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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » J'ai tendu la main...

Auteur Sujet: J'ai tendu la main...  (Lu 1011 fois)

Hors ligne babillote

  • Plumelette
  • Messages: 18
J'ai tendu la main...
« le: 12 Janvier 2014 à 15:59:32 »
Voici le dernière version du prélude de mon roman : J'ai tendu la main...
Bonne lecture.



“Celui qui lit n'est jamais seul” Simone Helder.


Une silhouette plane sur cette colline verdoyante et semble déployer ses ailes de sa prestance. Tel un ange protecteur, son aura veille sur cette parcelle en dehors du monde. Mais pour combien de temps encore ? Quelqu'un est là, las de la vie, il semble regarder par sa fenêtre. Les reflets du soleil ricochent sur une mare assaisonnée d'iris jaune. Son regard virvolte à la vitesse de la lumière puis il transperce un brouillard opaque et silencieux. La forêt se présente fière, élancée sur plusieurs kilomètres. Elle est une fourmillière géante dans laquelle grouillent les insectes, les animaux ainsi que la végétation. Il se dégage une certaine finesse au détour de ses branches fines, humides, accueillants les coccinelles. Elles ont établi sur cet arbre leur base militaire.
Remarquez vous le scintillement du soleil qui telle une bague ornée de diamants envoie un rayon diffus, étrange, inaudible. La lumière de l'astre se faufile dans le feuillage et éblouie de sa chaleur les insectes.
L'ombre située au dessus de la forêt s'étonne encore de la beauté du lieu. C'est que l'horizon paraît immense. Tel un monde unique, cette allée de sapins a l'air infini...
Le ciel érige une mosaique de nuances en apothéose. L'aube apporte ses réminiscences orangées coulant dans l'azur.  L'atmosphère semble apaisée en témoigne ces quelques nuages des beaux jours.
Derrière la frondaison, le jeu des ombrages émerveille. Elles avancent, reculent, sursautent, se faufilent, et surtout elles annoncent l'éveil.
Ce théatre érige de curieux acteurs, rapaces, insectes et animaux cohabitent dans un étrange consensus, c'est qu'il s'agit de ne pas se faire remarquer. Chacun joue son rôle à merveille...
  Le matin apporte sa légère brise caressant les fougères de son humidité. La forêt apparait calme aujourd'hui après la bourrasque de la veille. Certains arbres sont couchés, les jeunes pousses sont déja prêtes à prendre la relève.
Puis devant cette magnifique création naturelle, une modeste maisonnette attire l'attention. Des libellules volettent face au lierre grimpant qui parcourt la façade de l'habitation. Des grenouilles coassent machinallement aux abords de la petite mare du jardin jouxtant l'édifice.
 Au premier étage une fenêtre est entr'ouverte et l'on perçoit une goutte de lumière qui peine à masquer l'obscurité de la pièce. Le lierre semble même au loin pénétrer dans la chambre...
Quelqu'un est là-haut, l'on aperçoit son ombre qui vole au dessus de l'étendue d'eau. Son bureau du premier étage est plein de textes raturés à l'encre toute fraîche. Un manuscrit est déposé sur le vieux lit adjacent au bureau. La couverture du livre ressemble étrangement à ce tableau flirtant avec le mur.
  Il aiguise l'attention avec ses couleurs chatoyantes, un parc est dessiné avec en premier plan un banc sur lequel trône une splendide femme à la mine énigmatique...
Entendez-vous le crépitement du parquet ? Une porte claque, une canne tapote, avance péniblement puis s'arrête brusquement devant la lucarne. Le bois abîmé par l'usure des claquements de pieds semble murmurer. C'est que le bois vit, se nourrit de notre présence.
 Il est l'origine, vecteur de nature. Le viel homme l'air grave, regarde par sa fenêtre : la forêt le nargue, royale et orgueilleuse. Elle semble s'étendre comme un océan en colère. D'année en année et malgré les tempêtes, elle s'allonge.
Rien ne lui échappe. Des vents violents qui ont ravagé une partie des sapins, aux sécheresses, cette allée de sapins et d'arbres en tout genre enregistre tout...
 Cela remémore au vieux monsieur que la nature est la force suprême. Des chênes centenaires tordus du premier plan en passant par ses jeunes hêtres qui dominent l'horizon, tout lui fait penser à cette énergie véhiculée par les lois de la nature. Il n'a plus cette force juvénile circulant dans ses feuilles étincelantes de gaité. Lui sa sève c'est son sang, et il sort juste de l'hôpital...
Celui qui se battait contre la déforestation jadis, n'a plus l'énergie d'antan. Son charisme s'amenuise petit à petit. Il se sent faiblir, ses jambes tremblent comme les petites vagues d'un ruisseau. Il est soudainement obligé de s'asseoir sur sa chaise bringuebalante en face de la fenêtre.
Son regard ne peut s'empêcher de sombrer dans la mélancolie, il se rappelle sa jeunesse, les jours heureux...L'époque où il gambadait avec ses amis dans les prairies.
Il n'a plus de famille et vit seul, c'est le rescapé dit-on dans le village avoisinant la forêt. Il fut le survivant d'une tempête inouie surnommée “la Mort froide” par le journal Ouest-France.
Pierre était une force de la nature, grand et élancé, il possédait une volonté farouche en témoigne ses sourcils en bataille comme la lutte faisant rage dans son esprit.
Vivre quelques instants de plus ou bien mourir ?
Un arrêt cardiaque a faillit le terrasser quelques jours plus tôt. Il est au crépuscule de sa vie. Le printemps semble le défier. Alors que la nature recouvre ses forces, lui voit décliner les battements de son coeur. Bientôt, il ne sera que poussière.
A-t-il eu une belle vie ?
Soudain une larme glisse, virvolte à côté de son nez retroussé. Que se passe-t-il dans son esprit ? Le viel homme s'est retourné et son visage s'est posé sur le tableau aux couleurs excentriques. Il admire la dame à la mine énigmatique assise sur le banc blanc...
Qui est cette personne capable d'extraire des larmes de son visage pourtant d'ordinaire fermé à double tour ?
Au moment de jeter son dernier souffle, aura-t-il des choses à regretter ?
Gageons que son destin pourrait être celui de monsieur tout le monde. Et pourtant il n'en est rien...
L'oeil avide de découverte ne peut s'empêcher de s'approcher de cet étrange manuscrit laissé à l'abandon sur le lit. Si le vieil homme a bien une fierté c'est d'avoir tapissé des mots pour transcrire sa vie. A l'heure où naît un jour sans fin, l'homme se sait mourant. Il se décide à relire son ouvrage dans lequel l'acmée de sa vie, ma vie, est transposée, car oui, cet homme, cette ombre, c'est moi !
Je m' approche en boitant, passant une main sur mon front humide puis je m'essuie avec un mouchoir. Enfin je m'assieds sur mon lit encore tout chaud. Le matelas a formé une crevasse, celle de la nuit passée à cauchemarder. C'est sûrement l'une des  dernières fois que le lit sera déformé par ma présence.
Enfin, je tends ma main tremblante afin de relire l'histoire de ma vie. Tiendrais-je jusqu'à la fin de mon livre ?


