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Auteur Sujet: Le sommeil et les rêves  (Lu 4478 fois)

Hors ligne Citrus

  • Plumelette
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Le sommeil et les rêves
« le: 17 Janvier 2013 à 22:18:32 »
Je suis tombé sur cette sous-section et je me suis dit qu'il pourrait être bénéfique de mettre à profit mes connaissances (relativement poussées) sur le domaine du sommeil et des rêves.

Il y a trois ou quatre ans, dans le cadre de la rédaction de mon roman d'alors, j'ai été amené à produire un dossier de recherche assez complet sur le sommeil et les rêves. Le dossier fait 22 pages, alors poster au complet risque de prendre quelques posts. Aussi, le format word contient des illustrations qui aident à la compréhension. Si jamais vous désirez avoir cette dernière version, evoyez-moi votre e-mail par MP.

Dernier commentaire : la recherche a été effectuée par un adolescent de 16 ans. J'ai toujours eu de la facilité avec tout ce qui s'apparente à l'académique, mais je n'ai pas la prétention de croire que mon dossier égale une recherche universitaire.


Le sommeil

Un être étranger à l’humain dénoterait en nous deux styles de vie apparents : l’éveil et le sommeil. Le premier, où l’homme aurait les yeux ouverts et serait beaucoup plus actif physiquement, fluctuerait sur une période considérable et aurait généralement lieu lors du jour. Le deuxième serait caractérisé par une immobilité presque totale et durerait près d’un tiers d’une vie humaine. Un vieillard de 75 ans aurait donc dormi durant une période de 25 ans. Aux premiers abords, ce serait la définition que l’on donnerait au sommeil. Cependant, la découverte du sommeil paradoxal dans les années 1950 est venue modifier cette vision. On a alors divisé le sommeil en deux états si distincts, le sommeil lent et le sommeil paradoxal, qu’on put parler d’un troisième état du cerveau.


Théories du sommeil actif et du sommeil passif


Avant les années 1950, le sommeil était considéré comme un simple état de repos n’ayant d’autre fonction que d’offrir un répit au cerveau et au corps. C’était la théorie du sommeil passif. Ce sont les observations anatomocliniques de Constantin Von Economo qui vinrent ébranler en premier lieu cette croyance. En 1918, lors de la grippe espagnole qui fit rage après la Grande Guerre, Von Economo observa que certains malades demeuraient dans un état léthargique ou de coma alors que d’aucuns devenaient d’intenses insomniaques, restant éveillés plusieurs jours avant de mourir. L’examen de leurs cerveaux permit de distinguer deux formes de lésions différentes. Chez les individus comateux, cette blessure était au niveau de l’hypothalamus postérieur ou de la partie haute du mésencéphale. Quant aux malades incapables de dormir, ils présentaient des lésions à l’hypothalamus antérieur et au tronc cérébral. Ainsi, Von Economo apporta en premier l’appellation du centre de l’éveil et celle du centre du sommeil et, par ce fait même, la théorie du sommeil actif. Un autre coup important porté à la théorie du sommeil passif fut la découverte du sommeil paradoxal avec l’électroencéphalographie. Avec cette dernière, on avait déjà pu constater que le cerveau avait une activité électrique et donc, n’était pas dans un état d’inconscience totale. Mais le sommeil paradoxal, où le cerveau est très actif, presque identiquement à l’état d’éveil, cela changea la vision des choses. De plus, on découvrit plus tard que le cerveau consommait plus d’oxygène lors du sommeil paradoxal. Si les muscles étaient en état de repos, le cerveau, lui, ne l’était pas, d’où le terme de sommeil actif.

Le centre de l’éveil et le centre du sommeil

Aujourd’hui, la liste des régions impliquées dans ces deux centres est extrêmement détaillée, due à l’avènement de l’imagerie cérébrale. En fait, on admet maintenant qu’il existe une centaine de neurotransmetteurs et neuromodulateurs. J’ai regroupé ici les plus importants.
Structures et mécanismes responsables de l’éveil
•   Système noradrénergique
•   Système à histamine
•   Le système diffus de l’hypothalamus postérieur
•   Le système du télencéphale basal
•   Les noyaux mésopontins cholinergiques
•   La formation réticulée mésencéphalique
•   Le noyau réticulé bulbaire magnocellulaire
•   Le noyau locus coeruleus pontique
•   Le raphé antérieur
Structures et mécanismes responsables du sommeil
•   L’hypothèse sérotoninergique
•   Processus homéostasique diachronique
•   Neurotransmetteur synchronique hypnogène
•   Le noyau réticulaire du thalamus
•   Les hyperpolarisations cycliques
•   La néodécortication totale
•   Les structures corticales et sous-corticales
•   Liquide céphalo-rachidien

