Petit texte écrit ce soir comme ça, sans prétention, juste par envie de partager quelque chose avec vous ma nouvelle confrérie. En espérant que cela vous plaise même si le sujet est un peu basique. Comme vous le verrez il y a plusieurs lectures possibles.
Cratac le grand.
Cratac entra dans l’arène comme il y rentrait a chaque fois . La boule au ventre mais le regard illuminé par ce qu'il aimé y retrouver. La clameur . La clameur de la foule scandant son nom de champion, car oui c'était lui le champion de cette arène perdue. Un champion sans pitié vainqueur de huit combats mêlant le sable et le sang. Il adorait ça, faire couler le sang, crier la foule, pleurer les femmes. Il était beau comme un dieu grec malgré le fait qu'il était germain, taillé dans le roc, chaque muscle sculpté à la perfection comme par le meilleur des artistes de la création.
Il pénétra en premier, marchant jusqu'au centre de la place, exécutant un tour sur lui même au ralenti les bras levés, pour déclencher les premières acclamations. Un ou deux signes au hasard dans la foule, un baiser distribuer au vent et d'un air militaire il reprit sa concentration, serrant son glaive sur sa poitrine et son bouclier sur le flanc. Le speaker ferait le reste :
-Acclamez votre champion, le grand Cratac !
La foule en une vague énorme se leva et acclama son dieu de l’arène, invincible et prêt a mourir pour tous ceux qui allaient oublier un instant leurs assiettes vides.
L'ambiance électrique couvrit le bruit de la deuxième grille qui se levait.
-Face a lui, un jeune esclave du Pirée, évadé puis repris et puni ! Pour votre plaisir messieurs dames le jeune Nikos !!
Un jeune homme tremblotant et hésitant entra, trébuchant dans son stress et sa peur, son visage marqué par sa mort approchante. Cratac fut un peu décontenancé, il aimait combattre mais de vrais adversaires pas des esclaves... C’était une mise a mort dont il allait devoir être le bourreau et cela ne le réjouissait guère. Il s'approcha du jeune homme :
-Fais de ton mieux garçon, je tacherai de ne pas te blesser et de te tuer d'un coup franc et tant pis pour leur spectacle aujourd'hui...
Nikos fit tomber sa lance au sol à ces paroles et la peur aux yeux la ramassa du bout des doigts.
La foule ria.
Les hommes se présentèrent côte a côte face a l’arène principale ou le speaker leur demanda de saluer quelques membres du sénat présents puis dans un bruit assourdissant donna le signal du début du combat.
Cratac avançait tel le conquérant de l’arène qu'il était, l'homme reculait comme il pouvait tenant sa lance brandie devant lui. D'une estoc bien placée et couvert des hurlement de la foule Cratac fit lâcher la lance à son adversaire et d'un coup de bouclier le fit tomber a genoux :
-Tend bien ton cou, tu ne sentiras rien, je suis désolé...
Nikos baissa sa tête résigné comme la bête traquée attend son heure. Le champion posa son glaive si souvent meurtrier sur l’épaule du jeune homme et adressa un regard a l'assemblée assoiffée qui réclamait plus de sang et de blessures. Les yeux fixés sur le maître de cérémonie en tribune il éleva sa lame vers les cieux et dans un geste répété a chacune de ses victoire abattit son bras d'un coup sec et assuré. Mais son glaive ne rencontra rien, Nikos avait fait un geste de recule et projeta au même instant une pleine poignée de sable dans les yeux de Cratac surpris. Le champion déconcentré et aveuglé chancela un instant cherchant a reprendre le cours des événements là ou il en avait déjà écrit la fin. Il frotta de son poing ses yeux meurtris et c'est à ce moment qu'il la sentit. Il sentit la lame de la lance planter sa gorge en un coup sec et dévastateur, mortel. Il tomba à genoux, le buste couvert de sang, aux pieds du jeune homme qu'il croyait déjà avoir tué. Ses armes au sol il tenait son cou tranché, et sa vision une nouvelle fois chancelait mais cette fois pour de bon, il le savait. L’arène s’était tue, comme les cris accompagnent les victoires le silence escorte les défaites.
C'est ainsi qu'est mort Cratac, Cratac le grand. Un combattant extraordinaire qui avait oublié que pour certain mourir n'est pas un jeu.