Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le copain sourd-muet

Auteur Sujet: Le copain sourd-muet  (Lu 1919 fois)

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
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Le copain sourd-muet
« le: 06 Décembre 2013 à 09:06:12 »
La sonnette qu’il redoutait retentit, celle de la récréation de dix heures. Tous les élèves se précipitèrent vers la cour pour boire et pour jouer. Jeannot, lui, resta tout près de la porte de la classe, n’osant pas s’aventurer au milieu de ces démons aux gestes brutaux et à la parole grossière. Dehors un crachin froid lessivait les arbres et les murs du collège.  Cette bruine lui rappelait le jour triste où l’un de ces camarades l’avait poussé dans la mare du jardin.  Il avait perdu, en tombant, la couronne d’une incisive supérieure et cassé ses lunettes. Ce jour là, les élèves, garçons et filles, l’avaient surnommé : ‘Hercule l’ébréché’. Tout couvert de boue, il avait pleuré comme un enfant de la maternelle ; et depuis, il n’osait plus se mêler aux autres, par crainte d’être rudoyé. Les camarades de sa classe, friands de sucrerie et de méchanceté, se moqueraient de lui. Et, si  le surveillant était distrait, il recevrait de nouveau des coups. Fluet et timide Jeannot avait, depuis son jeune âge, du mal à s’adapter au groupe.

Pourtant, chaque jour il déployait des efforts pour  affronter l’hostilité de son petit monde. Autant Jeannot détestait rester seul, autant la présence des autres le désenchantait. A chaque fois qu’il essayait de se lier d’amitié avec un camarade, il se heurtait à son comportement effronté et sa façon indélicate de parler. Son physique maigrichon et sa myopie accentuaient son isolement. Il voulait bien connaître les autres, les aimer et se faire aimer. Malheureusement, ses camarades se conduisaient à son égard comme des brutes insouciantes.

−Attention Hercule l’ébréché arrive ! Silence ! Et derrière lui, tous pouffaient de rire.

Le professeur principal Madame Bertrand, qui enseignait le français, s’expliquait mal le retranchement de Jeannot ; c’était pour elle un cas particulier, elle le suivait de près. La sixième étant une classe d’adaptation, Jeannot devrait s’efforcer à intégrer le groupe. C’était à lui de changer et non pas aux autres. Elle décida alors de l’aider à faire connaissance avec un premier ami. Un copain qui allait par la suite se révéler providentiel.

Mme. Bertrand resta, pendant toute la pause, près de lui devant la porte regardant la pluie. Les autres s’ébattaient dans les couloirs et les escaliers.

−Comment trouves-tu le temps ?
−La pluie est... belle si…
−Si quoi ?
− Si elle est… toute seule !
−Comment ça toute seule ?
− Sans le froid !

Mme. Bertrand compatit à la solitude de Jeannot, l’un de ses bons élèves, elle l’invita à faire la connaissance d’un ami comme lui réservé, mais malheureusement muet.

−Un copain muet !
−Oui, tu veux bien?
−Oui Madame !

Un ami qui allait par la suite se révéler un grand parleur, dont la langue loquace mais retenue séduirait Jeannot et le fascinerait. D’ailleurs Jeannot pensait qu’il valait mieux ne pas avoir de langue que d’en posséder une fourchue  qui ne dirait que du mal ou des paroles tordues.

Selon Mme. Bertrand, il devait, à quinze heures du mercredi suivant, rejoindre la bibliothèque municipale. C’était là qu’il rencontrerait son nouvel ami.

Après les présentations, le professeur principal s’éclipsa, Jeannot resta seul avec cet inconnu sourd-muet. Il ne savait pas comment lui parler ni comment lui demander son nom. Mais, le malentendant était intelligent et comprenait sans qu’on lui adressât la parole. Il remarqua la maladresse de Jeannot, écrivit aussitôt son prénom sur une feuille et la montra avec un regard noyé dans le sourire :

−Hector. Appelle-moi Hé !

Jeannot fit de même, mais le muet, en levant les doigts vers sa bouche, lui apprit qu’il pouvait lire sur les lèvres. Cette aptitude du taciturne l’éblouit ; il se sentit plus à l’aise. Derrière le silence de ce copain se devinait un univers exubérant. Jeannot tendit la main pour exprimer son impatience de le connaître ;  Hector, de son coté, ouvrit les bras et l’invita à s’assoir dans un coin, puis sur un petit bout de papier il écrivit :

−Tous les mercredis après midi au même endroit.
−D’accord, répondit Jeannot, en faisant un signe de la tête.

