Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

19 octobre 2026 à 15:37:09
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Fragments

Auteur Sujet: Fragments  (Lu 1712 fois)

Hors ligne Gaby

  • Tabellion
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Fragments
« le: 23 mars 2014 à 13:42:38 »
Voilà de très court textes qui n'ont aucun rapporte entre eux. Je ne suis pas vraiment sure à cent pour cent que c'est ici que je doive les poster, mais bon. Ce sont des textes qui traitent d'un sujet, souvent le titre du texte d'ailleurs. Bon, sans plus de blablas, voici les trois premiers :


Pages Blanches :


La vie est une succession de pages blanches. Et ainsi, chaque larme est une goutte d'encre pour noircir ce papier. Chaque sourire est une lettre à tracer avec cette encre noire. Les désillusions sont des points, les espoirs, des virgules, et les amours, des points de suspension. Chaque personne est une plume. Mais pour écrire, la plume a besoin d'encre. Juste ce qu'il faut d'encre. S'il n'y en a pas assez, les mots ne peuvent plus être tracés, trop, et ils ne sont plus lisibles. Le noir les recouvre à jamais. La plume a également besoin de lettres. Pour pouvoir écrire des mots, encore faut-il savoir lesquels. Ainsi, il faut avoir un bon équilibre entre lettres et encre, sourire et larmes, sinon, le texte n'a plus de sens, la vie non plus.
Mais là ne s'arrête pas le long monologue de l'existence. Il doit être rythmé. Et tout comme un texte est rythmé par des points, des virgules, des points d'interrogation et d'exclamation, la vie, elle, s'écrit au rythme des amours, des amitiés, des espoirs, des jalousies et de la haine. Il y a également la calligraphie de cette vie. Votre vie est-elle écrite de façon brouillonne ou soignée ? Avec de gros ou de petits caractères ? Chaque plume a une écriture différente, et ainsi, chaque être diffère. Personne n'écrit les mêmes mots de la même façon au même moment, ce qui signifie que personne ne vit les mêmes choses de la même façon au même instant. Reste aussi la taille de l'ouvrage que chacun écrit. Sera-t-il fin ou épais ? Les pages sont-elles blanches ou jaunies ? Même s'il se révèle fin, pas d'inquiétudes ! Parfois, mieux vaut écrire peu et bien que beaucoup et mal. La poésie d'un livre peut résider en seulement quelques pages.
Chaque personne possède donc son propre livre, avec ses propres personnages et sa propre histoire. Tout le monde a des chapitres noircis par un surplus d'encre, ou vides à cause d'un trop plein de lettres.
Alors, sachant que mes amours sont des points, mes amitiés des virgules, mes rêves, des accents, mes espoirs des points d'interrogation et ma haine des points d'exclamation, vous pourrez, à travers ces textes, voir à travers moi comme dans un livre ouvert...



Première Larme :


Mes yeux se rougissent et je sens alors qu'elle tente de se glisser hors de moi. Peut-être a-t-elle soif de liberté. Peut-être mes pupilles sont-elles pour elle comme une geôle dont mes cils sont les barreaux. Et ainsi, ma tristesse est la clef qui pour ouvrir la porte qui se dresse entre elle et cette liberté ô convoitée. Alors, comme un gardien imprudent, je baisse les armes, la laisse s'évader. Je clos les yeux et, lorsque je les rouvre, elle est dehors. A l'instant où elle quitte sa terre natale, un vide béant se creuse en mon coeur, et un flot de prisonniers assoiffés de nouveaux paysages se glisse hors de mon corps. Elle, pionnière du mouvement qu'elle a fondé, continue sa route, en tête. Je la sens rouler sur ma joue de plus en plus vite, comme si elle avait peur que je ne balaie sa fuite d'un revers de main. Mais quelque part, j'aime la sentir couler ainsi sur ma pommette, comme si elle emportait avec elle un infime part de mon mal être. Plus elle s'éloigne de sa cellule, plus mon coeur se sent apaisé. La trainée humide qu'elle laisse derrière elle est la preuve de son passage d'un monde à un autre, et la marque que le voile qui recouvrait mes yeux se déchire peu à peu.
Elle est inexorablement attirée par le sol. Il la veut plus que tout. Je la sens qui s'en va, millimètre par millimètre, vers ce précipice qui semble immense pour sa si petite taille. Elle se glisse au creux de mon cou, comme pour effleurer une dernière fois du bout des doigts l'endroit où elle est née. Soudain, je la sens s'affoler, puis elle tombe. Sa chute l'emmène vers un monde qu'elle ne connait pas encore. Je la regarde. Son trajet est court, mais elle est majestueuse. Alors, dans un apothéose totale, elle s'écrase dans le lointain, se répand sur le sol en une flaque transparente emplie des sentiments qui habitent les tréfonds de mon âme. Elle meure bien trop vite, et je la regarde, impuissante disparaître... ma première larme.


