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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les Jujus (3) Souvenirs.

Auteur Sujet: Les Jujus (3) Souvenirs.  (Lu 1512 fois)

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 016
Les Jujus (3) Souvenirs.
« le: 30 Mars 2016 à 01:20:15 »
Le début de l'histoire c'est ici
http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20277.0.html

« Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes,
Mais c'est bien joli tout de même » (Barbara)

Devant la maison, il y avait beaucoup de place pour les fleurs, les lilas, buddléia et grandes tiges de roses Trémières. Un passage sur le côté nous servait de terrain de boules; que de bonnes parties en famille quand l´un des sept frères et sœurs de maman passaient le weekend à la maison, avec nos cousins cousines !

Sur cette bande de terrain il y avait deux magnifiques cerisiers, on avait vite appris à y grimper, on pouvait y faire concurrence à Crocro.
Crocro était un petit corbeau que Lalou avait trouvé, sans doute perdu par sa maman, dans un bois près des marais.
On avait réussi à le nourrir avec un peu de pain trempé dans du lait et du jaune d´œuf. Au début il était resté une semaine dans le sous-sol, puis papa avait craqué: Crocro avait couvert la grosse mobylette bleue, de fientes. Une fois mis dehors, Crocro revenait toujours dans le jardin, et même quelques fois se nourrir dans la cuisine. On l´aimait notre Crocro apprivoisé, même Gribouille, la chatte de la maison, le laissait tranquille. Elle avait assez à faire avec nous et ses petits chatons. Il arrivait que parfois, quand maman montait la rue pour aller faire les courses, elle entende un flop flop gracieux, et que Crocro vienne se poser sur ses épaules. C'était drôle, mais ne voulant pas devenir la "femme au corbeau", plusieurs fois elle fut bien obligée de le chasser. Plus souvent il se perchait dans les cerisiers et sur les toits alentours.

Derrière la maison, le jardin s´agrandissait, quelques rocailles, pour les fleurs, un petit potager, beaucoup de pelouse, des noisetiers, un pommier, trois cerisiers sauvages près du portique. Les printemps y étaient magnifiques. Benj et moi on était agiles, dans les arbres comme sur le portique, trapèze et la balançoire. Au fond du jardin, un emplacement était réservé pour faire du feu au milieu d´un cercle de pierres. On y a fait de belles flambées, on aimait particulièrement y faire cuire des patates sous la cendre, c'était un délice.
 Après les explorations du jardin, les grands nous avait fait découvrir le Val d´or.
Au bout de l´impasse du même nom, il y avait les jardins des maraichers, et un passage, avec le panneau, "propriété privé, défense d’entrer". Comme il n’y venait jamais personne à part nous, que la végétation y était sauvage et en friche, que les grands (tout imprégné de l’année 68), nous avaient affirmé "il est interdit d´interdire" on se l´était accaparé le Val d'or.
La première partie assez accessible et sèche était une sorte de savane durant l'hivers. Au printemps un fouillis d'arbustes devenus bien plus haut que nous. Un passage obligé à travers un bois assez dense, et l´on arrivait à l'étang. C’était un endroit plein de vie et de surprises, sur les côtés de la mare une zone très humide à traverser un passage beaucoup plus risqué. Il y avait une manière de marcher, poser les pieds délicatement, en quelque sorte tâter le terrain, éventuellement marcher sur des branches au sol. Plusieurs fois il nous était arrivé de nous y enfoncer jusqu'à la cheville, quand on retirait le pied une odeur épouvantable s'en échappait. L’étang grouillait de vie, têtards ou grenouilles, dytiques, selon les saisons, de magnifiques roseaux, chardons, des nénuphars et belles plantes aquatiques, lys des marais.  C’était notre sortie préférée du weekend, après la sortie piscine, ou les visites chez les Grands-parents.

