Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

22 Août 2026 à 10:08:51
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » Mon feu intérieur

Auteur Sujet: Mon feu intérieur  (Lu 157 fois)

Hors ligne CoolSpirit

  • Tabellion
  • Messages: 24
Mon feu intérieur
« le: 07 Août 2026 à 15:41:49 »
Issues d’un bouillonnement intérieur mal canalisé, mes pensées ressemblent à un feu dévorant qui se dévorent elles-mêmes.
Du feu qui se brûle.
Cela renvoie à la Tautologie universelle de tout ce qui est.
Mort : état de ce qui est mort.
Vie : état de ce qui est vivant.

Toute la philosophie est une explicitation et une extrapolation infinie, mais magistrale, de cette tautologie logique concernant toute l’existence, faisant que l’on ne peut jamais parler et dire que ce qui est, est.
Mais on en varie les descriptions, par X milliards de milliards de pages.

---

Les gens qui méprisent facilement, sont méprisables légitimement.

---

La vie offre l'occasion d'un vertige infini permanent.

---

L’envers du décor de la vérité.

« L'inverse est aussi vrai » : voilà une posture d'authenticité morale qui fonctionne bien souvent, à juste titre.
Les choses ne sont pas blanches ou noires, vraies ou fausses, on n'a pas à se manifester pour ou contre elles ; tout est question de nuances, de subtilités, de différenciations, d'un rapport intervertissant continuellement les divergences avec les convergences.
Le rapport de force qui s'établit avec la réalité est que l'on doive toujours être un petit contre les choses pour lesquelles on est pour, et inversement. Il y a du pour et du contre dans tout, la plupart du temps.
Les choses ne sont pas à envisager sous les termes d'un tout ou rien, ou d'une absoluité constante.
Pour autant, il faut réfuter le relativisme également, qui est une autre posture d'absoluité consistant à affirmer que « Il est absolument vrai que les choses ne sont ni vraies ni fausses. ».
Ni absolutisme, ni relativisme, la réalité est si complexe qu'il s'agit de toujours équilibrer et rééquilibrer les perspectives qui nous la font voir ou celles par lesquelles on la perçoit et la juge.
Le perspectivisme se dégage ainsi comme une voie intermédiaire entre l'absolutisme et le relativisme : il s'agit de comprendre que tout est toujours changeant, et que l'on a vite fait de passer d'une position à l'autre sur tel ou tel sujet.
Par exemple, la peine de mort : être seulement contre ou pour ne change rien à la complexité des situations qui la requièrent ou font qu'on y pose cette question. Si on demande un individu si la peine de mort est requise pour tel ou tel crime, il dira oui ou non et on pourra en débattre longtemps ; par contre, si c'est l'enfant ou la sœur de l'individu qui a été tué par exemple, la vision des choses sera différente, et son avis sur la peine de mort se modifiera totalement.
Bref, il faut prendre en compte que rien n'est jamais fixé dans un sens ou dans l'autre, et que tout est à caractère changeant tout le temps, même donc, c'est l'objet de mon propos, ce que l'on croit fortement et ce qu'est l'on est fermement.
Cela ne veut pas dire qu'il faille tout le changer et se changer ; mais du fait que le changement intervient puisque l'on ne se trouve jamais dans la même position spatiale ou temporelle, au même instant, on « est changé », et qu'un rééquilibrage de toute chose en toute chose doit se faire, tout le temps. C'est aussi ça la vie : on ne reste pas enfermé dans le cadre strict d'un soi éternel et stable. La liberté est infinie : autant la liberté personnelle propre à l'individu de pouvoir changer le monde et les choses, que la liberté du monde de pouvoir nous changer. Infiniment.

---

La vie est un film d'horreur permanent, mais en vrai.

---

Avant de pouvoir penser la fin du monde, il faut au préalable avoir une grande conscience de sa propre mort.
Seuls ceux qui savent penser leur mort personnelle peuvent, ensuite, considérer ce qu’est la fin, appliquée au monde entier.
Car l’identité entre la mort et la fin du monde fonctionne dans les deux sens : la mort personnelle se superpose à la fin du monde, et la fin du monde se superpose, s’étend et s’applique à la mort personnelle.
D’où il suit que le néant est la plus universelle des idées, et des états.

Pourtant, Dieu existe.
(À répliquer comme contradiction absolue, comme : « Pourtant, la vie est belle ». Mais que dire d’autre ?)

