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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Petit pois

Auteur Sujet: Petit pois  (Lu 1195 fois)

Franck B

  • Invité
Petit pois
« le: 05 Juin 2013 à 07:14:47 »
Je vous propose une histoire à la sixième sens...

1.

Je rêve de toi depuis 6 mois. Toujours les mêmes images qui défilent en boucle. De toi à m’attendre à couvert de ta voiture sur le parking de ma gare de banlieue. Tu t’es garé, toi homme Tarzan, à l’écart des luminaires pour guetter avec discrétion l’arrivée de mon train. Le train train d’Ève. Je sors de la gare, guidée par la certitude. Je me dirige vers ta grosse allemande à l’ombre des luminaires. Tu en descends. Beau comme un dieu païen. Je suis à tes pieds. Sans préambule, tu me prends dans tes bras en me susurrant ta déclaration. Puis nous allons chez toi où tu pratiques sur mon corps d’exquises et inédites expériences. Puis nous nous installons ensemble. Je prépare tes repas. Je repasse tes chemises. Je suis heureuse. Je rêve de ça, mon âme intuitive aidant.

2.

Voici ma réalité. Après une journée te travail éteinte et un long cheminement en RER, j’en sors fissa. Je scrute le parking de la gare, pareille à une armature de phare désœuvré déposé sur le lac Léman par une force surnaturelle. Semblable à un squelette décroché de sa potence par un esprit malin pour le faire gesticuler dans l’abreuvoir d’une morne pâture où s’agiteraient des vaches bougrement impatientes de rejoindre leur vacherie afin d’y retrouver les dimensions rassurantes d’un espace clos.
Ainsi, posée là parmi les voitures quittant leur emplacement, je manœuvre mon corps céleste en lui faisant une rotation complète pour le trouver mon Tarzan caché et puis aussi pour signaler ma présence rayonnante aux voitures ; ces engins assassins. Solidement seule en moins d’une minute, le temps nécessaire aux conducteurs de se disperser.
Une gare n’a rien de transcendant. Il ne sert à rien d'y contempler l'infrastructure d'une entreprise ferroviaire au goût trop familier, relevé de labeur. Sur le parking, très aéré donc, ta grosse allemande avec toi dedans, vous ne vous y trouvez point. Je regagne mes pénates sous une nuit glaciale, pieds nus et plus en pièces que jamais.
Mais pourquoi diantre faut-il que je m’embarque dans des passions inaccessibles qui retirent chaque fois un fragment d’espérance à un retour vers l'équilibre ? La plus belle pièce d'un puzzle de vie incompréhensible pour le commun des mortels. Elles inondent de larmes mes joues trop creuses. Le nouvel océan créé me portera t'il sur le dos d'une vague géante pour évacuer un ordinaire si effroyablement insipide ?
Je me sens vide, lasse, accablée, quand je ne m’amourache pas. Timidité maladive, timidité morbide, bien sûr… Je veux sentir l’odeur de l’homme autrement qu’en chipant une écharpe, un effet personnel près du corps. Je veux un homme qui connaisse tout de moi jusqu'à l'intime. Sans tressaillir. Sans avoir l'impression de caresser un fantôme.
Je voudrais mais mon esprit s’y refuse et mon corps entre dans le jeu ou inversement. Alors une cordelette avec son nœud coulant occupe de noires pensées. Par miracle elle s’effiloche à l'approche d'un nouveau charme, d’un homme. Alors je me dis qu'il est inutile de trouver une zone solide pour l'accrocher puisque la rébellion de l’un contre l’autre en vaut la peine. Je parviendrai bien à le choper ce regard qui pourrait ne pas me traverser. Où le moindre geste anodin vaut déclaration flamboyante.
Dans le creux de la vague présentement, je regagne mes pénates plus mal encore. Si mal en tous points, si vide que j’esquive la douche pour rejoindre ce lit réconfort d’une pirouette de James Bond orchestrée par Mister Bean. Je ne rebondis pas et pour cause. Balancez une plume lestée par deux petit-pois anémiques sur votre lit et observez son mouvement gracieux !
Je suis encore jeune, encore vier… Je souffre d’anorexie mentale, oui mentale. Depuis 4 ans. Les aliments me répugnent. Les imaginer dans mon corps me révulse. Le facteur déclencheur ?
La mort de mon père tellement en vie à mes côtés puis allongé 300 mètres plus loin en l'espace de quelques secondes, traîné par un automobiliste fou, une conductrice ivre en fait. La scène me revient toujours comme un direct dans l’estomac. Un cauchemar dans mon rêve !
J'ai couru vers lui. Je suis tombée à ses côtés. Il a essayé de lever la tête. J’ai posé mes mains sur ses épaules. Il m'a regardé. Il a essayé d’articuler et j’ai vu son regard fuir. La conductrice est descendue de sa fourgonnette. Le véhicule s'est cabré. J'ai entendu la portière claquée. Elle l'a contourné par l'arrière. J'ai vu se pointer une très grosse femme ravagée. Elle hurlait. Je me suis effondrée sur mon père. J’ai la certitude d’avoir vu son âme quitter son corps. L’on m’avait dit mais non, le choc post traumatique, sûrement…
Ou n’y en a-t-il pas, de facteur déclencheur. Peut être l’attitude de ma mère hautaine et fière a-t-elle lentement foudroyée un libre arbitre originellement défaillant. Opinion forgée par des commentaires d’une délicatesse foudroyée sur toutes celles excédant les 50 kilos considérées comme des mammouths ambulants. 24 années, dont quatre et demie passées dans un corps contrefait par un esprit défait tient du Miracle.
