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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Dempster Dream

Auteur Sujet: Dempster Dream  (Lu 1497 fois)

Alzire

  • Invité
Dempster Dream
« le: 06 Juin 2013 à 01:32:21 »
Bonjour lecteur-trice,

Voici le premier texte que je poste ici. Un petit bout de ma vie sur la route, sur le pouce à travers le Canada. Cet instant se passe dans le Yukon, proche de l'Alaska, au début de la Dempster Highway qui mène à Inuvik, une petite ville dans le Grand Nord. Ce fut un moment très fort pour moi, bloqué pendant 3 jours dû à l'absence de voiture, le calme plat, entouré par la nature sauvage.
J'espère qu'il vous procurera un petit moment d'évasion!


DEMPSTER DREAM


MILE 0
Il m'a conduit aux portes de la Dempster, une putain de cicatrice taillée dans le nord. Il a arrêté son truck devant le pont qui enjambe la Klondike. Il a éteint le moteur et m'a mis devant le fait accompli: il fallait prendre la Dempster. Lui ne pouvait pas y aller car il avait des obligations à Dawson, mais il fallait que je voie ça. Tout étranger doit vivre la Dempster.
MAIS IL N'Y A RIEN LÀ-BAS que je pense. Des montagnes qui forment Tombstone, des nuages qui bougent bougent comme pas possible.
Il me laisse là.
C’est un carrefour. Il y a le Klondike River Lodge, une station service qui fait restaurant et motel. C’est vieux. Il y a des dizaines et des dizaines de drapeaux de pays différents qui flottent. Ils sont tous décolorés et déchirés. C‘est un oasis en ruine. Quelques loupiotes rappellent qu‘Il y a des gens qui sont là et que c‘est ouvert. J’y ai rencontré trois Québécoises, des sœurs venues se perdre dans ce trou pour y vivre un bout de Klondike. Elles me disent qu’il faut vivre un bout de Klondike dans la vie.
La route est calme, jonchée d’arbres des deux bords. Pas de vague. Le silence règne, il est roi, il est grand, il ouvre bien grand la gueule. Un pont métallique saute la Klondike. Il y a une aire de stationnement avec des panneaux qui racontent la Dempster. De vieilles photos illustrent la faune et la flore. C'est vieux, c'est terne, le soleil a tout pâli. Un panneau en bois indique le début de la Dempster, alors je me tiens debout à côté et j'attends.

Celui qui attend n'a pas d'histoire.
Et pourtant...

La première journée est très vite passée. Sur le bord de la route, on a le temps d’apprivoiser le bitume, les cailloux, les petits trous, les défauts de fabrication, les marques du temps, les nervures formées par les pneus de voitures, les quelques flaques d'eau; puis les herbes qui grignotent l'espace dur, les fleurs et les arbustes, les arbres. La première journée est celle de l'initiation. Le temps s'extirpe, se fait la malle et on se rend compte que le soleil tarde à disparaître, il traîne des pieds.
J'ai vu passer des voitures sur la Klondike Highway, celle qui relie Whitehorse à Dawson. Mais aucune ne tourne vers le nord. On l'évite, on n'ose pas. Certains ralentissent et sortent la tête par la fenêtre puis ils accélèrent. Le plein de vide donne le vertige.
J'ai posé ma tente au bord du Klondike. L'eau qui coule apaise les esprits.
On verra demain comment ce sera.

Quand j'ai ouvert le zip de ma tente le matin, il y avait beaucoup de fraîcheur, de sales gros nuages pas beaux comme s'ils allaient me tomber sur la tête. J'ai essuyé une nuit de grands orages, avec de la pluie qui tombait comme des pouces. Mais j'étais bien sous la tente, j'étais bien. Les gouttes qui tombent sur la toile forment une mélodie. C’est toujours mieux que le silence absolue. Je me sentais protégé par les gouttes de pluie et les grondements du ciel.
Au Klondike River Lodge, les sœurs Québécoises étaient accoudées au comptoir. Elles attendaient Godot ou un truc comme ça, quelque chose de quelque part pour tuer l'ennuie, histoire de se donner une raison d'exister. Alors j'ai pris un petit déjeuner. On parle. Elles me parlent des pouceux de passage et qui se font embarquer en un rien de temps. ILS VONT TOUS A DAWSON OU A WHITEHORSE, ILS ARRIVENT ET DISPARAISSENT TOUT DE SUITE. Mais personne ne va dans le Nord. Alors je demande pourquoi il y a une route, pourquoi iraient-ils là-bas? Puis on me dit que de toute façon, il vaut mieux que je retourne sur la Klondike car personne ne me prendrait.

