Ben, la réclusion sur internet, finalement, ce n'est pas si différent que ça de l'ermitage, ou tout autre tentative d'échapper au monde qui nous entoure. La seule différence, c'est qu'on se replie sur un ordinateur plutôt que sur des livres, ou dans la nature quelque part où il n'y a personne, ou autre.
Je veux pas dire par là que c'est bien, ni que c'est mal. Quelque part, c'est simplement un choix. Il n'est pas plus triste que les autres. Pas plus triste, par exemple, que l'homme qui épousera la première femme venue par facilité, ne connaître jamais l'amour dans son couple, tout ça pour vivre une vie de routine et d'habitude sans surprise aucune. Au final, c'est simplement l'image du reclus qui vit loin de la société parce qu'il ne s'y sent pas à sa place. D'aucuns te répondraient qu'au contraire, la solitude ainsi engendrée permet une réflexion plus libre, loin de la folie des hommes. Je ne pense pas qu'on puisse dire que Rousseau n'était pas vivant.
Bon, ma démonstration est un peu (beaucoup) tirée par les cheveux et elle va loin (c'est limite du troll en fait XD), mais tout ça pour dire que je suis d'accord avec Milora. En plus, elle parle de centrer sa vie sur quelque chose, et pas d'exclure tout le reste, ce qui est sensiblement différent. On peut avoir pour passion l'équitation sans pour autant négliger ses amis qui ne savent pas distinguer la croupe du museau chez un cheval.
Pour moi, là où ça devient un excès, ce n'est pas quand ça coupe l'homme de ses semblables (il pourrait aussi bien partir au milieu de la forêt), mais quand ça finit par dépasser la volonté de l'utilisateur. Quand ça devient un besoin, qu'il entre dans un état de dépendance tel que ça l'empêche de penser, de réfléchir, voire de suivre ses instincts. Quand ça le coupe de ses semblables si tu veux, mais seulement s'il ne l'a pas voulu lui-même. Dans le cas de Kerena, par exemple, qui a l'impression d'avoir perdu trois ans de sa vie. C'est un excès quand ce n'est plus un choix. (Parce qu'après tout, Kerena aurait très bien pu choisir qu'elle s'entendait mieux avec sa communauté warcraftienne, et elle n'aurait alors sans doute pas considéré ses trois années comme perdues, mais au lieu de ça, elle le ressentait comme une obligation, ce n'était pas totalement de sa propre volonté qu'elle restait sur le jeu).
Bref, je m'exprime mal. Mais en gros, voilà, je crois qu'on a pas la même définition d'excès. Selon moi, passer du temps sur internet, quel que soit ce temps passé dessus, ce n'est pas de l'excès en soit, c'est un choix qui peut s'assumer. L'excès vient à partir du moment où ce n'est plus un choix mais un besoin ou une obligation. Enfin, je pense. Mais du coup, tant que ça reste un choix, je pense pas qu'on puisse trouver ça triste pour la personne. Quelque part, ce serait un peu condescendant, lui dire "tu n'as pas fait le bon choix", mais après tout, qui sommes-nous pour juger ?