Papa nous avait réquisitionnés pour aller faire du ménage dans le grenier du grand-père. Il habitait une charmante maison près du centre de Reims, je me souviens de sa belle façade en pierre meulière. Un jardin à l'arrière de la maison avec un enclos pour les poules, on adorait leur lancer des escargots et voir comment elles se jetaient dessus. Au fond du jardin les clapiers à lapins, trop mignons ce petites bêtes !
Grand-père nous avait raconté que pendant la guerre ils étaient bien contents d'avoir ce petit élevage, mais un prédateur était venu tuer ses lapins plusieurs fois de suite. Il avait alors piégé les alentours. Il fut étonné d'y prendre un gros chat redevenu sauvage. Le chat est passé à la casserole, Il avait le gout du lapin.
 Dans la maison, grand-mère avait toujours quelque chose à nous raconter, elle n'avait jamais perdu son accent de Toulouse. Elle racontait comment elle avait appris à nager dans la Garonne, elle la descendante de "Don gaspard de Portola". Puis elle était devenue marraine de guerre. C'est comme ça qu'elle avait fait connaissance avec grand-père qui avait eu la vie rude.

 Né en Angleterre de Marks, un papa fraichement débarqué d’Afrique du sud et de Kate, une maman polonaise. Les arrières grands parents s’étant séparés, la maman était venue en France avec ses enfants. Elle avait dû abandonner grand-père dans un orphelinat, vers l’âge de 10 ans. Grand-père avait été placé dans plusieurs familles d'accueil, puis embauché comme garçon de ferme, par la suite était devenu bouilleur de cru. Il s'était enrôlé dans l'armée,  avait été embarqué pour se battre en Crimée. Là- bas ça avait été terrible, il avait reçu plusieurs fois l'extrême onction, il avait été gazé dans les tranchées, avait eu les oreilles gelées et attrapé le paludisme. Après la guerre ils s'étaient mariés et avaient vécu comme militaires en Allemagne alors occupée par les français. Par la suite, grand-père a eu plusieurs métiers, il a été bijoutier, photographe et employé par la Seita (tabac).

Lors du rangement du fameux grenier très encombré, on a retrouvé un grand carton remplie de billets de millions de Deutsch Marc. Ils ne valaient plus rien, c'était des souvenirs de la terrible dévaluation, il fallait une liasse de billet pour une baguette de pain, les billets étaient imprimés sur du papier journal.
On a aussi retrouvé un plus petit carton, remplie de poudre noire...C'était de la poudre à canon ! Pour les Jujus ce sera une autre histoire, celle des apprentis chimistes.

Les jujus apprentis chimistes, c'est ici.
http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20545.0.html
« Modifié: 24 Juin 2018 à 10:22:21 par Fried »

Hors ligne Karinet

  • Calligraphe
  • Messages: 129
    • kelyone, un autre univers
Re : Les Jujus (3) Souvenirs.
« Réponse #1 le: 02 Avril 2016 à 14:29:32 »
Enfin un petit moment pour commenter ton texte!
J'ai toujours autant de plaisir à replonger dans cette ambiance insouciante au parfum d'enfance que tu partages avec nous. Les descriptions sont très évocatrices, très précises,  j'ai eu l'impression d'y être. Juste un détail : Grand pères à la fin de ton texte au lieu de grand-père.

N'as-tu pas une anecdote précise au bord de l'étang? Où comment avez-vous découvert cet endroit la première fois? Qui a osé entrer le premier? D'autres ont-ils protesté? Vos premières impressions? C'était l'hiver ou l'été? Avez-vous joué tout de suite ou décidé de revenir plus tard? L'avez-vous fait en cachette des parents? Je pense que développer davantage  cet épisode apporterait encore à ton texte, lui donnant une ambiance un peu "jardin secret".
Merci de ce bon moment : j'attends donc les chimistes (avec appréhension  :D).
"L’usine avec son fracas s’évanouissait. J’étais heureux…. J’écrivais." (Maurice Leblanc)

http://kelyoneunautreunivers.e-monsite.com/

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 016
Re : Les Jujus (3) Souvenirs.
« Réponse #2 le: 03 Avril 2016 à 14:42:11 »
Merci karinet de ta visite et pour le commentaire.
Oui j'ai d'autres souvenirs du val d'or.
Des bons, les oeufs de grenouilles tout gélatineux, des souvenirs moins bons, les autres enfants qui chassaient les grenouilles, elle ont presque disparue. La construction de l autoroute A4 qui passe en bordure de ce terrain. Mais c'est une bonne idée je pourrais étoffer la description de ce passage.