Je suis retourné au panneau en bois indiquant le début de la Dempster et j'ai continué à attendre.
Les nuages volent à grande vitesse au-dessus. Ils fuient tous le nord, en troupeaux, ils s’arrachent des montagnes de Tombstone. Tout était à sa place comme hier sur la route. Rien n'avait bougé.


J'ai quitté Dawson et j'ai quitté Megan, cette fille délicieusement folle avec ses cheveux toujours décoiffés et son sourire. Elle pensait que j'étais déjà parti, alors elle m'avait laissé sur le coin de la porte une gerbe de fleurs fraichement cueillies puis un mot sur un bout de papier chiffonné. Une blague. Puis un "Au Revoir". J'étais encore là, alors elle s'est jetée à mon cou, elle m'a embrassé (oh rien du tout!). Puis on a échangé quelques mots.
Puis elle est partie je ne sais où.
Je suis parti sans lui dire "Au Revoir". Pas d'attachement, surtout pas ça, pas ici. Les gens partent en coup de vent. Ils se ramènent avec pleins de couleurs dans la tête pour un Klondike qui n’existe plus. De l’or, il y en a plus que dans les pupilles.
J'ai pris mon sac, et j'ai marché le long de la "Front Road" qui n'est d'autre que l'unique chemin pour quitter la ville.

Bloqué sur le bord de la Dempster au mile 0, seul le battement de mon cœur me fait prendre conscience du temps qui passe. Je suis en vie.
J’ai vu passer les Monster Trucs de l’Amérique. Ils ressemblent à des maisons à roulettes, je me demande pourquoi on a besoin de ça ici. Pourquoi se trimballer des pyramides de confort? Pour se réconforter? On pourrait rester chez soi et zapper sur nos zappettes plus vite que la lumière, dans nos pantoufles, et on nous donnerait pleins de couleurs électriques. Alors on y croirait, oui, on y croirait comme si cela avait été la réalité. Je les méprise. Je les hais. Aucun ne s’arrête. Jamais ils ne s’arrêtent. Je ne les vois même pas derrière leurs vitres teintées. Les Monster Trucs restent des montagnes de machineries, des icebergs mécaniques qui laissent derrière leur cul des nuages de poussière. Ils ne cessent de passer au ras du bord, près de moi, puis traversent le pont qui enjambe le Klondike. Ils disparaissent.

INVENTAIRE
Des caleçons, des T-shirts, une chenille, des cailloux des cailloux des cailloux, un bracelet brésilien, des poches de bouffe écrasée, une paires de godasses, des bas de gruyère, un poncho senteur lama et un Stetson fatigué. Une montre à l’heure d’hier, un cellulaire essoufflé, un écran pixelleux avec des touches pour caresser le virtuel, une trousse de secours avec des accessoires de chirurgie en plastique, des compresses, des liquides colorés et une paire de ciseaux pour crever les abcès. Des ustensiles pour la haute gastro, un réchaud pour réchauffer, une poêle comme poème, une tasse comme vers, un briquet et des allumettes d’australopithèques aguerris (tout l’attirail de l’homme des bois). Un bouquin plein de pages, plein de formules, plein de choses racontées, pleins d’images pour rêver le temps d’un nuage, d’un orage ou le temps à gaspiller. Des tickets de souvenir, des tickets de villes, de villages, de bouts de vie, des gens qui passent et laissent des traces pour se souvenir d’eux (Mike O’Donnely, musicien violoniste professionnel volant).
Un couteau, Opinel, qui s’ouvre et qui se ferme, avec un manche en bois clair.

