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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Julien et la Plume [titre possible]

Auteur Sujet: Julien et la Plume [titre possible]  (Lu 3457 fois)

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Julien et la Plume [titre possible]
« le: 02 Septembre 2007 à 23:24:37 »
j'avais ébauché un semblant de début il y a deux semaines. Et voilà, j'ai retravaillé depuis. C'est une courte nouvelle (9 pages word), donc il n'y a pas de chapitre. J'espère qu'elle vous plaira.

Si vous avez un problème de lecture ou autre, n'hésitez pas à laisser des commentaires (que ça soit sur la taille du texte, ou qu'on n'accroche pas sur le début, etc.)

Julien et la Plume

L’histoire que je vais vous narrer commence un jour d’été, sur une terrasse d’un café parisien.
 
Un adolescent timide nommé Julien buvait tranquillement son soda, profitant des dernières saveurs estivales. Agé de 15 ans, Julien, était plutôt maigre. Ses joues, blanches, étaient ponctuées de boutons d’acné. Ses cheveux généralement emmêlés étaient roux.

La rentrée approchait. Or Julien détestait l’école : il était le souffre-douleur de sa classe. De plus, il quittait le collège pour entrer en seconde dans un lycée qu’il ne connaissait pas.

Remuant ses pensées, il se retourna pour appeler le serveur quand son regard s’arrêta.

Une blonde, âgée de 14 ou 15 ans, était attablée avec ses parents. Ses yeux, bleus, étaient magnifiques. Ses cheveux descendaient sur ses épaules, une mèche dépassant sur son front. Elle portait un jean délavé et un T-shirt rose claire. Son nez en trompette, son visage d’une douce blancheur fascinaient Julien qui ne la quittait pas des yeux. Elle, ne l’avait pas remarqué.

Elle se retourna et aperçut enfin Julien qui, rouge de honte, s’empressa de lui tourner le dos. Elle et ses parents payèrent la note, et reprirent leur route. Julien, confus, était empêtré dans ses pensées. Que faire pour la revoir ? Mais Julien ne pouvait pas l’apostropher comme ça, en pleine rue ! Ils tournèrent au coin et Julien perdit tout espoir de la retrouver. Quelques minutes plus tard, il paya et s’éloigna à son tour.

Rentrant chez lui, Julien essaya de se raisonner. Ce n’était qu’après tout qu’une fille, croisée dans la rue, comme tant d’autres. Combien de personnes apercevons-nous qu’une seule fois, sans jamais les revoir ? Pourtant, l’image de cette fille restait gravée dans sa mémoire.

Il leva la tête et aperçut l’immeuble où il habitait. Propre, d’allure renaissance, il était situé au coin d’une belle rue, au centre de Paris. Julien prit l’ascenseur pour monter au troisième étage. Il entra dans son appartement. Spacieux, il était composé de deux chambres, une pour les parents et une pour lui. Il y avait aussi une cuisine moderne, un salon confortable avec une baie vitrée donnant sur la Tour Eiffel et deux salles de bains.

Julien poussa la porte de sa chambre. Elle était assez grande, comprenant un bureau brun, une armoire normande, un lit dans le coin, une grande fenêtre, une bibliothèque en bois, une chaîne hi-fi et un fauteuil de couleur bleue. Les murs étaient blancs et une moquette bleue tapissait le sol.

Mettant un peu de musique, il lut jusqu’au dîner. Là, il vit enfin ses parents pour la première fois de la journée. En effet, ils travaillaient tous deux dans la télévision et étaient relativement riches mais Julien ne les voyait pas souvent. Après le dîner, la famille regarda les informations de 20 heures puis un film français intitulé « la maison de campagne ». Et là stupeur ! Julien n’en revenait pas : l’actrice principale était l’adolescente blonde qu’il avait rencontrée quelques heures plus tôt ! C’était une chance inespérée ! Mais aussi une difficulté de faire connaissance en plus … Julien nota son nom et prénom sur un bout de papier à la fin du film : elle s’appelait Mathilde Grimare. Ensuite, il glissa soigneusement le papier dans son journal secret et se coucha, rêvant de la belle.