Le Silence De La Neige :


La neige se mit à tomber devant ses grands yeux immobiles. Les flocons qui dévalaient la pente de nuages de coton lui faisaient penser à des anges. De minuscules anges immaculés. Et dehors, le paysage revêtait doucement son manteau de silence blanc. Aucun bruit ne semblait pouvoir passer cette barrière incolore et irréelle. Le soleil dégageait une lumière vive que la neige reflétait et décomposait en des milliers de petits fragments, semblables à des bulles d'eau qui seraient prêtes à éclater au moindre coup de vent.
Elle était comme le paysage dehors. Pâle, silencieuse, mystérieuse aussi. Mais elle savait parfaitement qu'elle ne pourrait jamais plus goûter au plaisir de sentir la neige glacée sur sa peau nue, ou voir le soleil l'éclabousser de sa lumière éclatante, tiède, et dorée. Car toute chaleur était en train de la quitter petit à petit. Chaque goutte de sang qui roulait sur sa peau était comme un grain de plus qui s'écoulait dans le sablier de sa vie. Et lorsqu'il n'y en aurait plus, son temps serait figé. Même si un sablier peut d'ordinaire être retourné pour recommencer à compter inlassablement les secondes, le sien resterait toujours tête en bas, sans jamais personne pour venir le retourner.
Elle avait l'impression que ses longs cheveux couleur flamme perdaient un peu plus de leur éclat à chaque fois qu'elle battait des cils. Eux aussi finiraient par devenir blancs.
Petit à petit, sa respiration se ralentissait. Elle sentait comme un obstacle qui grandissait de seconde en seconde, empêchant l'air de l'atteindre. Son coeur ne battait presque plus, comme s'il voulait, à l'image de ce moment, devenir silencieux à jamais. Ses grands n'avaient pourtant pas encore tout contemplé en ce monde, mais déjà ils se vidaient de leur humanité. Une larme cristalline passa la fine barrière de ses cils cuivrés pour venir s'écraser sur le carrelage froid de la pièce. Cette minuscule goutte d'eau avait un poids incommensurable pour elle. Elle la sentit glisser doucement le long de sa pommette, puis tomber avant de se mourir dans la marre de sang qui l'entourait, telle une auréole écarlate. Et, comme une vague qui se meure sur le sable fin, elle laissa un ultime soupir s'échapper de sa bouche bleuie. Ses yeux, déjà fatigués de vivre, se clorent une dernière fois.
Ce serait l'image qui resterait d'elle. Une jeune femme allongée dans une grands pièce fade entourée par la neige, baignant dans son sang et ses larmes. Le dernier grain de sable de sa vie était tombé dans un précipice infini dont nul ne connaissait le fond : la mort. Et jamais plus elle ne pourrait retourner le sablier, car ses petits doigts sont bien trop faibles et fatigués. Ils ne peuvent que s'immobiliser à jamais, et rêver encore une fois de caresser encore des flocons glacés.
« Modifié: 23 mars 2014 à 20:13:10 par Gaby »

Hors ligne Soul

  • Aède
  • Messages: 192
Re : Fragments
« Réponse #1 le: 23 mars 2014 à 15:17:34 »
Page Blanche :

Dans ce texte, le seul ennui est que ta prose passe parfois de poésie à explication un peu plus terre à terre.