Bref, aucun autre artifice ne m'aurait changé d'état d'esprit, ni un livre, ni le ménage, ni vider mes entrailles, ni aller voir maman… surtout pas. Elle ne me reverra pas de sitôt ! Je ne trouve pas le sommeil.
Au petit matin, mon lit a sa couette bien en place au dessus de ses draps. Elle ne parade plus en motte sur le parquet depuis un moment. Elle laisse juste apparaître une forme comme une empreinte de mon corps. Je quitte le lit - ce champ de paix.
Et puis la routine m’étreint. Instant de solitude, les coudes posés avec ma tête dessus, devant la table nue. Préparation sans tralala ni maquillage. J’ai l’impression que la routine me vêt. Départ. Transports en commun avec les usagers silencieux.
Les jours passent. Marseille ne te lâche pas. Pour la lionne indigente, l'entreprise paraît vide sans son lion affamé. Pour d'autres, repues, ce lieu d'aliénation prend des airs provisoires d'été ballants. Les particules élémentaires se libèrent.
J'attends. Une matinée ordinaire mâtinée d’années. Le temps semble élastique parfois. J'attendrai.
Au déjeuner, je me glisse comme un courant de brume à la table de Nelly qui n'arrête pas de tripoter son téléphone portable. Quant à Ange, l’autre assistante, l’escalope de poulet devant son nez blafard et enguirlandé semble la captiver au plus haut point. Sans doute veut-elle rentrer en contact avec la volaille défunte !
Les filles font fi de mon mal être alimentaire. Tant mieux ! Que Nelly considère aussi le genre humain au travers de ses tweets. Qu'elle le tripote son téléphone, je ne pourrais pas lui parler de ce sujet intime, d’un moi ancré pour d’obscures raisons.
Ces accros aux nouvelles technologies essaiment la société. Ils devraient se rencontrer plutôt, actionner leur langue ! Nelly pratique les deux. Dans le domaine technologique, elle a préservé son smart phone de deuxième génération. Elle assume ici un choix curieux, intellectuellement bon. À savoir privilégier l'appareil qui corrige les défauts du précurseur et zapper les successeurs marketing aux nouveautés aussi inutiles que ridicules. D’ailleurs la sortie prochaine de la huitième génération fait déjà se trémousser d'impatience les aficionados de la marque. Ce modèle révolutionnaire permettra, via un accessoire optionnel, d’holographier son interlocuteur. L'on ne peut être qu'informé dans une société ultra communicante même si, dans mon cas, je n’ai ni téléphone d'aucune sorte, ni internet, ni même l'objet télévision - cet instrument à conditionner, journalistes inclus. Les médias classiques font briller les marronniers de mille feux. Les réseaux sociaux pullulent et des millions de petits doigts libèrent leur venin.
Envahie d'une torpeur végétative, je me sens comme un petit pois anémique perdu dans un champ de citrouilles rebondies. Bien entendu, je ne proclame pas ce côté décalé sur tout les toits. En ces temps troublés par les crises économiques, financières, politiques, sociales, sociétales, humanitaires, environnementales, et ta-ta-ta, l’humain se replie sur lui-même et se déploie sur ces réseaux sociaux ! Le marché devient virtuel en tout domaine. C’est la révolution du mouchoir en papier.
Alors, je pourrais bien sauter tout mon soûl, lestée de mes envies d’hommes sur cette planète folle, celle-ci ne déviera pas d’un millimètre. Elle continuera sa ronde avec une espèce particulièrement spéciale.
Dans l’après-midi, je me contente de regarder la pile de dossiers en attente dans la bannette « dossier en attente » de ma responsable : Nelly. Pas envie. Je préfère admirer le spectacle ambulatoire (Nelly) entrer et sortir du bureau. La Milady est en représentation, toujours. C'est que son altesse compense une efficacité professionnelle approximative par de mémorables défilés de charme sur notre lino imitation parquet. Les collègues n'en ratent pas une miette. Notre bureau est entièrement vitré sur le couloir. Nelly a toujours refusé de poser le moindre store. Je m’imagine parfois muni d'un chariot à pop-corn et circuler parmi eux pour qu’ils en mâchouillent et éviter ainsi les filées de baves toujours mal seyantes au dessus d’un nœud Prince Albert. Ah Nelly ! L'autre facette pas ennuyeuse d'une entreprise.
Le soleil est si radieux dehors qu’elle lance un bye à la cantonade. Elle sort du bureau. Sa journée au bureau prend fin. Une bonne demi-heure lui sera nécessaire pour traverser le couloir qui l’amène à l’ascenseur alors je commence à faire souffler les grains de maïs…
Puis, je continue à lambiner. Observation oisive du carnaval dorénavant endormi d'en face. Puis après avoir géré sans finesse ce désœuvrement, je quitte le bureau. Je ne salue pas Ange, noire comme son humeur. Elle ne me répondrait pas. A-t-on déjà vu une gothique brusquement se lever pour faire des youyous de joie ! Il ne reste quasiment personne sinon quelques cadres disciplinés. Je badge. La pointeuse n’émet aucun bip. Elle m’ignore aussi celle là.
Je quitte l’entreprise à mon tour, le soleil a commencé sa chute. Une heure de transport m'attend. Ce job accapare plus d’un tiers de mes 24 heures renouvelables entre un RER où l’on swingue tant l’humeur générale se vêt de joyeuseté et un dodo impossible après une journée si riche en rien…