Le lendemain, après avoir expédié son petit-déjeuner, il se mit sur l’ordinateur familial et tapa dans Google le nom de l’actrice. Apparemment, elle n’était pas très connue. En effet, il tomba sur l’affiche du film qu’il avait vu la veille, sur deux, trois commentaires mais surtout sur le seul blog qui parlait d’elle : c’est-à-dire le sien ! Bondissant de joie, Julien explora le blog. Mathilde avait en effet 15 ans et habitait à Paris, dans un quartier proche du sien ! A part sa présentation, il ne trouva pas grand-chose d’intéressant et ne se risqua pas à poster un message.

Durant la semaine précédent la rentrée, Julien alternait révisions avec visites sur le blog de l’actrice. Il découvrit notamment qu’elle pourrait décrocher en octobre un rôle de choix dans un film d’Hollywood. Mais la rentrée était là. Et Julien se réveilla, un lundi, au son infernal de son réveil à 7h du matin.

Il s’habilla et prit son petit-déjeuner seul dans la cuisine, car ses parents étaient déjà partis. Ensuite, il enfourna son vélo et arriva au lycée un quart d’heure après, s’étant perdu dans une ruelle. Heureusement, il n’était pas encore en retard. Il accrocha son vélo en 4ème vitesse, aperçut brièvement la façade de son nouveau lycée qui ressemblait à une prison et entra. Il courut vers la salle indiquée, sans se perdre, ce qui est à remarquer et se mit à la queue, reprenant son souffle. La professeur ouvrit la porte la minute d’après. En lui disant bonjour, Julien sut au premier coup d’œil qu’ils n’allaient pas être copains. La professeur de français, d’ailleurs principale de sa classe, était une vieille pie d’un goût horrible. Après deux heures de cours où leur fut distribués notamment l’emploi du temps et les livres, Julien se précipita hors de la salle en respirant une grande bouffée d’air. Il était sûr d’une chose : cette année serait dure.

En marchant vers le prochain cours, Julien était avec sa nouvelle classe qu’il n’avait pas eu le temps d’observer. Il parcourut le couloir du regard avec une moue de « déjà-vu ». Mais … non ce n’est pas possible … mais si … c’est Elle ! l’adolescente blonde ! Le cerveau de Julien tournait à vive allure : le café, le quartier voisin, donc … le même secteur et le même lycée ! Julien avait pris l’option MPI, c’était donc aussi son choix et ils se retrouvaient dans la même classe. Son cœur s’accéléra : cette année ne serait pas si mauvaise après tout. Durant les autres cours, il ne la quitta pas des yeux. Le midi, il se dirigea vers la cantine, espérant intérieurement qu’elle suive le même chemin. Mais elle prit la direction de la sortie. En effet, Julien devait manger à la cantine, car ses parents n’avaient pas le temps de lui préparer un repas pour le midi.

L’après-midi, Julien revint peu à peu à la réalité et suivit les deux derniers cours. Le soir, il rentra chez lui gai comme un pinson. Une fois dans sa chambre, il ouvrit son journal, prit sa chère Plume. En effet, depuis qu’il possédait son journal, Julien avait l’habitude d’y écrire avec une plume ancienne qu’on lui avait offerte. Il la trempait dans un pot d’encre bleue foncée, puis la faisait glisser sur le papier rugueux. Cette Plume comptait beaucoup pour lui. La pointe était d’or et finement ciselée. Elle se prolongeait par un cor rigide qui supportait une plume d’oiseau que Julien changeait régulièrement.

Le 4 septembre 2007

Aujourd’hui est un grand jour. J’ai effectué ma rentrée et découvert mon nouveau lycée. Il est ancien et sale, ce n’est pas un environnement idéal pour étudier. Ma professeur principale, Mme Jantelet, est une vieille pie qui n’a pas l’air de m’apprécier et ma classe m’ignore complètement. Mais, heureusement, un bel événement vient rehausser ce « bilan » négatif. J’ai revu l’adolescente blonde que j’avais croisée dans un café parisien. Elle est dans ma classe ! J’attends de voir les prochains jours …


Julien se relut, reposa la Plume et ferma son cahier, après avoir appliqué un buvard. Il dîna seul, car ses parents finissaient tard aujourd’hui. Après avoir lavé la vaisselle, Julien lut un peu et se coucha.