Par exemple ici :

"La plume a également besoin de lettres. Pour pouvoir écrire des mots, encore faut-il savoir lesquels. Ainsi, il est nécessaire d'avoir un bon équilibre entre lettres et encre, sourire et larmes, car sinon, le texte n'a plus de sens, la vie non plus. "
Ici on a un peu l’impression d’avoir affaire à un cours de français.
Les mots comme "également", "ainsi" et "nécessaire" juste après, rappellent un genre de chainon déductif. Comme le "en résumé" au début de l’avant dernier paragraphe.



Première Larme :

coeur => cœur
un apothéose => une
Elle meure => meurt

"Peut-être mes pupilles sont-elles pour elle comme une geôle dont mes cils sont les barreaux"
Une répétition de elle, et le comme est inutile à mon avis.
=> Mes pupilles sont peut-être pour elle une geôle dont mes cils sont les barreaux.

"Et ainsi, ma tristesse est la clef qui pour ouvrir la porte qui se dresse entre elle et cette liberté ô convoitée."
Pourquoi le premier qui ? :???: Peut-être une virgule à la place ? ^^

"Elle meure bien trop vite, et je la regarde, impuissante disparaître... ma première larme."
J’ai un peu tiqué avec le "impuissante disparaitre", ça ne va pas si c’est toi qui es impuissante.
=> Elle meurt bien trop vite, et impuissante je la regarde disparaître... ma première larme.

Sinon, j’aime beaucoup ta prose, inlassablement poétique comme il est difficile d’être.



Le Silence De La Neige :

la marre de sang => mare
se clorent => clore ne se conjugue pas à cette forme, donc "se ferment".
une vague qui se meure => meurt
une grands pièce => grande

"Ils ne peuvent que s'immobiliser à jamais, et rêver encore une fois de caresser encore des flocons glacés."
Dommage, pour la chute ^^

Sinon, rien à redire, le texte est prenant, la poésie touchante retranscrit parfaitement les émotions.

Hors ligne Gaby

  • Tabellion
  • Messages: 28
Re : Fragments
« Réponse #2 le: 23 mars 2014 à 20:10:23 »
Merci beaucoup pour ton comm' Soul ! Je vais aller de ce pas virer toutes ces petites fautes ... Je trouve qu'il y en a beaucoup, il va falloir que je me rattrape sur les prochains textes niveau orthographe et conjugaison. En tout cas ce que tu dis me fait plaisir, étant donné que c'est la toutes première fois que je m'essaie à ce genre de textes. Il faut croire que c'est plutôt un genre qui me réussit... tant mieux ! ^^

Hors ligne Gaby

  • Tabellion
  • Messages: 28
Re : Fragments
« Réponse #3 le: 26 mars 2014 à 21:25:07 »
Voilà deux autres textes que je viens d'écrire... Je pense que le deuxième est un peu spécial, et honnêtement je ne sais pas s'il est vraiment très cohérent. Mais bon, je vous laisse juger de ça vous-mêmes ! ^^


Poupée de Chiffon :


