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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » SKAAR

Auteur Sujet: SKAAR  (Lu 1120 fois)

Hors ligne Ganaël

  • Tabellion
  • Messages: 21
SKAAR
« le: 08 Janvier 2014 à 00:47:45 »
Bonsoir à tous ! Je vous propose ici le début de mon premier chapitre, qui fais suite au prologue (sujet 'Genèse d'un héros" dans cette section). Voici donc le texte, bonne lecture !

"CHAPITRE 1 : SKAAR
Il était magiquement mort. Même si son corps était encore en vie, il ne résisterait pas longtemps sans pouvoirs. Il en était ainsi au royaume archinéen : un ange sans pouvoirs était destiné à mourir, que ce soit des griffes du premier démon venu, ou tout simplement de folie. Sous le choc, Kiraël fixait encore et toujours cet écran maudit, froid messager du trépas de son ami, qui l’assaillait toujours plus de sa tragique maxime. Il resta ainsi pendant plusieurs secondes, bientôt des minutes, sans réussir à trouver aucun sens à tout cela. Pourquoi ? Pourquoi avait-il accepté ? Il s’escrimait à se trouver des excuses, à rejeter la faute sur Ganaël qui l’avait peut-être trop voulu, sur le monde entier qui l’avait laissé faire sans broncher, mais la même pensée ne cessait de s’imposer à son esprit : il avait tué son ami. Il avait toujours plus ou moins su au fond de lui qu’un jour viendrait l’expérience de trop, celle qui déraperait et mettrait fin à sa carrière d’inventeur. Il avait presque rasé la moitié du royaume lors de sa précédente tentative de fusion de magies, mais il avait recommencé malgré tout. Avait-il été trop orgueilleux ? Après tout, qu’on le considère comme un irie ou pas, il n’était qu’un ange. Qu’est-ce que ça signifiait finalement, irie ? En étant cette sorte de génie capable du meilleur, il venait d’engendrer le pire. Certes la mort en soi était chose commune, mais pas comme ça. Normalement les anges mourraient au combat, sous la lame d’un puissant ennemi ou d’avoir épuisé leur pouvoir, mais il n’était écrit nulle part qu’un guerrier devait mourir ainsi. 
Le regard dans le vague, en proie au plus profond désespoir, il prit une grande décision. Doucement, comme pour noyer son chagrin coupable, il commença à charger ce qui serait son ultime attaque. Lentement, sterce après sterce, son énergie s’accumula dans ses canaux. Rapidement ils se remplirent, l’obligeant à condenser toujours plus les particules, jusqu’à ce que la pression magique dans son corps soit à la limite du viable. Il s’en fichait, son but n’était plus la vie. Inconsciemment, il sonna l’appel aux anges soigneurs, qui ne tarderaient pas à arriver. Il transféra ensuite l’image de l’écran de contrôle sur sa lunette, comme pour graver la culpabilité qui le hantait au fond de ses rétines, avant de sortir de sa cabine. Il s’approcha du corps inanimé de Ganaël, sans regarder autre chose que le message qui clignotait à quelques centimètres de ses yeux embrumés. Arrivé à côté de la table d’expérimentation, Kiraël joignit les mains et les posa sur le torse de son ami, toujours inconscient. Dans quelques minutes, des soigneurs arriveraient, et il aurait fini ce qu’il devait faire. Il ferma les yeux et inspira profondément afin de se vider de toute tension. Dans sa tête raisonnait l’écho strident du moniteur, comme le glas qui pleurait sempiternellement la même tragédie. Il n’avait pas peur de la mort, lui qui l’avait si souvent donnée, dans les guerres ou lors des jugements qu’il rendait au Conseil. Serein, il dirigea toute son énergie vers ses paumes, qui s’illuminèrent de l’éclat blanc laiteux de l’énergie magique sous sa forme pure. Il laissa couler ce flot jusqu’à siphonner toute sa puissance, sauf une particule, qui ne sortirait que lorsqu’il lancerait sa technique, marquant aussi la fin de sa propre existence. Il était prêt, et décidé à en finir. Il récita une prière simple, en appelant à la puissance des dieux pour l’aider dans son geste, puis lança, depuis son cœur magique, l’impulsion qui sauverait son ami.
   