---

La fin du monde, c’est terrible ; c’est la plus terrible des choses ou événements qui puisse arriver.
Pourtant, c’est normal. Il est normal qu’elle puisse survenir chaque jour passant.

La vie est belle.

---

C'est chose ma foi étrange d'être en vie, à tout instant, sans pouvoir prendre de « pauses » dans l'existence, à être forcé d'exister sans cesse.

Pour ma part, pour me refaire une santé, pour reprendre part aux choses, à la vie, pour repenser aux choses comme il se doit, j'aurais besoin de pauses de l'ordre de l'intervalle cosmique, des ères incalculables pour me remettre de plain pied en cette vie, il me faudrait faire des pauses de 100 000 ans.

---

Au sujet de la dimension exclusive et inédite de chaque instant, qui apparaissent à la conscience à chaque fois « en édition limitée », si je puis dire...

Chaque nouveau moment ajoute à l’histoire de la totalité des Temps quelque chose d’entièrement, de radicalement inédit qui est l’instant présent, unique parmi l’infinité des autres instants depuis que le monde est monde.
À bien y voir clair, l’on aperçoit et réalise que personne ne sait envisager la dimension infiniment unique de chaque nouvel instant : ce maintenant, personne ne le voit.
On ne fait tous que vivre le côté inédit de toute chose comme quelque chose de déjà vécu, vu et revu.
On ne fait que juger le moment présent, inédit d’entre toute l’histoire, qu’à l’aune de tout ce qu’on aura déjà vécu auparavant, et ce faisant, on ne vit jamais aucun moment dans sa radicale nouveauté.
Personne n’aura jamais vécu comme il se doit le côté inusité du Temps, du mystère inépuisable de chaque seconde.

---

Sur l’erreur de se croire penser.

L’erreur du monopole qu’exerce nos propres pensées sur notre esprit, vient de notre propension à se croire qu’on existe.
De se prendre pour le centre du monde, le centre de gravité de l’existence.
Dès lors qu’on cesse de se croire comme existant, mais seulement comme partie prenant d’un tout qui nous dépasse, la conscience devient moins pesante, et l’on peut participer au reste des choses.
Mais la conscience, seule à affronter sa propre présence, et l’existence tout entière, confine au vertige permanent et infini, qui fait totalement perdre le point de vue de la réalité.
Pour participer à la réalité des choses, et aux besoins des relations humaines, il faut cesser de croire à notre soi : le moi est une illusion parmi d’autres.
Le cogito cartésien en permanence, de façon catégorique, voilà le danger.
Il faut oublier qu’on existe pour pouvoir exister et se fabriquer de nouveaux souvenirs.

---

« C’est juste une illusion, à peine une sensation ! »

D’une certaine manière, la réalité n’a aucune espèce de réalité.
Tout est vain, tissé d’illusions, inconsistant, informe, insignifiant, vide, insensé, et au final : irréel.
La réalité extérieure semble parfois la chose la moins réelle qui soit ; et notre espace mental intérieur semble plus ferme, et posséder plus d’assises solides que l’édifice du monde qui ne tient qu’à un fil : celui de l’esprit.
Mais nos pensées pour autant, d’une certaine autre manière, peuvent aussi paraître encore moins réelles que la réalité.
Ainsi, à trop y penser, il ne reste plus rien qui possède un semblant de réalité à nos yeux, défaits et vidés de toute substance.
Ne reste alors que nos larmes pour croire y déceler quelque amertume ou regret qu’il en soit ainsi…

---

Finalement, l’on peut se demander : à quoi sert tout cela, à quoi sert le monde entier pour le monde ?
Rien n’a de sens, et aussi profondément : rien n’a d’intérêt.
Tout n’est qu’illusion de chaque instant de se croire faire partie d’une grand tout qui avance sur la ligne des Temps ; mais au fond, tout instant et toute chose sont perdus dans le grand univers.
L’utilité des choses pour le monde est vaine.
À quoi sert cet instant pour le destin universel ? À rien.
On peut étendre cette considération à l’ensemble des instants : aucun ne sert aucun autre, et tous se perdent et sont perdus au regard de l’immensité des temps.

---

Au sujet de l’Inepte vie.

