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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle

Auteur Sujet: Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle  (Lu 2206 fois)

Egomet

  • Invité
Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle
« le: 01 Octobre 2012 à 23:50:38 »
Accroché au métier comme un gui à son chêne,
Le cadre est rentré tard ; mais sans avoir dîné.
La tête est au travail et l’esprit dans ses chaînes
Ne sent plus les lourdeurs de ses membres vannés.
Comme toujours ce soir notre pauvre homme omet
De dire à qui de droit ses plaintes amoureuses.
Patrons tant respectés, n’oubliez donc jamais
Qu’on meurt de solitude en ville populeuse.

Le soir sur son cahier l’écolier à la peine
Ecrit, récrit encor l’exercice donné.
Le matin au collège, il éprouve la haine,
La haine naturelle. Oui, jusqu’au cours sonné,
Il hait son condisciple et pourtant il remet
Au lendemain encore une plainte peureuse.
Professeurs fatigués, n’oubliez donc jamais
Qu’on meurt de solitude en ville populeuse.

La vieille en sa pension ne change plus les chaînes
De sa télévision. Que pleurent les années
Passées dans la grand’salle et une attente vaine !
Aucune lettre, hélas ! de ses filles aînées.
L’infirmier mercenaire, enfin ! parfois remet
Le vieux livre tombé du lit de la dormeuse.
Enfants chéris, gâtés, n’oubliez donc jamais
Qu’on meurt de solitude en ville populeuse.

Princes de l’aujourd’hui, ô Puissants qui aimez
L’argent, la renommée, les chansons oublieuses,
Divinités d’un soir, n’oubliez donc jamais
Qu’on meurt de solitude en ville populeuse.

pehache

  • Invité
Re : Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle
« Réponse #1 le: 02 Octobre 2012 à 08:09:26 »
C'est chouette.

Tu abuses des rimes en "é", et les mêmes mots reviennent trop souvent à la rime (remet, jamais...) ce qui gâche un peu le plaisir.
Pour le titre, tu as du culot, quand même !
amicalement, péhache.

Jon Ho

  • Invité
Re : Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle
« Réponse #2 le: 02 Octobre 2012 à 08:42:48 »
Hello

J'ai bien aimé mais sans plus.
Sûrement parce qu'en ce moment je tente des trucs improbables alors ce qui est trop carré ça me défrise le capillaire.
J'aime les rythmes cassés voire massacrés. Ici je trouve que l'ensemble est trop linéaire et attendu.
le " ô " du dernier vers tombe comme un cheveu sur la soupe du respect alexandrique ^^
Le titre à des couilles franchement, il est vraiment bien trouvé.
J'aurais aimé que le tout soit passé à l'acide mais ça c'est à cause de mon esprit tordu et tu n'y es pour rien.
Merci pour cette agréable lecture

Au plaisir.

Hors ligne Gros Lo

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Re : Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle
« Réponse #3 le: 04 Octobre 2012 à 22:14:10 »

Alors je vais me contenter d'une remarque générale parce que je rejoins globalement les autres (à commencer par le choix du titre !)...
J’ai bien aimé l’alliance entre les thèmes actuels et le ton parfois plus médiéval. Du coup j’aime surtout l’anaphore et la strophe de conclusion. Y a quelques trucs à revoir, genre « pauvre homme omet » je trouve pas ça joli (gros fait exprès ou flemme de trouver mieux ?), mais en tout cas j’aime le texte tel qu’il a été conçu !
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Hément

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Re : Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle
« Réponse #4 le: 05 Octobre 2012 à 00:30:21 »
Moi j'aime bien le titre. En fait, j'aime bien le titre mais je le trouve moins drôle rattaché au sérieux du poème. Globalement, même impression que les autres (ooouuuuh constructif !). En fait, je trouve que la rigidité de la forme n'est pas sublimée par le fond. La versification a plutôt tendance à plomber l'ensemble dans une espèce de "pompeux" de la rime.

Par exemple ici :

Citer
La vieille en sa pension ne change plus les chaînes
De sa télévision. Que pleurent les années
Passées dans la grand’salle et une attente vaine !
Aucune lettre, hélas ! de ses filles aînées.
L’infirmier mercenaire, enfin ! parfois remet

Tu es obligé par nécessité formelle d'inscrire des "hélas !" et des "enfin !" au milieu de l'ensemble. Il donne au passage une allure pompeuse qui ne colle pas avec le propos. Et ça entretient un décalage qui pause problème à la lecture je trouve.

Après, je suis toujours impressionné par la capacité d'écrire dans une forme si stricte...
"Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas." Stig Dagerman.

https://aomphalos.wordpress.com/

Egomet

  • Invité
Re : Re : Ballade des pendus du vingt-et-unième siècle
« Réponse #5 le: 06 Octobre 2012 à 08:37:50 »
C'est chouette.

Tu abuses des rimes en "é", et les mêmes mots reviennent trop souvent à la rime (remet, jamais...) ce qui gâche un peu le plaisir.
Pour le titre, tu as du culot, quand même !
amicalement, péhache.

Le refrain, c'est le principe même de la ballade, et c'est ce qui fait le lien entre les trois situations décrites dans le poème. De même que la structure très précise des rime ou l'appel au prince dans l'envoi, ça fait partie du genre. Un hommage au modèle.

Pour les rimes en é, c'est vrai que c'est une facilité, dont j'ai tendance à abuser. Il faut que je me surveille...

Quant à l'audace, il en faut. Non?

 


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