Hector leva sa main droite en repliant le majeur et l’annulaire, les autres doigts tendus, signe qui signifie ‘je t’aime’. Jeannot refit le même geste et promit à son nouveau camarade de faire des efforts pour le comprendre.

En très peu de temps, le collégien apprit beaucoup : des mots pour exprimer ses sentiments, des manières différentes de transcrire ses idées et surtout comment, par la générosité, répondre au mal par le bien.  Il communiquait à merveille avec son compagnon comme s’ils se connaissaient depuis longtemps.  Fort de cette nouvelle amitié, Jeannot, redressait la tête, retrouvait la confiance et regardait sans sourciller les adversaires de la classe.

Le soutien du sourd-muet le rendait fort. Attentif et plus appliqué dans son travail, il obtenait, en réponse à son assiduité, de bons résultats dans toutes les matières. L’annonce de chaque bonne note l’encourageait à déployer d’autres efforts. Il arriva ainsi, par sa persévérance,  à surclasser les élèves de sa classe et à forcer leur respect. Même Léa, qui éclatait de rire à chaque fois qu’elle lorgnait de son coté, ne se moquait plus de lui. Maintenant les chuchotements moqueurs: « Hercule l’ébréché Hercule l’ébréché » n’avaient plus d’effet. Seuls deux ou trois cancres continuaient à le taquiner, mais indifférent, il ne leur accordait aucune importance.

Mme. Bertrand, de son coté, se réjouissait des progrès qu’accomplissait son favori. Elle l’encourageait. Porté par son élan, le petit grandissait. Il excellait dans ses devoirs et triomphait par sa conduite ; toujours fidèle à son ami, il brillait et dépassait sans grande peine ses complexes. Le collège le sollicita pour écrire des articles dans le journal. Le premier prix le récompensa à la fin de l’année.

Le jour de son anniversaire, ses parents insistèrent pour qu’il invitât l’allié dont il avait tant parlé. Le soir lorsqu’il rentra seul, devant la surprise de sa mère, Il sortit de sa poche le livre « sans famille » Hector Malot.

« Modifié: 07 Décembre 2013 à 12:50:11 par Babataher »
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Geekolas

  • Calligraphe
  • Messages: 128
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #1 le: 06 Décembre 2013 à 21:11:12 »
Pas mal, pas mal du tout !

L'écriture est fluide comme d'habitude et c'est un plaisir de lire ton texte  :)

Cependant je trouve bizarre que tout le monde se moque de Jeannot juste parce qu'il est tombé dans la mare. Et pourquoi les victimes s'appellent-t-elles toujours Jeannot ? Y en a marre !

Au passage, mortelle la chute  :)

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #2 le: 07 Décembre 2013 à 08:18:10 »
Bonjour Geekolas
Merci pour ta lecture.
Citer
Cependant je trouve bizarre que tout le monde se moque de Jeannot juste parce qu'il est tombé dans la mare.
Si un ouvrier vole un madrier et qu'il est recherché par son entrepreneur, cela ne représente aucun intérêt, par contre si ce même ouvrier, à la suite de son acte est recherché par l'entrepreneur, par la police de la ville, et pourquoi pas par toute la ville, sous prétexte que ce madrier servira à la construction d'un pont qui reliera l'est et l'ouest de la vielle cela deviendra intéressant.  Enfin je suppose!
Citer
Et pourquoi les victimes s'appellent-t-elles toujours Jeannot ? Y en a marre !
sans doute à cause de Jean Valjean!
En tout cas c'est la première fois que j'utilise ce prénom.
Encore une fois merci pour ta lecture.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Musyne

  • Prophète
  • Messages: 638
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #3 le: 07 Décembre 2013 à 12:38:08 »
Bonjour Babataher,

J'ai trouvé la lecture de ce texte aisée et agréable : j'ai envie de dire comme souvent quand je te lis :)
J'ai noté une petite erreur : ton professeur étant une "Madame", l'abréviation à employer est Mme, et non M. qui est employée pour Monsieur.

Citer
−Oui, tu veux bien !
Ne serait-ce pas plutôt une question ?

C'est une histoire mignonne et touchante mais j'ai été un peu déçue par la chute, finalement. Il est vrai que trouver et découvrir l'amitié dans un livre est une idée séduisante, mais j'étais davantage séduite par l'idée que cet ami soit réel et que le petit Jeannot connaisse vraiment les joies de la rencontre avec l'autre en tant qu'humain. Mais c'est une vision personnelle, qui n'enlève rien à la qualité de ton récit ;)

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #4 le: 07 Décembre 2013 à 12:47:36 »
Bonjour Musyne,
Oui effectivement Pour Madame, au début c'était un monsieur;
Je corrige.
Merci pour la lecture.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne cyamme

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  • marmotte insomniaque
Re : Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #5 le: 10 Décembre 2013 à 18:09:14 »
SAlut Babataher

J'ai noté une petite erreur : ton professeur étant une "Madame", l'abréviation à employer est Mme, et non M. qui est employée pour Monsieur.