Rythme circadien et rythme ultradien

Rythme ultradien : rythme de sommeil dont la fréquence est beaucoup plus rapide. Généralement, un sommeil peut durer de quelques minutes à quelques heures. Le sujet se réveille alors à toute heure de la journée, même pendant la nuit. C’est le cas des nouveaux nés.
Rythme circadien : rythme de sommeil fluctuant sur une période de 24 heures.
L’installation d’un rythme circadien survient entre le premier et le sixième mois. C’est-à-dire que la période de sommeil devient en majorité nocturne, il fluctue sur une période de 24 heures et non de façon chaotique.
Les cycles du sommeil
Le sommeil peut-être divisé en plusieurs cycles. Chacun ayant une longueur d’environ 1h 30 ou 2 heures. Lorsqu’on s’endort, on passe inévitablement par le sommeil, pouvant être représenté par une vague. On va de plus en plus profondément avant de revenir à un sommeil plus léger, où il y aura une phase de sommeil paradoxal ayant une durée de 10 minutes. Ce serait le schéma pour le premier cycle d’une nuit. Après chaque cycle, le dormeur a de brefs réveils de moins de 3 minutes dont il n’aura jamais le souvenir au matin.
Vers la fin de la nuit, le sommeil lent profond rétrécit jusqu’à devenir inexistant au profit du sommeil lent léger et du sommeil paradoxal. On peut donc affirmer que la première partie de la nuit est la plus réparatrice, tandis que la deuxième est plus propice aux rêves et aux rêves lucides, sujet qui sera abordé plus tard.

Les chercheurs ne croient pas que cet ordre ait été distribué au hasard dans l’évolution humaine. Comme les trois premiers cycles sont les plus essentiels, il est évident qu’ils se retrouvent en début de nuit, pour qu’ils aient lieu même s’il y a cas de réveil. Les derniers cycles seraient alors des préparatifs pour au réveil, l’écart entre un sommeil lent léger et l’éveil étant toujours plus facile à supporter qu’un sommeil lent et l’éveil.

Le sommeil au cours d’une vie

L’évolution du sommeil par rapport à l’âge est plutôt simple. En vérité, elle ne fait que diminuer de plus en plus. Les nouveaux nés dorment en moyenne 16 heures par jour. Comme il a été dit précédemment, le rythme circadien s’installe entre le premier et le sixième mois, mais cela peut aller jusqu’à l’âge de 18 mois.
Vers 10 ans, l’enfant requiert 10 heures de sommeil par nuit. Quelques années plus tard, dans l’adolescence, ce chiffre descendra à 8 ½ - 9 heures. Par contre, l’horloge biologique de ces derniers fait en sorte qu’ils se couchent plus tard pour se lever plus tard qu’un adulte.
On remarquera que plus on devient âgé, plus notre sommeil se fragmente et plus notre sommeil lent profond perd au profit du sommeil lent léger. Comme la durée de sommeil est moindre, une personne âgée trouve la nécessité de faire plusieurs siestes par jour.
Quant au sommeil paradoxal, il diminue encore plus que la durée de sommeil totale au cours d’une vie. Un nouveau-né sera en période de sommeil paradoxal pendant 50 % de son temps de repos. À l’âge adulte, ce chiffre serait entre 20 et 25 %. C’est après l’âge de 60 ans que ce pourcentage baisse radicalement pour ne devenir qu’une cinquantaine de minutes par nuit. Ce sont ces données qui poussent certains chercheurs à proposer la théorie que le sommeil paradoxal formerait l’individualité d’un individu ou contribuerait à sa croissance, puisqu’il a plus d’influence en début de vie.


Le sommeil lent ou sommeil à ondes lentes

Comme je l’ai évoqué précédemment, le sommeil se divise en deux parties distinctes : le sommeil paradoxal et le sommeil lent, qui se divise à son tour en quatre stades. Le sommeil lent, donc, semble être un état de repos. La lenteur du rythme de l’électroencéphalographe indique que le cerveau est en période de détente. Les muscles, presque inactifs, le semblent également. C’est le sommeil le plus réparateur. Un cycle où le sommeil lent profond est dominant est beaucoup plus reposant qu’un cycle où le sommeil est léger. William Dement définit ce type de sommeil comme un « cerveau fonctionnant au ralenti dans un corps mobile ».

I - Caractéristique du sommeil lent
Le tracé de l’EEG : Lors du sommeil lent, le tracé du sommeil lent indique un rythme lent, mais une grande amplitude.
Les sensations : Les sensations sont absentes ou très atténuées.
L’activité motrice : Les mouvements musculaires sont rares, involontaires et peu intenses.
Les mouvements oculaires : Ils sont rares durant le sommeil lent.
La pensée : Elle devient répétitive et il n’y a aucune réelle évolution.
Durée : 75 à 80 % d’une nuit.

