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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les pianos du chef d'orchestre

Auteur Sujet: Les pianos du chef d'orchestre  (Lu 1326 fois)

Hors ligne Freeen

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Les pianos du chef d'orchestre
« le: 27 Janvier 2014 à 19:51:31 »
Les pianos du chef d'orchestre

ll les ecoutait jouer de ses maigres oreilles, sa peau ridée tremblotait lors des crescendos et s'affaissait quand les instruments se taisaient. Agitant ses bras avec force, il donnait l'harmonie à tous ces objets. Violons, trompettes, flutes, percussions, tous répondaient présents à son appel et réagissaient avec fureur à ses gestes, tel un dictateur haranguant la foule de ses partisans.

Le concerto s'acheminait vers sa fin en une longue note aiguë. Le calme revenant, suivi d'applaudissement discordant avec la beauté du son qui venait de s'éteindre. Le chef d'orchestre salua le public puis partit rapidement, dédaignant les journalistes et autres personnalités politiques ou sociales qui n'avaient pour but que de faire parler d'eux. Son chauffeur l'attendait, comme toujours, accueillant son maitre avec admiration et dévouement et le conduise en douceur vers sa maison en dehors de la ville, ultime refuge de ses désillusions.

Montant péniblement les marches de son perron et entrant dans le hall de sa demeure, laissant le soin à ses domestiques de ranger ses affaires, il alla directement dans sa pièce, le théâtre de sa vie, son lieu de repos et de ses rêves perdus. Sa vie avait été longue, trop longue à son gout. Longue et ennuyeuse... pas d'épouse ni d'enfants, rien de cela l'intéressait. Les femmes n'étaient pour lui que des choses impures, seulement dignes pour les histoires d'un soir et encore ! Quant aux enfants, rien d'autre que des créatures faible et gémissant, pleurant pour un oui ou pour un non. Seul l'amour de la musique lui permettait de rester en ce bas monde. L'amour d'un orchestre qui s'accorde ensemble pour faire sortir de ces bouts de bois et de métal un chant mélodieux et puissant.

Ruminant ses sombres pensées, il s'approchait à petit pas de ses trésors couleur ébène, polis, entretenu avec soin depuis des années par son propriétaire. Les seules choses qui lui rendaient un peu d'humanité. Attrapant un chiffon tant bien que mal du bout de ses maigres bras, il se mit difficilement en tache d'enlever la moindre trace, d'éradiquer le moindre grain de poussière, de gommer la moindre imperfection. Nettoyant méthodiquement chaque pouce carré de surface, il effleurait de temps en temps les touches blanches des pianos. Comme il aurait aimé en faire... devenir le pianiste le plus célèbre, l'égal des plus grands... c'est la destinée qui le prédisposait à ça ! Diagnostiqué aveugle a la naissance, la nature l'avait pourvu de deux grands yeux verrons : l'un bleu, l'autre vert. Seraient-ce cela qui lui forgea ses deux plus grands traits de caractère : son amour pour l'instrument de Bach et son désir de grandeur. Et il se mit à jouer et à apprendre. Solfège, cours particulier, académie des beaux arts, les plus prestigieuses puis l'accident... il pouvait encore jouer, mais ce n'était plus pareil... il n'avait plus cette dextérité qui aurait impressioné Mozart lui-même.
Il choisit alors ce métier, aussi insipide qu'un plat de pâtes sans sel, qui lui permettait au moins de rester près des sons qui lui avaient bercé son enfance : il était devenu chef d'orchestre ! Un métier aussi facile que peu agréable, permettant de bien vivre et de pouvoir extériorisé sa colère envers tous ces hommes et ces femmes qui pouvaient, eux, jouir de leurs doigts sur le métal ou le bois froid et en faire sortir un son aussi beau que mélodieux. Son orchestre ne l'aimait pas, il faut bien dire que c'était réciproque. Le vieillard les maudissait et les traitait de vermines à chaque faux pas, chaque fausse note. Il les commandait comme le ferait un dictateur, à force de cris et de coup de baguette. Seule l'excellence en ressortait, seulement pour le plaisir des musiciens et des spectateurs...

