour un loup.
 
Mais, bref, ton histoire est plutôt drôle et c'est agréable à lire ;)
''What is life without a bit of magic''
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Hors ligne zarem

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : Le Petit Chaperon Rouge, selon Soul
« Réponse #3 le: 06 Mars 2014 à 14:02:36 »
Aaaah moi aussi j'en ai une avec le chaperon rouge, mais ça se passe pas du tout comme ça lol!

énorme ce texte, un vrai truc de psychopathe, je vote pour!

bien raconté, bien sadique, de la bonne quoi: "he mec, tiens lis, c'est de la bonne mec... tire là-dessus tu va kiffer!"

Je ne m'attendais pas à une telle version du chaperon rouge!

bravo et bien écris!^^

 


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