II - Fonction du sommeil lent
•   Reposer l’esprit
•   Restaurer nos fonctions physiques
•   Sécréter l’hormone de croissance
•   Augmenter la synthèse des protéines
•   Intensifier l’activité du système immunitaire

III – Les rythmes BETA, ALPHA, THETA et DELTA
L’électroencéphalographe enregistre divers rythmes du cerveau. Lors d’un passage de l’éveil jusqu’au sommeil lent profond, l’amplitude croît de plus en plus alors que la fréquence des activités électriques diminue. Il est schématisé ici un spectre allant de la plus petite à la plus grande fréquence.

•   Le rythme BETA (β) : Fréquence de 13 à 15 Hertz (1 Hertz, ou Hz correspond au nombre d’oscillations par seconde) et environ 30 microvolts d’amplitude. Le rythme Beta est enregistré sur un sujet éveillé et alerte qui traite de l’information.
•   Le rythme ALPHA (α) : Fréquence de 8 à 12 Hz et 30 à 50 microvolts d’amplitude. Ce rythme est associé à un individu détendu, les yeux clos, ou en méditation.
•   Le rythme THETA (θ) : Fréquence de 3 à 8 Hz et 50 à 100 microvolts d’amplitude. On peut l’associer à l’activité limbique de la mémoire et des émotions.
•   Le rythme DELTA (δ) : Fréquence de 0,5 à 4 Hz et 100 à 200 microvolts d’amplitude. C’est le rythme d’un sujet en sommeil profond ou en coma.

IV – Les quatre stades du sommeil lent
Le glissement vers un sommeil de plus en plus profond au cours d’un cycle se fait bien entendu progressivement; les quatre stades du sommeil lent sont plutôt des repères pratiques.
Le stade 1 du sommeil lent apparaît lorsque l’on s’allonge et ferme les yeux. Les muscles des jambes ont alors quelques brusques contractions annonçant leur relâchement imminent. C’est le début de l’endormissement. Le rythme Beta est remplacé par le rythme Alpha, qui, lui-même, est substitué par des ondes Thêta. Durant ce stade, les stimuli extérieurs nous parviennent avec un certain recul. Une conversation nous semblerait un lointain écho. Il y a également de courts rêves et pensées errantes, la plupart du temps répétitifs. Il ne dure que 3 à 12 minutes.

Le stade 2 du sommeil lent occupe une place plus importante dans le sommeil (50 % de la nuit!). La personne endormie a alors peu de chance de se réveiller due à un stimulus externe, à moins qu’il ne soit particulièrement fort. Par exemple, un alarme de feu, un cri, un son brusque, une lumière vive et intense nous réveilleraient. Une conversation, par contre, nous laisserait dans notre état de sommeil.
On observe lors de ce stade deux caractéristiques notables affichées sur l’électroencéphalographe. Les ondes Thêta, ici dominantes, sont ponctuées par un train occasionnel d’ondes de haute fréquence que l’on appelle les fuseaux du sommeil, d’une durée d’environ une à deux secondes. À l’opposé, il a le complexe K, qui, lui, est caractérisé par une grande amplitude. On croit qu’il est dû à des micro réveils provoqués par des stimuli externes.

Le stade 3 du sommeil lent est marqué par l’apparition des ondes delta. Les fuseaux du sommeil et complexe K sont encore présents mais rares. Ce stade ne représente que 7 % du sommeil d’une nuit.

Le stade 4 du sommeil lent, le plus profond, peut ressembler à l’état d’un inconscient anesthésié. La température du cerveau est basse. Le rythme cardiaque, la respiration et la pression sanguine sont ralentis. C’est lors de ce stade, qui dure entre 15 et 20 % de la nuit, qu’ont lieux le somnambulisme et les terreurs nocturnes. Il est très difficile de réveiller la personne endormie.
On voit ici ce qu’afficherait le tracé de l’électroencéphalographe au cours d’un cycle (en excluant le sommeil paradoxal). A étant représenté par le premier stade et D par le quatrième.


Le sommeil paradoxal

Remontons aux origines les plus anciennes pour aborder le sujet du sommeil paradoxal. Les reptiles, les poissons, les amphibiens et les invertébrés n’ont aucun phénomène semblable au sommeil paradoxal. Pourtant, chez tous les oiseaux et mammifères, on retrouve cet état. Qu’est-ce qui pouvait différencier ces animaux? Le mécanisme régulateur de la température interne. Ceux qui n’en ont pas, c’est-à-dire les reptiles… sont des poïkilothermes, des animaux à sang froid. Ils sont dépendants de la température ambiante. À l’opposé, les homéothermes, les êtres vivants dont la température moyenne, constante est indépendante du milieu ambiant, ont ce troisième état d’esprit nommé sommeil paradoxal. Ce phénomène serait donc apparu à leur apparition, à notre apparition.
En 1953, Eugène Aserinsky et Nathaniel Kleitman découvrent le sommeil paradoxal. Les anglais lui donnèrent le nom de Rapid Eyes movements (REM). C’est Michel Jouvet qui proposa le terme sommeil paradoxal en Français en 1959. Là où est le paradoxe, c’est que l’activité du cerveau tient plus de celle d’un sujet éveillé, alors qu’il demeure endormi.