Comme plus personne ne passait et qu’il devait être proche de midi, j’ai sorti mon Opinel et je me suis mis à tailler des branches mortes. Au début, je n’y allais pas de main morte, je cisaillais les branches pour les détruire, les réduire à néant, frustré de cette solitude forcée, au milieu de nul part. On s’en prend à pas grand chose, des broutilles qu’on mâche jusqu’à épuisement. Plus je coupais les branches de mon couteau, plus j’élaborais différentes manières de le manier. Maintenant j’arrivais à faire des fentes obliques, puis de plus en plus arrondies, j’arrivais à créer des formes en cercle, des lettres, des mots, des messages entiers. Et plus le temps passait, plus ma frustration se dissipait.
J’allais chercher des branches plus grandes, plus intéressantes, des formes brutes, des esquisses de corps torturés, des mains crispées. Je leur donnais vie, avec des contours arrondis, des formes plus légères. J’écrivais mon nom en retirant l’écorce, ne laissant que la chaire plus claire apparaître pour marquer les contours des lettres. Puis il m’est venu d’y inscrire des vers; la terre est bleue comme une orange, des choses simples et belles. Des aphorismes, des pensées. Des babioles qui s’amenaient d’elles-mêmes.
Deux corbeaux me regardaient. Un troisième s’est approché, il croassait. Ses croassements étaient rauques, me râpaient les oreilles, des coups de crécelles. Il eût un quatrième puis toute une armada qui me zieutaient et se foutaient de ma gueule.

Quand le soir s’en venait, j’allumai un feu. Un petit cercle de chaleur et de lumière incandescente qui brûle au fond de la tête au fur et à mesure que le temps passe. Tous les totems improvisés en ligne le bord de la route, ils sont tournés sur moi, tous mes regardent. Ils me questionnent, ils n’arrêtent pas de me poser des questions mais je n’ai aucune réponse. Aucune. Je ne sais rien, moi. Je ne suis pas ici avec toutes les réponses aux questions existentielles. Les grands corbeaux se ramenaient à droite à gauche. Ils étaient tous, inoculés par les flammes du feu. Ils croassaient de plus en plus fort. Le vent se leva un peu, juste assez pour faire crisser les feuilles. Je sortis un harmonica. C’est un gars au hasard qui me l’a offert. C’était pour couvrir le silence, pour jongler avec le temps, combler les espaces vides. C’EST UN OBJET MAGIQUE! Qu’il m’avait dit avant de disparaître. Je soufflai dedans. Le son, hésitant au début, parut tout de suite harmonieux. Il donna un nouveau souffle au paysage. Les grands corbeaux s’étaient approchés. Ils étaient en cercle et j’étais le centre. Ils se mirent à croasser l’un après l’autre, de moins en moins rauque, des sons de plus en plus de sens, des ondes douces qui crépitent et qui s’installent délicatement entre les craques du bois qui s’étincelle. Les flammes du foyer rond montent et descendent tout en dansant des danses ancestrales. Ils sont la parole des anciens qu’ils disent, ils sont la parole des anciens. J’entends les chants des corbeaux se coller à l’harmonica. Les étincelles du feu s’envolaient au ciel pour remplacer les étoiles qui avaient abandonné le ciel.
Ce soir-là fut sans doute le plus long de ma vie. Il s’étiolait jusqu’à n’en plus finir. D’ailleurs je ne me rappelle plus quand je suis allé me coucher.

