Traînant guêtres ainsi que mal-être
Tu erres dans les dédales de ta tête
L'esprit banni de la constance des bien-pensants
Cette piètre mère féconde, incidemment,
Te projeta dans la pénombre de ce monde
Et insinua cette vérité pour toi moribonde
Destins croisés, malheureusement inégalés
L'espoir n'est qu'un mythe tout comme leur Dieu
Car de la nuit douce et câline au coin du feu
Tu ne connais que l'incandescence de la souffrance
Ainsi, par ton amour tu y as jeté de l'essence
Tu n'as réussi qu'à raviver haine et coups
Mêlant tristesse et tendant l'autre joue
Car du droit irrémédiable à la vie
Tu ne connais que course à la survie
Et même si les portes une à une se ferment
Et même si les crachats de juges te gênent
Ne coupe pas cette corde, lien de vie
Hisse haut ton identité en un cri
Une ombre passe dans les lignes de ta main
Mais le soleil se lèvera encore chaque matin
Mon ami, tends la main encore une fois
J'y mets mon cœur de sœur de foi
Tu m'as appris la douceur d'une paume tendue
Avec humilité je t'ai offert mon âme à nu
Ce matin j'ai pleuré de ta douloureuse absence
Ils t'ont eu, ils t'ont ôté la vie sans décence
Dessin de craie au sol, tu es parti, mon ami...