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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Léon's world

Auteur Sujet: Léon's world  (Lu 1638 fois)

arabesque

  • Invité
Léon's world
« le: 01 juillet 2014 à 21:59:04 »
Premier essai de début of begining de roman ;) Si il y a du langage familier par moments, je m'en excuse pour ceux qui s'en offusqueront ^^


Prologue : Cuite prochaine.

   Beuglements bovins. Ce sont les seuls bruits que l’on pouvait entendre à cette heure, en cette belle journée de samedi, dans un petit village de France nommé Grimmigny. Malgré un nom qui en « imposait », on aurait dû l’appeler Paumé-sur-vignoble. C’était un lieu bien sympathique, avec son marché ouvert le mardi, sa fameuse bibine aromatisée à la framboise, sa fête nationale du bouchon de liège et son centre-ville, vestige du moyen-âge. Mais plutôt isolé, en fin de compte.
Les hurlements bestiaux, eux, venaient du stade de rugby. Non seulement des joueurs, qui se collaient tampons sur tampons, mais aussi venant des supporters venus  des quatre coins du village et qui vociféraient des énormités à faire pâlir  tenanciers de bar miteux et autres personnalités louches, et essayant de faire manger leurs bouteilles aux malchanceux qui encourageaient l’autre équipe. C’était la rencontre annuelle Grimmigny-Traguignan.
Du haut des gradins, un gros joufflu tenait une banderole aidé de son collègue sur lequel était marqué « on vas lés éclatés oyé oyé ». Une tâche longiligne qui semblait être de la bière faisait office de point d’exclamation. Des sifflets et différents cors de chasse –une tradition- ponctuaient les actions. Un peu plus en bas, un représentant des forces de l’ordre essayait de calmer les ardeurs, se faisant insulter mais répliquant gentiment. Il n’avait aucune envie de se faire taguer une verge sur son pare-chocs à la faveur de la nuit et des représailles.
Un grillage plutôt solide, à mailles resserrées, séparait le terrain des gradins. Un sombre individu aurait tôt fait sinon de se jeter à demi-nu sur le terrain en essayant de plaquer l’arbitre ou le coach du camp opposé.  Vous l’aurez compris, cette rencontre était source de vengeance pour les deux bords.
Il y avait deux ans, Grimmigny s’était imposé avec seulement quatre points d’écart. Mais l’année suivante, Traguignan leur avait infligé une humiliation cuisante avec plus de vingt points d’avance.
C’est dans cet esprit que Léon Greinnett, jeune demi de mêlée de 20 ans bientôt, posa le ballon au sol pour la dernière occasion de transformation du match. C’était simple : s’il la réussissait,  Grimmigny gagnait. Pas d’autres options. Des grognements se furent entendre de la part des deux équipes ; toute la pression fut bientôt sur ses épaules, pourtant frêles pour un rugbyman. Des gradins émanaient des « aalleeeeeez » ou des « il va loupeeeer ».
Notre botteur se concentra, visualisa la trajectoire comme le coach Bébert lui avais appris. Ce dernier était d’ailleurs en train de ronger sa casquette rouge délavée. Il inspira, s’élança et frappa le ballon ovale. Une jolie courbe se dessina, et toucha la transversale, pour finir en extérieur. Coach Bébert manqua de s’étouffer.
Le monde s’effondra sur le stade. Léon mis les deux genoux à terre pendant que l’autre équipe s’arrachait les tee-shirts. Dans les gradins, c’était l’hystérie ; Le malheureux fonctionnaire de police se prit une beigne et plusieurs coups de Naïke. Il resta dans le coma pendant une semaine. Notre rugbyman reçu des sifflets et une moitié de sandwich au thon ; il se releva ensuite, la tête baissée. Il avait fait perdre l’équipe.
Après des serrements de main à en décrocher les phalanges, notre infortuné et son équipe retournèrent au vestiaire. Léon se demanda s’il allait écoper du supplice de la biscotte pour de vrai. Manquerait plus que ça ! Pour les innocents qui ne connaîtraient pas cette joyeuse pratique, Google est votre ami.
En guise de réponse, pendant qu’il avait le dos tourné et qu’il se pencha pour ramasser ses baskets, une mandale claqua sec sur son crâne fourni. De facto, c’était Tommy Loretti.
En vérité, il n’avait pas peur de l’équipe en général. Ils étaient sympathiques, bons vivants en général, avec un penchant pour la bière. La seule terreur était le gros Tom, pilier de profession. Le coach aussi ne manquait pas de le frapper, mais plus gentiment, genre « bouge-toi les fesses ». Mais Tom, lui, prenait un malin plaisir à martyriser notre héros.
-   Merci de nous avoir fait perdre, abruti.
Léon déglutit.
-   … Y’avait du vent …
Il trouva lui-même sa réponse pitoyable. La brute lui fit un geste peu aimable.
-   Bien sûr. ça venait du cul de Lloyd.
L’intéressé leva sa bière, comme pour approuver. Il n’était pas très futé, à sa décharge. 
-   Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que tu nous fais un coup pareil, je m’occuperai personnellement de ton cas, brindille. Rend-toi compte ! Les supporters vont nous huer pendant un an !
Le botteur ne répondit pas. Il finit son sac rapidement, et partit du vestiaire.
-   Plus d’échec, compris !? Lança le massif personnage à l’encontre de l’ombre s’évanouissant dans l’après-midi.
Les supporters, pendant ce temps, burent pour oublier.