Troisième jour, Dempster mile 0, la peau colle au bitume. Je sens que mon épiderme s’est fait la malle. Le matin est comme la nuit qui vient de passer: pleine de soleil. Je ne sais plus pourquoi je suis là et je m’en fous. C’est la vie qui veut ça, je suis toujours vivant. Être ici ou ailleurs, qu’importe le temps.
Je compte un, deux, trois, quatre... Onze totems. Ils sont fièrement plantés le long de la route, au mile 0. Aucun engin n’est passé encore. Il est bien trop tôt encore alors je continue avec mon Opinel et quelques branches à faire des totems.
Le soleil est fort. Il fait déjà chaud.
J’ai vu apparaître deux filles, deux bimbos avec de grosses lunettes de soleil qui cachait leur visage, mini jupe, grosses godasses, magnifiques chignons champi sur le haut du crâne, elles portaient chacune un big bag comme le mien.
La solitude en fait voir toute les couleurs, des mirages sagaces s’installent tranquillement, des songes squattent la réalité et il arrive qu’on n’arrive plus à différencier l’un de l’autre. Des totems. Des corbeaux parleurs. Des discussions avec les nuages. Et maintenant une paire de bimbos!
Elles sont passées près de moi. Elles parlaient dans une langue que je ne connaissais pas. Elles ne m’ont pas vu, je restais de marbre. Je ne pus articuler un mot. Une désagréable impression ne plus exister, un arrière goût d’indifférence. Je les regardais, là, marcher tranquillement, près de mes totems plantés au bord de la route, et même pas un soupçon d’étonnement, même pas un brin de curiosité. Pour elles, non, ça n’existait pas, je n’existais pas et elles marchaient tranquillement sur la Dempster, vers ce vide de l’autre côté du pont comme si de rien n’était. Je me disais qu’il fallait les avertir, que de l’autre côté du pont on ne peut pas être indifférent. Mais non, je restai paralysé. Rien à faire.
J’étais fou, couteau à la main, des totems partout, une hygiène inexistante, couvert de poussière des Big Trucs Américains. La fraicheur des premiers jours s’était fait la malle depuis longtemps. L’eau du Klondike était bien trop froide pour y plonger, alors je continuais à puer. Il y a une sorte de complaisance d’être bien dans sa crasse. La peau recouverte d’une carapace, on est imbibé de l’environnement tout autour. Les moustiques ne viennent plus piquer, les mouches ne bourdonnent plus non plus, on a les pieds bien ancrés sur terre. Mon foulard sentait la terre et j’étais devenu une protubérance, une création de la nature, une créature. J’étais le sosie d’Adam, je croassais,  j’étais un corbeau.
Elles se sont arrêtées de l’autre côté du pont.
Je les regardais. Elles font du pouce comme moi.

Un Big Truc Américain avec tout son attirail tourne sur la Dempster. Nuage de poussière qui pique les yeux. Il traverse le pont, s’arrête et embarque les filles. Les yeux encore brûlés, je n’y croyais pas. Premier engin qui passe, première embarcation. Et moi sur le bord depuis trois jours, je me fais pleins de films, j’imagine tout un monde de fou dingue, ce Big Truc Américain cassa tout. Pourquoi suis-je ici, qu’est ce que je fous là si personne ne me voit? Suis-je déjà mort ? Faut-il me faire pousser des seins?
Je suis de nouveau seul.
Seul avec mes totems.
Seul avec le ciel.
Je m’assois un instant sur un rocher, près du panneau en bois de la Demspter, Mile 0. Je m’assois parce que j’ai mal aux jambes. Je m’assois parce que j’ai mal à la tête. J’ai mal d’être ici. Plus je regarde le pont qui enjambe le Klondike, plus il me nargue. La Dempster me nargue. Les grands corbeaux font un cercle et je suis le centre, ils se mettent à gueuler. Ils gueulent je ne sais pas quoi. Et plus ils gueulent, plus ils parlent. Du bruit, des sons, des mots, des phrases. Les Grands corbeaux me parlent pour de vrai. Ils sont pleins d’histoires, et sous leur plumage sombre se cache pleins de couleurs. C’est fou comme ils parlent. Ils me voient et je me vois exister, enfin. QUE DOIS-JE FAIRE, BORDEL?
Si les choses ne se passent pas, il ne sert à rien de les forcer. Prendre le flux, c’est accepter les impasses, retourner sur ses pas. Si la route ne veut pas me prendre, il est inutile de se battre. Elle m’indique d’autres voix à suivre. Je me dis que faire chemin inverse n’est pas un retour mais l’opportunité de voir un paysage différent, celui à qui je faisais dos jusqu’à présent. La Klondike Highway est pourtant belle, moins sauvage mais chaque virage cache quelque chose.
Je plie mes affaires. Je plie ma tente. Je décide de quitter,  je bourre mon sac n’importe comment tant que ça rentre. Je me dirige vers la Klondike Highway, celle qui relie Dawson à Whitehorse, celle que tout le monde emprunte.