Il est effrayant que la vie soit si peu de choses, qu’il y ait si peu à faire, qu’elle donne tellement l’impression de son inconsistance totale, qu’elle représente à ce point un infini de vacuité.
De plus, on est presque rien pour soi-même, et encore moins pour les autres.
Si l’on pouvait percevoir avec une acuité réelle, totale, et à vrai dire divine, à quel point la vie n’est rien, et passe en un éclair, l’on perdrait pied, et l’envie de vivre.
Ces espèces « d’aperceptions transcendantales du néant de la vie », comme on pourrait dire, sont si pleines et chargées de ce vide, qu’on perdrait plus que l’envie de vivre mais la vie elle-même si l’on en acceptait toutes les conséquences.
L’existence est une illusion funeste et fatale : il ne sert rien d’exister, mais on continue, l’on persévère indéfiniment dans l’existence avec à chaque jour durant l’espoir que ce nouveau jour nous comblera enfin, par quelque chose d’entièrement nouveau et valable.
Mais ce nouveau jour n’arrive jamais, l’espoir est à jamais déçu.
Tous les jours passent, mais il ne se passe rien : voilà la triste vérité de la réalité.
Si l’on prenait pleinement conscience du néant de la vie, l’on se suiciderait peut-être, et alors là il se passerait enfin quelque chose – mais la pire des choses possibles : la mort.

Il n’y a que les conceptions chrétiennes de la mort qui voient en elle un cadeau et une joie pour masquer à ce point l’évidence, ou ce qui paraît l’être pour le reste des mortels, qui se savent tout de même l’être et ne la voient que très rarement d’un si bon œil.

Si la mort est Dieu, alors en tant que vivants, d’une certaine manière, on n’a pas envie d’être Dieu.

Comme il devrait être doux de se chérir en tant que créature mortelle chaque jour passant !, devrait-on se dire.
Alors, est-ce qu’il est bon ou pas d’être Dieu ? SI l’on pose la question, c’est que c’est pas nous, Dieu, et que par conséquent, on ne peut avoir un semblant de réponse.

En tout cas, une chose est sûre, je n’aimerais pas devoir être Dieu, à avoir créé une vie, LA Vie, aussi inutile et vaine, insignifiante et dérisoire, tandis que c’est la seule possible, et à devoir au dernier jour du jugement, répondre de cet acte d’avoir créé sans leur accord et presque contre leur volonté tant de milliards de créatures humaines qui lui demanderont des comptes ou au moins des explications devant tant de méprises, devant la grande ineptie et la grande interrogation à jamais sans réponse, de son point de vue : l’Existence.

...La réponse à l’Existence c’est Dieu, mais Lui seul la connaît…

---

Dans la vie, il faut savoir rester dans un entre-deux, en tout.
Si l’on va trop dans un sens plutôt que dans un autre, le déséquilibre nous guette, et l’on perdra à trop vouloir chercher une chose, cette chose aussi.
Rester dans un entre-deux, pas comme coincé dans le goulot d’étranglement d’un sablier, mais plutôt comme ayant une part de désert dans chaque coupelle d’une balance, voilà la meilleure formule qui soit pour garder l’équilibre en toute chose.
Il ne faut pas vouloir arpenter trop le flanc d’une même montagne, mais se faire montagne, plaine, vallée et gouffre, soi-même, pour manifester une équilibre du relief de la vie même, faite de bas et de hauts.
Un peu comme lorsque l’on veut escalader l’escalier menant au Ciel, il ne faille pas louper aucune marche.

---

Il ne réside aucune réalité derrière ou au fond de la réalité.
La réalité est un tissu d'apparences trompeuses mais vraies, d'erreurs salutaires, d'illusions aguichantes, de falsifications irréelles mais rédemptrices, d'irrationalités logiques et bénéfiques, de mensonges serviables et agréables.
La théorie selon laquelle la réalité est une simulation ou une hallucination collective est stupide.
C'est une simulation, oui, mais le simulateur et grand architecte de l'univers est Dieu.
Ce mot et cette théorie de simulation de la réalité n'est que le produit, dans les faits, dans sa forme, de la science athée.
Aussitôt la croyance en Dieu assurée et certaine, il n'y a plus à se poser ces fausses questions.
Les consciences sont asservies par la science.