Chapitre I : Technicien de surface, pour vous servir.

   Pour rentrer chez lui, Léon décida de passer par le boulevard saint Georges. Il était sûr sinon de rencontrer les supporters aux yeux mauvais et à l’haleine douteuse sortant du stade. Un lynchage public, très peu pour lui. Passé la rue, il tourna deux fois à gauche, longea le parc, tourna à droite et monta les escaliers de son immeuble, le Jupiter, pour se retrouver à son appartement au deuxième étage.  C’était un petit T3, mais notre botteur s’en contentait, même si la tapisserie jaune délavée le faisait vomir. Il ne vivait plus avec ses parents depuis qu’il voulait se débrouiller seul ; en contrepartie, le travail trouvé avec seulement un bac ES était peu enviable. Technicien de surface ; un nom pompeux pour un travail pourri, telle était la définition trouvée par les syndicats. Récurer les sanitaires dans un lycée toute la journée n’était franchement pas joyeux, surtout quand il semblerait que les usagers ont tous la coulante. Léon frissonna à cette réflexion peu ragoûtante. Il devait justement pointer dans trois quart d’heure. Quelle veine, surtout que la veille, à la cantine scolaire, c’était chili con carne. Il re-frissonna.
   Il prit sa douche non sans penser à l’échec de la journée. L’eau battant sur son visage, il se remémora comment le ballon l’avait trahit. Un bleu à l’allure mauvaise à l’arrière de son crâne le faisait encore souffrir. Il donna un bref coup de poing dans le vide, comme pour chasser les mauvaises pensées, puis se sécha et se regarda dans le miroir. Comme d’habitude il fit une brève inspection de son corps. Pour vous détailler le personnage, il avait les cheveux d’un noir profond, assez longs, ondulants comme des vagues. Il avait les yeux verts, le visage longiligne et le teint mat. Il arborait aussi un tatouage représentant un scorpion noir sur son épaule droite ; il se l’était offert à l’occasion de son dix-neuvième anniversaire, sous prétexte que ça faisait « swagg ». Ses géniteurs trouvaient juste que ça faisait kéké des plages.
 Il se tâta,  banda ses muscles et s’observa, essayant de se rassurer.  Il avait des qualités et des défauts, comme vous et moi ; mais les plus notables étaient sûrement son manque de courage – surtout à l’égard de Tom, CQFD - et son narcissisme. Il aimait son visage, seul héritage potable de ses parents.
Il s’habilla, et sortit de chez lui en claquant la porte, occasionnant le réveil de Gégé, quatre-vingt ans et toutes ses dents, comme l’indiquait son éternel tee-shirt imprimé. Il  se rendit rue des olivettes à son lieu de travail. Le bâtiment n’avait rien d’impressionnant : grand et gris, c’est tout ce qu’on pouvait en dire. Des tags parcouraient les murs délavés, tels « le dirlo est une fiotte » ou l’éternel « fuck la polisse ». Franchement, les jeunes sont peu créatifs, pensa-t-il. Lui, quatre ans auparavant, avait gravé sur un pilier blanc lors d’une sortie à Agrigento « ma bite ». Ça, c’était de l’imagination. Il sourit.
Notre A.S.H se changea dans une petite pièce aux murs verts clairs, d’un goût horrible en somme. Il laissa échapper un juron en mettant ses Crocs réglementaires pour le nettoyage.  La pire invention de l’histoire, selon lui ; D’un style dégueulasse et d’un confort discutable, d’autant plus qu’il nageait dans celles-ci.
Il empoigna son balai, baptisée Lucie. Notre ami prétendait que donner des noms aux objets permettait une meilleure « synchronisation » avec eux, comme pour sa basse prénommée Léna. C’était la seule superstition, avec l’horoscope, qu’il se permettait. En sagittaire, son signe, aujourd’hui était marqué : « Ne sortez pas de chez vous, la poisse arrive.» Ben tiens. Il aurait aimé être un lion, en fait. Ce jour-ci était indiqué comme quoi ça allait « péter le feu » pour nos amis félins.
Il se mit à quadriller le bâtiment, comme le plan le montrait. Salle 100, 101, 102, 103…  et sanitaires, le meilleur pour la fin. Le chili avait effectivement fait des ravages ; le  malheureux manqua de vomir. Il nettoya tant bien que mal, maudissant sa condition. Lui voulait faire pilote de ligne, nom de dieu ! Pas préposé aux chiottes ! Dès que la tâche ingrate mais nécessaire fut finit, il se lava les mains, puis se regarda dans le miroir.
-   T’es vraiment fait pour ça ? … Tom a raison, je suis qu’un pauvre abruti sans avenir.
Il secoua la tête puis se donna une claque. Donner raison à Loretti, jamais. Plutôt boire le contenu de son seau.
« Modifié: 01 juillet 2014 à 22:09:39 par arabesque »