3.

Un basculement s’est produit cette nuit. Je t’ai rêvé de toute mon âme. Avec la puissance d’une prémonition comme jamais elle ne s’est imposée à moi.
 Tu ne m’attendais pas à couvert de ta voiture sur le parking de ma gare de banlieue. Tu ne t’étais pas garé, toi homme Tarzan, à l’écart des luminaires pour guetter avec discrétion l’arrivée de mon train. Le train train d’Ève. Non.
Tu étais dans la place, revenu de Marseille. Je t’ai vu concerné par moi. Ne plus me considérer comme une feuille balayée par le vent, comme une poubelle anodine sur un trottoir provocant, comme la tâche de vin autour de l'œil d'un nourrisson beau comme un ange.
Tu te pavanais sans en avoir conscience dans ta chemise échancrée - ta marque de style - qui laisse apparaître un poitrail de gorille. Mon regard affolé, tel celui d'une souris pourchassée par un éléphant, cherchait son issue de secours. Mes yeux fébriles de petite bête les envoyaient plus au Nord. Pile sur ta pomme d’Adam. J'évitais d'aller plus haut, simplement pour me pas prendre ta gueule de sauvage ombrageux en pleine face et me retrouver affalée sur la première haie d’un 110 mètres à suffoquer telle une sexagénaire un chouïa optimiste.
Tu étais là, négligemment accoudé à la porte vitrée de mon bureau. Tu me calculais comme je le fais à ton égard depuis mon arrivée. Plein soleil, savane en feu, rugissement sourd d'un appareil digestif ébranlé pour toi, le remplaçant de ma précédente illusion. Mon parcours scolaire les trace de façon chronologique en fait. De la première envie de bisou aux idées lubriques devant le macho du bahut. Sauf que je t'aime toi d'un amour légendaire qui s’incruste dans sa légende. Voilà c'est dit à défaut d'être jamais entendu.
Je t’ai vu captivé par moi, « la fille bellotte qui devrait prendre du volume pour attirer les hommes », comme le disait si finement ma mère quand son regard se fixait sur ma poitrine.
Je t’ai vu me lancer des regards appuyés en entrant dans mon bureau toi Tarzan, puis me suivre l’air gamin en contradiction avec ton corps splendide subitement seulement couvert d’un pagne minuscule. Tu te dandinais sur place comme si ta vessie réclamait la parole en utilisant cette issue partiellement visible comme moyen d’expression. Tu secouais des épaules en laissant tes deux membres virils suivre le mouvement.
J’ai vu un homme intimidé par moi, la fille de la compta, la brindille à deux pattes, l’accro aux régimes extrêmes comme je l’entends depuis quelques temps à la cantine de la part de collègues qui ne s’embarrassent pas de ma présence. Ils peuvent bien en parler au passé, je n’ai pas changé pourtant ! Tu me parlais avec une voix qu’on aurait dite emmurée dans un vécu d'homme blessé. Evidemment j’étais agitée de l’intérieur pareille à une épileptique en pleine crise de convulsions qui balaierait de son corps tout un vestiaire de rugbymen en adoration avec le fantasme érigé devant cette serpillière à 4 membres, pouah… Bien entendu, j’intériorisais mon émoi. Je ne le montrais aucunement. Je restais stoïque. Revêtue de ce professionnalisme féminin inébranlable. Principe du rêve. Exagération d'une vie qui ne demande qu'à sortir de sa coquille malsaine. Tu m’invitais à déjeuner, le rouge aux joues ressemblantes à deux tomates bodybuildées. Le primate virait sa cuti. Bien sûr, après un moment de réflexion, après avoir consulté mon agenda, après avoir opiné puis dodeliné du chef, après avoir émis des euh et des ah, après un nouvel égarement dans d’obscures réflexions, j’acceptais l’invitation, avec cet air d’indifférence que revêtent les femmes qui savent comment la soirée va finir puisqu’elle contrôle la marionnette. Tu me baisais.
La chaleur de tes lèvres sur la peau diaphane de ma main remontait mes veines jusqu'à réchauffer tout un corps tellement froid. Que la volonté du succube soit faite !