Un vieux truck bleu dégueulasse tourna. Je ne l’avais pas vu venir jusqu’à ce qu’il s’arrêta à ma hauteur. Le gars, chauve en camisole grise, me fit signe d’embarquer.
- You’re going to Inuvik?
Il sortit de sa caisse et retira la bâche qui recouvrait tout l’arrière du truck. Il y avait un tas de choses comme des couches pour bébés, de la bouffe en masse, une moto tout terrain. Je mis mon sac avec tout son bazar. Il retourna au volant, je m’assis sur l’autre siège.
- You are going to Inuvik?  Je répétai, n’étant plus sûr de ce qu’il m’arrivait.
- Why? You don’t go there?
Bien sûr que si I go there. Même que j’irai là où la route me mènera, et si elle doit s’arrêter à Inuvik, alors j’irai à Inuvik. Je retirai mon chapeau, il mit les gaz. On traversa le pont du Klondike dans un nuage de poussière et on disparut.

Hors ligne Gero

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  • Messages: 62
Re : Dempster Dream
« Réponse #1 le: 06 Juin 2013 à 12:53:53 »
Salut,

Citer
MAIS IL N'Y A RIEN LÀ-BAS que je pense.
Je n'ai pas compris...

Citer
un oasis
Oasis est féminin.

Citer
C’est toujours mieux que le silence absolue
absolu

Citer
les sœurs Québécoises
"québécoises" est ici en position d'adjectif, donc pas de majuscule.

Citer
pour tuer l'ennuie
ennui

Citer
Elles attendaient Godot ou un truc comme ça
Bien vu !

Citer
car personne ne me prendrait.
ne me prendra

Citer
un écran pixelleux
A moins d'avoir voulu un néologisme péjoratif, "pixellisé" est préférable.

Citer
je me suis mis à tailler des branches mortes. Au début, je n’y allais pas de main morte
Il y a une redondance ici que tu pourrais facilement éviter.

Citer
la terre est bleue comme une orange
N'oublie pas les guillemets quand tu cites quelqu'un.

Citer
Il eût un quatrième puis toute une armada qui me zieutaient et se foutaient de ma gueule.
Il y en eut un quatrième.

Citer
La solitude en fait voir toute les couleurs
en fait voir de toutes les couleurs

Citer
des Big Trucs Américains.
jeu de mots ?

Citer
Le matin est comme la nuit qui vient de passer: pleine de soleil.
Je pense que le sujet réel ici est "la matin". "La nuit" n'est que la comparaison --> plein de soleil.

Citer
ce Big Truc Américain cassa tout.
avait tout cassé ?

Citer
Je ne l’avais pas vu venir jusqu’à ce qu’il s’arrêta à ma hauteur.
soit "s"arrêtât", soit "s'arrête" ; la deuxième solution est indiquée dans ce genre de registre.

La situation et le registre de langage me font penser à On the road, bon souvenir !
J'ai bien accroché, on ressent bien ce que le personnage vit.

Alzire

  • Invité
Re : Dempster Dream
« Réponse #2 le: 06 Juin 2013 à 21:36:21 »
Merci pour les corrections.
Certaines erreurs sont voulues, d'autres pas. Je vais revoir tout ça.
Je suis toujours à cheval entre deux claviers différents, l'un azerty et l'autre qwerty.

Quant aux majuscules venues de nul part "MAIS IL N'Y A RIEN LÀ-BAS que je pense", elles représentent une voix lointaine qui hurle. Ça peut être une pensée, un autre personnage, le narrateur ou autre.
"Les soeurs Québécoises", je prends le mot "soeurs" comme adjectif. Elles sont avant tout Québécoises.
"Pixelleux", j'aime bien ce terme. Péjoratif.
"Le matin est comme la nuit qui vient de passer: pleine de soleil.", un peu tricky comme tournure, mais c'est bien la nuit qui est pleine de soleil. C'est un phénomène qui m'a si bouleversé que j'ai envie de garder cette formule.
"des Big Trucs Américains.", oui, jeu de mot.


