Je plaide coupable, c'est de ma faute.
Je croyais que tu souhaitais avoir un aperçu de ma composition, à tort bien entendu.
Voici un extrait du premier chapitre, c'est un passage avec "Je", il s'agit d'une expérience de Mort imminente pour ceux qui connaissent,
ex.
L’activité de mon cœur ralentit... lent, très lent, trop lent...
Allongé sur un brancard, deux ambulanciers s’affairent autour de moi au rythme de mes palpitations.
— Arrêt cardiorespiratoire, informe l’un d’eux.
Malgré la vigueur des ambulanciers pour redémarrer l'activité de mon cœur, je sens la vie m’abandonner.
— Défibrillation ! ordonne l’un des deux urgentistes, avec une concision toute professionnelle.
Son ton est autoritaire et ne laisse suggérer aucune alternative possible. Son équipier s’exécute. Aussitôt, je sens deux électrodes larges et plates de chaque côté de ma poitrine.
J’entends les instructions :
— Un, deux, trois, on choque !
Un courant électrique rapide traverse mon corps qui bondit sous l’impulsion. Le signal plat de l’électrocardiogramme n’indique aucun réamorçage du cœur.
Mes yeux sont encore grands ouverts, je fixe le plafond du camion avec une certaine anxiété. Je sens mon visage livide, déformé par la peur et le manque d’oxygène.
Rapidement, l’angoisse se transforme en une sensation de curieuse sérénité ; mes poings se desserrent, la tension qui contracte tous mes muscles se relâche.
Mon monde s’écroule, je pars vers le fond.
À l’aube de mon dernier souffle, peut-être aurais-je dû trouver des réponses aux questions existentielles que chacun se pose : Qu’ai-je fait pour rendre ma vie meilleure ? ou bien ai-je suffisamment aimé ? Mais comment savoir après tout, moi qui ne suis intéressé que par l’Art.
Toutes ces choses n’ont plus d’importance, elles sont superficielles. Il est trop tard.
— On recommence, un, deux, trois, deuxième décharge !
Sans résultat. Les espoirs s’amenuisent au fil des tentatives, et c’est tant mieux. À vrai dire, je me sens bien. Dangereusement. Si j’avais de l’air dans les poumons, j’implorerais les urgentistes d’abandonner leurs efforts, qu’ils me laissent tranquillement sombrer.
— On recommence encore, un, deux, trois... troisième décharge... .
Cette dernière secousse me fait tressaillir.
Je soulève la tête de quelques centimètres et prends la parole :
— Arrêtez tout, je suis vivant !
Je vois les ambulanciers continuer la réanimation...
Voilà, n'est-il pas "bizzare" que le personnage principal ne commente sa propre mort ?
D'où l'idée de refaire cette scène avec "Il" et de repasser à "Je" au chapitre suivant.
des avis ?