4.

Ce matin, ces récurrences vont trouver leur place car une étrange intuition me happe. Mon lit a sa couette bien en place au dessus de ses draps laissant juste apparaître une forme comme une empreinte de mon corps. La faim se tient à distance. Dois-je y voir un heureux présage ? Une extinction des impossibles ?
Comme possédée, je disperse mes vêtements aux quatre coins de la chambre pour y trouver l’ensemble le mieux adapté à l'événement à venir. Pas de jeans large aujourd’hui ni de gros pull. Evénement ! Non, pas encore... Jupe évasée marron clair, top à bretelles corail légèrement irisé, collier-de-chien, dessous chics à couleur choc. Evénement ! Mais Ève calme toi donc ! Je me trouve acceptable en baissant la tête au point de snober ce décolleté qui ne décollète rien. La nouvelle Ève prend ce RER où l’on swingue tant l’humeur générale se vêt de joyeuseté.
Nous y voilà. Arrivée avant le gros des troupes sur mon lieu de travail. Je suis en avance, toujours. L’entreprise me comble quand elle passe d’un environnement vide, inutile, effrayant au bourdonnement rassurant d’activités.
J’avance le dos bien droit en traversant les couloirs presque désert. Le peu de présence ne percute pas au passage de la nouvelle Ève. Je passe devant le bureau du boss, de mon Tarzan. Un long moment qu'il était vide, pas éclairé, en raison de sa réunion avec les pontes du siège à Marseille. Il devait m’attendre à la gare. Un aller retour Paris / Marseille lui laissait largement le temps, non ?
Enfin, il est revenu mon homme. Il se réapproprie son espace, des froufrous se font entendre. C’est qu’un Tarzan, ça bruisse aussi. Son ombre paraît démultipliée tant il est fort mon Tarzinounet. Evidemment, notre boss montre l’exemple en arrivant le premier, ou presque. Sa porte fermée le montre présent, comme d’habitude.
Je rejoins le mien à une portée de voix du sien. Le poste d’Ange est allumé. Elle arrive encore plus tôt mais elle ne commence pas plus tôt. Elle va à la cafétéria et ingurgite des litres de café, peut être du sang. Nelly débarque après nous, toujours. Je n’ai pas personnalisé mon espace de travail contrairement à elle. Le côté Feng shui de mon microcosme côtoie l’ambiance brésilienne de son univers. J’allume l’ordinateur noir, l’écran bleu nuit, l’imprimante grise, la lampe de bureau marron. Je retire ma grosse doudoune noire à capuche et l’accroche sur la patère fixée à la cloison noire derrière ma chaise. Pour ainsi dire à nue. La nouvelle Ève se sent moins à l'aise. Le travail avant tout. Je m’installe devant le clavier noir pour taper le mot de passe « MEJANE ». L’ordinateur fait sa tambouille. Le fond d’écran apparaît, un gros nuage cotonneux où est suspendu un grappin. Dessous, un ange enlace un arbre noir sur une colline verdoyante. Je trouve l’image jolie même si l’arbre paraît disproportionné. Une multitude d'icônes prennent place dont certaines permettent de pénétrer un univers d'une rare finesse.
Un collègue du service informatique bizute ainsi chaque nouvelle recrue quand il intervient sur le poste du susdit bizuté. Je n'ai rien supprimé. Elles occupent mes pauses. Surtout cet icône qui mène à des vidéos coquines. Je deviens rouge comme une pivoine quand je les visionne, seule, entre deux moments de présence de la chef. La gothique entre est s’installe à son poste. Elle reste emmurée dans son univers. Elle lève la tête dans ma direction et semble marmonner des incantations.
Je consulte ma messagerie. Un message. Monsieur Hermont, notre directeur financier effacé, chauve et d'une maigreur alarmante me demande de conclure le dossier Trémord. Il n’a pas mis Nelly en copie. Il semble l’ignorer. Elle paraît s’en ficher. Soit, le dossier est déjà prêt. Je lui envoie. Ange s’agite. Elle devrait arrêter le café.
Je suis à jour dans mon planning. Alors, je lambine. Pas envie de me réchauffer devant des vidéos coquines. Lorsque Tarzan occupe mes esprits de démone, je ne fais rien de sale. Prise d’une charité subite, je décide, lorsque Nelly arrivera, de lui récupérer un ou deux dossiers. Elle fera probablement genre de ne pas s’en apercevoir.
Ses méthodes de management la satisfont et elles m'occupent depuis mon arrivée, voici 5 ans, à l’âge de 19 ans. Je me souviens de l’entretien de motivation passé avec ce qui n’était pas encore Tarzan mais monsieur Padcopé - Directeur Général de Tatouch’Universal - et Nelly, sa responsable comptable. La première impression a été une envie irrépressible de lui. J’ai répondu à ses questions dans un état second en l’imaginant dès cette première rencontre dans un pagne minuscule. Je ne me souviens plus du tout de notre échange mais il semble avoir été concluant.
Le retour sur terre se faisait à cause des interventions de Nelly via des questions plutôt ridicules. Ai-je le sens des responsabilités, suis-je respectueuse de l’autre, mes défauts, mes qualités, peut-elle contacter mes anciens employeurs afin de confirmer mes réponses ? Certes, voulez vous mes bulletins scolaires ? Les coordonnées de ma mère ? Elle ne manquera pas d'éloges sur sa satanée fille ! Si ma responsable occupe ce poste, c’est qu’elle est qualifiée pour cela. Il faut avoir le respect de la hiérarchie même si cela nous coûte. Et il m'en coûte !