Perdu dans ses pensées, il continuait par petit coup à nettoyer ses nombreux pianos. Le chiffon lui échappa une fois, deux fois, trois fois... à la septième fois, il lâcha un long soupir et parti pesamment vers son lit. S'asseyant sur le bord, il se prit la tête dans les moignons et pleura longuement avant de s'assoupir.
I prefer to think that God is not dead, just drunk

Hors ligne Askavios

  • Plumelette
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Re : Les pianos du chef d'orchestre
« Réponse #1 le: 27 Janvier 2014 à 22:17:49 »
Un petit manque de vocabulaire varié j'aurais aimé plus de descriptions pour bien me plonger dans la vie du vieillard mais c'est très beau.
Bien cordialement,
Askavios.

Hors ligne Freeen

  • Aède
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Re : Les pianos du chef d'orchestre
« Réponse #2 le: 28 Janvier 2014 à 16:49:48 »
Le flou sur ce vieil homme est entretenu expres. Je m'explique, je ne veux pas qu'on s'attarde trop sur ce a quoi il ressemble mais sur son mental. Il est decrit de telle sorte qu'on emprouve de l'entipathie a son egard. Le fait qu'il soit chef d'orchestre n'est pas non plus un hasard. Il permet d'accorder le genre humain. Un prof de philo disait ca un jour : "les hommes sont comme un carillon, ils doivent etre accordés ensemble pour pouvoir faire quelque chose de beau et c'est a l'homme lui meme de faire cela."
Ce texte illustre un peu ceci.
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Hors ligne Mogdhorel

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Re : Les pianos du chef d'orchestre
« Réponse #3 le: 28 Janvier 2014 à 20:57:53 »
Hello,

Quelques petites fautes relevées au passage (ça n'est sûrement pas exhaustif) :

Citer
que des créatures faible et gémissant,
faibles et gémissantes

Citer
chaque pouce carré de surface
Mouais, bizarre cette expression.

Citer
il s'approchait à petit pas
petits

Citer
trop longue à son gout.
goût

Citer
entretenu avec soin depuis des années par son propriétaire
entretenus

Citer
permettant de bien vivre et de pouvoir extériorisé
extérioriser

Citer
cours particulier
particuliers, car il y en a rarement qu'un seul...

Citer
qui aurait impressioné
impressionné

Citer
il se mit difficilement en tache d'enlever la moindre trace,
tâche
Et "Se mettre en tâche" sonne bizarre  :???:

Citer
Diagnostiqué aveugle a la naissance
à

Citer
Son chauffeur l'attendait, comme toujours, accueillant son maitre avec admiration et dévouement et le conduise en douceur vers sa maison
"et le conduise" -> Y'a un petit problème de temps ici ou de formulation...

Citer
Il choisit alors ce métier, aussi insipide qu'un plat de pâtes sans sel,
Mouais, pas très poètique le coup des pâtes  :/

Je trouve aussi qu'il y a beaucoup trop de points de suspension tout au long de ton récit.

En fait, j'ai trouvé ton texte un peu "plat". Dans le sens que tu décris ce que tu veux décrire, mais que tout ça manque un peu d'émotion. Il faudrait que tu nous fasses plus vivre les sentiments que vit ton personnage. Comment ressent-il ce vide intérieur, cette aigreur envers le monde ? Il déteste son propre orchestre ? Ok, moi je veux savoir comment il les déteste, je veux être dans sa tête et pas seulement savoir qu'il ne les aime pas.

Mais ce n'est que mon humble et subjectif avis.

Au plaisir,
Mog
« Modifié: 28 Janvier 2014 à 21:04:13 par Mogdhorel »
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

 


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