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
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  • Prout
Re : Les Jujus (3) Souvenirs.
« Réponse #3 le: 12 Juin 2016 à 12:18:12 »
Salut !
Je suppose que le (3) dans le titre veut dire qu'il y a des textes avant, mais j'avoue que j'ai la flemme d'aller les chercher dans les tréfonds du forum.

Citer
« Bien sûr, ce n´est pas la Seine,
Ce n´est pas le bois de Vincennes,
Mais c´est bien joli tout de même »

On cite l'auteure, peut-être ;)

Citer
Un passage sur le côté nous servait de terrain de boules, que de bonnes parties en famille quand l´un des sept frères et sœurs de maman passaient le weekend á la maison, avec nos cousins cousines...

Tu peux pas seulement mettre une virgule là, sinon le que n'est qu'un pronom relatif et ça rend la phrase peu compréhensible. D'ailleurs on attend plus un point d'exclamation que de suspension.

Citer
Sur cette bande de terrain il y avait deux magnifiques cerisiers, on avait vite appris à y grimper, on pouvait y faire concurrence à Crocro.

Pareil ici, on est sur un rythme assez plat, avec les trois bouts de phrase sur le même plan. Du coup c'est assez lassant à la lecture, et en plus ça fausse un peu la compréhension de ce que tu veux dire.

Citer
puis papa avait craqué, Crocro avait couvert la grosse mobylette bleue, de fientes.

Deux points plutôt qu'une virgule ?

Citer
On l´aimait notre Crocro apprivoisé, même Gribouille, la chatte de la maison le laissait tranquille.

Tu dois en mettre une, de virgule, à maison

Citer
se poser sur ses épaules... c´était

Point + majuscule

Citer
Derrière la maison le jardin s´agrandissait,

virgule à maison ?
(Elles sont bizarres tes apostrophes, tu utilises quel traitement de texte ?)

Citer
Derrière la maison le jardin s´agrandissait, quelques rocailles, pour les fleurs, un petit potager, beaucoup de pelouse, des noisetiers et un pommier, trois cerisiers sauvages près du portique

Un peu lourd comme accumulation, non ?

Citer
Les printemps y étaient magnifiques. Benj et moi on était agiles grimpant d´un arbre à l´autre, on pouvait depuis les branches accéder au portique, trapèze et balançoire.

J'ai rien compris

Citer
humm un délice.

ça fait un peu tache dans le texte.

Citer
"propriété privé,

privée

Citer
que les grands (tout imprégné de l’année 68), nous avaient affirmé "il est interdit d´interdire" on se l´était accaparé le Val d'or.

tout imprégnés

Faut revoir toute la ponctuation ici

Citer
Grand-père nous avait raconté que pendant la guerre ils étaient bien contents d'avoir ce petit élevage, mais un prédateur était venu tuer ses lapins plusieurs fois de suite. Il avait alors piégé les alentours. Il fut étonné d'y prendre un gros chat redevenu sauvage. Le chat est passé à la casserole, Il avait le gout du lapin.

C'est un coup à rendre un gosse végétarien, ça.

Citer
parents s’étant séparé,

séparés

Alors j'ai pas vraiment aimé.
Deux problèmes principaux à mon avis (et je crois qu'ernya a repéré les mêmes sur ton autre série) :
- la ponctuation vraiment anarchique. Lis ton texte à voix haute, fait vraiment les pauses là où tu mets des virgules et tu verras qu'il y a des soucis
- les accumulations et les descriptions. C'est d'une part pas aidé par la ponctuation, mais en plus il y a à mon avis beaucoup trop de détails. Surtout, ces détails sont pas vraiment insérés dans une histoire ; au final c'est juste une longue description des lieux et c'est pas vraiment accrochant.

Bon courage et à une autre fois.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 016
Re : Les Jujus (3) Souvenirs.
« Réponse #4 le: 12 Juin 2016 à 15:46:08 »
Merci Loïc pour ta lecture et les suggestions, je vais faire les corrections qui s'imposent. Sur la série des jujus, c'est texte le plus descriptif, les autres sont une suite d'anecdotes. J'ai mis le lien du premier en haut de la page. Tous mes textes et poèmes sont dans ma page perso.

 


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