Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 Juin 2026 à 21:11:13
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » La danse

Auteur Sujet: La danse  (Lu 100 fois)

Hors ligne Cyr86

  • Scribe
  • Messages: 71
La danse
« le: Hier à 12:48:54 »
C'est vos jupes de mousseline
Et le chignon, la gorge fine
La pointe pour toucher à peine
Le grand parquet de la scène...

L'appel constant et profond
Quand vous tournez tel un lizeron
À la lumière des bois
À la rivière des pas.

Je ne comprenais pas, non
L'envol et l'abandon.
Et je vous vois ce jour
Pliant vos corps sous l'amour
Et courant l'air de rien
Pour prendre l'air pour rien.

Un battement de roseau
Dans vos jambes en fuseau
Et vos gorges palichonnent
Tiennent la Lune monotone.

Je ne suis qu'un papillon
Bercé de belles illusions.
Si je suis triste, je vous vois
Berçant le vide en vos bras.


Un poème en cours que je trouve encore assez chaotique dans la manière d'amener les "choses". Pas très équilibré non plus. Je veux bien des retours sur mon texte.

Hors ligne florence_yvonne

  • Calliopéen
  • Messages: 435
Re : La danse
« Réponse #1 le: Hier à 15:50:24 »
Très joli texte, on aurait envie de le chanter.  :coeur:
Si mes propos vous semblent équivoques, j'aimerais que vous me laissiez rectifier le tir avant de me donner un avertissement ou me bannir du forum

Hors ligne CoolSpirit

  • Plumelette
  • Messages: 18
Re : La danse
« Réponse #2 le: Hier à 15:56:19 »
Bonjour Cyr86,

Ne t'inquiète pas, c'est un joli poème.

Tu sais la vie, parfois, toujours même, nous mène par le bout du nez comme un papillon bercé et porté par le vent : on ne sait pas trop par où on y va, mais le voyage est toujours délicat, sensible et beau.
Les aléas de nos vies ressemblent à cette vie de papillon, voletant de fleur en fleur sans jamais vraiment pouvoir se poser, toujours à la recherche d'autres fleurs, excité par toutes les couleurs de ces choses, et ivre de leurs parfums, on ne sait plus où donner de l'aile dans un monde aussi riche, aussi monde.

J'aime bien cette phrase, bien tournée :
"Et courant l'air de rien
Pour prendre l'air pour rien."

Oui, nous faisons un peu souvent, presque toujours, les choses pour rien ...pour le plaisir de le faire, et sans que cela ne s'ordonne dans telle ou telle perspective face à la totalité de l'existence.
Chaque chose prend sa place un peu désordonnée dans le vaste chaos organisé de notre si bel univers.
Ainsi chaque poème, chaque texte, chaque mot écrit sur Terre, est un peu perdu dans ce vaste tout, mais tous ont leur place, "berçant le vide en nos bras" ; avec nos mots, nous égayons le vide de la vie, comme le vol d'un papillon dans l'espace, légèrement mal assuré, mais sûr de son élan, filant sa trajectoire personnelle au milieu de toutes les autres, berçant le monde de cette insoutenable légèreté de l'être, qui rend tour à tour élégant et nonchalant, incertain et subtil, doux et féérique, beau comme la vie...

Hors ligne Cyr86

  • Scribe
  • Messages: 71
Re : La danse
« Réponse #3 le: Hier à 17:49:19 »
Ce que je n'avais pas perçu c'était le caractère aérien de la danse classique, le sentiment de légèreté, liberté que l'on peut peut-être éprouver dressé sur des pointes. Et ce caractère est pour moi grisant, bien que cela reste l'affaire d'un instant.

En même temps il y a cette éternelle question qui demeure dans la recherche du beau, de l'esthétisme : que vaut que l'on consacre ça vit à ça, est-ce bien ?

En ligne AlmaVeyre

  • Plumelette
  • Messages: 16
  • Écrire ce qui cherche encore ses mots.
Re : La danse
« Réponse #4 le: Aujourd'hui à 11:51:18 »
Bonjour Cyr86,

J’ai lu votre poème et les échanges qui précèdent. Ce qui me frappe, justement, c’est que cette danse n’est pas seulement aérienne. Elle a quelque chose de léger, oui, mais une légèreté chargée, presque vibrante.

On sent un regard arrêté par le corps en mouvement : les jupes, le chignon, la gorge, la pointe, les jambes, tout ce qui compose une apparition plus qu’une scène. La sensualité est là, mais elle ne me semble pas posée comme un effet direct. Elle passe par la danse, par l’élan, par ce qui apparaît et échappe aussitôt. Le beau, ici, n’est pas contemplatif, il est troublant. Et c’est là que naît le désir, non pas dans la possession, mais dans ce qui échappe.

J’aime beaucoup “l’envol et l’abandon”. C’est pour moi l’un des centres possibles du texte : cette contradiction entre maîtrise du geste et abandon du corps, entre grâce visible et trouble intérieur.

Puisque vous dites le poème encore chaotique, je crois que cela vient peut-être moins des images elles-mêmes que de leur dispersion. Il y a beaucoup de très belles matières : la mousseline, le liseron, la rivière des pas, le roseau, la lune, le papillon. Peut-être faudrait-il choisir plus nettement l’axe dominant : la danse comme apparition légère, ou la danse comme trouble du regard. Les deux sont présents, mais ils ne sont pas encore toujours accordés.

Le cœur du texte, à mes yeux, tient peut-être là : dans cette fascination devant un corps qui danse, avec ce que cela peut contenir de grâce, de désir, d’incompréhension et de vertige.

Amicalement,

Alma
Alma Veyre

 


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