Elle se sent délaissée, la petite poupée, au fond de ce grand placard. Cela fait tant de jours qu'elle est enfermée ici... elle en a perdu la notion du temps. Sa jolie robe, si rouge autrefois, a perdu de son éclat, comme un coquelicot qui se fanerait car plus aucun rayon de soleil ne daigne l'éclairer. Ses longs cheveux bruns ressemblent désormais à des fils de tissus emmêlés, et les magnifiques boucles qui encadraient son visage, se sont effacées, comme alourdies par le poids de tout ce temps passé dans un noir irréel. Ses grands yeux bleus pétillaient autrefois de bonheur, mais aujourd'hui, ils sont comme couverts d'un immense voile de tristesse. Ils aimaient tant regarder le soleil, ses jolis petits yeux. Mais cela fait une éternité qu'ils n'en ont pas eu le privilège.
Bien sûr, elle sourit toujours, la jolie petite poupée. Mais son sourire sonne faux. Comme un vieux piano si usé qu'il ne pourrait plus jouer qu'une note sur deux. En apparence, elle semble heureuse, mais au fond, son petit cœur de chiffon est déchiré par la solitude. Sa peau si lisse il y a des années, s'est écaillée. Elle est rugueuse, désormais. Ses pommettes ne sont plus rosies par le bonheur d'entendre les rires des enfants autour d'elle. Cela fait d'ailleurs si longtemps qu'elle n'a pas vu un enfant qu'elle ne sait même plus à quoi cela ressemble. Les rires qu'elle connaissait autrefois par cœur ne sont plus aujourd'hui qu'un écho lointain qui se perd dans tout ce noir autour d'elle. Elle a déjà oublié la couleur d'un rayon de soleil, et la sensation des mains d'enfants sur son corps mince et fragile. Peu à peu, sa mémoire se vide pour laisser place à un silence irréel qui, elle en est sûre, finira par achever  son petit cœur de chiffon.


Flammes :


Elle danse au milieu des flammes. Elle tourne, virevolte, les yeux grands ouverts. Le feu qui pourrait à d’autres apparaître comme un meurtrier n’est pour elle qu’un magnifique spectacle dont la caresse lui réchauffe la peau à chaque fois qu’elle le frôle. Autour d’elle, tout brûle, tout meurt, mais elle reste debout. Comme un roc qui se dresse au milieu d’un océan déchainé. Elle a beau être frappée par les vagues les plus violentes, rien ne la fait plier. Elle ignore le spectacle empli de désolation qui se déroule devant elle. Ses pieds nus continuent d’effleurer le sol, faisant voler les grains de poussière qu’elle soulève. Ses yeux empreints d’une détermination inébranlable, continuent de contempler le ballet que les flammes lui offrent. Le crépitement assourdissant qui résonne autour d’elle est sa musique. Ses bras ondulent gracieusement au rythme des décombres brûlés qui s’écrasent devant ses yeux noisette. Elle est en symbiose avec les éléments en colère qui rugissent en face d’elle. Tous deux ne cèderont pas. Ils continuent de tourner, toujours plus haut, toujours plus vite. Tous deux sont habités par une fureur qui les dévore, les détruit de l’intérieur. Alors ils dansent. Ils dansent pour montrer leur colère au monde entier. Chaque pas de leur chorégraphie est un rugissement silencieux adressé à ceux qui les ont fait souffrir. L’air glacé qui les entoure ne saurait les arrêter. Les flammes le réchauffent, le font disparaître comme s’il était un obstacle à leur danse merveilleuse. Comme si toutes deux ne pouvaient plus vivre dans le froid maintenant, comme si elles avaient besoin de chaleur pour ressouder les morceaux brisés de leur être. Ensemble, elles détruisent cette muraille qui les a jusqu’ici entourées. Cette danse fiévreuse est celle de leur indépendance, de leur envol vers une vie qu’elles espèrent meilleure.
Les cheveux bruns de la jeune fille sont chassés de devant ses yeux par un vent chaud. Désormais, elle voit le monde qui l’entoure sans détours. Et chaque pirouette est un cri, chaque arabesque est une crise de larmes de plus.
À mesure que ses mouvements s’accélèrent, sa respiration la suit. Son souffle se fait court. Alors, brusquement, elle s’arrête. Comme si elles entendaient son appel, les flammes s’immobilisent également. Elle lève les yeux vers le ciel nocturne empli de minuscules étoiles brillantes. Ses jambes se dérobent sous elle. Elle s’effondre au sol et laisse une larme s’échapper de ses prunelles. Celle-ci s’écrase au sol en un minuscule bruit sourd.
Et les flammes s’éteignent.
« Modifié: 30 mars 2014 à 19:32:08 par Gaby »

Hors ligne Soul

  • Aède
  • Messages: 192
Re : Fragments
« Réponse #4 le: 26 mars 2014 à 23:10:32 »
Poupée de chiffon :

Les fautes :

elle sourie => sourit
elle en est sure => sûre

Les répétitions :

"Cela fait si longtemps qu'elle est enfermée ici... elle en a perdu la notion du temps."
Ce n’est pas le même mot, mais j’ai tiqué là-dessus.