Les jours suivants, selon ses craintes, Julien était l’exclu avec un grand « E » de la classe. Il se posa alors toutes sortes de questions. N’ayant pas d’ami, son journal secret était la seule façon d’exprimer ses sentiments et de se raisonner.

Le 16 septembre 2007

Depuis la rentrée, je n’existe pas. Je suis assis tout seul à une table et je suis le cours. Pendant la récréation, je ne parle à personne et personne ne vient me parler. Je me pose la question, journal : est-ce moi ou les autres ? Le problème est que je suis timide, j’ai du mal à aller vers les autres, à commencer une relation. Je vais tout de même essayer …

Contrairement à moi, Mathilde, l’actrice, est la fille la plus populaire de la classe. Tout le monde l’admire, tout le monde la complimente, et surtout tous les garçons en sont fous !

Je viens à me demander si je l’aime ou si je suis simplement attiré. La réponse est évidente maintenant : je suis tout simplement attiré par son physique et son attitude, car je ne connais rien d’elle, à part ce qu’elle a marqué dans son blog. Il faut que j’attende de la connaître pour me faire une opinion d’elle.


Là, Julien eut une idée :

Le blog, c’est ça la solution ! Moi qui suis timide, je peux écrire en étant anonyme. Je vais poster des commentaires partout avec un pseudo. Ainsi, elle répondra (du moins je l’espère), et nous ferons connaissance. Malheureusement, je dois attendre le week-end pour tester cette solution, car je n’ai pas accès à l’ordinateur en semaine.

Ravi, Julien ferma son cahier.

Le lendemain, après les cours du matin, Julien déjeuna avec ses parents. Ils lui demandèrent s’il s’était bien intégré à la classe et si les professeurs étaient convenables. Julien mentit en répondant affirmativement : il ne se sentait pas prêt pour dévoiler tout ses sentiments alors qu’ils n’étaient déjà pas clairs dans sa tête.

Ensuite, il se précipita sur l’ordinateur. Dans les favoris, il retrouva l’adresse du blog qui se nommait : « Moi, Mathilde Grimare ». Original … Là, il s’inscrivit et posta son premier commentaire à propos du film hollywoodien qui recrute en octobre. Il s’appelait « Les @mies » et le producteur, M.Stom. C’est tout ce qu’il savait. Il écrivit, en gros, qu’il l’encourageait, que c’était une bonne chose, etc. Il ne posta qu’un seul commentaire, mais regarda toutes les heures durant le week-end si elle avait répondu. Dimanche soir, vers 22 heures, quand Julien regarda une dernière fois avant de perdre définitivement espoir, il vit une réponse. Il lut rapidement : « Merci bcp ! @ + ». Ce n’était que trois mots écrits en abréviation mais, pour Julien, c’était une bouffée d’espoir. Il se coucha en promettant de continuer son expérience le week-end prochain.

La semaine d’après, Julien attendait avec impatience samedi. Il posta un commentaire sur un autre sujet et lut, le dimanche soir, une réponse pour le moins assez courte : « Merci ». Le week-end d’après, il n’y avait plus de réponse.

Septembre passa, octobre se présenta. Julien, déconcerté par ce manque d’intérêt de la part de l’actrice, écrivit dans son journal :

Le 2 octobre 2007

Journal, j’ai posté des réponses sur son blog, mais elle ne me répond plus. Je ne comprends pas. Qu’ai-je fait ? Je ne l’intéresse pas. Mais que dois-je faire pour l’intéresser, pour ne percevoir ne serait-ce qu’une minuscule part d’intérêt ? je ne sais plus quoi faire …

Ou alors, Elle ne serait pas ce que je pense … Elle ne serait pas la fille idéale … Elle ne m’irait pas … Mais je ne peux m’y résoudre ! C’est impossible ! Pourquoi elle ne me répond pas ? Je dois savoir pourquoi, mais je ne peux pas lui demander …

Octobre est arrivé. Elle a été retenue pour le casting de « Les @mies ». Elle a désormais des horaires aménagés et ses « copines » se chargent de lui transmettre le travail et les cours. J’aurais tellement voulu être à leurs places, lui écrire ses cours, lui donner le travail, être en communication constante avec Elle. Tant pis …


Découragé, Julien ferma le journal, d’un geste brusque.

