Ce ne sont pas des contrerimes, (8/6/8/6)
Mais c'est quand même vachement bien écrit
Bravo

Certes, tu n'as pas tout à fait tort...
Mais... c'est bien connu ! la poésie de type contrerime n’est pas tenue d’obéir strictement au schéma métrique 8/6/8/6 ! Quand bien cette forme existant avant que naisse Toulet fut grandement reprise et popularisée par lui ! Certes, il se peut même que ce soit la plus répandue, mais l’histoire de la pratique poétique démontre qu’elle n’est pas obligatoire !
Cette forme, telle qu'elle me fut enseignée dans les années cinquante, repose sur deux éléments essentiels : Le quatrain & les rimes embrassées par alternance.
Ainsi, la métrique croisée de Toulet n'est pas seule à créer l’effet de "déséquilibre" Cette caractéristique se retrouve légitimement dans le terme lui-même : soit
l'embrassement de contre ABBA/BAAB.
La contrerime n’est donc pas un carcan métrique, mais une logique de contrepoint. Les poètes peuvent varier les mètres à leur guise (d’où mon choix de l'octosyllabe régulier.)
En fait, c'est une manière très fine de jouer avec l’idée de "contre" : je ne change pas la métrique, mais j'inverse la pression des rimes d’un quatrain à l’autre. Ce qui crée une oscillation douce, presque respiratoire. Quoi que tu en penses, ce procédé est parfaitement légitime dans l’esprit de la contrerime. Même s’il s’éloigne volontairement du modèle touletien : il respecte l’idée fondamentale du déséquilibre volontaire, mais avec en plus une élégance dans le décalage (et le choix élision/diérèse). Ce qui offre à mon texte le bénéfice d'une fluidité continue de son fil musical tout en faisant montre d'une logique cohérente qui est la suivante :
Toulet : 8/6/8/6 → contrepoint interne au quatrain
Moi : 8/8/8/8 → contrepoint entre les quatrains
C’est donc là, ni plus ni moins qu'une autre manière certes un peu hypnagogique, de créer la tension caractéristique d'icelle. Le but étant la contrerime élargie, résolument moderne, où le contre se joue dans l’architecture globale plutôt que dans la métrique interne.
Or, si cela fonctionnait admirablement au début de la seconde moitié du siècle passé, et ce, dans le "cadre natal d'Arthur Rimbaud" je ne vois pas ce qui pourrait empêcher sa reconduction ici, en 2026 !