Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

29 Avril 2026 à 11:16:41
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Début du nouveau manuscrit - Chapitre 1

Auteur Sujet: Début du nouveau manuscrit - Chapitre 1  (Lu 196 fois)

Hors ligne Merlok

  • Scribe
  • Messages: 95
Début du nouveau manuscrit - Chapitre 1
« le: 26 Mars 2026 à 14:46:03 »
Bonjour à tous,

Je démarre un nouveau manuscrit en m'essayant à la fantasy. Si vous pouviez me faire une retour sur ce début, j'en serais très content  ;D
Ce qui m'intéresse, c'est si ce début vous donne envie de continuer et vos critiques.

Merci par avance, en espérant vous lire bientôt.

[Chapitre 1]

« Pourquoi s’arrête-t-on, Kaelen ? — Taryn, tu dois rester en syntonie, », expliqua Kaelen, sa voix douce mais ferme. Le crépuscule tombait sur les Plaines de Kahr-Venril, peignant les herbes d’un éclat d’or et de violet. Son volgran, ses plumes crépitant d’éclairs bleus, frémissait d’impatience. Ses doigts, ornés de glyphes aux motifs spiralés, caressaient le cou de la bête, apaisant son agitation. Les glyphes de Kaelen luisaient en rythme avec les plumes de sa monture, un chant silencieux d’harmonie, tandis que le volgran de Taryn s’agitait, ses plumes crépitant en échos de son trouble. Kaelen ferma les yeux. « Il gémit, mon garçon. Une dissonance trouble l’harmonie, » Les plumes du volgran frémirent, leurs éclairs bleus palpitant en un staccato désordonné, comme si la bête hurlait de douleur. Sous eux, des veines de sève-métallique pulsaient sous la terre. Une tension qui raidissait ses muscles. Un cri aigu jaillit des volgrans, leurs vibrisses argentées frémissant comme si la terre elle-même murmurait un danger.

Taryn tira sur ses rênes, son volgran s’agitant, ses griffes labourant le sol. Des étincelles jaillirent, illuminant son visage tendu. Son poignard, gravé de glyphes harmoniques, vibra légèrement, comme s’il sentait la perturbation. « Une dissonance ? » demanda Taryn, la gorge nouée. Les Monts d’Arvoryn hérissaient leurs pics acérés, leurs flancs veinés d’alliages luisants, comme des rivières de fer en fusion. Des brumes flamboyantes s’y accrochaient, et une odeur de fer mêlée d’herbe humide alourdissait l’air. « Kaelen, les Fulgaryn nous attendent, nous devrions atteindre la passe avant la nuit. »

Kaelen rouvrit les yeux, son regard gris empreint de chaleur , sa voix grave vibrant comme un marteau sur une enclume. « Peut-être, Taryn. Mais Sylha nous a donné accès à son flux. Fais-lui confiance. « Il posa une main sur l’épaule de son apprenti, apaisant son anxiété. Taryn ne croyait pas vraiment en ces légendes de dieux fondateurs, mais il avait toute confiance en Kaelen. « Il y a dix ans, les Fulgaryn ont bloqué la Passe de Valthryn-Sor, isolant les Plateaux. Les Nelyanir ont dû céder des gisements de sève-métallique pour calmer les tensions. » Il marqua une pause, scrutant les brumes. « Ce nouveau blocus cache quelque chose. Reste attentif. »

Taryn hocha la tête. Moins aguerri que Kaelen, il peinait à calmer son volgran. Les rênes, brodées de fibres métalliques, vibraient sous ses paumes, brûlantes, comme si elles canalisaient l’agitation de la bête. Leurs capes tissées ondoyaient au vent. Des glyphes harmoniques y scintillaient. Taryn sentit un frisson. Le souffle métallique des Plaines leur donnait une vie presque palpable. Il doutait de sa préparation, mais les paroles de Kaelen l’ancraient. Ils donnèrent un coup de talon, et les volgrans bondirent. Leur course, vive et syncopée, faisait jaillir des éclairs dans l’herbe.