Merci beaucoup pour ton temps et tes appréciations, Gero. C'est ce dont j'avais besoin pour continuer dans mon travail d'écriture. Je me rends compte qu'il y a beaucoup d'erreurs de syntaxes et de temps. Beaucoup trop. Sans doute des Québécismes, héhé. J'ai fait des études de lettres modernes et de linguistique pendant 7 ans, mais il n'y a rien à faire, la langue du Québec me fait parler tout croche ('fin, d'un point de vue purement académique... si j'aborde ce sujet, nous ne sommes pas couchés).

Merci beaucoup (encore)

Hors ligne Cabot

  • Tabellion
  • Messages: 30
Re : Dempster Dream
« Réponse #3 le: 07 Juin 2013 à 00:22:31 »
J'ai bien aimé ton texte!

Sans doute grâce au  joli massacre grammaticale que tu nous à fait... ça donne un genre. Un genre que j'aime bien en tout cas.
C'était rythmé. Je ne me suis pas ennuyée. J'te relierai volontier!
Par contre ce qui m'a géné un petit peu c'est le nombre de répétition...
Klondike , Dempster... (Je crois que j'ai lu Klondike au moins une dizaine de fois XD )

Pour moi c'est un texte interessant. J'ai accroché. J'ai même voyagé un brin!
A trés bientot et au plaisir de te lire!


Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
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  • Pingouin de Patagonie
    • Rêves de comptoir
Re : Dempster Dream
« Réponse #4 le: 07 Juin 2013 à 16:12:21 »
Salut
Citer
Elles me disent qu’il faut vivre un bout de Klondike dans la vie.
"Un bout de Klondike" je trouve ça un peu maladroit. Peut être le tournée autrement genre " vivre le klondike une fois dans sa vie" enfin je sais pas trop.
Citer
Un pont métallique saute la Klondike.
Le Klondike, non?
Citer
Celui qui attend n'a pas d'histoire.
Et pourtant...
:coeur:
Citer
Le plein de vide donne le vertige.
mmmmm. Je sais pas, j'aime bien l'oxymore mais je crois que ça peut être tournée un peu plus subtilement
Citer
de sales gros nuages pas beaux
bof, je trouve que tu sors un peu du ton que tu emploie jusque là
Citer
Elles attendaient Godot ou un truc comme ça, quelque chose de quelque part pour tuer l'ennuie, histoire de se donner une raison d'exister
re  :coeur:. Peut être qu'elles attendait un godet :D
Citer
sur la Klondike
Ok donc la Klondike, c'est le nom de la rivière... J'avais pas pigé
Citer
De l’or, il y en a plus que dans les pupilles.
re re  :coeur:
Citer
INVENTAIRE
Des caleçons, des T-shirts, une chenille, des cailloux des cailloux des cailloux, un bracelet brésilien, des poches de bouffe écrasée, une paires de godasses, des bas de gruyère, un poncho senteur lama et un Stetson fatigué. Une montre à l’heure d’hier, un cellulaire essoufflé, un écran pixelleux avec des touches pour caresser le virtuel, une trousse de secours avec des accessoires de chirurgie en plastique, des compresses, des liquides colorés et une paire de ciseaux pour crever les abcès. Des ustensiles pour la haute gastro, un réchaud pour réchauffer, une poêle comme poème, une tasse comme vers, un briquet et des allumettes d’australopithèques aguerris (tout l’attirail de l’homme des bois). Un bouquin plein de pages, plein de formules, plein de choses racontées, pleins d’images pour rêver le temps d’un nuage, d’un orage ou le temps à gaspiller. Des tickets de souvenir, des tickets de villes, de villages, de bouts de vie, des gens qui passent et laissent des traces pour se souvenir d’eux (Mike O’Donnely, musicien violoniste professionnel volant).
Un couteau, Opinel, qui s’ouvre et qui se ferme, avec un manche en bois clair.
Fabuleux...
Citer
enjambe le Klondike,
Donc la Klondike, ça se dit pas. Ou alors j'ai rien compris...