I – Caractéristiques du sommeil paradoxal

Le tracé de l’EEG : Faible amplitude et fréquence élevée rappelant celui caractéristique de l’éveil.
Les sensations : Elles sont vives et proviennent de l’intérieur.
L’activité motrice : Inexistante
Les mouvements oculaires : Les mouvements oculaires lors du sommeil paradoxal sont très fréquents.
La pensée : Elle est illogique et étrange pendant les rêves.
Durée : 20 à 25 % de notre temps total de sommeil.
Consommation d’oxygène : La consommation d’oxygène, et par ce fait même d’énergie est très élevée. Elle atteint même des sommets supérieurs à celle d’un cerveau réfléchissant à un problème cognitif complexe.
Température interne : Lors des rêves, la température du corps n’est plus bien régulée. Comme chez les reptiles, elle tend à toucher la température de la pièce
Fréquence cardiaque : Les fréquences cardiaques augmentent considérablement, jusqu’à en devenir irrégulière.
Excitation sexuelle : Il y a érection pénienne et le clitoris se gorge de sang. Cela advient dans tous les cas, peu importe si le rêve a du contenu érotique.

Le rêve : C’est la caractéristique la plus intéressante à propos du sommeil paradoxal. C’est à ce moment-là que surviennent les rêves, bien qu’on ait démontré que, dans de rares cas, ils pouvaient avoir un rêve pendant le sommeil lent.

II – Fonction du sommeil paradoxal

La fonction du sommeil paradoxal reste encore incomprise. Cette incompréhension est d’ailleurs intensifiée par le phénomène des rêves. Il y a cependant multiples théories. Michel Jouvet a émis l’hypothèse que le sommeil paradoxal aurait pour fonction de relayer la neurogenèse. Non pas celle qui a pour fonction de programmer les instincts de l’espèce, mais plutôt celle qui maintient les comportements spécifiques à l’individu. Le sommeil paradoxal et plus précisément les rêves restaureraient l’individualité.

III – Qu’arrive-t-il si on empêche un individu d’entrer en sommeil paradoxal?

Ces recherches furent menées en premier lieu par William Dement. En suivant de près le tracé de l’EEG, il réveillait un sujet chaque fois qu’il s’approchait du sommeil paradoxal. Après plusieurs jours de ce traitement, on ne distingua aucun préjudice notable. Cependant, Dement observa que, dans les jours suivant cette recherche, il y avait un certain rebond au niveau de la durée de sommeil paradoxal, prouvant par ce fait qu’il était essentiel au conditionnement humain.

Les troubles et dérèglements du sommeil

Dans les années 1970, une foule de laboratoires de recherche sur le sommeil sont apparus partout sur la planète. Grâce à cette masse considérable, les découvertes sont devenues de plus en plus nombreuses et spécifiques. Ces laboratoires ont identifié 100 troubles et dérèglements du sommeil pouvant nous affecter.

La narcolepsie
La narcolepsie est la maladie du sommeil la plus fréquente avec l’insomnie. En vérité, elle est l’antipode de cette dernière. Les malades, au lieu de ne pas pouvoir dormir, sont pris d’attaques soudaines, brutales et irrépressibles à tout moment de la journée. Elles passent directement de l’état de veille à une phase de sommeil paradoxal. Souvent accompagnée de cataplexie, c’est-à-dire une baisse subite du tonus musculaire, plus ou moins forte, elle peut être une expérience assez désagréable puisque les malades sont conscients lors de ces attaques et en sont terrifiés.
Deux autres symptômes accompagnent souvent la narcolepsie : la paralysie du sommeil et les hallucinations hypnagogiques. Le premier consiste en une paralysie généralisée des muscles à l’endormissement ou à l’éveil. Encore une fois, l’épreuve est éprouvante, surtout lorsque l’on n’en connaît pas la cause. Quant aux hallucinations, elles ont lieu au même moment ou durant une baisse de vigilance au cours de la journée.

Le cauchemar
Rêve dont les sensations terrifiantes et les émotions négatives provoquent le réveil du dormeur.
Les terreurs nocturnes
Cauchemar réveillant l’enfant, généralement âgé de trois à six ans, qui crie, hurle même, sans qu’il en sache réellement la raison. Au matin, il n’a aucun souvenir de l’incident.

Le somnambulisme
Phénomène ayant lieu chez l’enfant où, celui-ci en sommeil lent profond, se lève et effectue des tâches auxquelles il s’adonne durant la journée. La plupart du temps il s’agit d’uriner, mais certains se promènent, mangent, décrochent le téléphone ou jouent de la musique.

