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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Comment l'Isolé se mit en route

Auteur Sujet: Comment l'Isolé se mit en route  (Lu 1149 fois)

Hors ligne Geekolas

  • Calligraphe
  • Messages: 128
Comment l'Isolé se mit en route
« le: 02 Mai 2014 à 21:02:47 »
Bonsoir à tous. Je poste ici la suite d'un premier chapitre réalisé il y a maintenant six mois : Exil sous contrat
En espérant que cela vous plaira ou vous inspirera quelques critiques...  :)


Chapitre 2
Comment l'Isolé se mit en route



La ville du Dôme n'était pas grande. Située quelque part sur les terres de l'ancienne France, elle ressemblait plus à un ramassis de bidonvilles qu'à une véritable cité. Certains monuments, trop peu nombreux, s'extirpaient de cette tâche sombre, et parmi eux se tenait le Dôme lui-même. Resté intact après les événements du Grand Sinistre, il avait donné son nom à l'un des principaux refuges de l'Ouest. Cet ancien bâtiment avait sûrement appartenu à quelque laboratoire de biologie. A l'intérieur résistaient des plantes d'un autre temps, s'accrochant à leurs dernières bribes de vie comme le lierre s'agrippe aux pierres d'un vieux mur.
Mais l'imposant édifice de verre abritait une ressource bien plus précieuse : des fontaines et des réservoirs, tous regorgeant d'eau claire et limpide. Dès leur découverte, les rescapés avaient sauté sur l'occasion, s'emparant d'un élément indispensable à leur survie. Trop heureux, ils ignoraient encore que le meilleur restait à venir.
On s'aperçut que le Dôme était directement relié à des grottes souterraines tapissées de rivières intérieures. C'était dans les profondeurs de ce réseau enfoui que les végétaux avaient grandi, pour ensuite remonter vers la surface grâce aux galeries et aux puits de lumière. Un accès à l'eau presque illimité, et un espace vital pour la communauté.

Toujours protégé par son masque à gaz, Franck traversa la place qui se trouvait au pied de la coupole pour atteindre la rue adjacente. Il portait un sac à dos rempli d'affaires qui lui seraient de la plus grande utilité lors de son voyage.  A l'ombre d'une échoppe roulaient quelques dés lancés par des mains infantiles. Tout être humain peut être tenté de vouloir oublier le quotidien, surtout lorsqu'il demeure plus une charge qu'une raison de satisfaction. Seulement, tous n'ont pas les mêmes moyens pour achever cette fuite spirituelle. A défaut d'opium ou de tabac, les deux petits êtres n'avaient guère trouvé mieux que des jouets cubiques, instruments de maigres réjouissances. Au vu de ce qui leur servait de vêtements, il était aisé de deviner l'état précaire dans lequel ils vivaient. Ces deux-là n'avaient sûrement plus de parents depuis longtemps. Cette vision de misère, quoique familière, suscita à Franck une réflexion sur l'injustice de la situation. « Les pauvres, pensa-t-il, ils n'ont même pas de masque... Ils sont condamnés si personne ne leur en fait don. Le quotidien d'un orphelin n'apporte pas vraiment l'occasion de sourire ». Franck savait de quoi il retournait, mais il ne pouvait rien pour eux. Ce ne serait pas les derniers garçons abandonnés qu'il rencontrerait. Après un dernier regard vers ceux que la vie avait égarés, il pressa le pas. Une trentaine de minutes plus tard, il avait atteint la porte Ouest du Dôme.
« Nous y sommes, se dit-il, c'est ici que tout va basculer. En franchissant ce portail, je rencontrerai ma destinée. C'est maintenant que commence l'aventure ! ». Songeur, Franck laissa s'écouler un silence, puis rit de lui-même. Il se trouvait ridicule à s'interpeller de cette manière. Cette situation n' était ni épique, ni pathétique, alors pourquoi ne pouvait-il pas s'empêcher de romancer chacune de ses actions ? Mais le jeune homme éprouva aussi de l'euphorie. Ne sachant plus que penser de ce monde bien absurde, il trouvait quand même le moyen d'en rire. Au moins une dernière fois.
Ouvrant son sac, il vérifia l'ensemble de ses biens. Quand il sut qu'il était prêt, il se retourna, fixa le Dôme qui dominait toute la ville, salua cette dernière, et s'enfuit précipitamment.
« Modifié: 31 Mai 2014 à 22:19:57 par Geekolas »

Hors ligne Soul

  • Aède
  • Messages: 192
Re : Comment l'Isolé se mit en route
« Réponse #1 le: 10 Mai 2014 à 23:55:49 »
Quelques fautes :

à leur dernières bribes => leurs
les végétaux avaient grandis => grandi
Tout être humain peut-être tenté => peut être
n'avaient guère trouver => trouvé
Ces deux là => deux-là
Quant il sut => quand


Sinon rien à redire sur la forme, c’est assez fluide, pas de lourdeur ou de répétitions à ma connaissance.
A part quelques détails :

Citer
Tout être humain peut-être tenté de vouloir oublier le quotidien, surtout lorsqu'il demeure plus une charge qu'une raison de satisfaction.
"Une raison de satisfaction " ? Pourquoi pas, mais cette expression m’a vraiment semblé étrange. Pourquoi pas simplement "une satisfaction " ?

Citer
suscita à Franck une réflexion sur l'injustice de la situation.
=> suscita chez Franck.

Citer
Ne sachant plus que penser de ce monde bien absurde, il trouvait quand même le moyen d'en rire.
Le "quand même" fait très langage parlé. "tout de même"?


Voilà, sinon j’aime bien ton texte, le tout est fluide, agréable à lire et le décor, que j’apprécie beaucoup, est très bien planté.

 


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