Bon, moi j'ai grave kiffé. J'aime les récit de voyage, je trouve le tien bien chouette et bien construit. Et j'aime bien ton style.
Merci pour ce texte
Au plaisir

Alzire

  • Invité
Dempster Dream (Mile15)
« Réponse #5 le: 02 Août 2013 à 22:25:53 »
Suite de mon premier texte posté.

MILE 15
Mike conduisait. La Dempster était sinueuse, à gauche, à droite, l’impression de décoller et de toucher les arbres qui longeaient la route. On frôle la sortie, on glisse à peine, on se téléporte la tête dans la forêt immense qui semble avaler la route. On évite de justesse de la nature sauvage qui traverse l’asphalte caillouteux, un porc-épique, des rapaces, des bestioles non identifiées. Mike gardait les deux mains sur le volant, il tenait la barre en serrant les dents, les eux fixés droit devant, sans dire un mot.
Ca fait plus d’une heure qu’on roulait. Et je ne savais toujours pas que Mike s’appelait Mike. Le bruit de moteur de son vieux Truc coupait toute communication possible.
- Tu sais rouler ?
- Rouler quoi ?
Il me tendit du papier à rouler avec de la beuh.
- Nope, je ne sais pas rouler. Je ne roule pas.
- Ok, alors on va s’arrêter.

La route était devenue tranquille. Des lignes droites, des descentes, des montées mais rien de dangereux, rien qui puisse nous crisper. Il était temps de prendre une pause. Un panneau indique un centre d’interprétation, celui du parc de Tombstone, un endroit plein de montagnes, pleins de cours d’eau, plein de nature sauvage. C’est une bâtisse vachement moderne avec aire de stationnement,  restaurant, chiottes, camping : un roc de civilisation accroché.
On s’arrêta plus loin. Un peu plus loin, pile entre deux grosses collines que Mike compara à des nibards. Une petite rivière coulait entre les deux. On sorti de la voiture.

Le paysage état grand. Si grand que je n’avais pas assez de mes deux yeux, quelque chose qui te prend la gueule et qui t’assomme. Je faisais quelques pas et je me sentais comme le premier homme sur la lune, comme un gamin qui fait ses premiers pas. Quelques balbutiements, puis je retrouvai de la stabilité, puis le sentiment de grandir, d’être grand, d’être un géant, immense, colossal devant toute cette nature.
- I like this place, qu’il me dit.
Il roula un beuz et contempla le paysage.

A l’arrière du Truc, il y avait des tas de choses : des couches pour bébé, toutes sortes de bouffe, des jouets, de la lessive et une moto cross. Je fouinais un peu dedans pour retrouver mon sac, histoire de voir si la route ne l’avait pas trop secoué, histoire de retrouver un bout de soi et avoir des repères, quelque chose à quoi s’accrocher.
Mike fumait et contemplait toujours.
-   I really like this place, I fucking like it. It’s crazy man how nature can fuck you up.
Puis il se mit à crier. Fort. Et tous les corbeaux se sont envolés. Gueuler sur l’infini, sur l’immensément grand, on est petit. Il y avait du vent, mon poncho prenait vie en s’agitant dans tous les sens, un putain de vent qui te décolle le scalp (mon chapeau voulait se faire la malle), alors je pensai à tout ce bloc parfait, devant mes yeux, à tout cette nature stoïque et tranquille. Comment pouvait-elle avoir des airs endormis sous cette tonne de vent ?
On en rentré dans son Truc. Les moustiques se ramenaient en masse malgré le vent, ce sont de véritables escadrilles qui te bouffent jusqu’à la moelle si tu ne fais pas attention. Le temps d’allumer son beuz, Mike avait déjà repris sa place, le moteur grondait.
Quant à moi, je criai une dernière fois pour me vider les poumons.
Il était temps de reprendre la route.
« Modifié: 02 Août 2013 à 22:32:48 par Alzire »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Dempster Dream
« Réponse #6 le: 03 Août 2013 à 10:25:46 »
Salut !

Vu que c'est une suite, j'ai fusionné ton post avec la première partie, ce sera plus clair. ;)
Si le texte est long, on peut déplacer dans les Textes Longs.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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