Dépêche-toi de conclure, ô curieuse intuition !
Le soleil a entamé sa course depuis un moment, Nelly arrive. Je l’entends. Ses deux assistantes sont en place. Nous étions trois quand j’ai intégré le service. Il y avait Bernard, le performeur sans récompense. Nelly et lui ne pouvaient pas s’encadrer. Nous avons collaboré pendant deux mois. Bernard a négocié son départ. Il attendait l'arrivée providentielle. Professionnel avant tout, il ne pouvait pas partir en laissant Nelly seule, dépassée. Ce n’était pas un homme séduisant. La quarantaine bedonnante. Et puis il était marié. Nous avions beaucoup échangé pendant les absences de la chef. Il m’en avait dressé un portait fidèle. Il m’avait beaucoup fait rire. C’était vraiment un homme amène. J’ai regretté son départ et l’arrivée d’Ange dans la foulée. Enfin…
J’entends sa voix surmontée de hauts talons rouges. Elle arrive. Je me sens comme un poisson rouge et Nelly serait l’épuisette. Mise en scène… Elle ouvre notre porte comme une boulimique ouvrirait celle de son frigo après s’être fait traitée de grosse dinde mal farcie ; avec force et fracas.
L’affamée arrive à vitesse grand V sur la part de moelleux au chocolat que représente Ange, se courbe, l’empoigne, l’embrasse, se redresse, se dirige vers son bureau suivie par le martèlement de ses pylônes EDF, allume la galaxie de néons qui l’environne, balance sa veste chic et son sac - qui doit équivaloir à ma paie - sur une chaise, s’installe à son poste aussi flamboyant et coloré qu’elle. Elle n’aura pas interrompu son verbiage depuis son entrée (dans l’entreprise).
Bien sûr elle ne m’aura pas marqué de son fond de teint. Elle n’a pas apprécié mon long arrêt de travail après le décès de papa. Ange a pris les rênes. Il faut se méfier des allures d’enfer. Bien entendu, je n’aurais pas saisi toute les subtilités linguistiques dans ce flot débité.
Elle prend le miroir dans le tiroir de son bureau et vérifie l'homogénéité de sa façade tout en continuant son monologue. Ange ne dit rien. Elle bouge des piles de dossiers de droite à gauche puis de gauche à droite. Elle doit chercher la disposition idéale pour ne pas nous voir.
Moi, l’invisible, je les regarde. Puis Nelly saisit le téléphone et demande à Nadine, la secrétaire du boss, de la rejoindre à la cafétéria.
Elle se lève en secouant les épaules comme un président nerveux. J’attrape quelques mots au vol à son approche de mon bureau : tout ce noir lui file le bourdon, il faudrait que monsieur Padcopé réagisse.
Elle s'apprête à sortir. Quand subitement, l’interpellé, la merveille, le sublime Tarzan entre après avoir frappé d'un seul coup inutile sur la porte vitrée. Et moi, pauvre pomme, je vois tout en 4 dimensions, les surnuméraires étant idéalisées.
La merveille de mon monde me côtoie. Sa chemise entre ouverte sur la tentation de ce torse en un V idéal où ma langue tracerait des figures indélicates, ses yeux verts plantés dans mon cuir chevelu, mes doigts virtuoses qui peigneraient sa tignasse noire plus profonde qu'une nuit sans lune. Le tout est bien plus excitant que toutes les vidéos visionnées. Voici l’être le plus adorable de la Création. Mon cœur chavire. L'atmosphère devient électrique. Nous nous figeons l'espace d'un instant. C'est qu'il remplit toute une pièce mon Tarzinou.
Nelly va à reculons tel un mannequin débile et s’assied sur un angle de mon bureau. Elle se reprend et entreprend un secouement d’une rare sauvagerie de sa chevelure blonde aux racines noires. Ses épaules restent en place. Ses précédentes vocalises imprègnent encore l'atmosphère.
Entre temps je me suis levée - au garde à vous - derrière mon bureau éclairé comme un coin de palier de dealers. Le regard de tarzan me traverse pour se planter dans le mur. Il semble s’assombrir au contact de cette noirceur.
Nelly croise et décroise ses gambettes. Il revient à elle. Face à face intime. Il lui parle et elle lui répond, l'effrontée. J’entends les mots successivement prononcés ‘déjeuner à l’extérieur’ (chuchotés) et ‘avec plaisir’ (rires de midinette). Mon beau Tarzan nous tourne le dos. Il va ressortir. Je la suis d’un regard terrassé ma merveille bientôt évanouie. Je garde mon attitude toute militaire quand à la porte il se retourne pour me jeter un œil en opinant du chef. Il sort et disparait. Je m’assieds de tout mon poids plume sur une chaise à vérin pneumatique dont l’absence de soubresaut en ferait pâlir plus d'une.
Nelly sort du bureau à son tour, toute fringante, en mode chaloupée, sans un regard pour la loque au ton irisé posée sous la patère.
Seule. Douloureusement seule. J'ouvre l'icône. La dernière vidéo mise en ligne s'intitule "Vous aimez l’accrobranche ? Alors appelez Tarzan, il vous offrira sa liane". Serais-je le pendant féminin de Truman d'un Ève show plus gore encore ? Rit public ! Tant que les annonceurs affluent, tous les coups sont permis.
La nouvelle Ève se retrouve sur la voie d'évitement.