Le premier trimestre toucha à sa fin. On était en décembre, juste avant les vacances de Noël.

Le 19 décembre 2007

Il est temps de faire un bilan. Depuis le début du trimestre, je ne survis qu’avec un sourire, un visage, une parole… Elle m’a même demandé une fois une copie double. Mais, je ne peux pas continuer comme ça ! Elle me tourne en bourrique. Ses admirateurs ne font qu’augmenter depuis qu’elle joue dans ce film …

A vrai dire je ne sais plus quoi faire. Mes notes ont baissé, j’ai à peine 13/20 de moyenne générale au premier trimestre. Il faut dire que ma prof de français, Mme Jantelet, n’a pas arrangé ce désastre. Du coup, mes parents m’ont privé d’ordinateur. Mathilde, par contre, a de très bonnes notes, malgré son rôle dans le film et les horaires aménagés.

J’ai besoin d’aide !


A la fin de cette phrase, Julien posa sa Plume dans l’encrier et tourna son regard vers le journal. Il essayait de se relire … mais quelque chose le gênait, un bruit, un odeur ou une lumière … Alors qu’il voulut reprendre la Plume pour reprendre son récit, il ne balaya que du vide : la Plume n’était plus dans l’encrier. Effrayé, Julien tourna sa tête et vit une Plume qui flottait au-dessus de l’encrier ! Non, se dit Julien, c’est impossible ! Une Plume ne flotte pas ! Tu rêves, tu délires ! Pourtant, il avait beau se pincer et se frotter les yeux, elle était toujours là, suspendue dans les airs. La Plume se mit à bouger. Elle se trempa dans l’encrier et se mit à écrire sur le journal :

Vous avez appelé à l’aide ?

Julien n’en revenait pas. Une Plume qui flotte et qui écrit toute seule ! Sans réfléchir, il prit un stylo quelconque et écrivit à la suite :

« - Oui, mais d’abord qui êtes-vous ?
-        J’ai plusieurs noms, enchaîna-t-elle. On m’appelle la Plume, l’Enchanteresse, l’Ange, la Déesse, l’Aide, le Secours, ou la Lumière … J’existe depuis la naissance de la race humaine et j’ai revêtu depuis ces temps-là bien des formes. Au fait, en quelle année sommes-nous ?
-  En 2007, répondit Julien, qui n’en revenait pas d’écrire à une Plume.
-    Ah ! La dernière fois que l’on m’a appelée, c’était en 1916. Un pauvre soldat français sur le front. Il écrivait à sa mère. C’était à la bataille de Verdun. Malgré mon aide, il s’en est tiré avec une jambe en moins. »

Julien essayait de se rappeler. Mais oui ! C’était son grand-père qui lui avait donné cette Plume alors que Julien était encore un petit garçon.

« - Alors que voulez-vous ? Vous avez bien appelé à l’aide n’est-ce pas ? reprit la Plume.
-     Oui … »

Tant pis se dit Julien, je suis dans une impasse. Alors, bien que ça paraisse impossible, je vais lui balancer le morceau !

« - Voilà, je vais essayer de vous expliquer mon problème … continua Julien.
-   Tu peux me tutoyer, écrit-elle. »

Julien lui raconta tout depuis le début, c’est-à-dire depuis la fin des vacances.

La Plume reprit sa course sur le papier :