---

C'est de plus en plus difficile de faire quelque chose en cette vie. Car tout est toujours davantage fait par les autres ; parfois mieux. Que faire de radicalement nouveau chaque jour qui n'a pas déjà été fait, et dit ? La nouveauté est un leurre. Tout est toujours nouveau ; mais ceux qui font de cette nouveauté perpétuelle quelque chose qui donne l'impression d'être vraiment nouveau pour les autres, c'est rare.
Depuis que le temps est temps et le monde, monde, il y a tant de centaines de milliards de pages, tant d'actions et d'actes accomplis.
Soit.
Mais que dire de plus ? Qu'ajouter à la somme des actes ?
À part se passer le sel et le poivre à table, ou dire « bonjour ça va, merci, au revoir », que faire, que dire, vraiment ?
La nouveauté est continuelle ; l'originalité dans son approche et les manières de rendre nouveau ce qui arrive est beaucoup plus rare.

---

À force d’images inter-connectées, tout le monde est tout le monde, et personne est personne.
C’est-à-dire, par le biais de ce vaste tumulte où toutes les personnalités se télescopent sur toutes les autres, tout le monde est personne, et personne est tout le monde.

Il n’y a plus personne, mais que de vagues quelques uns qui ne sont plus quelqu’un.

---

Les gens ne sont même pas des gens.
Chacun est fabriqué par le sens des paroles qu’on lui raconte toute sa vie, et se créant des petites histoires dans sa tête, y répond.
Comme si la vie consistait en quelque chose !
C’est insensé.
Personne n’est personne, tout le monde est monde mais le monde est illusion et tour de magie de Dieu tiré d’un chapeau vide.

---

À naviguer sur Tik Tok, surfer sur les modes et actualités de la politiques, à s’enquérir des faits divers de partout, à marcher dans la rue, ou faire n’importe quoi d’autre sur cette planète, on aperçoit à quel point l’éternité des autres est carrément nulle.
Vous avez entendu chanter Francis Lalanne, vous avez lu un magazine IciParis, vous avez parlé à une pseudo star de télé-réalité, vous avez regardé les résultats du PMU ?
La nullité de l’éternité non-ressentie par les autres est telle, que si l’on avait conscience de comment se passent les choses sur Terre, on se flinguerait bien vite pour quitter un monde aussi nul et impropre à nous faire ressentir Notre éternité censée être sublime.

---

La solitude de l’homme, dans le monde, imite celle de Dieu, au ciel.

---

Comprendre trop de choses en masse amène à une plus grande confusion. Tout ce savoir enchevêtré dans ton extrême lucidité vient finit par s'emmêler les branches de l'arborescence infinie de l'univers que tu as pas mal parcourue. « Il faut avoir assez d'esprit pour ne point n'en avoir de trop. », disait je ne sais plus qui. La lucidité extrême amène à un sentiment de ne plus rien comprendre. Un autre disait : « Tantôt j'ai l'impression de détenir un savoir qui épuise les contenus du monde, tantôt j'ai l'impression de ne strictement plus rien comprendre à tout ce qui se passe autour de moi. ». Avoir les idées trop claires paralyse la conscience, et par conséquence, l'action.

---

Un fait que le trop-plein d’expérience t’apprend : quand tu as tout compris, tu as l’impression de ne plus rien comprendre.
Car le surplus de connaissances et de compréhension emmêle l’esprit dans ses fils, et donne une impression de ne plus s’y trouver.

---

La fin du monde arrivera par surprise.

---

J'essaye de vivre comme si je venais d'un autre univers que, présentement, celui-ci.

---

Tout sage est le fou d’un autre, et tout intelligent est le con d’un autre.
On n’a jamais réussi à satisfaire, convaincre ou impressionner tout le monde.
On ne peut pas plaire à tout le monde, quelle sagesse, digne de la télévision, qui ne peut pas plaire à tout le monde.

---

Lorsque l’on n’a pas les mots, que notre vocabulaire n’est pas assez riche et que notre syntaxe pas assez développée, on ne peut pas bien penser. Le langage conditionne la pensée.
Une langue trop simple donne des individus trop simples.

Il n’est pas possible de philosopher en anglais par exemple, langue la plus simple du monde.
En évitant la complexité, on évite la richesse.

---

On n'échappe pas à la mort.
Mais on n'échappe pas non plus à l'existence.

---

Tout va au plus mal pour le mieux dans le pire du meilleur des mondes.

---

Plus le temps passe et plus on s'individualise.
Ainsi, on est toujours de plus en plus différent et divergent de tout ce que les autres sont.
On ne peut jamais se comprendre, car nos trajectoires de vies divergent de plus en plus, et s'écartent chaque jour davantage de toutes les autres.