5.

J’apporte le dossier Trémord à monsieur Hermont dont le bureau a été curieusement transféré à un étage vide où il se retrouve seul, anonyme. Il vient vers moi et me parle en me fixant de son drôle d'air. Ses paroles me parviennent comme s’il se trouvait à l’autre bout de la pièce. Je suis mal à l'aise. Son corps semble se prolonger en une multitude de lui, de plus en plus flou. Ève ne veut pas de cet homme là. Je sélectionne car la chair se doit d’être divine. Cette nuit, nous rêverons probablement de ces plaisirs là sauf que lui ne touchera jamais la mienne.

6.

Je me prénomme Ève. Prénom choisi par papa qui voulait absolument une fille. Maman lui a donné une fille. Houllay est mon nom de famille. Sans rire. Mon nom de jeune fille, à jamais.
J’ai 24 ans. Je suis anorexique. C’est comme ça. Trouble du comportement alimentaire. Je tairai mon poids. Le médecin de famille ne me voit plus. Sa vive inquiétude m’exaspère.
Je me suis montrée nue voici quelques temps dans un magazine féminin pour ajouter au poids des mots, le choc des photos. Ma mère leur avait envoyé son portfolio (de moi) lors de leur appel à témoins. Le commun des badauds a ainsi été sensibilisé sur ce mal. Pourvu que de jeunes filles aient pu réagir !
Le portfolio traîne sur ma table de salon depuis 6 mois. Je viens de le consulter. Maman a classé les photos de façon chronologique. La dernière m’a éclairée.
Il y avait mon corps. Il y avait ma vie. Et il y avait moi. Ce triptyque se rassemblait en une apparence mais il ne collait pas. 6 mois passés dans un esprit errant défait d’un corps corrompu. Les décalages l’emportent. Je me fissure. L’avenir ?

J’ai accepté le Ciel et le Ciel a reçu sa nouvelle Ève.
« Modifié: 05 Juin 2013 à 07:16:58 par Franck B »

Hors ligne Aquarelle

  • Aède
  • Messages: 233
Re : Petit pois
« Réponse #1 le: 06 Juin 2013 à 16:40:16 »
Salut !

D'abord, bienvenue !

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Je prépare tes repas. Je repasse tes chemises. Je suis heureuse. Je rêve de ça, mon âme intuitive aidant.
Hum, moi, je n'aime pas trop son rêve de femme au foyer... Rêver de faire du repassage, brrr... Ceci est une remarque personnelle : je veux dire, je comprends bien que cela correspond à un personnage et à ses envies.
Je ne comprends pas bien le "mon âme intuitive aidant". Qu'est-ce que l'intuition vient faire ici ? L'intuition qu'elle repasserait des chemises ? C'est ça, l'intuition féminine ? Pour le coup, non !

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Il ne sert à rien d'y contempler l'infrastructure d'une entreprise ferroviaire au goût trop familier, relevé de labeur.
Je trouve que le "y" ("d'y contempler") est inutile.

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Sur le parking, très aéré donc, ta grosse allemande avec toi dedans, vous ne vous y trouvez point. Je regagne mes pénates sous une nuit glaciale, pieds nus et plus en pièces que jamais.
Je n'aime pas trop la phrase "Sur le parking, très aéré donc, ta grosse allemande avec toi dedans, vous ne vous y trouvez point.", je la trouve lourde.
Pourquoi pieds nus et en pièces ? Je ne saisis pas bien.