« - Je vois … Tout ça me paraît clair ! Tu aimes cette fille, ou plutôt tu es complètement attiré par elle mais elle ne le mérite pas. Elle t’ignore complètement. Elle m’a tout l’air d’une sale fille plutôt méchante et surtout très égoïste. Elle est belle, et par conséquent elle se croit tout permis. Il n’y a qu’une seule solution : tu dois combattre cette attirance et te mettre dans la tête qu’elle ne te vaut pas.
-       mais non ! c’est faux ! essaya de se convaincre Julien.
-  C’est vrai ! et tu le sais !
-     Alors, s’il le faut, je vais essayer …
-   Non, tu vas le faire !
-   … d’accord ! Dès ce moment, je vais ignorer Mathilde ! Dit fermement Julien, décidé à tenir promesse.
-   C’est bien.
-      Mais, pour avoir survécu plusieurs millénaires, tu dois bien avoir des pouvoirs puissants non ? questionna Julien.
-       Oui, j’en ai. Sinon, le soldat de Verdun se serait fait tué. Mais, je ne les utilise qu’en cas de nécessité absolue. Hors, une affaire de cœur n’est pas une nécessité absolue.
- C’est la triste vérité … murmura Julien, pensif.
- Bon, si tu as besoin de moi, tu écris aide avec la Plume et je serai là ! Bonne chance !
- Au revoir … »

Et, devant ses yeux, la Plume tomba sur le journal ouvert avec un bruit sourd. Il la prit délicatement et la rangea. Feuilletant le journal, il s’aperçut qu’ils avaient écrit sur trois ou quatre pages. Son journal était foutu ! se dit-il en rigolant. Mais, ça en valait le coup ! Il s’endormit enfin apaisé.

Dès le lendemain et selon sa promesse, Julien s’appliqua à ignorer l’actrice et à suivre les cours attentivement. Il faut remarquer que ce n’était pas une tâche difficile sachant que Julien était déjà exclu par tous.

Cependant, dans l’après-midi, un événement qui n’était pas prévu par Julien se produisit. La classe avait un contrôle de Maths de deux heures. Julien s’était installé, seul à son habitude et préparait sa copie quand Mathilde se dirigea vers lui : « Tu n’aurais pas une copie double s’il te plaît, Julien ? ». Ses joues rougirent un peu. Il se tordait sur sa chaise, tiraillé entre l’attirance qu’il avait pour elle et l’ignorance qu’il lui devait. Finalement, la promesse l’emporta et, reprenant ses esprits, il répondit fermement : « Non, désolé ». Mathilde, un peu déconcertée car personne, jusqu’à ce jour, ne lui avait refusé quelque chose, retourna à sa place et reçut enfin une copie-double de l’autre bout de la classe.

Julien, un peu déconcentré, réussit cependant le contrôle et sortit au bout des deux heures. Il se fit alors apostropher par Mathilde qui papotait avec un groupe d’amies :

« - Julien ! Pourquoi ne m’as-tu pas prêté une copie-double ?
-      je n’ai pas d’ami dans cette classe. Tu m’ignores la plupart du temps sauf quand tu as besoin de moi. Je ne demande rien à personne, je ne vois pas pourquoi je devrais quelque chose à quelqu’un ? Si tu as besoin d’un service, demande à tes amies, c’est fait pour ça. »

Et, sur cette parole catégorique, Julien s’éloigna. Il ne perçut pas alors la mine consternée mais cependant curieuse de l’actrice blonde.

Il passa ses vacances de Noël avec ses parents. Ayant expulsé la pensée de Mathilde de sa tête, il pouvait à nouveau se concentrer et ses notes s’étaient améliorés au début du deuxième trimestre. Il reçut un nouveau cahier pour son journal, plusieurs livres et un lit confortable pour son Noël. La famille était joyeuse. Ils eurent même un peu de neige et en profitèrent pour faire une bataille.

Et c’est serein et heureux que Julien retrouva l’école avec une bonne résolution : combattre sa timidité, montrer son tempérament et ne pas se laisser avoir ! La Plume avait montré à Julien qu’il fallait surpasser sa timidité. Il lui en était très reconnaissant.

Le deuxième trimestre défila. Julien montrait son caractère. Les autres camarades étaient surpris, mais ils ne s’en approchèrent pas pour autant. Julien en profita pour renforcer ses liens avec ses parents.

Avant, on osait lui demander un petit service de temps en temps. Maintenant, personne ne venait lui parler, sachant qu’il ne prêtait plus. C’était aussi une preuve pour Julien que les autres ne le voyaient que sous la forme d’un prêt !

Alors que le deuxième trimestre était une réussite totale pour Julien, ses notes remontant, ça l’était beaucoup moins pour Mathilde.