Je vais être un poil tatillone mais l'abréviation est effctivement Mme et pas Mme. comme tu l'as fait.  ;)

 
Citer
Il voulait bien connaître les autres, les aimer et se faire aimer.
  aurait bien voulu ? (je suis pas sûre que ce soit nécessaire, ça me semble plus naturel)
Citer
Un copain qui allait par la suite se révéler providentiel.
 
Citer
Un ami qui allait par la suite se révéler un grand parleur, 
  Deux révélations pour un si petit espace c’est trop. L’une des deux ne ressortira pas vivante de cet affrontement.  :mrgreen:

 Pour le reste j'ai iben aimée ton histoire, toute mignonne. J'adhère au clan de ceux qui trouvent ta chute chouette! Le seul aspect qui m'a dérangé est le ton employé que j'ai parfois perçu comme un peu moralisateur.

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #6 le: 10 Décembre 2013 à 18:57:48 »
salut cyamme,
Citer
l'abréviation est effectivement Mme et pas Mme.
? sans le point d'accord!
Oui j'adhère une ellipse est toujours plus élégante.
Merci pour la lecture.
« Modifié: 10 Décembre 2013 à 18:59:26 par Babataher »
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne vinksdarkso

  • Troubadour
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    • Les chroniques d'Evkins Darkso
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #7 le: 10 Décembre 2013 à 19:58:33 »
Je suis légèrement mitigé sur certains points, mais globalement, la lecture fut agréable.

Mme Bertrand, Hector, Hercule, Jeannot, Léa, ça ne fait pas très contemporain tout ça... L'insulte également, hercule l'ébréché, c'est plutôt mignonnet et dans un vocabulaire plutôt châtié. Si l'action se déroule dans le passé, il est bon de le précisé par de petits clins d'œil (encrier, table en bois, je ne sais pas ;) ) pour gagner en cohérence. Ce n'est pas obligatoire mais moi, ça m'a un peu intrigué...

Je trouve l'idée du livre intéressante et la morale de fin plutôt mignonne, mais j'aurais probablement aimé que tu traite plus l'aspect violences que certaines "victimes" peuvent subir, car dans la vrai vie, ça ne termine pas toujours aussi bien pour elles ! Un gosse qui lit dans les couloirs un livre sur les sourds muet sera encore plus l'objet de quolibets : "whooo le bouffon wesh, il lit un truc pour sourd muet, haziiii le boloss !". Enfin, là ou j'ai grandis...

Au plaisir !

Vink's, humble profane.

« Modifié: 10 Décembre 2013 à 23:13:34 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #8 le: 11 Décembre 2013 à 07:41:12 »
Bonjour vinksdarkso,
Merci pour tes remarques pertinentes!
Effectivement c'est dans le passé! ah oui  l'encrier mérite d'être cité, à lui tout seul il faut réserver une nouvelle, mais on ne peut pas tout décrire!
En tout cas merci pour la lecture.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne ran01

  • Scribe
  • Messages: 66
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #9 le: 11 Décembre 2013 à 08:40:25 »
J'ai bien aimé ton texte le sujet et l'histoire. J'aurais peut-etre préféré que cet ami soit réel mais au final c'est aussi bien que ce soit un livre. 
Âme blanche et pure comme la neige
Semblable a un bourgeon qui s'epanuit
Un enfant

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #10 le: 15 Décembre 2013 à 09:52:09 »
Bonjour Babataher,

J'ai lu par mégarde le dernier commentaire, qui m'a spoilé la fin. x) Je ferai plus attention la prochaine fois. Je pense aussi que ç'aurait été très intéressant que l'ami soit réel ; ceci dit, ton choix me semble très bien aussi.
Ton texte m'a assez plu ; je l'ai trouvé fluide, il se lit bien. Effectivement, les violences subies par le personnage se ressentent peu, mais je ne pense pas que cela soit, pour cette raison, éloigné de la réalité ; il est possible que le personnage souffre beaucoup mais le cache de son mieux - est-ce que ce que tu souhaitais faire ? Peut-être tout de même, si c'est le cas, le suggérer à un endroit du texte.