Le bruxisme
Dérèglement du sommeil qui consiste à grincer des dents lors de son sommeil lent, provoquant une usure prématurée des dents et un inconfort au niveau de la mâchoire.
Le trouble comportemental en sommeil paradoxal
Pathologie très rare ne touchant que les personnes âgées. L’atonie musculaire n’a pas lieu chez ces dormeurs lorsqu’ils entrent en sommeil paradoxal. Ils miment donc leurs rêves dans leur chambre, se terminant la plupart du temps par une blessure puisque ceux-ci s’enfuient ou combattent des agresseurs imaginaires.

La capacité d’abstinence au sommeil et ses effets

En 1959, un animateur de New York est resté éveillé huit jours pour venir en aide à une œuvre de charité. Les scientifiques suivirent de près cette expérience. Première constatation : après un certain nombre de temps, le sujet a des hallucinations et devient paranoïaque. William Dement a essayé cette recherche sur lui-même. Il confirme qu’après 48 heures, la paranoïa se fait sentir. Il expérimente également des troubles de la vision et des maladresses auxquelles il n’a, à l’habitude, jamais. De tous les symptômes, on dénote la baisse de vigilance, de concentration de la capacité de réflexion, un ralentissement des réflexes, des troubles de mémoires, une fatigue musculaire, des sautes d’humeur rendant le sujet agressif ou des hallucinations. Mais le record du monde à rester éveillé est détenu pas par un Californien. À la suite d’un pari, il n’a pas fermé l’œil pendant 11 jours, soit 264 heures.



Hors ligne Citrus

  • Plumelette
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Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #1 le: 17 Janvier 2013 à 22:21:47 »
Le rêve

L’instant où surviennent les rêves

Les premiers à s’être intéressés à cette question furent les découvreurs eux-mêmes du sommeil paradoxal, Nathaniel Kleitman et Eugène Aserinsky. Ils réveillaient des sujets lors du sommeil paradoxal et du sommeil lent et leur demandaient s’ils étaient en train de rêver. 75 et 95 % des personnes qui étaient en phase de sommeil paradoxal répondaient que oui, tandis que 5 à 10 % seulement des sujets en phase de sommeil lent donnaient la même réponse.
Plus tard, William Dement réunit huit grandes études mondiales, dont celles de Kleitman et d’Aserinsky, et obtint des résultats à peu près similaires. Il est donc clair que le rêve fluctue en grande majorité sur une période de sommeil paradoxal, mais qu’il puisse avoir cours lors du sommeil lent.

Influence des stimuli extérieurs sur le rêve

Marie-Jean-Léon Hervey de Saint-Denys fut le premier à parler du conditionnement sensoriel en associant une odeur déterminée à un souvenir. En mettant deux parfums différents sur son oreiller, il eut un rêve où les deux souvenirs se confondaient ensemble dans l’histoire onirique. Un autre cas très apparent de l’influence des stimuli extérieurs sur les rêves et le son du réveille-matin qui s’introduit dans le scénario dans une forme souvent illogique et sans rapport précis. Cet exemple a été amené en premier par Freud, le premier à s’y intéresser.

Théories sur les rêves

Les théories sur les rêves sont presque aussi nombreuses que les chercheurs qui se penchent sur la question. La plus marquante et la plus populaire est sans aucun doute celle de Freud. J’ai regroupé l’ensemble de ces théories, ou du moins les plus importantes, ici-bas.

La théorie psychanalytique de Freud

Dans cette théorie qui était, à l’époque, audacieuse, Freud affirme que les rêves sont la voie royale de l’inconscient. Nos aventures oniriques  révèleraient donc tous nos désirs inavoués, souvent sous forme de fantasmes sexuels violents interdits dans la vie, nous prépareraient à affronter des situations angoissantes ou encore nous aiderait dans l’apprentissage de l’information reçue pendant la journée. N’oublions pas qu’avant Freud, les rêves étaient considérés comme un phénomène chaotique n’ayant aucun intérêt réel.



L’hypothèse de l’activation-synthèse d’Allan Hobson et de Robert McCarley

Selon cette théorie, les images des rêves seraient produites par des impulsions nerveuses aléatoires. Le cerveau, recevant alors toutes ces informations incohérentes tenteraient de leur attribuer un sens.
La théorie du désapprentissage actif de Francis Crick et Graeme Mitchison
Cette hypothèse se base sur le fait que nos rêves soient si difficiles à se remémorer. Ils seraient une façon de faire le ménage dans notre mémoire afin d’éviter une trop grande accumulation de l’information. Cette théorie ne souffre cependant que d’une particularité. C’est le fait qu’un bébé passe 50 % de son sommeil, c’est-à-dire huit heures par jours, en sommeil paradoxal, à rêver. À cet âge, il est peu probable que le nouveau-né ait acquis assez d’informations pour devoir faire le tri, alors qu’une personne âgée, qui ne rêve que 45 minutes par nuit, y gagnerait bien plus.