Mi-janvier, M. Stom, le producteur du film « les @mies », dut tout arrêter. Le film avait pris du retard, et le budget n’était nettement pas assez suffisant pour continuer. Mathilde fut très déçue, bien qu’elle s’y attendait.

En une semaine, ses amies et amis partirent les uns après les autres. A la fin, elle se retrouva toute seule et comprit que sa popularité était due simplement au fait qu’elle était actrice dans un film d’Hollywood et que, par conséquent, c’était bien vu d’être avec elle. Elle s’en souviendrait.

Julien fut cependant surpris quand il la vit se diriger vers lui.

« - Salut Julien.
-       salut. Que veux-tu ?
-     Tout d’abord, je voudrais te faire mes excuses, car je t’ai ignoré depuis la rentrée. J’ai compris que mes amies et amis étaient éphémères, venant auprès de moi juste pour la gloire. Alors, je me suis aperçue que je m’étais lourdement trompée.
-      Tu viens me demander un service que tes sbires ne veulent plus remplir, c’est ça ? demanda Julien, allant droit au but.
-  Enfin … oui mais pas tout à fait, j’ai été égoïste je le sais … pardon …
- Dis-moi pourquoi je te rendrais ce service ?
-     Il est clair que je suis dans mon tort. Je te demande ce service alors que je t’ai ignoré royalement. Voilà, je te présente mes excuses une fois encore. Si tu ne veux pas m’aider, je peux partir.
-      Non, non. Et … il s’agit de quoi ? questionna Julien, curieux.
-   Le cours de physique sur la lumière, je n’ai rien compris.
-       Même en t’aidant du livre ?
-      Oui. Je ne peux pas demander à mes anciennes amies, elles m’ont lâchée depuis que le film a été arrêté et le professeur est trop occupé.
- On a une heure de permanence la semaine prochaine.
-       Non, non ! le contrôle est mardi, il n’y a pas d’heure de trou avant.
-    Tu proposes quoi alors ?
- Si tu veux, tu pourrais venir chez moi samedi après-midi une heure ou deux ?demanda Mathilde hésitante.
-  C’est vrai que tu as fait des excuses, pensa oralement Julien, bon d’accord !
-    Merci beaucoup ! Donc demain à 15h ?
-     Il me faudrait ton adresse …
-     Ah oui ! »

Mathilde prit un bout de papier sur lequel elle marqua son adresse et son téléphone au cas où. Elle remercia encore Julien, puis partit manger.

Julien était fou de joie ! Il allait pouvoir aller chez elle, dans sa chambre ! Mais, il ne fallait pas s’emballer, se souvenir qu’elle ne l’avait pas remarqué depuis le début de l’année. Il fallait être sérieux et poli.

Et c’est dans cette attitude que Julien sonna le lendemain au bas de l’immeuble de Mathilde. Il entendit un : « Qui est-ce ? » Il répondit que c’était Julien, on déverrouilla la porte. Il prit l’ascenseur et toqua à la porte de l’appartement situé au 4ème étage. Une dame souriante lui ouvrit. Après les politesses habituelles où il rencontra les parents de Mathilde, des gens charmants, il entra dans sa chambre. Elle était intégralement bleue : la moquette, les murs, le fauteuil et le lit mais le bureau était rouge. Elle n’eut pas besoin de préciser que le bleu était sa couleur préférée. Elle était habillée décontractée, avec un jean « pattes d’éléphant » et un t-shirt rouge. Ses cheveux qui descendaient habituellement sur ses épaules étaient ramenées au-dessus de sa tête. Ils s’attablèrent. Julien lui expliqua le cours durant 1h et demi, entrecoupé des questions incessantes de Mathilde. Hors du lycée, il découvrit une ado souriante, détendue et curieuse. Il dut rester au goûter sous la pression des parents. Après, il partit en remerciant la famille de son hospitalité. Mathilde lui souhaita un bon week-end et le remercia d’être venu.

Depuis cet événement, lui et Mathilde se parlèrent un peu plus. Julien était ravi.

En février, elle réussit à décrocher un rôle certes secondaire mais dans un grand film dont le réalisateur était Spielberg en personne ! Après l’échec de son précédent film, Mathilde était réellement heureuse. Une foule d’admirateurs et d’admiratrices se pressa autour d’elle.