Un seule remarque, attention aux virgules. Par exemple : "Dehors un crachin" > virgule après "dehors". Il y a très peu de coquilles.

Merci pour cette lecture, bonne suite !

Aahraz

  • Invité
Re : Le copain sourd-muet
« Réponse #11 le: 15 Décembre 2013 à 11:31:28 »
Salut, Baba-cool-orum-tather.

J'aime beaucoup ton style, il est sobre et fluide tout en sachant taper où il faut pour faire passer les idées, j'aime beaucoup.

Notamment le début, plutôt bon, où l'on ressent la détresse des déchus des cours de récrés. Ca m'a un peu fait penser à la jeunesse de King Ju. Juste qu'il me semble (après, vu la chute, ce ne devait pas être le but) qu'il était possible de tirer un peu plus de cartouches sur l'ambiance, le temps, le décor. Le seul indice, c'est la pluie (qui est excellente, j'aime beaucoup le passage sur le froid, même s'il pourrait être amené beaucoup plus efficacement) alors qu'une salle de classe, où une cour de récré, quand tu es "socialement maudit", ca devient un enfer. Le tic tac oppressant, l'atmosphère grisâtre qui s'installe entre les fenêtres lourdes... la situation initiale fait beaucoup énonciation (bon après c'est un style), et (c'est personnel), quelque chose de plus précis, de moins général, m'aurait bien plus accroché.
Et sinon :
Citer
−Attention Hercule l’ébréché arrive ! Silence ! Et derrière lui, tous pouffaient de rire.
C'est peut-être moi, mais je trouve l'incise assez maladroite. Avec le "Et"; sans précisions, ça peut presque rentrer dans le dialogue. J'ai décroché 2 secondes sur ce tiret-là.

On arrive au moment où l'on parle du nouveau copain. Là, c'est assez juste, souvent fin (le coup de la langue retenue); mais j'ai l'impression que tu m'as un peu dupé :
Citer
écrivit aussitôt son prénom sur une feuille
trop action... "exhiba son prénom sur "support couverture".
Là, en lisant la chute, je me suis dis "un livre qui écrit son titre devant le lecteur..?".
Pareil pour le "il écrivit : tout les mercredi au même endroit". Jeannot qui reste subjugué devant un tel ami, et qui lui dit lui même. Où alors, vu que le signe de tête qui suit se rapporte soit au handicap soit au fait que ce soit un livre, le terme "écrire" est un peu mal amené, parce que Jeannot crée tout ça dans sa tête.

Citer
Hector leva sa main droite en repliant le majeur et l’annulaire, les autres doigts tendus, signe qui signifie ‘je t’aime’.
Pareil, là, j'ai l'impression qu'en fait, tu veux tellement dissimuler ta chute que tu perds en crédibilité. Ce ne sont pas vraiment des double-sens ni des indices, mais des faux semblants, et c'est un peu dommage. (ou alors j'ai rien capté, chose qui semble probable à l'heure et à l'endroit où j'écris ces lignes; si c'est le cas, désolé, l'ensemble de ces remarques sont caduques ;D)

De même, le passage où "tout s'améliore" est bien amenée (un peu rapide), mais on vit avec jeannot cette progression et le changement des jugements le concernant. Le "répondre au mal par le bien" est excellent, l'esprit positif qui se dégage de son salut est rafraichissant... j'ai aimé. Et puis, donc, les parents, qui, en toute logique, se demandent "mais c'est qui, ce pote?", amenant donc la question qui découle sur ta chute fracassante.

Tu manques un peu de confiance en elle, peut-être, parce que tu aurais pu jouer bien plus sur le double sens "livre-ami" et sur la solitude de jeannot (qui en vient à dire lui-même à un bouquin "tout les mercredi à la même heure!"). Vu que le texte est en narrateur omniscient (si je ne m'amuse ;D), le fait que les pensées de jeannot ou son imagination soit relatée telle quelle (le livre qui fait des signes, qui parle des phrases qui ne sont pas écrites sur les pages) me semble maladroit. En point de vue interne (jeannot = je), ca ferait un délire à la fight club enfantin ou tu deviens "fou" avec ton narrateur, là, c'est un peu (à mon gout) trop entre les deux pour vraiment tenir debout.

J'y ai également retrouvé quelques souvenirs du gamin que j'étais qui lisait Buzati, avec la cruauté, l'enfant, et l'avenir devant...

Bref, ce texte est bon, mais je pense que lissé et peaufiné, il pourrait être excellent.
Merci pour la lecture ;)

 
« Modifié: 15 Décembre 2013 à 11:34:09 par Aahraz »

 


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