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Le nouvel océan créé me portera t'il sur le dos d'une vague géante pour évacuer un ordinaire si effroyablement insipide ?
me portera-t-il

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Alors une cordelette avec son nœud coulant occupe de noires pensées. Par miracle elle s’effiloche à l'approche d'un nouveau charme, d’un homme. Alors je me dis qu'il est inutile de trouver une zone solide pour l'accrocher puisque la rébellion de l’un contre l’autre en vaut la peine.
Est-ce que la répétition de "Alors" est volontaire ?

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Je parviendrai bien à le choper ce regard qui pourrait ne pas me traverser. Où le moindre geste anodin vaut déclaration flamboyante.
Je ne comprends pas trop la deuxième phrase. A quoi fait référence le "Où" exactement ?

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Si mal en tous points, si vide que j’esquive la douche pour rejoindre ce lit réconfort d’une pirouette de James Bond orchestrée par Mister Bean.
Héhé, une pirouette de James Bond orchestrée par Mister Bean... J'ai du mal à visualiser le rendu final.

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Je suis encore jeune, encore vier…
C'est exprès que tu as coupé le mot ?

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J'ai entendu la portière claquée.
claquer

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L’on m’avait dit mais non, le choc post traumatique, sûrement…
Je trouve que ce "L'on m'avait dit" détonne un peu par rapport au reste du texte.

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Ou n’y en a-t-il pas, de facteur déclencheur. Peut être l’attitude de ma mère hautaine et fière a-t-elle lentement foudroyée un libre arbitre originellement défaillant. Opinion forgée par des commentaires d’une délicatesse foudroyée sur toutes celles excédant les 50 kilos considérées comme des mammouths ambulants. 24 années, dont quatre et demie passées dans un corps contrefait par un esprit défait tient du Miracle.
Je crois qu'il faudrait ajouter un "peut-être" : "Ou peut-être n'y en a-t-il pas..."
Peut-être (il manque un tiret)
foudroyé
ça fait une répétition de foudroyée, en plus je trouve ça un peu drôle une délicatesse foudroyée sur
cinquante (en lettres)
vingt-quatre

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Au petit matin, mon lit a sa couette bien en place au dessus de ses draps
Ce n'est pas gênant, mais je trouve le verbe avoir un peu fade ("mon lit a"), peut-être que tu pourrais trouver un verbe un peu moins neutre ? Mais bon, c'est un choix.

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Quant à Ange, l’autre assistante, l’escalope de poulet devant son nez blafard et enguirlandé semble la captiver au plus haut point.
Alors là, je ne comprends pas ce qu'elle fait, et je ne comprends pas non plus comment son nez peut être "enguirlandé".

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Envahie d'une torpeur végétative, je me sens comme un petit pois anémique perdu dans un champ de citrouilles rebondies. Bien entendu, je ne proclame pas ce côté décalé sur tout les toits. En ces temps troublés par les crises économiques, financières, politiques, sociales, sociétales,
sur tous les toits
Je ne vois pas très précisément ce qu'elle veut dire par "Bien entendu, je ne proclame pas de côté décalé sur tous les toits". Je veux dire, se sentir comme un petit pois anémique parmi les citrouilles, en quoi est-ce vraiment décalé ? Et en quoi est-ce lié aux temps troublés qui sont évoqués dans la continuité ? Je ne fais pas bien le lien.

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Elle continuera sa ronde avec une espèce particulièrement spéciale.
une espèce spéciale, je n'aime pas trop.

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Je m’imagine parfois muni d'un chariot à pop-corn et circuler parmi eux pour qu’ils en mâchouillent et éviter ainsi les filées de baves toujours mal seyantes au dessus d’un nœud Prince Albert.
munie
les filets de bave (je mettrais bave au singulier) toujours mal seyants
au-dessus (tiret)

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Elle m’ignore aussi celle là.
celle-là

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Mon regard affolé, tel celui d'une souris pourchassée par un éléphant, cherchait son issue de secours.
une souris et un éléphant... ça me fait drôle cette image, à cause de la légende de l'éléphant terrifié par la souris. Et aussi parce que je n'imagine pas trop un éléphant pourchasser une souris.

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Mes yeux fébriles de petite bête les envoyaient plus au Nord.
A quoi le "les" fait-il référence ? Les yeux envoient quoi plus au Nord ?

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Sauf que je t'aime toi
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en entrant dans mon bureau toi Tarzan,
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Je parviendrai bien à le choper ce regard
J'ai bien conscience que c'est un choix stylistique ses répétitions "t'"/ "toi", "toi"/"Tarzan", "le"/"ce regard", mais à la longue je trouve ça un tantinet lourd. Peut-être que tu pourrais en supprimer quelques uns ?

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Tu te dandinais sur place comme si ta vessie réclamait la parole en utilisant cette issue partiellement visible comme moyen d’expression.
Je trouve cette image amusante, surtout au sujet de l'objet du désir, mais par contre la fin de la phrase "en utilisant...", je la trouve un peu maladroite

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Evidemment j’étais agitée de l’intérieur pareille à une épileptique en pleine crise de convulsions qui balaierait de son corps tout un vestiaire de rugbymen en adoration avec le fantasme érigé devant cette serpillière à 4 membres, pouah…
Je n'aime pas trop cette phrase.