Le camp fulgaryn apparut dans un valon étroit, tentes de bois torsadé et d’alliages scintillant sous la lumière mourante. Des tours à demi effondrées se découpaient dans les brumes, comme des géants du passé figés. Au loin, l’entrée de la Passe de Valthryn-Sor restait invisible, masquée par le relief. Taryn sentit son estomac se crisper. Cette mission — négocier la levée du blocus avec les Fulgaryn de Tor-Mirhan — pesait lourd. Les Fulgaryn du nord méprisaient les Nelyanir. Il le sentait plus précisément à ce moment-là, dans le bourdonnement du flux sous ses pieds.

Ils ralentirent. Kaelen scruta le camp, le visage crispé. Taryn hocha la tête. « Penses-tu qu’ils accepteront de discuter ? » demanda Taryn, son ton hésitant, teinté d’un mince espoir. Il n’avait pas l’expérience de Kaelen, dont les décennies d’errance à travers Orsinal avaient forgé une intuition presque infaillible. Pourtant, Taryn apprenait vite, et sa présence ici, aux côtés du maître, n’était pas un hasard. Le Cercle l’avait choisi pour sa stabilité, sa capacité à ancrer Kaelen, dont l’esprit s’égarait de plus en plus dans les murmures des Flux.

Kaelen esquissa un sourire. « On verra. Reste près de moi. »

Un officier fulgaryn s’avança. Des runes pulsantes ornaient son armure. Ses bâtons conducteurs cliquetaient, émettant un son aigu. L’officier toisa la selle lysareth, simple et sans runes, un rictus fugace trahissant son mépris. Le Rhézone de Lysareth était connu pour ses réseaux commerciaux et l’accueil réservé aux voyageurs. Il fixa le bracelet de Kaelen, gravé de glyphes harmoniques, puis le poignard de Taryn, vibrant doucement. « Des harmonistes, » pensa-t-il, yeux écarquillés, avant de se reprendre. « Émissaires du Cercle des Vents, Vorys, chef du Rhézone de Tor-Mirhan, vous recevra bientôt. Laissez-nous vos montures, je vous prie. »

Kaelen inclina la tête, scrutant l’homme. Taryn confia son volgran à un jeune fulgaryn aux cheveux tressés de fils métalliques. Quelques plumes de volgran, scintillantes comme des lames, scintillaient dans ses tresses, marques d’un vœu à Lirnaë. Le garçon mena les bêtes à un enclos où d’autres volgrans s’agitaient, leurs cris stridents perçant l’air, une odeur de foudre émanant de leurs plumes.

Les émissaires traversèrent le camp en effervescence. Une odeur d’herbes calcinées et de métal fondu alourdissait l’air, teintée de l’âcreté douce de la sève-métallique suintant du sol. À leur passage, les tentes murmuraient. Les Fulgaryn du nord, farouchement indépendants, voyaient d’un mauvais œil l’ingérence du Cercle. Taryn le sentait dans l’air, dans le bourdonnement sourd des alliages sous ses pieds, dans les regards méfiants des sentinelles qu’ils croisaient. Kaelen, impassible, semblait écouter un chant plus profond. On les fit entrer dans une salle taillée dans un bloc de pierre massif. Ses murs tapissés de bois et d’alliages pulsaient à un rythme lent tel un cœur endormi. Des glyphes gravés luisaient au centre de la porte, une plaque de fer-chantant, qui se referma avec un grondement. Un silence pesant s’installa, rompu seulement par le bourdonnement lointain des alliages. Kaelen posa une main sur l’épaule de Taryn. « Écoute, » murmura-t-il. « Le Chant Souterrain ne ment jamais ! » Taryn déglutit, ses yeux parcoururent la salle. Deux Fulgaryn se postèrent à l’extérieur, bâtons conducteurs à la ceinture. Une note discordante fit vibrer sa lame. Quelque chose n’allait pas. Kaelen l’avait déjà compris.