Mais la semaine de janvier n’était pas loin dans sa mémoire. Elle les repoussa, tous et toutes. Puis elle vint trouver Julien pour lui demander s’il acceptait de lui rattraper le travail. Il était le seul à ne pas chercher la gloire et à l’avoir aidée alors qu’elle n’était plus engagée. Il accepta de bon cœur.

Les horaires de Julien et de Mathilde explosèrent. C’était beaucoup de travail. Il n’était pas rare de les voir tous deux avec des rides sous les yeux mais ils conservaient l’allure et les notes ne baissaient pas.

Les parents de Julien lui posèrent des questions. Il leur dit la vérité et, tant que le travail restait sérieux et les notes bonnes, ils acceptèrent.

Le mois de mars passa. Ils avaient désormais le rythme et se voyaient souvent le week-end, soit pour un cahier à rapporter ou un cours qu’elle n’avait pas compris. Ils étaient assis toujours ensemble en classe, pour pouvoir plus facilement rattraper le travail.

Les jours se rallongèrent. Désormais, ils faisaient des sorties dans le parc et commençaient à s’apprécier. Cachant son jeu, Julien pouvait endurer la terre entière pour elle. Il adorait sa façon de sourire, découvrant ses belles dents blanches, ses yeux bleus océans et ses cheveux de blé qui resplendissaient au soleil. Ils allaient aussi voir des films au cinéma, quand ils en avaient le temps. Une intimité entre eux se forma. A force de rester des heures à travailler ensemble, ils finirent par se connaître parfaitement à la fin du semestre.

L’année scolaire toucha à sa fin. Julien et Mathilde sortirent de la seconde avec les félicitations. En passant la porte du lycée pour la dernière fois avant les vacances, elle l’emmena un peu à l’écart. Julien était la mort dans l’âme car il n’allait plus la revoir pendant deux mois. Cependant, il essaya de profiter des derniers moments avec elle.

« - Tiens Julien, voici quelques bouquins que je t’ai achetés pour te remercier de m’avoir aidée ! C’était vraiment gentil de ta part !
-    oh merci ! Fallait vraiment pas !
-        Je sais que t’adores lire alors j’ai pensé à ça.
- Mais, c’est la dernière série de Tyu en anglais !! Où l’as-tu trouvée ?
-  Eh bien … justement. Le film dans lequel je joue est terminé depuis début juin.
- Oui je sais. Et ? demanda Julien, curieux.
-       Comme c’est un gros film, je suis allé à New York pour la première.
-      Tu ne me l’avais pas dit.
-        C’était le week-end dernier, je voulais te faire une surprise. Parce que, après la première de New York, il y en a une à Paris et je t’invite !
-  Moi ! Mais t’es folle ! Je n’ai jamais aimé le public.
-   C’était la moindre des chose pour te remercier ! Et puis, je ne suis qu’une actrice secondaire, on ne sera pas trop sous les flash. »

Et c’est ainsi que Julien se retrouva début juillet, à Paris, dans une Mercedes noire, à côté de Mathilde. Il était vêtu d’un costard et elle d’une magnifique robe bleue foncée (oblige). Elle avait ramené ses cheveux au-dessus de sa tête en un chignon parfait et portait des boucles d’oreilles argentées. Elle sourit.

« - Allez détends-toi !
-       Tu parles, je croyais que c’était plus … convivial moi, bredouilla Julien, pas très rassuré.
-     On respire et on expire ! »

La voiture s’arrêta. Par les vitres teintées, Julien aperçut un tapis rouge et une foule de gens ! On ouvre la portière. Mathilde descend. Prenant son courage à deux mains, Julien la suit, résolu de ne pas la décevoir.

Des flash l’éblouirent immédiatement, mais la majorité ne leur était pas destinée. Deux adultes, plus loin, étaient submergés. Ça devait être les acteurs principaux.

Mathilde lui prit sa main et l’emmena vers l’entrée. Un peu choqué, Julien ne s’en rendit pas compte tout de suite. Puis, il sentit la fraîcheur d’une main douce dans la sienne qui était moite à cause de la chaleur. Mathilde lui avait pris la main ! Julien était aux anges. Ils pénétrèrent dans l’enceinte du cinéma, puis s’installèrent aux places réservées.