"un mince écho qui se perd dans tout ce noir qui l'entoure."
=> perdu dans tout le noir qui l’entoure.

"mince écho" et quelques lignes plus bas "mince corps".


"Sa jolie robe, si rouge autrefois, n'a fait que perdre de son éclat, comme un coquelicot qui se fanerait car plus aucun rayon de soleil ne daigne venir l'éclairer."
Pourquoi "n’a fait que" ? Ce n’est pas beau, je ne suis même pas sûr que ça se dise, et ça alourdit. Pourquoi pas simplement "a perdu son éclat" ?
Et pour le "car", j’ai toujours du mal. Je le dis souvent, je trouve les parce que plus naturels, et les car trop blancs, plats.
A la fin, les trois verbes à la suite m’ont un peu dérangé. Je pense que le "venir" est de trop, ou bien  tu peux remplacer "daigne" par "vient".

"détruites"
Ce mot n’est pas très poétique...

"Ses grands yeux bleus pétillaient jadis de bonheur, mais aujourd'hui, ils sont comme recouverts par un immense voile de tristesse."
Le "jadis" me gêne un peu ici, je l'aurais plutôt inversé avec "pétillaient"
Et le "recouverts par", ce n’est pas très beau non plus. Je mettrais plutôt "couverts d’un".
Et pourquoi immense, le voile ? Elle a des yeux globuleux ?

"Mais cela fait une éternité qu'ils n'en ont pas eu le privilège."
J'ai l’impression que "privilège" ne colle pas au reste de ta prose. Ce n’est peut-être que moi...

"En surface"
En apparence, plutôt, non ?

Le "D'ailleurs", je trouve, enlève toute la poésie de la phrase. Tu peux le remplacer par un simple "Et", je pense.

"un mince écho" ?
Pourquoi pas, mais mince ne semble pas être le terme exact. A mon avis, quelque chose comme "vague", "lointain", serait plus approprié.

"son mince corps fragile."
Ici l’adjectif avant le nom passe mal, je trouve.

"un immense noir"
J’aurais employé vide à la place de noir, puisque tu le dis déjà un peu plus haut. Du coup, à la place du premier vide, je dirais s’efface, s’estompe.

"faire mourir" alourdi, ici ; "tuer", ou "achever" plutôt.

Et sinon, c’est toujours si agréable à lire mais, je ne sais pourquoi j’ai trouvé ce texte un peu moins poétique que les précédents. Cette description n’a rien de particulièrement accrocheur, le thème n’étant pas des plus originaux.
Peut-être que le fait de mentionner la poupée et le placard dès le début rend cela plus fade, sans être insipide, mais dénué d’un certain quelque chose d’inattendu, d’un style plus original, ou peut-être un grain de folie, que sais-je, qui t’aiderait à tirer ton épingle du jeu.




Flammes :

les yeux grand ouverts => grands
crise de larme => larmes

Je n’ai relevé que les fautes pour l’instant, je ferai une critique lorsque j’aurai plus de temps :)


Hors ligne Malo_o

  • Calligraphe
  • Messages: 122
  • (Ecrire ici)
Re : Fragments
« Réponse #5 le: 07 avril 2014 à 16:34:03 »
Gaby ! C'est quoi ce manque de sérieux ? Tu ne m'a pas envoyé Poupée de Chiffon ! Pour la peine t'es privée de commentaire.























Qui y a cru aille se jeter.