Kaelen effleura une veine d’alliage chantant incrustée dans la pierre, ses doigts glissant sur la surface tiède, pulsante, comme sur la peau d’une créature blessée. Un frisson métallique remonta le long de son bras, une note fausse. Ses glyphes harmoniques, scintillant sur sa cape tissée des Jardins de Telvora, s’embrasèrent d’une lueur argentée. Il ferma les yeux, plongeant dans le Flux, cherchant la source de l’agitation. Une dissonance, discrète mais venimeuse, frémissait dans les murs, tel une corde de harpe mal pincée. « Ils savent, Taryn, » murmura-t-il, sa voix douce mais lourde d’avertissement. « L’officier a été surpris en nous voyant. Il craint ce que le Chant pourrait nous révéler. »

Taryn serra son poignard, la lame de fer-chantant vibrant en écho à son pouls erratique. Les glyphes sur la garde s’animaient par à-coups, brûlants sous ses doigts. « Pourquoi auraient-ils peur ? » demanda-t-il, sa voix ferme mais tremblante, trahissant son doute. Ses yeux scrutèrent les murs, où les glyphes gravés pulsaient à un rythme désordonné, leur lueur argentée vacillant comme une flamme sous le vent.

Kaelen esquissa un sourire, empreint de tristesse et de patience. « Les Harmonistes du Flux de Sylha entendent les vérités d’Orsinal. Ses secrets, ses blessures. » Il se tut, son regard gris s’égarant dans l’ombre, comme attiré par un chant lointain. Des décennies à chevaucher les Plaines, à écouter les alliages vivants, lui avaient appris à sentir les tempêtes avant qu’elles n’éclatent. Ce camp était un nœud de trahison. « Ce blocus cache plus qu’une querelle, » murmura-t-il, sa voix à peine audible. « Ce Vorys trame un dessein sombre. »

Les bottes de Taryn claquaient sur la pierre polie. Il ressentit le Flux. Un courant électrique parcourut sa peau qui faisait dresser les poils de ses bras. Il n’était pas encore maître de ce Flux, mais il le ressentait, comme une mélodie qu’il ne savait pas encore chanter. Kaelen l’avait choisi pour son courage, pour sa capacité à rester ancré, mais Taryn doutait. Il jeta un regard à son maître, immobile, les yeux mi-clos, écoutant un écho que lui seul percevait. Un cri strident, porté par le vent, perça soudain le silence — les volgrans, dans l’enclos, hurlaient, leurs plumes crépitant comme une tempête imminente. Taryn serra les dents, résolu à suivre Kaelen, quoi qu’il advienne.



Dans une tente centrale, Vorys, fixait une sphère d’alliage luminescent, suspendue dans un cadre de bois aux gravures pulsantes. L’artefact vibrait doucement. Une voix glaciale s’éleva du Chant Souterrain, acérée comme une lame de fer-chantant. « Déployez vos troupes dans la Passe, Vorys, » ordonna-t-elle, autoritaire. « Les Plateaux de Myrthalen tomberont avant la Confluence des Trois Souffles. — Les Harmonistes ? — Des nuisibles. Tuez-les ! »

Vorys, massif, ses cheveux gris tressés de plumes de volgran, fronça les sourcils. Il avait vu un Harmoniste apaiser une falaise vibrante, ses glyphes domptant les Flux comme un chant dompte une bête. « Les tuer nous exposera, » répondit-il, sa voix dure, résonnant comme un marteau sur l’enclume. « Leur Cercle enverra d’autres émissaires, ou pire. — Le Cercle s’enlisera dans des discussions politiques et les Nelyanir s’accrocheront à leur Lac de Vyr-Lumën, personne ne se souciera d’eux, » coupa la voix, chargée de mépris. « Obéissez, ou Tor-Mirhan en paiera le prix. »

« Sylren ? » Sa seconde s’avança, les doigts crispés sur un bâton conducteur orné. Ses yeux brillaient d’ambition. « Une dissonance pourrait suffire, » murmura-t-elle, sa voix basse, presque un sifflement. « Une fréquence assez puissante pour les briser, nous nous débarrasserons d’eux ensuite. » La plume de volgran, tressée dans ses cheveux, scintilla, comme en écho à son plan.

Vorys ferma les yeux, son souffle lourd. La Marche de Lirnaë, esprit des Flux, prônait l’harmonie. Une dissonance était une hérésie, un affront à tout ce que les Fulgaryn vénéraient. Mais la menace sur Tor-Mirhan pesait plus lourd que sa foi. « Que Lirnaë nous pardonne, » pria-t-il.



 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.018 secondes avec 16 requêtes.