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Tu m’invitais à déjeuner, le rouge aux joues ressemblantes à deux tomates bodybuildées.
Tiens, c'est inattendu, cette image. En fait je trouve ça à la fois amusant, et un peu étrange. Parce que c'est le fantasme de la narratrice, et si elle se représente son "Tarzan" avec des joues comme des tomates bodybuildées... Eh bien, bonjour le côté glamour, c'est plutôt le fou rire qui se pointe que le désir.

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Jupe évasée marron clair, top à bretelles corail légèrement irisé, collier-de-chien, dessous chics à couleur choc.
collier de chien ? Pour faire la séductrice ?

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tant l’humeur générale se vêt de joyeuseté.
Tu as déjà utilisé plusieurs fois "se vêt", et là en plus je trouve que ça ne convient pas super bien.

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J’avance le dos bien droit en traversant les couloirs presque désert.
déserts

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Le peu de présence ne percute pas au passage de la nouvelle Ève.
Le choix de "percuter" me semble un peu curieux. Ou alors "ne percute pas le passage" mais est-ce que c'est la meilleure formulation ?

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Ses méthodes de management la satisfont et elles m'occupent depuis mon arrivée, voici 5 ans, à l’âge de 19 ans.
Je pense qu'il faut écrire les nombres en lettres.

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J’entends sa voix surmontée de hauts talons rouges.
Hum, je ne comprends pas bien. Comment sa voix peut-elle être surmontée de talons ? La voix, ça vient d'en haut, les talons ne peuvent pas la surmonter, aussi hauts soient-ils, ils restent a priori au niveau des pieds.

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Elle ouvre notre porte comme une boulimique ouvrirait celle de son frigo après s’être fait traitée de grosse dinde mal farcie

traiter

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Et moi, pauvre pomme, je vois tout en 4 dimensions, les surnuméraires étant idéalisées.
Ah, Eve est la pomme...
quatre

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Le regard de tarzan me traverse pour se planter dans le mur.
Majuscule à Tarzan

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Surtout cet icône qui mène à des vidéos coquines.
cette

Il y a des choses intéressantes dans la façon dont tu retraces la façon dont la narratrice voit son entourage, ses collègues, son entreprise... Dont on comprend de l'intérieur sa solitude et dont tu décris son fantasme.
Je trouve certains passages un peu lourds ou peu clairs (en général je les ai relevés ci-dessus).
Je ne suis pas ultra convaincue par la fin, mais c'est un choix. J'avais l'impression d'une narratrice qui ne voulait pas parler d'elle, qui ne voulait pas s'exposer, qui refusait de se confier, de parler de son anorexie, alors j'ai trouvé un peu bizarre qu'elle accepte que ses photos d'elle soient publiées comme ça.
Et... Alors le fantasme du Tarzan, l'homme gorille, j'ai trouvé ça amusant, parce que j'ai trouvé - c'était ton but ? - qu'il y avait un second degré derrière, une petite voix qui se moquait de ce fantasme. Ou alors c'est moi qui me l'invente toute seule parce que Tarzan ne me fait pas rêver. :)


Franck B

  • Invité
Re : Petit pois
« Réponse #2 le: 07 Juin 2013 à 05:14:42 »
d'abord merci à toi d'avoir consacré autant de temps à ce texte :)
alors, oui, tout ceci semble un peu de traviole (style et sujet abordé)
en fait j'ai voulu crée l'univers (très) particulier d'une jeune femme anorexique qui ignore son état de fantôme (au sens propre du terme)
sa maladie l'a tuée et son univers reste le même tellement elle était déjà "transparente" quand elle était vivante
elle s'accroche à cet homme, tarzan, seule source de sensations
ça reste un hommage à toutes celles et ceux qui souffrent de cette saloperie de maladie

Hors ligne Aquarelle

  • Aède
  • Messages: 233
Re : Petit pois
« Réponse #3 le: 07 Juin 2013 à 16:22:39 »
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alors, oui, tout ceci semble un peu de traviole (style et sujet abordé)
Ben non, je n'aurais pas dit ça ! Il m'a semblé - mais ce n'est qu'un avis personnel - qu'il y avait quelques petits trucs maladroits, ce qui ne fait pas du texte dans son ensemble un texte "de traviole" :)

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en fait j'ai voulu crée l'univers (très) particulier d'une jeune femme anorexique qui ignore son état de fantôme (au sens propre du terme)
Je pense qu'on comprend bien ton idée, par contre... Tu voulais créer un personnage de jeune femme qui ignore son état de fantôme ? Elle a pourtant l'air d'en être sacrément consciente, non ?

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elle s'accroche à cet homme, tarzan, seule source de sensations
Oui ça aussi on le voit bien à travers le texte. Mais est-ce qu'il y a un second degré ? Je me suis vraiment posé la question.

 


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