Je ne suis rien ni personne. Rien, rien, rien, absolument rien : je ne suis rien.
Et personne ne fut l'auteur de cette phrase, de cet état de fait, de cette évidence que jamais personne ne fut jamais quelqu'un de toute l'histoire.

---

Franchement, quand je vois les « autres », ils me donnent l'impression que je proviens d'un autre univers que celui-ci. Ou alors d'y aller. Mais en tout cas, un décalage absolument énorme entre moi et les « autres » me fait me différencier de tout à tout dans ce, tout modestement, infini univers.
Qui ne l'est pas assez pour moi.

---

Une autre vérité, assez pertinente mais malaisante, est que la mort des autres ne nous fait, généralement, rien. Elle ne nous touche pas. Sauf lorsqu’on aime la personne.
Mais sans l’amour, les autres ne sont rien pour nous, sinon des obstacles, des limitations, du bruit et de l’odeur inutiles.

Toutes ces personnes croisées dans une vie, qu’elles vivent ou qu’elles meurent, franchement, on s’en fiche pas mal. Hormis les quelques personnes que l’on aime, le reste du monde ne représente rien pour nous, ni pour personne. Un vague amas informe et un ensemble chaotique à la taille de la planète, où il y a de tout, mais surtout rien. C’est valable pour quiconque. Tout un chacun n’a cure de ces vies qui seront des morts, ou de ces morts qui furent en vie ; chacun n’est intéressé que par soi. Et encore. À la limite, on s’en balec aussi de soi-même, peut-être pas pour l’essentiel, mais dans la vie de tous les jours, on l’on ne fait qu’escamoter, se détourner et fuir l’idée de la mort, dans des distractions diverses et sans grand intérêt. On fuit à la fois notre mort et aussi celle des autres, dans nos occupations variées de chaque journée : on ne se préoccupe jamais, ou rarement, des problèmes les plus capitaux qui soient, et réellement dignes à valoir notre considération.

La vie, la mort, est affaire de penseurs et de philosophes, et de la pensée en tant que telle, mais la vie, la mort ne sont pas des choses valables pour la plupart des vivants et des mortels.
Très peu s’occupent de la vie et de la mort comme problèmes, chacun se s’intéresse que de vivre comme si ni l’une ni l’autre n’existaient ou n’avaient suffisamment d’intérêt pour s’y intéresser.

« Qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que la mort ? » sont des questions réservées aux initiés, non à ces vivants qui ne savent même pas pas pourquoi ils vivent.
On ne demande pas ce qu’est la vie, et la mort, à une plante, à un nuage ou à un bigorneau ?
De même, la plupart des humains n’en savent rien, ou si peu que cela est dérisoire face à l’étendue des questions envisagées, qui ne sont jamais, ou très rarement, regardées en face.
Des lombrics géants verticaux, voilà l’étendue des hommes, et leur condition sans équivoque.

Prendre la question de la mort à-bras-le-corps et y dédier la vie de son existence toute entière, voilà choses qui ne se font plus.

C’est abuser de notre tendre naïveté que de prendre tous nos semblables pour des semblables.
Plus l’on s’est élevé dans les hautes sphères de l’existence, plus l’on est rapproché de Dieu, plus l’on est un exemplaire humain accompli, plus l’on perdra pied en cette morne réalité de « tous » les hommes, et plus l’on n’aura plus rien de commun avec ce qui est resté à l’état de commun des mortels.

---

Ouaf, ouaf, fait le chien…
Et c’est tout.

Seule la souffrance peut faire ouvrir les yeux sur la vie.
Sans cela, l’exemplaire humain est semblable à un animal, à la moindre huître, ou au chien qui fait « ouaf, ouaf » dès qu’il voit quelqu’un mais ne sait pas penser.

Quand on lit les commentaires, souvent haineux, postés à tout propos sur internet de la plupart des gens, on se dit qu’ils ne savent faire que « ouaf, ouaf » également.
Mon semblable n’est pas mon semblable, c’est dans la majeure partie des cas, un chien qui fait ouaf, ouaf en guise de réponse à une pensée que Bouddha, ou Maître Eckhart lui-même envieraient.


On ne sait même pas s'il faut pleurer ou s'il ne faut pas pleurer, au moment de mourir.
C'est comme si rien n'avait jamais existé, ou tout, mais d'une manière qu'on s'en fiche pas mal, puisque l'on meurt. Et que l'on ne meurt pas en même temps.
C'est tout et son contraire : voici la vie.

---

Rouvrir les yeux.