Pages Blanches :
Je t'en avais déjà parlé, donc je vais pas trop m'étendre, mai un commentaire vaut toujours ce qu'il est. (Oui ça ne veut rien dire). Ce n'est  pas le meilleur de touts les fragments (merci l'Encrier) de texte que tu as écrit, mais ça n'est pas mal. Le texte donne quand même une impression un peu "brouillonne", on a pas vraiment l'impression que tu l'ai, ou même travaillé (dis-moi si je me trompe). Certains passages sont très jolis, très poétique, comme tu sais bien les faire, mais d'autre redeviennent presque terre-à-terre.

Première Larme :
C'est bien ! C'est joli surtout... Ca reste très beau et poétique durant tout le texte, ce qui frôle l'exploit.
Certains passages peuvent paraître peut-être un peu lourd, moi c'est tout ce que j'aime mais si j'essaie d'être un peu objectif y'a quand même quelque passage qui titillent, comme lorsque tu parle d'une larme qui tombe comme une " dans une apothéose totale" xD Mais t'arrive bien à faire passer l'émotion à travers une simple description.
Ça reste beaucoup mieux que les Pages Blanches.

Poupée de Chiffon :
Pas grand-chose à redire (surtout que Soul s'est déjà lâché et ne nous a plus laissé grand-chose). J'approuve la plupart de ses remarques, notamment celle sur tes "car" ou su le mince écho, mais certaines me semblent u peu superflues, notamment celle qui reprennent des tournures comme pas assez poétiques. Il est vrai que ce texte est moins beau et poétique que ce dont tu nous a fait pars auparavant, mais c'est comme ça qu'il est écrit. Le thème ne permettait pas autant de poésie que celui, inexistant, de Flammes. ^^

Flammes :
Là, j'ai du mal à faire un vrai commentaire, parce que en fait plus que "poétique", c'est "abstrait". Il n'y a aucun fond à critiquer ou à observer, et c'est pour ça que ce texte aurait peut-être plus ça place en Poésie qu'en Textes Courts. C'est en soi un très beau texte, même s'il n'a aucun sens, que j'aime beaucoup. Continue à écrire tes fragments, c'est toujours un super moment ;)<3
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— Pulp Fiction

Hors ligne Soul

  • Aède
  • Messages: 192
Re : Fragments
« Réponse #6 le: 08 avril 2014 à 09:08:44 »
Aïe, mille excuses ! Je t'avais oubliée mais, chose promise, chose due, et mieux vaut tard que jamais  :noange:

Alors, comme l'a déjà fait remarquer Malo_o, il est difficile de te faire une critique là-dessus. Mais je peux tout de même dire, que j'ai remarqué vers le début et la fin des répétitions de "elle", pas énormes mais ça gêne un petit peu je trouve.
Et par endroits, tes descriptions deviennent un peu terre-à-terre, c'est dommage ça donne des passages un peu... euh... terre-à-terre  |-|

Mais sinon j'ai bien aimé comme toujours, c'est agréable à lire et, même s'il n'y a pas vraiment de fond, à part au fond de ton esprit je suppose, on entre assez bien dedans, c'est prenant  :)

Hors ligne Gaby

  • Tabellion
  • Messages: 28
Re : Fragments
« Réponse #7 le: 19 avril 2014 à 14:54:37 »
Merci pour tous vos commentaires, cela me fait vraiment plaisir ! Voilà encore deux textes. Le premier est très court, mais il a été réalisé pour un concours de textes sur un autres forum et il y avait un nombre de mot limité, et je ne me sens pas de le changer pour le rallonger. Bon, voilà, je n'ai rien d'autre à ajouter, alors bonne lecture :


L'oubli :