Hors ligne Fay Walker

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : J'ai tendu la main...
« Réponse #1 le: 13 Janvier 2014 à 21:08:05 »


Citer
Une silhouette plane sur cette colline verdoyante et semble déployer ses ailes de sa prestance
-> Comprends pas "déployer ses ailes de sa prestance", qui est stylistiquement un peu lourd pour une entrée en matière.

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mare assaisonnée d'iris jaune
-> Pourquoi une métaphore culinaire ici ?

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virvolte
-> virevolte avec un E au milieu
à la vitesse de la lumière
-> Ca fait vraiment trop poncif, et ce n'est pas utile ici

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La forêt se présente fière, élancée sur plusieurs kilomètres.
-> Je me représente mal ce qu'est une forêt élancée. Une jeune fille peut être élancée, mais une forêt ? Etalée peut-être ?

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Elle est une fourmillière géante dans laquelle grouillent les insectes, les animaux ainsi que la végétation.
-> "ainsi que" = vraiment trop scolaire

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Il se dégage une certaine finesse au détour de ses branches fines, humides, accueillants les coccinelles. Elles ont établi sur cet arbre leur base militaire.
-> répétition finesse / fines
-> Les coccinelles ont des bases militaires ?!

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Remarquez vous le scintillement du soleil qui telle une bague ornée de diamants envoie un rayon diffus, étrange, inaudible.
-> c'est une question : manque le point d'interrogation à la fin.

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La lumière de l'astre se faufile dans le feuillage et éblouie de sa chaleur les insectes.
-> éblouit
-> Je m'interroge profondément sur le fait que les insectes puissent être éblouis par le soleil. En outre, on ne comprend pas si c'est la lumière ou la chaleur qui les éblouit.

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Le ciel érige une mosaique de nuances en apothéose
-> Il y a de l'idée, mais mosaïque + nuances + apothéose ça fait lourd.

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L'atmosphère semble apaisée
-> je ne les ai pas tous relevés mais il y a une répétition de "sembler" dans tout ce début, à des moments où il n'est pas utile. Pourquoi est-ce que l'atmosphère "semble" apaisée seulement ? Veux-tu créer un effet de suspens (en fait il n'en est rien et une grande agitation se trame en secret comme on va le découvrir à la page suivante ?)

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Puis devant cette magnifique création naturelle
-> La formule est vraiment lourde.

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parcourt la façade de l'habitation
-> tu peux te passer de la précision "de l'habitation". Avec façade, on comprend.

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Des grenouilles coassent machinallement
-> machinalement
-> pourquoi une métaphore mécanique pour ces grenouilles ?