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
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Re : Léon's world
« Réponse #1 le: 09 juillet 2014 à 14:25:16 »
Yop
Citer
Si il y a du langage familier par moments, je m'en excuse pour ceux qui s'en offusqueront ^^
N'étant pas offusquable facilement, je me lance ^^

Prologue
Citer
Non seulement des joueurs, qui se collaient tampons sur tampons, mais aussi venant des supporters venus
Je virerait le "venant"
Citer
on vas lés éclatés oyé oyé »
Je suppose que les fautes sont voulu mais le "lés" me semble un peu gros
Citer
à la faveur de la nuit et des représailles.

Ici le zeugme fonctionne moins bien je trouve
Citer
Notre rugbyman reçu des sifflets et une moitié de sandwich au thon
La par contre ça fonctionne mieux
Citer
Pour les innocents qui ne connaîtraient pas cette joyeuse pratique, Google est votre ami.
Euh, la on quitte un peu le cadre du texte je trouve

Chap 1
Citer
Il devait justement pointer dans trois quart d’heure.
Mais il était à quel heure ce match. C'est un peu étrange qu'il enchaine dans la même journée non?
Citer
CQFD
Cqfd ça sort aussi un peu du texte



Bon, j'ai pas franchement accrocher. c'est pas tant le coté familier qui me gêne que l'aspect un peu convenu de la narration. En soi, ce que tu raconte, tes persos tout ça c'est pas mal écritmais c'est un peu "facile", je trouve
Après c'est peut être que moi.
Une prochaine fois peut être

Au plaisir

Hors ligne stacy16

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Re : Léon's world
« Réponse #2 le: 09 juillet 2014 à 14:43:27 »
Excellent! Fluide, jusqu'à la fin. J'aime le style riche. Parfaites ces dernières phrases:
"Lui qui voulait faire pilote de ligne, nom de dieu! pas préposé aux chiottes!"
"Il secoua la tête puis se donna une claque. Donner raison à Loretti, jamais. Plutôt boire le contenu de son seau."
Stacy16

Maxie

  • Invité
Re : Léon's world
« Réponse #3 le: 09 juillet 2014 à 16:29:13 »
C’était un lieu bien sympathique, avec son marché ouvert le mardi, sa fameuse bibine aromatisée à la framboise, sa fête nationale du bouchon de liège et son centre-ville, vestige du moyen-âge.
Moyen-Age avec des majuscules ?
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Les hurlements bestiaux, eux, venaient du stade de rugby.
:coeur: amusante cette phrase.
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Non seulement des joueurs, qui se collaient tampons sur tampons, mais aussi venant des supporters venus  des quatre coins du village
ah ah quatre coins du village :)
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Du haut des gradins, un gros joufflu tenait une banderole aidé de son collègue sur lequel était marqué « on vas lés éclatés oyé oyé ».
c'est un peu pléonasmique ce gros joufflu...
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Une tâche longiligne qui semblait être de la bière faisait office de point d’exclamation.
:coeur: bien trouvé !
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Le monde s’effondra sur le stade.
un peu cliché, mais finalement cela se fond dans le texte puisque le reste est un pure délice imaginatif !
[
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Léon mis les deux genoux à terre pendant que l’autre équipe s’arrachait les tee-shirts. Dans les gradins, c’était l’hystérie ; Le malheureux fonctionnaire de police se prit une beigne et plusieurs coups de Naïke.
il n'y a pas de majuscule après un point virgule ;)
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Notre rugbyman reçu des sifflets et une moitié de sandwich au thon ;
:coeur: atypique ! J'adore !
 
Citer
Léon se demanda s’il allait écoper du supplice de la biscotte pour de vrai. Manquerait plus que ça ! Pour les innocents qui ne connaîtraient pas cette joyeuse pratique, Google est votre ami.
un peu spécial d'écrire d'aller chercher sur google... :o

hip hip hip : hourra. C'est excellent ce texte ! J'ai adoré du début à la fin ! J'ai hâte de lire d'autres de tes textes !Félicitations !
« Modifié: 09 juillet 2014 à 16:34:02 par Maxie »

 


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