Un jeune homme à la barbe de trois jours fume sa clope à la fenêtre de sa chambre,
le son de hardtek faisant vibrer son corps et les murs.
Nous sommes dans le petit village de Latresne, dans la campagnes bordelaise.
Depuis qu'il est tout petit, ce jeune homme regarde les étoiles, s'imaginant la petitesse de notre humanité par rapport à la grandeur de cet univers, froid et principalement composé de vide. La fumée passe à travers sa gorge, son nez, ses poumons.
De la fumée mortelle, il est embaumé. Pourquoi tant de dédain envers son propre corps?
C'est que cet enfant de la Terre a vécu bien des choses depuis sa naissance.
Des moment de joie comme des moments de souffrance et de pleurs.
La clope pour lui est un rappel de certains moments de sa vie, les plus émouvants comme les plus dur.
Regarder cette fumée partir en nuages et cercles de fumée est, en quelque sorte un jeu pour s'occuper.
La lune est au plus haut, le village dort. Le lendemain sera rude de part le travail donné par les cours de lycé... Mais cet enfant de la nuit ne veut pas dormir.
C'est par la nuit qu'il s'est autrefois libéré de sa vie morose bercé d'illusion et de préjugés instauré par la société. Par la fête et des soirées inoubliables l'ayant fait perdre toute sa rigidité et l'enfermement dans lequel il vivait.
L'humanité entière l'avait tant de fois détruit.
Ne pouvant jamais rester dans un moule, il fut bafoué par les autres, humilié, dénué de tout égoisme, broyé par la machine à formater qu'est l'éducation nationale et les préjugés des autres.
Il était rêveur, toujours à écrire, découvrir, inventer...
Des amis, il s'en était trouvé. Mais ayant pour certain un niveau intellectuel supérieur, il en fut séparé, parti de la petite école primaire de Fargues St Hilaire pour passer directement du CM1 à la sixième, au collège. C'est là bas qu'il eut bien des désillusion, sa maturité lui faisant défault avec les autres, il restait solitaire. Il restait détaché du monde qui l'entourait, contemplatif...
Il ne vivait plus entourés de personnes, mais entouré de livres, de piano et de croquis d'inventions qu'il dessinait inlassablement, voulant trouver des réponses aux problèmes du monde. Il se rendit bientôt compte que ces inventions, de grands hommes les avait déjà fait leurs, que les questions qu'il se posait ne lui étaient pas accessibles.
Les gens qu'il côtoyait par le milieu scolaires ne manquèrent pas de s'amuser de lui, de part sa naïveté et sa passivité.
Et lui, accumulait, toujours et encore cette souffrance. Ce sentiment que le hommes ne sont que des machines biologiques, que de lui même, il ne pensait que par un réseau encrypté d'ions circulant de part et d'autres de l'encéphale.
Sa vie avait perdu son côté magique qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. Il tombait à terre croulant sous les injustices, et se relevait pour en repprendre. Il voulait que ses valeurs soient entendus. Que la sagesse de l'esprit soit, de belles paroles quand on sait qu'il n'avait que 12 ans à l'époque. Il ne comptait plus les insultes, n'y faisant même plus attention, son égo était néant...
Cependant, une fois, il en eut assez, assez de ces cons qui n'avait comme seule préoccupation que de lui hoter tout goût de la vie.
Ils en eurent marre des insultes, cela ne les faisaient plus marrer, ils voulurent aller plus loin dans leur sadisme.
Ils l'attrappèrent lui jetèrent des glands à la figure, le traitèrent de tous les noms, traitèrent sa famille,
condamnant le monde de l'avoir créé... Alors c'est à ce moment qu'il cracha à la gueule de ces être minable.
Étonné de la réaction inattendue d'un être aussi agressif qu'un arbre, il recula de deux pas.
L'enfant mordut et griffa au visage celui qui le tenait, comme un fou furieux, ivre de cette colère qu'il refoulait depuis des années.
En hurlant le type le lacha. L'enfant lui donna un coup de pied, qui alla se caller entre les bourses. Il restait le lanceur de gland, celui qui l'avait humilié, insulté...
