Elle m’a dit que j’étais beau, elle m’a dit que j’étais Rimbaud.
Elle m’a dit que plus je m’approchais d’elle, plus je m’approchais du beau.
Elle m’a dit d’aller la rejoindre dans les vagues du Bosphore.
Avant que ne sévisse la révolution des aigres et des pisse-froid dans ce monde qui manque
manifestement d’action magique, de poésie écrite, d’invitation où l’esprit va chercher la main,
cet endroit de grande stupeur où l’oeil mathématique gronde le déterminisme à tout va.
Elle m’a dit d’aller la rejoindre sur les dissonances et non sur les principes.
Elle m’a dit de dire tout ce qu’on voudra.
Aux cent millions de morts qui peuplent ma tête entière.
Elle m’a dit de rallumer ses yeux en siècles de lumière.
Elle m’a permis de poser mes mains sur ses seins mouillées de dentelle puis elle a disparu
d’elle-même me laissant ses geysers sous formes de gestes de couleurs.
Sur des mots spontanés, j’aurais voulu disparaître avec elle.
Mais l’amour n’est pas un geste fait pour durer , les hirondelles ne disent jamais quand elles
s’envolent.
La lune est une femme, il faut apprendre à la regarder.