Oubli, douce lâcheté de l’esprit. Facilité qui parfois se révèle amère. Comme un échappatoire à la réalité. Parfois l’esprit choisit d’oublier, parce que cela blesse de se souvenir. Parce qu’on préfère ne plus savoir. Parce que certaines choses sont trop dures à assumer, on préfère les ignorer. L’oubli est une clef de geôle illusoire. Car après tout, les souvenirs finissent souvent par vous rattraper, et l’oubli n’est plus. Il est comme un outil pour se sauver de situations qu’on ne comprend pas, ou qu’on ne veut pas comprendre. L’oubli est synonyme de peur ou d’abandon. Il fige dans la glace des choses que l’on veut effacer de notre esprit. Mais parfois, un soleil appelé mémoire fait fondre cette glace d’ignorance. Et alors, chaque goutte d’eau qui coule nous rappelle des moments passés. Difficiles, heureux, tristes, parfois même trop heureux. Et alors, au fur et à mesure que le froid s’en va, la réalité vous rattrape dans sa douce chaleur parfois dure à supporter. L’oubli est une illusion à combattre.



Reflet :


Elle marche, seule. Lentement, elle met un pied devant l’autre, avance sans vraiment savoir où elle va. Mais quand bien même, elle y va. Dans cette rue bondée où personne ne semble vraiment la voir, elle laisse ses pas la guider vers un endroit qu’elle espère meilleur. Une terre où elle pourrait enfin trouver un peu de paix et de bonheur. Car son cœur étouffe dans ce monde si cruel où les gens se regardent sans se voir, où tout est faux et contrefait. Elle cherche simplement un peu de vérité, un mince espoir qui lui permettrait encore d’avancer.
Ses yeux balaient le ciel à la recherche d’un rayon de soleil, mais ils ne rencontrent que des nuages qui bougent lentement. Bien trop lentement. Alors, baissant les yeux, elle se met à observer les visages autour d’elle, voulant seulement capter un unique regard dans lequel brillerait une infime lueur de sincérité et d’amour. Pourtant, tout ce qu’elle voit, ce sont des yeux des yeux vides, et aussi gris que le ciel. Ces yeux n’essaient pas de croiser les siens, bien au contraire. Ils semblent à peine la remarquer, comme si elle n’était qu’un vulgaire obstacle entre eux et l’endroit où ils voudraient se poser. Quelque part, c’est peut-être vrai. Peut-être n’est-elle qu’un gêneuse un peu trop naïve pour encore essayer de trouver un sens à sa misérable existence ? Car oui, tous ces gens autour d’elle semble avoir abandonné la quête d’une quelconque raison à leur présence sur cette terre. Alors pour compenser, ils essaient de marcher plus, plus vite. Mais à quoi bon, s’ils ne savent même pas où ils vont et pourquoi ? Elle les trouve bien absurdes, les méprise, toutes ces personnes. Elles se donnent l’illusion d’une vie belle et heureuse, alors qu’elle est en fait creuse et vide de sens. N’ont-ils aucun rêve, aucun espoir ? Veulent-ils simplement continuer d’avancer vers une destination inconnue dont ils ne cherchent même pas à savoir à quoi elle ressemble ? Ils tentent d’y arriver le plus vite possible, mais pour quoi faire au fond ?
Elle se sent différente de tous ces êtres-là. Car ses pas sont lents, et son regard attentif. Elle n’essaie pas de fermer les yeux devant la misère des autres, comme tous les font. Non, elle l’affronte, même si cela lui fait mal, et aide ceux qui sont tombés à se relever, quand bien même cela lui coûte des efforts. Elle ne se donne pas l’illusion qu’un jour viendra où, comme par magie, on lui donnera toutes les réponses à des questions qu’elle n’a même pas osé se poser. Elle creuse pour savoir tout ça, elle veut mériter ses réponses. Noircir ses ongles de la terre qu’elle a ôtée de son chemin parce qu’elle l’empêchait de voir la vérité du monde. Et elle sait au plus profond de son cœur qu’elle continuera de creuser jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite, que ses yeux scruteront tous ceux qu’ils rencontreront jusqu’à ce qu’ils trouvent le bon. Celui qui saura lui apporter des réponses.
Soudain, elle se fige. Devant elle se trouvent deux petits yeux pleins de vie, de couleur, et d’espérance. Elle s’en rapproche le plus près possible, de peur que ce ne soit qu’un rêve ou une illusion. Mais non, ils sont bien là. Un mince sourire étire ses lèvres. Sa lutte est terminée. Une larme de soulagement s’échappe de ses propres yeux si fatigués d’avoir cherché pendant si longtemps. Et elle remarque qu’une larme semblable nait au creux de ces yeux voisins. Eux aussi doivent être fatigués. Doucement, elle tend la main. Elle n’est qu’à quelques millimètres du remède qu’elle cherche depuis de si longues années. Mais tout ce que ses minces doigts rencontrent, c’est une surface gelée et lisse. Un sanglot se coince dans sa gorge.
Ce n’est que son reflet.