La théorie de l’individualité de Michel Jouvet

Michel Jouvet croit que le sommeil paradoxal « servirait à préserver la personnalité de l’individu ou à la modifier en fonction de l’expérience vécue ».

Les rêves prendraient naissances au niveau cortical et ne dépendraient pas du sommeil paradoxal

C’est Mark Solmes, neuropsychologue et psychanalyste, qui amena cette théorie. Il constata chez certains de ses patients qui n’affichaient plus de sommeil paradoxal une lésion de leurs neurones du pont avaient bel et bien des rêves. Par la suite, il mit en évidence deux régions corticales qui entraînent la perte du rêve : la première située au point de rencontre des cortex occipital, temporal et pariétal étant impliquée dans l’imagerie spatiale et l’autre située dans le cortex frontal. Le fait que ces deux régions du cerveau servent à traiter la mémoire, les sentiments et la motivation appuierait la théorie de Freud puisque le sujet rêverait à des évènements subjectifs survenus par le passé.

Le rêve a lieu lors du réveil

Jean-Pol Tassin émit cette théorie pour la moins ambitieuse il y a quelques années. Elle prendrait comme base le concept que la conscience s’évanouirait lors du sommeil. Ainsi, le rêve ne pourrait exister que lorsque l’on prendrait conscience. L’activité du cerveau en sommeil paradoxal permettrait d’avoir diverses images et sensations. Au réveil, qui, notons-le, ne peut durer que quelques fractions de secondes, le cerveau tenterait d’attribuer un sens à toutes ces images reçues. Cela expliquerait pourquoi les rêves sont parfois si incohérents et illogiques; parce que le cerveau traiterait des informations d’une période trop longue pour un temps si court. Cela expliquerait aussi pourquoi nous avons tant de mal à nous remémorer nos rêves.


Rêves lucides

Un rêve lucide est la capacité d’avoir conscience de notre état et de diriger à notre guise nos rêves. Aristote évoqua d’ailleurs ce phénomène que de « savoir que l’on rêve », mais ce fut Marie-Jean-Léon d’Hervey de Saint-Denys qui en parla ouvertement en premier. Le plus souvent, les rêveurs lucides en profitent pour voler ou user de pouvoirs magiques. La plupart des gens font cette expérience au cours de leur vie. Cependant, ils se réveillent généralement à la suite de cette révélation. Ce n’est qu’avec beaucoup d’entraînement et de volonté que certains ont développé l’habileté de rester en suite endormi et de diriger ses rêves. J’ai moi-même eu une expérience de ce genre cet été. Reconnaissant mon état, j’ai tout de suite pris le contrôle de mon rêve, en profitant pour voler et faire virevolter des camions à ma guise.

I – Preuve de l’existence des rêves lucides
Stephen LaBerge a prouvé, grâce à des mouvements oculaires prédéterminés. Il avait demandé à un rêveur lucide d’effectuer des schèmes de mouvements d’yeux à chaque fois qu’il prenait conscience de son état. En se fiant à l’EOG, le sujet pouvait réellement transmettre des messages à partir de son rêve. Par exemple, il indiquait lorsqu’il se sentait être réveillé par quatre pairs de mouvements de gauche à droite. Cela prouva également la corrélation entre les mouvements oculaires lors du sommeil paradoxal et les regards portés dans nos rêves. Cette découverte même amena par la suite une nouvelle forme de recherche onirologique : celle de l’étude du temps onirique.

II - Bienfaits et préjudices des rêves lucides
Le fait d’avoir le pouvoir absolu dans ses rêves amène à la fois des inconvénients et des désagréments. Cela augmente l’estime en soi et permet de lutter contre ses cauchemars et ses peurs. Mais, certains individus peuvent développer une dépendance accrue à avoir le contrôle absolu, mettant ainsi le sommeil en avant-plan de la vie réelle. On a même observé certains cas où des sujets se jetaient du toit d’un immeuble, croyant s’envoler vers le ciel.

III – Le DreamLight et le NovaDreamer
Stephen LaBerge a mis au point un concept fort simple pour augmenter la fréquence des rêves lucides nommé DreamLight. Des lunettes analysent les mouvements oculaires de la personne endormie et, lorsqu’elle entre en période de sommeil paradoxal, un ordinateur déclenche des flashes lumineux, aidant la conscience à surgir. Par la suite, LaBerge en fit une version sans fil, plus simple et moins encombrante qu’il baptisa le NovaDreamer



Annexe

Centre de recherche sur le sommeil de l’université de Lyon
www.sommeil.univ-lyon1.fr

Recherches sur le cerveau de l’université McGill
www.lecerveau.mcgill.ca

Centre de recherche sur le sommeil de l’université du Mississippi
www.cpn.umc.edu

Introduction à la psychanalyse, Sigmund Freud, petite bibliothèque Payot, 1916

L’interprétation des rêves, Sigmund Freud, PUF, 1899

Le sommeil et les rêves, Michel Jouvet, Odile Jacob, 1992

Hors ligne Rain

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Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #2 le: 18 Janvier 2013 à 01:15:00 »
Ca a l'air pas mal intéressant. Faudrait que je fasse moi-même des recherches sur la narcolepsie, je rajouterai un post quand j'en saurai un peu plus.