« L’étau s’était desserré, mais rien ne s’était mis en branle. Mon cœur magique n’était pas reparti apparemment. Je sentais cette nouvelle particule en moi, nous avions réussi, mais mon corps semblait ne pas l’avoir acceptée. Du moins pas assez pour qu’il daigne la produire. Je n’étais pas mort pourtant. Je pensais, je sentais les réminiscences de la douleur dans mes os, j’étais vivant sans aucun doute. J’aurais bien bougé, histoire de montrer à Kiraël que je n’étais pas foutu, mais mes muscles ne répondaient pas. Ils étaient encore trop pleins du mal de l’expérience pour ça. J’allais m’en remettre c’était certain, je ne m’en inquiétai pas. J’étais par contre moins optimiste concernant ma magie. Qu’allais-je devenir sans elle ? J’étais à coup sûr en mauvaise posture. Sans magie pas de défense, et si peu d’attaque ! Certes j’avais de bonnes affinités pour le combat au corps à corps, mais je ne pourrais pas tout compenser comme ça ! Je devais aussi pouvoir lutter contre les combattants à distance comme les archers ou même les mages, sinon j’étais déjà condamné. Et puis c’était trop bête. Je ne pouvais pas avoir enduré tout ça pour finir ainsi. J’avais encore trop de choses à faire avant de mourir. Ma sœur… Comment pourrais-je la venger si je mourrais ici, là maintenant, pour quelque chose d’aussi bête que ça ? Je devais faire repartir de cœur, je n’avais pas le choix. Doucement, je commençai à lui demander de la puissance. Pas trop fort au début pour ne pas le faire exploser, mais assez pour le faire réagir. Mes premières tentatives furent vaines. Il devait avoir besoin d’un choc plus violent. Je lui demandai donc plus d’énergie, toujours plus, convaincu qu’il finirait par céder à mes appels. Rien. Ce n’était pas possible, je ne pouvais pas en rester là. J’avais trop souffert pour qu’il refuse de repartir. Il n’avait pas le droit, je ne lui en laissais pas le choix. Dans un élan de colère, je décidai de le stimuler à pleine puissance. Rien ne se produisit, mais je persistai à maintenir la pression. Je ne lâcherai rien. Quitte à y rester, je tentai le tout pour le tout. Je devais tenir, même si c’était difficile et douloureux. Au bord de la mort cérébrale, je sentis enfin une particule circuler en moi, avant de perdre conscience. »