Hors ligne Malo_o

  • Calligraphe
  • Messages: 122
  • (Ecrire ici)
Re : Fragments
« Réponse #8 le: 20 avril 2014 à 09:25:35 »
Le premier est bien. Lendeuxième encore plus.
Ça suffit pas ?

L'oubli
C'était un concours de l'Encrier, non ? J'ai toujours bien aimé leurs concours (ce qui est la seule chose que j'ai aimé en fait chez eux). Mais malgré sa pitite taille, le texte s'apprécie, il n'es pas fou d'originalité mais est agréable à lire. On commence à bien reconnaître ton style pour ce genre de texte, c'est bien mais faudrait pas que ça devienne répétitif à la longue. :-) Sinon : "parce que cela blesse de se souvenir" Un peu mou, on pourrait le rendre plus joli en le tournant autrement (parce que le souvenir blesse, ou chépasquoi excuse moi il est tôt et j'ai pas d'inspiration).

L'autre je sais plus comment qu'est-ce qui s'appelle
Une super bonne lecture, qui devient encore plus intéressante quand on connait l'auteur étant donné que le texte est écrit de ton point de vie. Je t'ai tout de suite imaginé avec tes bouclettes et ta mine sad au milieu de ce monde d'ombre, illusion et d'incompréhension.
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Hors ligne Gaby

  • Tabellion
  • Messages: 28
Re : Fragments
« Réponse #9 le: 03 mai 2014 à 14:57:54 »
Voilà encore un très court fragment, toujours pas franchement optimiste, mais bon. Je vous laisse lire tout ça :


Pardonnée :


Elle est fatiguée, si fatiguée. À chaque seconde de son existence qui s’écoule, le poids de la culpabilité qui la ronge grandit un peu plus. Sournoisement, ce mal la détruit petit à petit, la torture jusque dans son sommeil. Cette douleur lente et cruelle prend petit à petit possession de son être tout entier. Au commencement, il n’avait été qu’une petite douleur, un léger pincement à son cœur d’acier. Puis il avait grandi et, comme un ouragan dévastateur, avait tout emporté sur son passage. Sa vie, son bonheur, ses sourires. Tous ces mots n’évoquent aujourd’hui pour elle plus que de pâles souvenirs, comme des fantômes du passé qui resurgissent de temps à autres pour la narguer, la désespérer un peu plus.
Mais qu’est-elle devenue, après tout ce temps passé dans cette existence misérable et insipide ? Une perfide chimère qui ne fait que blesser et briser tous ceux qu’elle touche. Un monstre de douleur dévastatrice pour quiconque tenterait de l’approcher. Tout ce qu’elle voit est le mal, tout ce qu’elle touche devient mal. Et à chaque fois que son cœur bat, elle se rappelle la vie qui court à travers ses veines, tout le mal qu’elle a causé autour d’elle.
Elle voudrait seulement quelqu’un pour la comprendre, quelqu’un qui ne la fuirait pas comme tous le font. Une personne pour la pardonner, laver tous ses pêchers et ôter ce fardeau de culpabilité immense qui la ronge depuis tant d’années. Alors elle attend. Inlassablement, elle compte les secondes, les minutes, qui se muent en heures, puis en jours, en mois, en années… Elle finira par étouffer, elle en est certaine. Ce mal finira par la briser elle aussi. Et alors seulement, elle sera pardonnée…

 


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