Un individu qui n’a pas souffert n’est pas un être.
Il n’est rien.
Comme les animaux n’existent pas vraiment les uns pour les autres, ou qu’un arbre n’est un arbre pour aucun autre arbre et même pas pour lui-même.
La souffrance purifie, rend digne, et fait ouvrir les yeux sur l’existence.


C'est la souffrance, la capacité à souffrir, le fait d'avoir souffert ou de pouvoir souffrir, qui donne sa légitimité d'être aux humains. Sinon, sans souffrance, et sans conscience, on pourrait s'en débarrasser comme des machines, ou des objets.
C'est parce que l'Autre souffre qu'il est digne.
Ainsi que toute vie est souffrance, et que tout dans la vie, le moindre geste, la moindre pensée, la moindre posture, est souffrance.
D'où il suit que la souffrance est la dimension fondamentale de la vie, la clef de l'existence.

---

Les petites souffrances.

La quasi-totalité des humains ne feront que souffrir un peu, et aimeront faire souffrir qu’un peu.
La souffrance subie ou causée ne sera chez eux vécue qu’à leur image : petitement.
Puisqu’ils n’auront pas souffert à des degrés d’absolus, ils ne feront pas souffrir jusqu’au bout non plus. Bien qu’il soit plus facile de faire souffrir que de souffrir, donc que l’on puisse aller en ce sens plus aisément, leur haine de la vie et des autres n’ira pas jusqu’au bout et ne sera pas vécue universellement, car ils n’auront pas connu les affres de la souffrance maximale qui fait que l’on en ressort avec un dégoût total de l’existence.
Après avoir trop souffert, deux voies sont possibles : ou bien la sainteté, et l’on tombera dans l’amour démesuré, ou bien la monstrueuse, et l’on tombera dans la haine disproportionnée.
Mais la majorité des gens ne souffrent qu’un peu, ils aiment la vie qu’un peu, la haïssent qu’un peu, méprisent les autres encore pour des raisons spécifiques, c’est-à-dire qu’ils méprisent certains groupes de gens, certaines communautés, et pas d’autres, et ne feront souffrir les autres, s’il le feront, qu’un peu.
Tout est vécu petitement, c’est-à-dire à la mesure de ce dont ils sont capables de vivre et de ressentir. L’échelle de leur souffrance personnelle déterminera leur ressenti et leur attitude face aux autres et face au monde.

Mais lorsque l’on a trop souffert, on tombe dans la disproportion absolu vis-à-vis de toute chose.
Et l’on risque alors de haïr la vie et les autres en totalité sans presque plus aucune distinction : c’est toute l’Existence qui ne trouve niée dans son essence.
Et le monde apparaît alors, à moins d’être saint dans son cœur et de savoir offrir sa souffrance à Dieu, comme quelque chose qui n’aurait pas du être créé, chose que l’on reproche alors à Dieu, pour cette inhumaine souffrance.

---

Chacun de mes neurones est une galaxie complète.
Non, ce n'est pas une exagération, c'est vrai.
Cela dépend seulement du point de vue d'où lequel on se place.
Si on est tout dedans, il semblera grand comme une galaxie.
Si on est en-dehors aussi : car de toute façon, les galaxies elles-mêmes semblent des atomes pour les constellations, qui ne sont jamais que des galaxies également, mais des galaxies « plus grandes ». Plus grandes par rapport à quoi ?
D'où il suit que l'atome est un univers, et l'univers comme un atome.

---

L’Alphabet de la Transe en Danses...

La transcendance est la puissance d'être au-delà de soi-même, l'agir parfait et le savoir-faire ainsi que le savoir-être de l'infini. Transcender, c'est surpasser quoi ? Sa propre capacité à transcender.
C'est être au-delà de l'au-delà, mais au-dedans.
En toute transcendance, il y a une immanence créatrice : et donc un double mouvement, de création supérieure à partir de l'inférieur qui est déjà supérieur en tant que tel.
La transcendance implique que l'on soit d'autant plus divin que l'on s'approche du degré zéro, du rien suprême, et du néant absolu de son propre être.
Pour se transcender, il faut descendre en-dessous de zéro, pour puiser en soi la puissance de tout créer à partir de rien – et de soi-même comme moins que rien, seul à pouvoir le faire.

---

Transcender Dieu mène à la mort instantanée.

---

Il faut avoir une musique en soi pour faire danser le monde.
(Nietzsche)

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 23 requêtes.