Petit exercice de style sans prétention, inspiré de ce merveilleux ouvrage, Le Dit du Genji.
Le prince, excité par une légère ivresse, avait voulu s'échapper du palais, non sans s'être offert une dernière promenade dans les couloirs aux hautes jointures.
Alors qu'il flânait nonchalant dans le dernier des couloirs, au plafond, des ombres menaçantes semblables à des fantômes, irradiés d'un sang vénéneux, avec leurs dents pointues, faillirent lui faire perdre pied.
La lune enchanteresse le rendit courageux.
A la dernière porte, il osa frapper. Une jeune femme récitait des vers face à son miroir.
- Mais que faites-vous là Monsieur ?
- Je suis le prince. Je ne suis ici que forcé par mon désir et non ma volonté.
- C'est donc de cela qu'il s'agit ?
- Sans nul doute, mais aurais-je le droit de vous enlacer si je m'en allais quérir les fleurs de la lune, pour vous, ce soir ?
Cette pensée la troubla mais elle ne le montra point.
Tandis que le prince s'approchait d'elle, des cris parvinrent de toutes les chambres Il ne put achever sa déclaration et dut s'enfuir.
On n'entendit plus jamais parler de lui. Il fut banni à jamais.
La demoiselle pleurait chaque nuit, récitait des vers dédiés à la lune, devant son miroir.