Dans la tête de Kiraël, un nouveau bruit retentit. Joyeuse, cette petite sonnerie le surprit au plus haut point, si bien qu’il bloqua en lui l’impulsion qu’il avait déclenchée. Il ouvrit les yeux, et vit s’afficher sur sa lunette un message qu’il n’espérait plus depuis longtemps : « Activité magique rétablie ». Immédiatement, il réabsorba l’énergie qu’il avait sortie de son corps afin d’éviter une réaction en chaine, et resta à côté de son ami. Quelques secondes plus tard, l’équipe d’anges soigneurs arriva et s’occupa de Ganaël. Il était sauvé.
A l’infirmerie du palais, il était attendu par l’élite des guérisseurs du royaume. Ils l’isolèrent dans un premier temps, afin protéger la foule d’une réaction magique potentielle et incontrôlable. Les visites restèrent d’ailleurs interdites même une fois que son état fut stabilisé avec certitude, tant on ignorait tout des possibles réactions de la nouvelle particule.
Quelques jours plus tard, désorienté, Ganaël  se réveilla. Il ouvrit doucement un œil, mais le referma aussitôt, trop peu habitué à la lumière. Délicatement et par intermittences, il réussit finalement à accoutumer son regard. Il se releva péniblement, se mettant sur les coudes, et scruta son environnement. Il était dans l’infirmerie, dans une chambre de quarantaine, entouré par une multitude de runes de protection. Bien que son instinct lui dicta qu’il avait survécu, il se toucha malgré tout le visage du bout des doigts, et fit fonctionner les muscles de ses phalanges, comme fasciné par leur parfaite réactivité. Après cet examen de sa condition motrice, il immobilisa sa main ouverte, paume en l’air, comme s’il allait entamer une prière. Au lieu de ça, il fit circuler un peu sa magie, qu’il sentait à présent dans son corps vive comme un torrent,  jusqu’au calice que fermaient ses doigts. Il en sortit un petit filet vert fluorescent, digne de l’image que l’on avait de la radioactivité sur terre, d’une luminosité inouïe.
« C’était merveilleux. Une nouvelle magie. Ma magie. Nous avions réussi à créer un nouvel art. Je pensai à cette après-midi terrestre où, lors d’un de nos briefings, nous avions eu cette idée. Les dieux nous avaient pris pour des fous, les princes aussi, mais nous n’en avions rien à faire. Et nous l’avions fait. Je n’étais peut-être pas prince, ni dieu, ni rien de plus qu’un guerrier de la section Omega 12, mais j’avais mon propre pouvoir désormais. Je n’étais plus un ange parmi des milliards de milliards d’autres, j’étais le porteur originel d’une nouvelle particule. Et quelle particule… Cette couleur, cette luisance, elle était reconnaissable parmi toutes, incomparable. J’avais plus que tout hâte de pouvoir l’utiliser en combat. »
Il augmenta le débit de magie dans sa paume, toujours aussi troublé. Hélas, ne maitrisant pas encore cette essence magique inédite, il perdit rapidement le contrôle de sa petite sphère verte, qui lui explosa dans la main, mettant les muscles à vif, vierges de toute enveloppe cutanée. Il hurla, plus par surprise que par douleur, alertant les anges soigneurs à proximité. Ils ne s’approchèrent pas, restant à l’abri derrière la barrière de runes, et alertèrent Kiraël, comme la consigne leur en avait été donnée. Celui-ci arriva rapidement au chevet de son camarade, souriant et visiblement rasséréné. Il remarqua immédiatement sa main meurtrie, mais n’eut besoin d’aucune explication pour en comprendre l’origine. Ils discutèrent de l’expérience en elle-même, mais en vinrent rapidement à l’examen de la nouvelle particule. Doucement, Ganaël fit à nouveau apparaitre un filet de cette substance verte et apparemment si instable. Comme l’avait été son ami, Kiraël resta quelques instants bouche bée, subjugué par cette inquiétante lueur. Finalement, il se ressaisit et, délicatement, il emprisonna quelques-unes des particules dans une éprouvette afin de les analyser dans son laboratoire. Dès que ce fut fait, brûlant d’impatience d’en savoir plus sur sa dernière création, il quitta le convalescent pour retourner à son laboratoire et décortiquer tous les aspects de cette essence nouvelle. En partant, il promit seulement à Ganaël un « entraînement spécial » à sa sortie de l’infirmerie.
Après quelques jours supplémentaires passés à l’infirmerie, il sortit enfin. Alors qu’il lui était conseillé de se reposer, tant son organisme avait été éprouvé, il décida de se rendre directement aux appartements de Kiraël, afin de commencer l’entraînement. Il se leva et s’habilla, ses vêtements étant posés sur une chaise à côté de son lit. Comme la majorité des membres des sections Omega, spécialisées dans la défense, c’était un guerrier massif. Haut de plus de trois mètres et demi, il avait pour lui une carrure des plus imposantes. Il était vêtu d’une armure métallique lourde et épaisse, conçue pour lui laisser une pleine liberté de mouvements malgré les plaques d’acier qui la composaient. Dans son dos, retenue par une lanière de cuir, était accrochée une masse dont la taille laissait présager le poids. Quand il fut entièrement paré, il sortit de sa zone de quarantaine, malgré les protestations des soigneurs. Il se dirigea ensuite vers la sortie, toujours accompagné par la colère impuissante des anges qui devaient s’occuper de sa convalescence. Il ouvrit la porte et, heureux, emplit ses poumons de l’air de Gardoria. "

A vos avis et bonne écriture à tous !

Hors ligne Aquarelle

  • Aède
  • Messages: 233
Re : SKAAR
« Réponse #1 le: 08 Janvier 2014 à 14:21:29 »
Bonjour !

Citer
Dans sa tête raisonnait l’écho strident du moniteur, comme le glas qui pleurait sempiternellement la même tragédie.
Je ne suis pas fan de cette comparaison... Pour moi le glas n'évoque pas du tout un son strident mais un son grave, du coup j'ai du mal à faire le lien.

Citer
Comment pourrais-je la venger si je mourrais ici
si je mourais

Citer
Je devais faire repartir de cœur, je n’avais pas le choix.
c'est le coeur, plutôt, non ?

Citer
Rien ne se produisit, mais je persistai à maintenir la pression. Je ne lâcherai rien.
Hum, comme c'est le futur mais que le récit est au passé, "Je ne lâcherais rien".

Citer
Ils l’isolèrent dans un premier temps, afin protéger la foule d’une réaction magique potentielle et incontrôlable.