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une goutte de lumière qui peine à masquer l'obscurité
-> Bizarre l'idée que la lumière devrait "masquer" l'obscurite. C'est contre-intuitif.

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Le lierre semble

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La couverture du livre ressemble étrangement à ce tableau flirtant avec le mur.
-> Je ne comprends pas cette phrase.

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  Il aiguise l'attention avec ses couleurs chatoyantes
-> Tu es sûr de vouloir dire que le tableau "aiguise" l'attention ? Pas plutôt "attire" ?

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C'est que le bois vit, se nourrit de notre présence.
 Il est l'origine, vecteur de nature.
-> Pourquoi avoir sauté un paragraphe entre ces deux phrases ? La deuxième prolonge pourtant l'idée de la première.

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Le viel homme l'air grave, regarde par sa fenêtre :
-> vieil homme
-> Manque une virgule : Le vieil homme, l'air grave, regarde par sa fenêtre


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Des vents violents qui ont ravagé une partie des sapins, aux sécheresses, cette allée de sapins et d'arbres en tout genre enregistre tout...
-> la virgule après sapins est en trop pour le sens ;
-> en-tend ? tout, enregistre tout (il manque une syllabe semble-t-il, et une virgule)

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Cela remémore au vieux monsieur que la nature est la force suprême
-> Tu ne peux pas construire le verbe "remémorer" comme le verbe "rappeler", qui irait mieux de toute façon ici pour ce que tu veux dire.

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Son charisme s'amenuise petit à petit.
-> On ne comprend pas pourquoi tu parles de charisme ici.

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ses jambes tremblent comme les petites vagues d'un ruisseau.
-> c'est mignon :-).

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L'époque où il gambadait
-> ça fait très animalier comme terme. Un chiot gambade… Le vieil homme, même jeune, j'ai du mal

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Pierre était une force de la nature, grand et élancé, il possédait une volonté farouche en témoigne ses sourcils en bataille comme la lutte faisant rage dans son esprit.
-> La phrase est bancale.
Pierre était une force de la nature : grand et élancé, il possédait une volonté farouche ; en témoignent ses sourcils, en bataille comme la lutte faisant rage dans son esprit.
Ou : Pierre était une force de la nature. Grand et élancé, il possédait une volonté farouche, comme en témoignent ses sourcils : en bataille, comme la lutte faisant rage dans son esprit.
Ou encore autrement, je ne sais pas, mais il y a là trop d'informations avec une ponctuation à revoir.

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Un arrêt cardiaque a faillit
failli sans t

Citer
d'extraire des larmes de son visage pourtant d'ordinaire fermé à double tour ?
-> "extraire des larmes" > le terme "extraire" est très fort (on imagine la femme sortant la main du tableau pour tirer les larmes de l'oeil du pauvre vieux !), et du coup attire l'attention inutilement
-> "pourtant d'ordinaire" : ah bon ? Nous on ne le sait pas encore. "fermé à double tour" : la métaphore sonne bizarrement ici aussi. Un simple "visage fermé" ne suffirait-il pas ?

Citer
Je m' approche en boitant, passant une main sur mon front humide puis je m'essuie avec un mouchoir.
> "puis" : trop scolaire 


Hello !

C'est un texte qui fait un effet assez bizarre.
Il montre que tu disposes d'une richesse de vocabulaire certaine, mais que tu emploies parfois bizarrement, voire à mauvais escient. En terme de style, cela donne des formules très inattendues qui heurtent la lecture (par exemple j'ai du mal à me représenter une forêt "élancée", ou une femme peinte qui "extrait" les larmes du vieil homme), jouxtant des expressions toutes faites et des clichés littéraires rebattus (ex : colline verdoyante, vitesse de la lumière, être au crépuscule de sa vie…).
Il y a du coup une grandiloquence qui semble être voulue, mais sans être assez maîtrisée pour insuffler au lecteur le sentiment de majesté qui semble être celui que tu veux donner par rapport à cette forêt.
Le choix du récit au présent ne donne pas un effet très naturel non plus. 

En terme de contenu, je ne suis pas convaincue par le revirement final du passage de la 3ème à la 1ère personne. Ca fait assez artificiel : pourquoi ne pas soit unifier le tout à la 1ère personne, soit faire deux textes séparés - une espèce de prologue qui campe ton atmosphère, et ensuite le passage à la 1ère personne dans l'histoire du vieil homme proprement dite ? C'est peut-être plus classique, mais plus facile à tenir.

Tu donnes l'impression de t'amuser avec les mots, ce qui est plutôt chouette. Mais tu les utilises tellement en tout sens qu'on perd le sens que tu veux véhiculer. Demande-toi si tu veux vraiment employer tel mot plutôt que tel autre ; si cette métaphore convoque une image appropriée ; si le rythme de ta phrase correspond à l'idée que tu veux transmettre etc. Bref si la forme et le fond de ton texte sont en résonance :-).


 


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