En tout cas, j'ai feuilleté vite fait, là, je lirai mieux à tête reposée. Mais c'est intéressant.
Perdu

Hors ligne Ned Leztneik

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Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #3 le: 18 Janvier 2013 à 09:11:48 »
Etude intéressante, merci. Mais Freud n'a t-il pas dit aussi que le rêve s'explique par le vécu des trois jours qui le précèdent, pour tenter de revivre les situations concernées sous un meilleur angle ? Et que les rêves à priori incohérents ne sont rien d'autres que des recontructions avec des réminiscences de l'imagination "non exploitée" lors des évènements concernés ?

(Freud, l'interprétation des rêves)

Par exemple:
état de veille -> le patient est en train de faire un ticket de tiercé -> il entend le mot cheval -> dans sa mémoire, il se souvient d'avoir vu une selle dans un haras, sans en être concient (ou si tu préfères, il évacue immédiatement cette réminiscence qui le dérange dans ce qu'il fait) -> il perd au tiercé -> Le lendemain, il va manger au resto en passant devant un mac do (sans faire "attention" à ce dernier) -> il dort -> il rêve qu'il mange un steack de cheval au mac-do assis sur un siège bancal en forme de selle et ne peut pas rêgler l'addition alors que le jockey tourne autour du mac-do et cherche son cheval.

Et l'interprétation tombe sous le sens: le patient veut punir le jockey en lui faisant perdre plus d'argent qu'il n'en a perdu lui même en ne gagnant pas au tiercé. (en fait plusieurs interprétations sont possibles, mais cela relève davantage de la psychanalyse "pure")

Comment vois-tu ce type de symbolisme ? En relation avec une partie précise de la mémoire, comme d'autres types de symbolismes pourraient se rattacher à d'autres parties de celle-ci ?


Et que penses-tu du fait d'écrire comme étant un rêve incohérent et éveillé ?  :\?
« Modifié: 18 Janvier 2013 à 09:53:32 par Ned Leztneik »
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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Hors ligne Citrus

  • Plumelette
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Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #4 le: 18 Janvier 2013 à 21:19:48 »
Je suis davantage pour la théorie freudienne que pour les autres. Pour moi, les rêves sont un cumul entre mémoire et émotions vécues dans les journées précédentes. Ça ne veut pas nécessairement dire que la mémoire se limite à 3 jours ; parfois, on rêve à un vieil ami que l'on a pas vu depuis des années (cette nuit même, j'ai rêvée à une amie que j'ai pas vu depuis 2 ans. Le plus drôle, c'est que je ne me souviens même plus de son nom). Et parfois, ce n'est pas nécessairement un souvenir, mais plutôt une partie intégrante de ta vie qui va s'intégrer dans le rêve. Ces temps-ci, je rêve une fois sur 3 à mon sujet d'écriture. C'est d'ailleurs un bon moyen pour aller chercher des détails supplémentaires à l'histoire.

Enfin, pour la symbolique, oui, ça fait du sens. Mais il peut y avoir un tas de sens différents et l'analyse des rêves est un science qui est impossible de rendre exacte. Le symbolisme des rêves, ce n'est nul autre que tes émotions vécues dans la journées, mixées avec ta mémoire, mais aussi tout ton bagage culturel et idéologique. C'est la raison pour laquelle je doute des dictionnaires des rêves ; un autre peut-il réellement nous connaitre assez pour évaluer la symbolique d'un de nos rêves?

Quant à la question de l'écriture, si j'ai bien compris, tu me demande ce que je pense d'écrire des évènements complètement incohérents, comme un rêve, mais dans un cadre où la personne est éveillée? Comme du surréalisme?

Hors ligne Ned Leztneik

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Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #5 le: 18 Janvier 2013 à 21:28:03 »
exactement, tu en penses quoi ?
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #6 le: 19 Janvier 2013 à 01:40:26 »
C'est intéressant, c'est impulsif, c'est jeune. Honnêtement, je crois que c'est plus intéressant d'en écrire que d'en lire. La raison est simple : le texte en entier serait symbolique, entièrement composé de métaphores, mais ce sont ici des métaphores qui n'apparaitraient sous leur sens voulu qu'à l'auteur. Les lecteurs, eux, verraient les mêmes images, avec une symbolique différente. Un cheval ne signifiera pas la même chose pour le lecteur et l'auteur. Peut-être, par exemple, que l'auteur a été traumatisé dans son enfance par un cheval et que le lecteur pratique l'équitation.