Julien découvrit le film, ponctué des commentaires que Mathilde lui faisait à l’oreille. Et, alors que le film touchait à sa fin, Julien sentit des lèvres douces et fraîches s’appuyaient furtivement contre les siennes. Surpris, il tourna son regard vers Mathilde et put apercevoir, à la lumière lunatique de l’écran, un sourire.

*****FIN*****

Commentaire : C’est une nouvelle qui peut avoir une suite. Alors, si elle rencontre un peu de succès (c’est-à-dire, si je ne me suis pas gouré sur toute la ligne ^^ ), je pourrais peut-être écrire une deuxième nouvelle, ça sera la suite … Entre temps, j’ai bien besoin de vos avis précieux pour améliorer cette petite nouvelle !! Merci. 

Pour le titre, j’hésite entre : « Julien et la Plume » et « Julien et l’actrice » ou un autre pk pas ?
Que me conseillez-vous ?
 





« Modifié: 02 Septembre 2007 à 23:28:19 par Loup »
Un mot est un oiseau au milieu d'une page. C'est l'infini.

begar-love

  • Invité
Re : Julien et la Plume [titre possible]
« Réponse #1 le: 25 Septembre 2007 à 15:53:31 »
J'aime  beaucoup et j'ai du mal à faire une remarque sur ta nouvelle. Je pense qu'il y a un problème de rythme : certains passages sont bien dévelloppés alors que d'autres sont plus rapides. Le charme de la nouvelle, c'est qu'elle est courte. Je dévellopperais moins certains passages. En conclusion, trouve le bon rythme.

Hors ligne Loup

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 l'écriture
Re : Julien et la Plume [titre possible]
« Réponse #2 le: 26 Septembre 2007 à 13:51:34 »
merci de ta réponse ! (ça fait un mois que j'en attends une mais je suis patient ^^ )

Oui, c'est le défaut de la nouvelle, un rythme très décalé. Mais j'aime aller droit au but et développer des passages plus intéressants disons. Je vais essayer de tenir compte de ta remarque mais comment raccourcir ?

Sinon, je me suis arrêté d'écrire => je n'ai plus le temps de tout faire. Je vais essayer de m'y remettre un peu mais je ne promets rien ^^
Un mot est un oiseau au milieu d'une page. C'est l'infini.

begar-love

  • Invité
Re : Julien et la Plume [titre possible]
« Réponse #3 le: 26 Septembre 2007 à 14:03:30 »
Après reflexion Loup, je me pose une question : "A quoi sert la plume dans ton histoire mis a part qu'elle conseille au jeune garçon d'ignorer la jeune fille ?"
Tu pourrais l'enlever vu que ton histoire prend une tout autre tournure ensuite.

Comment faire : prends les passages clés de ton histoire et compare les rythmes de chacun de ces passages. "Les journées sont trop courtes pour les jeunes et trop longues pour les vieux" by me
Il y a tant de choses que je voudrais faire.

Ta nouvelle est dans l'esprit de ce que je veux écrire en tout cas (vas voir le début du roman que j'aimerais écrire" nommé "l'oeil du cyclone")
« Modifié: 26 Septembre 2007 à 14:05:34 par begar-love »

Hors ligne DarkMarius

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Re : Re : Julien et la Plume [titre possible]
« Réponse #4 le: 26 Septembre 2007 à 15:49:53 »
merci de ta réponse ! (ça fait un mois que j'en attends une mais je suis patient ^^ )


Tu as eu ma critique par msn si je me souviens bien !
Bzzzz Bzzzz

Hors ligne Loup

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Re : Julien et la Plume [titre possible]
« Réponse #5 le: 27 Septembre 2007 à 21:29:16 »
c'est vrai !

La Plume était censée servir dans la suite mais comme je n'ai plus le temps d'écrire ...

Reryhtmer le passage est une bonne idée .. je vais essayer si j'ai un temps libre ^^

En tout cas merci !
Un mot est un oiseau au milieu d'une page. C'est l'infini.

 


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