Un "de" est en cavale (entre "afin" et "protéger').

Citer
Bien que son instinct lui dicta qu’il avait survécu, il se toucha malgré tout le visage du bout des doigts
Bien que son instinct lui dictât

Citer
En partant, il promit seulement à Ganaël un « entraînement spécial » à sa sortie de l’infirmerie.
Après quelques jours supplémentaires passés à l’infirmerie, il sortit enfin.
Je ne suis pas sûre que ce soit bien nécessaire de préciser "passés à l'infirmerie". Disons que ça semble assez évident et que ça fait une répétition de "infirmerie". Peut-être tout simplement "Après quelques jours, il sortit enfin." ?

Citer
Il se leva et s’habilla, ses vêtements étant posés sur une chaise à côté de son lit.
Je ne vois pas trop l'intérêt de la précision, là non plus ("ses vêtements étant posés sur une chaise à côté de son lit").

Citer
Il était vêtu d’une armure métallique lourde et épaisse, conçue pour lui laisser une pleine liberté de mouvements malgré les plaques d’acier qui la composaient. Dans son dos, retenue par une lanière de cuir, était accrochée une masse dont la taille laissait présager le poids. Quand il fut entièrement paré, il sortit de sa zone de quarantaine,
Alors je continue de pinailler mais ça me fait un peu drôle, parce qu'il y a "Il était vêtu" mais en même temps il n'est pas encore tout à fait vêtu quand la description est faite (puisqu'ensuite il y a "Quand il fut entièrement paré"). Bref je suppose qu'il s'agit de sa tenue habituelle et que c'est l'idée, mais malgré tout je me suis fait la remarque. Peut-être que tu pourrais faire une infime modification, par exemple quelque chose comme "Il revêtit" à la place de "Il était vêtu".

L'usage des guillemets est un peu drôle dans la mesure où ce ne sont pas directement les pensées du personnage qui sont données mais juste le point de vue (le récit est au passé). Du coup les guillemets n'ont pas grand sens, sinon pour montrer le changement de point de vue, mais je ne pense pas que ce soit indispensable. Juste en faisant un autre paragraphe et en sautant une ligne, ça passe.

Sinon le texte se lit bien et aiguillonne la curiosité, donc il remplit bien son rôle de début d'histoire.  :)
Ah, je viens de voir que c'était la suite d'un prologue déjà posté, donc j'ai loupé le début. Tant pis !

Hors ligne Ganaël

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : SKAAR
« Réponse #2 le: 11 Janvier 2014 à 01:07:30 »
Merci de ton avis ! Je m'excuse pour les petites coquilles, j'ai pourtant relu mais pas assez consciencieusement apparemment, promit je ferai gaffe !

Je vais également rectifier les quelques expressions qui portent à confusion, merci d'être pointilleux c'est avec le perfectionnisme qu'on devient meilleur :)

Pour l'usage des guillemets, c'est le meilleur signe de ponctuation que j'ai trouvé, d'autant que, petite révélation, je compte donner une vraie existence au narrateur, faisant des passages en "je" des sortes de confession faites par Ganael au narrateur. Enfin c'était l'idée de base du moins ! Mais si t'as une astuce pour délimiter autrement (juste un saut de paragraphe c'est léger je trouve) je suis preneur !

Sur cette partie là je tenais justement à aiguillonner la curiosité, parce que j'introduis une notion de ma création. Je veux donc lui donner toute une dimension !

Merci encore, et bonne écriture !
« Modifié: 11 Janvier 2014 à 01:10:20 par Ganaël »

Hors ligne Aquarelle

  • Aède
  • Messages: 233
Re : SKAAR
« Réponse #3 le: 16 Janvier 2014 à 20:40:43 »
Les coquilles, je crois qu'on en laisse toujours. Ou presque. :)
Pour les guillemets ou plutôt l'absence de guillemets, ça ne me semble pas être un problème au sens où j'ai l'impression qu'on s'y retrouverait tout de même sans ces marqueurs. Sinon tu peux utiliser l'italique.
Bonne écriture à toi :)

Hors ligne Ganaël

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : SKAAR
« Réponse #4 le: 16 Janvier 2014 à 23:46:25 »
Excellente idée l'italique ! J'en vois souvent et je n'y ai même pas pensé, faut vraiment être idiot !
Merci beaucoup, je vais essayer ça, je posterai prochainement le résultat !

 


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