Si j'écris :

"On le traine dans la boue et on le jette sur du gazon. Derrière lui, il y a des soldats en armures futuristes. Il ne les voit pas, mais il sait qu'ils sont là. Les soldats le fusillent, mais aucune balle ne le touche. Alors il feint de tomber et il se met à glisser sur le gazon en pente et il se transforme en boule de neige. La boule de neige tombe dans un bunker, le bunker des soldats (il le sait). Et pour se venger, il fait exploser une bombe atomique."

Ok, c'est vraiment n'importe quoi, mais j'ai vraiment rêvé à un truc pareil. Quand j'écris ces lignes, il est très probable que toutes ces images ont une signification qui me sont inconnues à moi-même. Pour toi, par contre, tu vas sans doute essayer d'analyser d'un point de vue extérieur. Tu diras peut-être que je ne vois pas mes bourreaux, parce que je suis incapable de faire face à mes problèmes qui me tracassent. Cet aspect pour moi, par contre, avec mon bagage culturel, ma mémoire et mes émotions, je risque d'en penser tout autrement.

Mais en fait, à force d'y penser, j'en viens à croire qu'un texte où tous les lecteurs l'interprètent différemment pourrait être vachement intéressant. Comme si, à partir d'un seul texte, on en créait des centaines.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Le sommeil et les rêves
« Réponse #7 le: 19 Janvier 2013 à 01:52:54 »
C'est intéressant, c'est impulsif, c'est jeune. Honnêtement, je crois que c'est plus intéressant d'en écrire que d'en lire. La raison est simple : le texte en entier serait symbolique, entièrement composé de métaphores, mais ce sont ici des métaphores qui n'apparaitraient sous leur sens voulu qu'à l'auteur. Les lecteurs, eux, verraient les mêmes images, avec une symbolique différente. Un cheval ne signifiera pas la même chose pour le lecteur et l'auteur. Peut-être, par exemple, que l'auteur a été traumatisé dans son enfance par un cheval et que le lecteur pratique l'équitation.

Si j'écris :

"On le traine dans la boue et on le jette sur du gazon. Derrière lui, il y a des soldats en armures futuristes. Il ne les voit pas, mais il sait qu'ils sont là. Les soldats le fusillent, mais aucune balle ne le touche. Alors il feint de tomber et il se met à glisser sur le gazon en pente et il se transforme en boule de neige. La boule de neige tombe dans un bunker, le bunker des soldats (il le sait). Et pour se venger, il fait exploser une bombe atomique."

Ok, c'est vraiment n'importe quoi, mais j'ai vraiment rêvé à un truc pareil. Quand j'écris ces lignes, il est très probable que toutes ces images ont une signification qui me sont inconnues à moi-même. Pour toi, par contre, tu vas sans doute essayer d'analyser d'un point de vue extérieur. Tu diras peut-être que je ne vois pas mes bourreaux, parce que je suis incapable de faire face à mes problèmes qui me tracassent. Cet aspect pour moi, par contre, avec mon bagage culturel, ma mémoire et mes émotions, je risque d'en penser tout autrement.

Mais en fait, à force d'y penser, j'en viens à croire qu'un texte où tous les lecteurs l'interprètent différemment pourrait être vachement intéressant. Comme si, à partir d'un seul texte, on en créait des centaines.
Intéressant tout ce que tu dis.
Je suis d'accord avec toi quant au fait que les passages qui racontent des rêves sont un peu casse-gueule.
Huysmans fait ça dans A rebours et dans En rade (et peut-être dans d'autres, je sais pas) et comme par hasard ce sont des pasages un peu moins géniaux que les autres.
Je crois que les rêves sont un peu à la narration ce que la musique atonale est à la musique : il y a du nonsense, et là où il y a du nonsense, il est beaucoup plus difficile de surprendre, d'émouvoir, de créer des effets d'attente. dans un rêve - comme dans la musique atonale - tout est possible, donc on peut s'attendre à tout, et donc on a tendance à attendre tout et donc à n'attendre rien ou rien de particulier.
c'est exactement par exemple ce que dit jérôme ducros dans cette conférence http://www.college-de-france.fr/site/audio-video/index.htm#|q=_audiovideos.jsp?index=50&prompt=&fulltextdefault=mots-cles...&fulltext=mots-cles...&fields=TYPE2_ACTIVITY&fieldsdefault=0_0&TYPE2=0|p=http://www.college-de-france.fr/site/karol-beffa/seminar-2012-12-20-15h00.htm| sur la musique atonale.

y a aussi une scène de rêve dans du côté de chez swann je crois, tout à fait à la fin, qui est un peu moins géniale que le reste. mais la différence entre proust et huysmans, c'est que proust donne quelques "clés" d'interprétation du rêve, alors que huysmans se contente de raconter le rêve et de dire "il se réveilla en sueur" etc.

y aura des scènes de rêve dans mon livre mais je tâcherai que ce soit pas chiant
« Modifié: 20 Janvier 2013 à 12:23:28 par Meilhac »

 


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