L' archéologie interdite, c'est comme les mathématiques interdites, la physique interdite, la musique interdite, la poésie interdite. Je crois que le passé dépend de notre présent (et non l'inverse). Cultiver l'interdit, c'est jeter un défi au passé, en le contraignant à révéler la part d'inconnu qu'il recèle depuis l'origine. Il est possible que les "faits" archéologiques dont tu parles ne soient que des traces de nos représentations, qu'ils n'aient aucune réalité objective (si l'on admet que la conscience est indépendante de la matière). Tout se passe comme si l'univers avait une histoire que nous croyons être la cause de ce que nous sommes devenus. Je pense que nous trompons sur le sens de l'Histoire (et sur le sens du réel en général). Le passé est une construction de la conscience, ou, si tu préfères, il n'a aucune réalité en dehors de la conscience que nous en avons. Seul existe le présent et son contenu : la réalité extérieure qui est en fait une image de nos représentations. Donc il ne tient qu'à nous de modifier la structure de notre passé, en changeant nos représentations. C'est pourquoi cultiver son imaginaire (l'interdit) est si important.
(Arcanes)