Rien ne serai lui être pardonné. L'enfant était pacifique mais savais se battre, ainsi connaissait-il toutes les prises d'immobilisation et tout les points vitaux et sensibles de l'anatomie. Il s'élance vers le second. Arrivé au contact, le mek était bien plus musclé, une tête de plus que lui. Il le bouscula: "Qu'est-ce que tu me cherche l'embrouille avorton. Retourne chez ta daronne de pute!!" il abatta son poingt vers la tête de l'enfant.
Avec une souplesse qu'il découvrit de lui même, il esquiva le coup, et frappa à l'estomac.
Le connard se tordit de douleurs, faillit vomir, se rattrapa. Et se remit en garde devant lui.
L'enfant lui asséna de nombreux coup de pied d'une vitesse déconcertante, frappa au visage, le visage crispé par le chagrin.
L'assaillant est épuisé, d'une clé de bras il est immobilisé la tête dans un buisson.
La sonnerie ordonnant le début des cours arriva. Il n'y avait déjà plus personnes dans la cours. Juste le Quatrième mal dans sa peau et un connard qui commençait à être en manque d'insultes, la tête dans un buisson.
L'enfant lui attrapa sa chevelure de skateur et d'une pression sur son coude le mis face à terre.
_Ecoutes mek, je crois que nous sommes allés un peu trop loin, toi comme moi. Je ne sais pas ce que je t'ai fait pour que tu viennes comme ça me faire chier mais s'il y a une raison dis-là moi.
_C'est juste que t'est un lourd bizu. En plus ça a sonné, lâche moi, on devrait déjà être en cours sale baltringue" l'enfant renforça sa prise sur ces cheveux, lui tirant les petits cheveux de dérrière. Le grand se met à gémir, lamentablement.
_Je vais juste attendre que tu te calmes sinon ça va encore repartir couilles. Et puis au final on sera tout les deux perdants.
Maintenant excuses toi et je te lâcherai, maintenant.
_ T'est con ou quoi? Jamais de la vie. C'est toi qui fait pitié.
_Tu déconne j'espère ou tu est réellement aussi lâche et stupide que ça? Je resterai dans cette position autant de temps qu'il en faudra.
Et si tu bouges, je te casses le poignet.
S'ensuivirent deux minutes de silence...
_Désolé...
_Non ça va pas suffire, tu vas me dire, désolé Antoine d'être venu pour te faire chier, je suis un sale connard, et mes potes m'ont
abandonné dès que je me suis fait éclaté la gueule par un 4ème.
_Dans tes rêve bâtard !!
La clé de bras se ressers, faisant craquer son poignet. Un petit glapissement de douleur.
_C'est bon, c'est bon, je suis un connard et je m'excuses, Antoine. C'est bon, tu a ce que tu veux? Tu me laisse partir.
_Non.
_Quoi? Qu'est-ce qu'il y a encore?
_Ressens cette humiliation, fais la tienne, je veux que tu
comprenne que tu n'est qu'un connard.
En fait tu es trop con pour ressentir des remords?
_On dirait

.
_Tu es un cas désespéré on dirait. Je te lâches?
_Ouais c'est bon casses toi.
_Okay.
L'enfant était naif, deux secondes après avoir relaché la clé de bras,
l'autre lui donna un gros crochet dans la machoire.
La colère remonta. Et d'un coup de pied retourné à l'estomac suivi d'un kick en pleine poire, il envoya son adversaire régurgiter son repas du midi. La surveillante arriva, l'enfant expliqua ce qui s'est passé avec précision et n'eut que quelques heures de retenue.
Un prix dérisoir par rapport à l'enseignement qu'il avait pu tiré de
cet acte de violence. Transgresser quelques fois ses valeurs permet de sortir d'une torpeur, de découvrir l'inconnu.
C'est à ce moment là qu'il avait compris que bien qu'il avait des valeurs, le monde n'en a aucune et que même en les imposant par la force, elles ne seraient de toute façon pas respectée par les imbéciles dont les comportements animaux guident leurs pas.
De cette violence, il en ressortit grandi, contre toutes attentes.
Il se rebella contre le monde et contre sa famille, qui le poussait vers ce comportement enfantin sans jamais le pousser vers le monde adulte. Voilà l'origine de ma crise d'adolescence.
Tiens donc, la clope est finie...
Le jeune homme ferme les fenêtre.
Demain sera un nouveau jour.
Demain soir les fenêtres se réouvrirons et nous continueront l'histoire de cet enfant changé par ce combat, de sa nature passive il va se mettre à vivre.
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