Que reste-t-il de moi qui ai perdu la face ?
Que les mots pour retrouver ma trace
et mon cœur pour m'y faire une place.
Valait-il mieux quitter les lieux ?
en beauté dire Adieu ?
C'étais contre l'étiquette,
celle de l'amour,
celle de la quête,
ce n'étais pas mon jour.
Il viendra bien assez tôt
le temps des pleureuses,
le début des travaux
pour le cercueil qu'on creuse,
la poignée de terre qu'on jette
dans une étrange et triste fête.
Toi, la dame en noir
messagère du désespoir
si au moins tu portais des bas de soies
sous ta robe de bure déchirant mes doigts.
Je me serais offert à toi,
amante redoutable
dévorant mon moi
dans un orgasme fatale.
Je t'ai vu, dans ta fureur,
alors que je traversais le Styx
au pays du bonheur
et des rêves chimiques.
Demain est terra incognita
sur le parchemin sacré
de l'éther émergé
tracé par le compas
des questions sans réponses
des pourquoi et pourquoi pas
des lendemains qui s'annoncent.
Sous le souffle des incertitudes
parfumé d'habitudes
le malheur s'éloigne des rives
de la dérive que plus rien n'enivre;
cachant sa honte dans la solitude
d'un monstre coupable de forfaiture.
Ombre de mon ombre
attendant que la nuit tombe
pour y creuser des rêves d'Alice
mettant bas le masque factice.
À la lueur des étoiles
mon esprit s'éveille,
défaiseur de voiles
aux couleurs vermeils.
La cascade des mots
se réveillent
tel un torrent de charades
après le dégel hivernal.
ils s’assemblent en balades,
brisant les règles vaines
de palabres infinies ,
sur les clés de l’harmonie,
du non dit et de la vérité,
du rythme dans la marche à pieds
n’ayant que des pouces
rongés par les vers.
La rime et musique et muse de l’âme,
elle s’envole dans la nef des fous
jouant du tam tam.
Elle slamuse
lâchant du leste les mots
molestés par la faux
du jugement final.
Au croisement des possibles,
elle délivre les perles de l’indicible
suspendues dans l’éternité
faisant de moi un pêcheur libéré.
J’y efface le masque détesté
d’une carcasse embaumer
de feuilles de papier,
parsemées par millier
d’une écriture fébrile.
C’est là mon royaume,
la source des psaumes,
la bourse de l’aumône
faîte à mon cœur
en sonnets trébuchants
redoutant la lueur
de l’aube
et la course du temps.
que reste-t-il de moi qui ai perdu la face ?
il me reste ma plume pour m’en faire des ailes
et m’envoler lorsque la muse m’appelle.
Au pays des aigles
entre nuages et arc-en-ciel
dans un ciel sans pareil.
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